Test Blu-ray / The Lodge, réalisé par Severin Fiala & Veronika Franz

THE LODGE réalisé par Severin Fiala & Veronika Franz, disponible en DVD et Blu-ray le 15 juillet 2020 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Riley Keough, Lola Reid, Jaeden Martell, Lia McHugh, Richard Armitage, Alicia Silverstone, Katelyn Wells…

Scénario : Sergio Casci, Veronika Franz, Severin Fiala

Photographie : Thimios Bakatakis

Musique : Danny Bensi, Saunder Jurriaans

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Peu avant Noël, un frère et sa sœur sont envoyés dans un chalet isolé en montagne avec leur nouvelle belle-mère au passé inquiétant. Entre les enfants et la jeune femme s’installe un climat de suspicion réciproque. Un matin, tous trois découvrent le chalet totalement vidé : plus de nourriture, de téléphone, de vêtements. Bloqués par la neige au milieu de nulle part, ils vont être le jouet de forces obscures.

Le duo Veronika Franz/Severin Fiala s’était fait remarquer en 2014 avec leur premier long-métrage intitulé Goodnight Mommy, qui mélangeait drame et horreur. Le film racontait l’histoire de deux jumeaux de dix ans qui attendent le retour de leur mère dans une maison de campagne perdue au milieu des champs et des bois. Lorsqu’elle refait son apparition, son visage est bandé suite à une opération de chirurgie esthétique. Les enfants mettent alors en doute son identité. Veronika et Serverin Fiala reviennent avec un nouveau film The Lodge, co-produit par la Hammer Film Productions, célèbre société britannique connue pour ses longs-métrages fantastiques, d’horreur et d’aventures, qui a connu une notoriété dans les années 50 et 60 avec la saga des Dracula.

Nous découvrons Richard, un essayiste reconnu comme spécialiste des groupes religieux extrémistes. Il souhaite divorcer de sa femme, Laura, avec qui il a un fils et une fille. Mais celle-ci refuse catégoriquement. Alors qu’elle est face à un verre de vin rouge, elle décide, par désespoir, de se donner la mort. Le début du film avait une ambiance calme jusqu’à cette scène du suicide. Cinq secondes à peine se sont écoulé au moment où elle sort le pistolet jusqu’au tir. Ce geste soudain donne une claque au spectateur et annonce un film passionnant…

Malheureusement, ce ne sera pas tout à fait le cas. Six mois après ce drame, le père annonce à ses enfants qu’il est amoureux de Grace, dont on apprendra par la suite qu’elle est la survivante d’une secte religieuse étrange. Il ajoute qu’il souhaiterait partir en vacances de Noël avec toute la famille dans un chalet à la montagne. D’abord réticents, les enfants finissent par céder. Mais arrivés sur place, une tempête de neige contraint le père à partir pour le travail. C’est à ce moment que le film nous présente une petite incohérence. Qui laisserait ses enfants en compagnie d’une femme ayant des problèmes psychologiques non négligeables ?

The Lodge ne parvient pas à surprendre les spectateurs en reprenant des ingrédients utilisés et réutilisés dans le genre film d’horreur. On y trouve une scène de douche apparemment devenue indispensable à insérer depuis Psychose d’Alfred Hitchcock. The Lodge fait un petit clin d’œil à un chef d’œuvre du cinéma d’horreur, The Thing de John Carpenter, qui est diffusé, dans une scène, à la télévision. Nous retrouvons d’ailleurs quelques éléments similaires avec ce film comme la neige et le huis-clos. Nous pouvons supposer qu’il s’agit d’une influence, mais cette façon de l’assumer est assez banale. Le personnage de Grace pense saigner du nez alors que pas du tout, un effet anxiogène ordinaire. Des images d’une maison en miniature s’insèrent de temps en temps dans le récit donnent une autre impression de déjà vu. La musique est stridente comme tout film d’horreur. Parfois, même la réalisation manque d’originalité : pourquoi lorsqu’un personnage met un cachet d’aspirine dans un verre d’eau, faut-il toujours qu’il y ait un gros plan sur la dissolution ?

Malgré tout, nous pouvons apprécier le décor de ce chalet immense perdu en pleine montagne avec un extérieur enneigé magnifique. Le rythme du film est assez lent, avec des longs plans pour mieux planter le décor. Ce choix n’apporte cependant aucune intensité dramatique. Les dialogues peu nombreux laissent place à une musique apportant une atmosphère étrange. L’image est très soignée avec une photographie bien travaillée. Le film est servi par une belle distribution : Riley Keough que l’on a pu voir au cinéma dans Mad Max: Fury Road ou dans la série The Girlfiend Experience, le jeune Jaeden Martell qui a joué dans Ça et dans le chapitre suivant, Richard Armitage connu pour être Thorin dans la trilogie The Hobbit ou encore Lia McHugh et Alicia Silverstone.

Mais l’ambiance est loin d’être angoissante comme ce qu’un film d’horreur devrait nous offrir. Contrairement à la promotion qu’a bénéficié The Lodge, il ressemble plutôt à un thriller psychologique sur fond de huis-clos. Lorsque qu’un matin, l’électricité, l’eau et le chauffage sont coupés pour une raison inconnue, le film frôle également le fantastique. La disparition d’objets et le fait que le frigidaire soit vide, de façon inexplicable, peuvent faire penser à l’apparition d’un phénomène paranormal.

Malheureusement, le retournement de situation est prévisible, malgré les fausses pistes disséminées durant tout le film. Il faut attendre les dix dernières minutes pour découvrir une fin surprenante. Lors de votre prochain rendez-vous dominical à la messe, vous n’entendez plus jamais « Plus près de toi, mon Dieu » de la même façon après avoir découvert The Lodge. Ce film ne révolutionne pas le genre du film d’horreur, les amateurs trouveront tout de même de quoi se divertir tandis que les plus novices seront peut-être séduits. Shining de Stanley Kubrick n’est pas encore détrôné.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray du film The Lodge est disponible chez Metropolitan Vidéo. Le visuel de la jaquette reprend une des affiches avec l’actrice Riley Keough dont le visage, dans la pénombre, est éclairé par une lumière en forme de croix chrétienne. Le menu est animé par des extraits du film et sonorisé par la bande originale amenant une ambiance oppressante.

Cette édition ne comporte aucun bonus, pas même une bande-annonce.

L’image et le son

L’image en haute définition est sublime. Dans un film d’horreur, il arrive très fréquemment qu’il y ait des scènes sombres se déroulant dans la nuit. Sur un écran de télévision, le rendu n’est pas toujours aussi bon qu’au cinéma. Cependant, cette édition permet d’apprécier pleinement ces scènes, le spectateur peut voir parfaitement dans la pénombre. Il peut également profiter des merveilleux décors naturels des montages enneigées.

Le son proposé en DTS-HD 5.1 permet une bonne écoute et de plonger pleinement dans l’ambiance sonore du film. Dans le cinéma d’horreur, parfois, nous devons devenir l’ingénieur du son avec la télécommande à la main, pour baisser le volume sonore lorsque la musique s’intensifie dans certaines scènes inquiétantes ou de le remonter lors des séquences plus silencieuses. Ce n’est pas le cas ici, le son reste à une puissance égale. Le film est disponible en version française ou en version originale dans une qualité égale. Le doublage français est plutôt réussi. Les sous-titres en français non imposés sont disponibles sous deux versions : l’une pour l’intégralité des dialogues et l’autre pour traduire les écrits anglais et la traduction des films visibles en langue anglaise à la télévision.

Crédits images : © Metropolitan Filmexport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr / Critique du film et chronique du Blu-ray réalisées par Jérémy Joly

Test Blu-ray / Point limite, réalisé par Sidney Lumet

POINT LIMITE (Fail-Safe) réalisé par Sidney Lumet, disponible en DVD et Blu-ray le 16 juin 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Henry Fonda, Walter Matthau, Dan O’Herlihy, Frank Overton, Ed Binns, Fritz Weaver, Larry Hagman…

Scénario : Walter Bernstein d’après le roman d’Eugene Burdick et Harvey Wheeler

Photographie : Gerald Hirschfeld

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

À la suite d’une erreur technique, un groupe d’avions de guerre américains est envoyé en mission avec l’ordre de bombarder Moscou. Il est désormais impossible de les arrêter. Le président des États-Unis va tout faire pour éviter une guerre nucléaire.

Point limiteFail-Safe (1964) est le huitième film de Sidney Lumet. Le cinéaste commence sa carrière à la télévision au début des années 1950, avant de réaliser son premier long-métrage pour le cinéma en 1957, qui a pour titre Douze hommes en colère – 12 Angry Men, un film de procès. D’ailleurs, sa filmographie abordera régulièrement le système judiciaire avec par exemple Le Verdict (1982). Il dirige par deux fois l’acteur Al Pacino qui se retrouve dans la peau d’un policier qui décide de dénoncer la corruption dans Serpico (1973) puis en braqueur de banque dans Un après-midi de chienDog Day Afternoon (1975). Avec Network : Main basse sur la télévision (1976), Sidney Lumet propose une critique cynique du monde du petit écran.

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