Test Blu-ray / Le Conseiller, réalisé par Alberto De Martino

LE CONSEILLER (Il consigliori) réalisé par Alberto De Martino, disponible en combo DVD/Blu-ray – vendu uniquement avec le film Napoli sapa de William Howkins – depuis le 26 mai 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Tomás Milián, Martin Balsam, Francisco Rabal, Dagmar Lassander, Perla Cristal, Carlo Tamberlani, Manuel Zarzo, John Anderson, Franco Angrisano…

Scénario : Adriano Bolzoni, Alberto De Martino, Vincenzo Flamini & Leonardo Martin

Photographie : Joe D’Amato & Rafael Pacheco

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h42

Date de sortie initiale: 1973

LE FILM

Thomas vient de quitter la Mafia pour retourner défendre Don Antonio Macaluso, le chef de la pègre de San Francisco. Son rival, Garofalo, est bien déterminé à usurper son poste et une bataille sanglante s’ensuit. Don Antonio en sort vainqueur, ce qui lui confère le contrôle des opérations de la côte ouest.

Alberto de Martino (1929-2015) a fait des études de droit. Une fois son diplôme en poche, il décide de se lancer dans le cinéma. Il devient figurant puis jeune acteur. Par la suite, il passe derrière la caméra en assistant des réalisateurs (dont Sergio Leone sur Il était une fois…la révolution) et en travaillant sur des documentaires. Son expérience l’amène à devenir scénariste et cinéaste dans les années 60. Il met en scène des longs-métrages aux genres extrêmement variés : péplum, western, épouvante, espionnage, guerre, giallo, horreur et science-fiction. Parmi les films les plus populaires de sa filmographie, nous pouvons citer par exemple Holocauste 2000 et L’AntéchristL’anticristo. En 1973, il réalise Le ConseillerIl consigliori un polar qui place la mafia italienne au centre de l’histoire.

Le scénario est très classique. Thomas, un avocat sort de prison. Il travaillait pour Don Antonio, un parrain de la mafia. Il décide de quitter ce milieu de gangsters pour mener une vie normale. Malgré le code d’honneur qui consiste à dire que l’on ne sort de la mafia seulement lorsque l’on passe l’arme à gauche, Don Antonio accepte la décision de son conseiller. Mais bien sûr, la vie normale et le retour à la liberté est difficile. Cela ne dure qu’un certain temps. Une guerre entre deux clans éclate et Thomas se retrouve obligé de reprendre du service.

Le Conseiller intègre absolument tous les ingrédients que possède un film consacré à la mafia et l’influence du Parrain de Francis Ford Coppola sorti l’année précédente se ressent fortement. La police est corrompue et participe activement aux actes de la mafia ou alors ferme les yeux. Lorsqu’un gangster est arrêté et qu’il devient trop gênant, il est abattu sans aucune pitié. Les trahisons sont fréquentes. Des scènes typiques comme une fête gigantesque gâchée par l’intervention de la police sont présentes. Une séquence se déroule dans une église afin de montrer que malgré les atrocités de leurs actes, ces gangsters sont très croyants ou une autre se déroulant dans un bordel. Enfin, il y a les règlements de comptes avec des assassinats parfois injustes dans des conditions atroces. Les éliminations sont aussi originales que violentes comme ce restaurateur qui finit brûlé dans son four ou une bombe enveloppée dans du papier cadeau. Les tentatives de réconciliations et les enterrements sont aussi présents dans le film, des moments forts dans ce genre.

Ce film s’inspire aussi du polar américain avec des scènes sur l’incarcération : une sortie de prison, une arrestation musclée, un prisonnier assassiné lors de la douche ou encore la cantine. De nombreuses scènes d’action viennent apporter au récit et au film du rythme : des explosions et des fusillades. Il y a également une course-poursuite en voiture dont un plan rappelle fortement Bullit réalisé par Peter Yates, avec le véhicule qui décolle de l’asphalte. Le récit nous emmène aux États-Unis, pays qui sans aucun doute inspiré ce film par son cinéma. Le long-métrage a une bonne dose d’action, ce qui lui permet d’avoir du rythme, avec une réalisation simple mais dynamique.

Le Conseiller a un atout incontestable, son casting. Le rôle principal, cet avocat peu ordinaire, est interprété par Tomás Milián. Il est une figure connue dans le cinéma italien des années 70 et 80, jouant dans des polars avant de terminer sa carrière aux États-Unis. Il est face à Martin Balsam qui est un parfait Don Antonio. Ce dernier reste célèbre pour son rôle de premier juré dans Douze hommes en colère12 Angry Men de Sidney Lumet et sa participation à Psychose d’Alfred Hitchcock. Riz Ortolani, connu pour avoir composé la musique de plus de 200 westerns spaghettis, nous offre une bande originale efficace et marquante.

Le Conseiller est un film de série B complètement oublié qui mérite d’être redécouvert. Bien qu’il ait tendance à s’inspirer un peu trop de chefs d’œuvre du cinéma, il offre malgré tout un spectacle divertissant et solide.

LE BLU-RAY

Le combo DVD et Blu-ray du film Le Conseiller est disponible chez Studiocanal dans une édition comportant également le film Napoli spara. Le visuel de la jaquette est soigné, avec des dessins colorés qui sont la marque de fabrique reconnaissable de la collection Make My Day, dont il s’agit ici du numéro 35. Le menu est fixe – reprenant le visuel de la jaquette – et muet.

Le seul supplément consacré au Conseiller est une présentation du film par le critique cinématographique Jean-Baptiste Thoret (8′). Il donne les informations principales sur le film d’Alberto De Martino, avant de revenir sur la carrière du réalisateur et d’expliquer le genre du long-métrage et ses inspirations. Il replace Il Consigliori dans sa période en expliquant brièvement ce qu’était le cinéma italien de cette époque. Il dévoile ensuite l’histoire, les personnages, le tournage, les lieux et une anecdote sur la distribution des rôles. Il revient plus en détails sur la carrière des deux acteurs principaux. Enfin, il donne ce que sont pour lui les qualités du film.

L’image et le son

Pour la première fois disponible en support physique en France, Le Conseiller a eu droit à une belle restauration. Étrangement, le générique de début laisse apparaître une image peu appréciable, avec un travail sur le piqué peu convaincant. L’image est floue, d’une qualité sans mérite. Le reste du film montre un beau travail. Toutes les poussières ont été supprimées. Les couleurs ont gagné en éclat bien que la photographie d’époque corresponde à un film à petit budget. Ce master permet d’apprécier la profondeur de champ. Le format en Cinémascope est respecté. Grâce à cette édition, les cinéphiles peuvent découvrir un film rare dans des bonnes conditions.

La version française n’est pas proposée. Le film est seulement visible en version originale avec des sous-titres imposés. Le mixage entre la musique et les voix est réussi. Les bruits d’ambiance ont tendance à être un peu trop élevés. Les voix sont claires. Par moments, la musique peut saturer.

Crédits images : © Studiocanal / Critique du film et chronique du combo réalisées par Jérémy Joly / Captures : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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