Test Blu-ray / Resurrection, réalisé par Daniel Petrie

RESURRECTION réalisé par Daniel Petrie, disponible en Blu-ray depuis le 25 mai 2021 chez Elephant Films.

Acteurs : Ellen Burstyn, Sam Shepard, Pamela Payton-Wright, Richard Farnsworth, Roberts Blossom, Clifford David, Madeleine Sherwood, Eva Le Gallienne, etc.

Scénario : Lewis John Carlino

Photographie : Mario Tosi

Musique : Maurice Jarre

Durée : 1h43

Date de sortie initiale: 1980

LE FILM

Après un accident de voiture et la mort de son mari, Edna se découvre des pouvoirs paranormaux de guérison. De retour dans sa petite ville de naissance, elle met son don au service de la communauté, ce qui attire l’attention et la colère de l’église. Edna va tenter de faire entendre sa voix, entre la circonspection des psychologues et la pression des bigots, qui voient en elle une incarnation du diable.

Daniel Petrie (1920-2004) est un réalisateur qui a commencé sa carrière à la télévision à la fin des années 1940. Même s’il a principalement travaillé pour le petit écran, il a signé plusieurs films pour le cinéma, principalement des drames. Nous lui devons entre autres Un raisin au soleilA Raisin in the Sun, avec Sidney Poitier, Odyssée sous la merThe Neptune Factor, Le PolicemanFort Apache, The Bronx avec Paul Newman ou encore Rocket Gibraltar avec Burt Lancaster. En 1980, il réalise Resurrection, un film fantastique avec Ellen Burstyn et Sam Shepard, genre qu’il retrouvera huit ans plus tard avec Cocoon, le retour. Resurrection commence par un étrange générique avec une main en gros plan plongée dans le noir et avec des lumières colorées qui se reflètent dessus. Celui-ci représente bien le ton énigmatique du long-métrage. Nous suivons la vie sereine d’un couple, Edna et son mari. Ils passent tous les deux des vacances près de la mer, ils sont amoureux. Mais un jour, Edna décide d’offrir à son époux la voiture de ses rêves. Fou de joie, il emmène Edna sur les routes. Mais afin d’éviter de percuter un enfant sur son skate, la voiture tombe d’une falaise, un accident superbement filmé.

Tandis que son mari meurt à l’hôpital, Edna survit, avec quelques séquelles. La suite du film nous emmène vers le genre fantastique, avec un sujet plusieurs fois exploité, que ce soit par la fiction ou le documentaire. Citons par exemple le merveilleux Au-delàHereafter de Clint Eastwood. Il s’agit de la NDE (Near Death Experience) ou en français EMI (Expérience de mort imminente). En 1980, ce sujet était novateur et audacieux, car il divisait énormément. Certains y croient, d’autres non. Juste après l’accident, Edna est plongée dans une sorte de tunnel obscur avec au bout une lumière éblouissante. Elle y croise des personnes décédées qui veulent l’amener jusqu’à cette lumière. Aujourd’hui, cette scène peut paraître peu originale, car cette représentation est maintenant célèbre. Cependant, il est important d’ajouter qu’aucun film avant celui-ci n’avait alors osé mettre en scène ce fameux tunnel. La réalisation est remarquable. Le contraste entre l’obscurité et la lumière est magnifique, donnant une scène insolite.

Cet accident a chamboulé la vie d’Edna. A son réveil, elle apprend la mort de son mari et la perte de l’usage de ses jambes. Elle décide de retourner dans la ville où elle a grandi auprès de sa famille. Le film nous offre des scènes étranges, comme celle se déroulant chez un curieux pompiste qui propose à Edna de montrer son serpent à deux têtes. Une atmosphère bizarre s’installe petit à petit. Puis, Edna découvre qu’elle possède des pouvoirs de guérison après avoir arrêté l’écoulement du sang d’une petite fille ayant des problèmes d’hémophilie. Par la suite, elle s’obstine à vouloir guérir ses propres jambes à l’aide de ses mains, ce qu’elle réussit à faire. Sa réputation dans la petite ville grandit et elle se met à redonner l’ouïe à une personne devenue sourde.

L’une des qualités de ce film est que son scénario ne prend aucun parti sur ce sujet délicat. Il y a d’un côté Edna qui a des dons miraculeux et de l’autre, un fanatique de la Bible qui crie à l’hérésie. Il y a également un autre personnage qui voit en elle, comme le titre l’indique, une résurrection de Dieu. Enfin, la science intervient pour tenter d’expliquer de façon concrète ce phénomène. Le film ne tranche pas sur la question et laisse la réponse en suspens, permettant aux spectateurs de décider lui-même qui a raison et qui à tort. Résurrection mélange les genres, nous avons un élément perturbateur dramatique, un sujet fantastique et une petite dose de romance avec cette histoire d’amour qui naît entre Edna et Cal. Cela forme un tout plutôt réussi malgré quelques longueurs, donnant l’impression que le film n’avance pas et garde tout son mystère.

Ellen Burstyn, connue pour être la mère dans L’ExorcisteThe Exorcist ou encore le personnage principal dans Alice n’est plus iciAlice Doesn’t Live Here Anymore, nous offre une belle interprétation. Elle apporte toute l’ambiguïté nécessaire pour son personnage. Elle est face à un Sam Shepard merveilleux dans ce rôle de jeune homme déboussolé. La superbe bande originale de Maurice Jarre colle parfaitement au ton du film.

Resurrection est une curiosité cinématographique oubliée avec un sujet étonnant qui mérite d’être redécouvert.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray du film Resurrection est disponible chez Elephant Films. Le visuel de la jaquette est classique, avec l’image d’Ellen Burstyn, un gros plan sur ses mains et le titre intégré dans un électrocardiogramme. Le menu est fixe, reprenant la jaquette et musical avec la bande originale du film.

Les bonus comportent une présentation du film par l’historien de cinéma Laurent Aknin (19′). Ce dernier donne les informations principales du film puis revient sur la carrière du réalisateur Daniel Petrie, en rappelant ses principaux longs-métrages pour le petit et le grand écran. Il se concentre sur Résurrection en résumant l’histoire et son sujet qu’est la NDE. Laurent Aknin replace le film dans son contexte sociétal, historique, politique et religieux. Son parallèle avec la société américaine est passionnant. Il analyse les jeux d’Ellen Burstyn et de Sam Shepard qui ont des formations différentes. Il propose ensuite une sélection des films et séries récents qui traitent de la NDE et conclut en expliquant pourquoi ce film doit être redécouvert. Il est conseillé de visionner ce document après avoir regardé le long-métrage, car il révèle des éléments-clés du récit.

L’interactivité se clôt avec les bandes-annonces restaurées en version française de Resurrection, Lorenzo, La Vie privée d’un sénateur, Mask et Contre-jour.

L’Image et le son

Résurrection a eu droit à une restauration correcte en Haute Définition. Quelques traits d’usure sont légèrement visibles à certains endroits. Les autres poussières ont été effacées. Le travail sur le piqué dans certains passages est assez décevant. La luminosité dans les scènes extérieures est remarquable. Dans les scènes intérieures, l’image est parfois un peu terne. Le format 16/9 respecte le film.

Le film est disponible en version originale et en version française en DTS HD Master Audio mono 2.0. La piste française comporte quelques légers craquements qui apparaissent régulièrement et qui sont parfaitement audibles lors des silences et au début de certaines scènes. Les deux pistes ont une qualité égale au niveau de la musique. Dans la piste française, les voix sont plus intenses tout comme les bruits d’ambiance. Des sous-titres en français sont disponibles et non imposés sous deux versions : l’une avec l’intégralité des dialogues et l’autre traduisant les mots visibles en anglais.

Crédits images : © Elephant Films / Universal Pictures / Critique du film et chronique du Blu-ray réalisées par Jérémy Joly / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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