Test Blu-ray / Ne m’envoyez pas de fleurs, réalisé par Norman Jewison

NE M’ENVOYEZ PAS DE FLEURS (Send Me No Flowers) réalisé par Norman Jewison, disponible en DVD + Blu-ray uniquement dans le coffret La Trilogie Romantique depuis le 20 avril 2021, à l’unité en DVD et en Blu-ray le 6 juillet 2021 chez Elephant Films.

Acteurs : Rock Hudson, Doris Day, Tony Randall, Paul Lynde, Hal March, Edward Andrews, Patricia Barry, Clint Walker…

Scénario : Julius J. Espstein, d’après la pièce Send Me No Flowers : A Comedy in Three Acts de Norman Barasch et Carroll Moore

Photographie : Daniel L. Fapp

Musique : Frank de Vol

Durée : 1h35

Date de sortie initiale: 1964

LE FILM

Un hypocondriaque pense qu’il va vraiment mourir. Alors il met sur pied un plan pour trouver un nouveau mari à sa femme avant son décès. Mais elle découvre que quelque chose se prépare dans son dos…

Norman Jewison (1926-) est un réalisateur canadien qui débute sa carrière dans les années 1960 avec des comédies. Par la suite, il n’hésite pas à se diversifier : le polar (Dans la chaleur de la nuit In the Heat of the Night, avec Sidney Poitier), le thriller (L’Affaire Thomas Crown The Thomas Crown Affair, avec Steve McQueen), le film musical (Jesus Christ Superstar), le biopic (Hurrican Carter The Hurricane, avec Denzel Wahsington) ou encore la science-fiction (Rollerball avec James Caan) et tant d’autres genres. En 1964, il réalise Ne m’envoyez pas de fleurs Send Me No Flowers, son troisième long-métrage, qui marque les dernières retrouvailles cinématographiques entre Doris Day et Rock Hudson, achevant ainsi la Trilogie Romantique.

Le film commence par des credits colorés, des dessins de fleurs dans lesquelles apparaissent les noms des participants, le tout sur une chanson de Doris Day. Ce générique est une création originale qui instaure immédiatement le ton joyeux du film. Il est regrettable de constater qu’aujourd’hui, l’art de la fabrication d’un générique a peu à peu disparu pour laisser place à une triste homogénéisation. Contrairement aux deux films précédents, Rock Hudson et Doris Day ne se rencontrent pas pour tomber amoureux. Cette fois-ci, dès le début du film, ils interprètent un couple qui va être confronté à des épreuves. Rock Hudson est George, un hypocondriaque qui possède une armoire à pharmacie remplie de toutes sortes de médicaments qu’il prend exagérément. Cette manie a tendance à agacer son épouse, Judy. Malgré ce sujet de dispute, ils forment un couple solide et à la vie bien rangée.

Le schéma scénaristique reste identique aux deux autres films de la Trilogie Romantique. L’élément perturbateur est un quiproquo amusant qui va venir troubler la tranquillité des personnages, qui se retrouvent obligés de s’enfoncer dans le mensonge. George se rend chez son médecin qu’il consulte régulièrement, pour un mal à la poitrine. Suite à un malentendu, il comprend qu’il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Le scénario, adaptation d’une pièce de théâtre, est bien ficelé. Les situations cocasses s’enchaînent : George prend la décision de ne pas en avertir son épouse. Il achète un emplacement au cimetière et cherche un nouveau mari pour sa future veuve. Les rebondissements sont de belles trouvailles, donnant un bon rythme au film.

Ne m’envoyez pas de fleurs comporte des scènes drôles, comme celle se déroulant chez le médecin, joué par Edward Andrews, qui ne sait plus quoi prescrire comme traitement afin de rassurer son patient hypocondriaque en pleine forme. Il y a aussi celle qui se passe chez Green Hills, lieu où George achète un caveau, face à un truculent vendeur. Les personnages secondaires sont d’ailleurs bien développés, comme ce laitier peu discret. Tony Randall joue un voisin et ami du couple. Il est le premier à être averti de la mort imminente de George. Il tombe dans un profond désarroi et soulage sa peine dans l’alcool. Il devient alors maladroit dans ses propos, devenant un personnage attachant. Rock Hudson et Doris Day forment un couple comique qui fonctionne parfaitement à l’écran, leur complicité se ressent.

Les costumes sont soignés. Nous les devons à Jean Louis, créateur de la robe fourreau en satin noir de Rita Hayworth dans Gilda ou encore de la célèbre robe couleur chair que Marilyn Monroe portait pour le 45e anniversaire de John Fitzgerald Kennedy. Les décors sont éblouissants. Ce film est visuellement beau, agréable à regarder jusqu’aux moindres détails. La musique, composée par Frank de Vol, vient accentuer l’effet comique des images en donnant un petit côté cartoonesque à certaines scènes. La réalisation est efficace, avec des passages réussis en animation, qui parodient des publicités pour des médicaments.

Oubliez le Supercondriaque de Dany Boon et riez en compagnie de Rock Hudson et de Doris Day, réunis dans une comédie romantique qui transmet de la bonne humeur et qui se visionne encore aujourd’hui avec beaucoup de plaisir.

LE BLU-RAY

Les DVD et Blu-ray du film Ne m’envoyez pas de fleurs sont disponibles chez Elephant Films dans une édition comportant également Un pyjama pour deux et Confidences sur l’oreiller. Le visuel de la jaquette est coloré, correspondant à l’image du film, avec Rock Hudson et Doris Day sur un fond orange. Le menu, également coloré, est fixe et la bande originale est présente en fond sonore. A noter que chaque film de ce coffret trilogie sera disponible à l’unité le 6 juillet 2021.

Les bonus comportent une courte présentation de l’édition en DVD/Blu-ray de la Trilogie Romantique par le journaliste Jean-Pierre Dionnet (1′), visible avant le lancement du menu. Puis, l’on retrouve ce dernier pour une analyse du film (7′). Le critique et historien du cinéma donne les informations principales de ce long-métrage qui est pour lui son préféré de la trilogie. Il revient ensuite sur l’histoire, la musique et la réception à sa sortie. Il met en avant les qualités du film, un sujet grave tourné en comédie, puis fait un parallèle avec la fin de vie de Rock Hudson. Enfin, il aborde en détails les parcours respectifs du scénariste, du directeur de la photographie, du costumier (avec une anecdote amusante) et du réalisateur.

Dans le troisième supplément intitulé Rock Hudson par Jean-Pierre Dionnet (16′), le journaliste revient en détails sur la carrière de l’acteur. Il raconte ses débuts mais aussi sa rapide célébrité et se concentre sur plusieurs films : GéantGiant, un tournage chaotique dû à la mésentente entre les trois acteurs principaux et L’Opération diaboliqueSeconds, qui d’après Jean-Pierre Dionnet donnait au comédien son meilleur rôle. Il raconte son amitié très forte avec Elizabeth Taylor et le réalisateur Douglas Sirk avec lequel il tournera 9 films. Il revient sur sa vie privée, sa sexualité cachée et la fin de sa vie. Il compare son image dans la série Hollywood qui a permis de redécouvrir Rock Hudson. Jean-Pierre Dionnet a une profonde admiration pour cet acteur qui a été numéro un à son époque et qui est pour lui « un des plus grands acteurs du monde ». Il regrette qu’il soit un peu trop oublié aujourd’hui. Des extraits de films, des photos et des affiches accompagnent le supplément.

Un livret intitulé Rock Hudson et Doris Day – La trilogie romantique suivi de Pour Doris Day : un portrait écrit par Denis Rosanno est disponible dans le coffret. A travers ces 70 pages, vous retrouverez des anecdotes sur la réalisation des trois longs-métrages ainsi qu’un portrait détaillé sur l’actrice Doris Day. Des photos et des affiches accompagnent le texte.

L’interactivité se clôt avec les bandes annonces non restaurées et en VOSTFR des films Ne m’envoyez pas de fleurs, Confidences sur l’oreiller, Étranges compagnons de lit, Le Sport favori de l’homme, Le rendez-vous de septembre et Un pyjama pour deux.

L’image et le son

Pour la première fois édité en Blu-ray, Ne m’envoyez pas de fleurs a été restauré et présenté dans un master en Haute-Définition. Toutes les poussières ont été effacées, offrant aux spectateurs un superbe visionnage. Le travail sur le piqué est extraordinaire. Ce master donne une nouvelle jeunesse à la photographie, dirigée par Daniel L. Fapp qui a obtenu le César de la meilleure photographie pour West Side Story en 1962. Le film a été tourné en Technicolor et les couleurs sont éclatantes. Le format original est respecté.

Le son est en DTS-HD Master Audio 2.0 pour la version originale et la version française. La piste française est assez regrettable. Elle comporte de légères coupures dans une scène, de forts craquements dans une autre et les bruits d’ambiance ont tendance à être trop intenses par rapport aux voix. Toutefois, il est intéressant de retrouver des grands noms du doublage pour les voix françaises qui sont claires. La piste anglaise a d’autres avantages : une musique et des voix plus dynamiques. Des sous-titres en français non imposés sont disponibles sous deux versions, l’une avec l’intégralité des dialogues et l’autre traduisant exclusivement les mots en anglais visibles à l’écran.

Crédits images : © Elephant Films / Universal Pictures / Critique du film et chronique du Blu-ray réalisées par Jérémy Joly / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.