
CHRISTY réalisé par David Michôd, disponible en DVD & Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Metropolitan Films.
Acteurs : Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever, Katy O’Brian, Ethan Embry, Coleman Pedigo, Jess Gabor, Chad Coleman…
Scénario : Mirrah Foulkes & David Michôd
Photographie : Germain McMicking
Musique : Antony Partos
Durée : 2h15
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Au début des années 90, Christy Martin se découvre par hasard un talent pour la boxe. Elle accède rapidement au titre de championne du monde et domine le circuit pendant près d’une décennie. Mais entre un mari violent et une mère castratrice, son combat le plus difficile sera celui de l’affirmation de son homosexualité…

Non seulement Sydney Sweeney est probablement l’actrice la plus sexy aujourd’hui, mais elle se permet surtout d’être avant tout une excellente comédienne doublée d’une productrice ambitieuse. Avec les deux cartons successifs de Tout sauf toi (220 millions de dollars de recettes, 600.000 entrées en France) et de La Femme de ménage – The Housemaid (près de 400 millions de dollars amassés dans le monde, 4,5 millions de spectateurs dans nos contrées), elle sait comment mener sa barque, y compris à la télévision (Euphoria). Mais c’était sans compter aussi le cinéma moins « grand public », à l’instar du remarquable Immaculée – Immaculate de Michael Mohan, qui a ravi les amateurs de frissons. Christie, qu’elle coproduit également, appartient à la seconde catégorie. Sydney Sweeney se glisse dans la peau de Christy Martin aka The Coal Miner’s Daughter (la fille du mineur de charbon), figure légendaire de la boxe professionnelle, qui a officié sur le ring entre la fin des années 1980 et le début des années 2010. Christy est donc un biopic, une histoire vraie, celle d’une sportive débarquée de nulle part, qui s’est emparée du titre WBC féminin des super mi-moyens en 2009. C’est une Sydney Sweeney métamorphosée, dissimulant son regard bleu laser sous des lentilles sombres, le cheveu filasse et décoloré, la peau grasse, qui a pris du poids et du muscle, afin de coller à son modèle, autant avec les gants aux poings que dans son morne quotidien où elle subissait la violence de son compagnon et entraîneur. Classique dans son déroulé, Christy est pourtant un formidable spectacle doublé d’un drame psychologique souvent éprouvant, où la violence va crescendo, jusqu’à l’explosion finale, inattendue, qui met particulièrement mal à l’aise et laisse un goût de fer dans la bouche. Brillamment interprété par la star qui a de bon gènes, mais aussi par l’extraordinaire Ben Foster (le meilleur acteur de sa génération), monstrueux en mentor-bourreau sadique, Christy s’est soldé par un échec aussi cuisant qu’injustifié, l’un des plus gros de l’année 2025 avec à peine 2,5 millions de billets verts recueillis dans le monde, pour une mise de départ de 15 millions de dollars. Il est plus que conseillé de lui donner enfin la chance qu’il mérite.



En 1989, à Itmann (Virginie-Occidentale), Christy Salters, une joueuse de basket universitaire, participe à une compétition locale de boxe féminine et l’emporte. Impressionné par ses aptitudes, James Martin, un entraîneur de boxe de la région, la contacte pour lui proposer de l’entraîner. Bien qu’elle hésite au départ à se lancer dans la boxe, son talent brut et ses premiers succès l’incitent à poursuivre dans cette voie. Parallèlement, sa relation secrète avec Rosie, sa petite amie du lycée, se dégrade ; de plus, Joyce, la mère homophobe de Christy, est perturbée par les rumeurs concernant l’homosexualité de sa fille, ce qui crée des tensions au sein de la famille. En 1995, Christy s’installe à Apopka (Floride) avec James et ouvre une salle de boxe. James adopte un comportement autoritaire, mais leur relation a évolué vers une liaison amoureuse. Le couple se marie, ce qui ravit la famille de Christy, et en particulier Joyce. James, qui agit à la fois comme entraîneur et manager, ne tient pas ses promesses de lui ouvrir des portes dans le milieu professionnel ; toutefois, le couple parvient à décrocher un rendez-vous avec Don King, un célèbre promoteur de boxe avec qui Christy signe un contrat. S’ensuit une série de victoires, notamment face à Lisa Holewyne, une lesbienne assumée dont Christy tourne publiquement en dérision l’orientation sexuelle. La notoriété de Christy ne cesse de croître, assurant au couple une vie confortable…en apparence.


Christy respecte le cahier des charges habituel de ce genre de production, l’ascension tumultueuse, le sommet atteint, la chute brutale accompagnée par la déchéance, puis la « résurrection », la reprise en main une fois le « mal » écarté, le retour en grâce, la mise définitive sur piédestal. À ce titre, il n’y a pas beaucoup de surprises dans Christy, mais l’essentiel est ailleurs, puisqu’il s’agit moins d’un film sportif qu’un drame existentiel doublé d’un récit initiatique, où une femme devra passer par certains recoins de l’enfer, pour trouver l’apaisement, l’amour et l’indépendance. C’est là qu’intervient le génie de Sydney Sweeney, nous rendre le personnage crédible (en ayant pris une quinzaine de kilos et après avoir passé des heures sur le ring), pour nous rendre Christy attachante, en plus de nous impressionner quand elle donne du poing.


Ce sont les combats les plus intimes de Christy qui nous intéressent le plus, quand bien même on reste épaté par ce bout de femme d’1m60 qui devient un bulldozer sur le ring. Christy doit affronter de redoutables adversaires dans le cadre du sport, mais elle doit aussi le faire en dehors, en se retrouvant face à sa mère (qui l’humilie en parlant de son orientation sexuelle), sans oublier son propre mari, pervers narcissique, qui la traite plus bas que terre, la manipule, la frappe, jusqu’au point (ou poing) de non-retour.


David Michôd n’est certainement pas un « manchôd » derrière la caméra. Le réalisateur révélé en 2010 avec son exceptionnel premier long métrage Animal Kingdom (aujourd’hui adapté en série télévisée), qui avait ensuite confirmé sa virtuosité dans l’incroyable The Rover, fait enfin son retour au cinéma après deux passages sur Netflix pour War Machine (2017) et The King (2019). C’est d’ailleurs la même plateforme qui avait proposé le documentaire Untold : Deal with the Devil (2021), consacré à la carrière sportive et à la vie personnelle de Christy Martin. On suit avec grand intérêt le destin hors-norme de cette jeune femme, partie de rien, revenue de tout (ne cherchez pas, c’est tiré de la chanson du Gambadou de Patrick Sébastien, mais ça s’adapte bien ici), film biographique dans l’ère du temps puisque traitant des violences conjugales, de l’homophobie et du féminicide, tout en offrant au public un divertissement élégant, qui rappelle la « simplicité » des artisans comme Richard Fleischer et Robert Wise.


Dommage que le bide intersidéral (ça et d’autres histoires comme la pub pour les jeans American Eagle) ait tué dans l’oeuf une possible nomination aux Oscar pour Sydney Sweeney, ce qu’elle méritait largement, tout comme on ne comprend toujours pas comment sa performance dans le formidable Reality de Tona Satter eut été aussi oubliée. Mais ce n’est sans doute que partie remise.


LE BLU-RAY
17.000 entrées…On est loin des 4,5 millions d’entrées de La Femme de ménage ou même des 125.000 spectateurs de Reality ! Néanmoins, Christy peut se targuer d’être désormais disponible en DVD, mais aussi en Haute-Définition chez Metropolitan. Visuel partiellement repris de l’affiche française d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

On démarre doucement l’interactivité par un montage constitué d’images promotionnelles et issues du tournage (3’). L’occasion de voir l’équipe répondre aux questions à l’occasion de la présentation du film dans quelques salles américaines, parfois en compagnie de la véritable Christy Martin, dont quelques photographies dévoilent les grandes étapes de sa carrière.














L’autre bonus est le making of proprement dit (11’), constitué là encore de propos de l’équipe du film (acteurs, réalisateur, productrice, co-scénariste) et de photos de plateau. Les intervenants reviennent en détails sur la genèse du film, les partis-pris et leurs intentions. Sydney Sweeney aborde entre autres sa préparation physique et les conditions de tournage.







L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.
L’Image et le son
Si l’on excepte deux ou trois plans plus doux, la copie HD du film de David Michôd se révèle irréprochable. Que l’histoire se déroule dans les décors urbains ou bien dans des intérieurs froids, le master restitue brillamment les partis pris esthétiques de la belle photographie signée Germain McMicking (Together, Nitram, Mortal Kombat). Le relief est omniprésent, le piqué aiguisé comme une lame de rasoir, la clarté de mise et les contrastes d’une densité indiscutable. Le cadre large est magnifiquement exploité, les détails sont légion et la profondeur de champ impressionnante. Le nec plus ultra de la Haute définition, c’est superbe.

Les deux versions anglaise et française DTS-HD Master Audio 5.1 font quasiment match nul en ce qui concerne la délivrance des ambiances sur les enceintes latérales, la restitution des dialogues et la balance frontale. Le spectateur est littéralement projeté sur le ring, la spatialisation reste solide tout du long et le caisson de basses est utilisé à bon escient. Sans surprise, la version originale l’emporte de peu sur l’homogénéité et la fluidité acoustique. L’éditeur joint également une piste audiodescription, ainsi que les sous-titres destinés aux spectateurs sourds et malentendants. Les sous-titres français ne sont pas imposés.



Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Black Bear Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
