Test DVD / Diamanti, réalisé par Ferzan Özpetek

DIAMANTI réalisé par Ferzan Özpetek, disponible en DVD le 2 juin 2026 chez Destiny Films.

Acteurs : Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Vanessa Scalera, Sara Bosi, Loredana Cannata, Geppi Cucciari, Anna Ferzetti, Aurora Giovinazzo, Nicole Grimaudo, Milena Mancini, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak, Mara Venier, Giselda Volodi, Milena Vukotic, Stefano Accorsi…

Scénario : Elisa Casseri, Carlotta Corradi & Ferzan Özpetek

Photographie : Gian Filippo Corticelli

Musique : Giuliano Taviani & Carmelo Travia

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 1970, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent…

Né à Istanbul en 1959, mais arrivé en Italie quand il avait une dizaine d’années, Ferzan Özpetek est devenu l’un des réalisateurs transalpins les plus célèbres en son pays et l’un de ceux dont les oeuvres s’exportent le mieux dans le monde. Quelques-uns de ses opus ont été exploités en France, parmi les plus connus La Fenêtre d’en face La finestra di fronte (2003, David di Donatello du meilleur film), Saturno contro (2007), Le Premier qui l’a dit Mine vaganti (2010, son plus grand succès chez nous) et Magnifica presenza (2012). Plus discrets dans les salles hexagonales depuis une quinzaine d’années, les films de Ferzan Özpetek ont toujours eu les faveurs du public en Italie (2,5 millions d’entrées pour La Fenêtre d’en face, 1,5 million pour Saturno Contro, 1,4 million pour Le Premier qui l’a dit…) et son dernier en date, Diamanti est devenu le second triomphe de sa carrière avec plus de deux millions de spectateurs, un phénomène qui a su trouver le chemin des cinémas français. Pour son quinzième film, le cinéaste convoque certaines actrices avec lesquelles il avait déjà collaboré, Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Loredana Cannata, Nicole Grimaudo, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak et Milena Vukotic, pour une ode à la femme, un hommage à leur courage, à leur force, à leur détermination, à leur beauté, à leur grâce. Film choral, Diamanti embarque le public dans un tourbillon d’émotions (on en ressort en miettes), étourdit les sens avec une mise en scène sans cesse en mouvement, une caméra qui capture chaque regard embué, les gestes esquissés. Il se dégage une hyper-sensibilité de Diamanti, assurément un sommet dans l’oeuvre de son auteur.

Rome, aujourd’hui. Ferzan Özpetek convoque les actrices avec lesquelles il a travaillé au fil des ans, ainsi que quelques nouveaux visages, pour leur présenter le scénario de son prochain film, Diamanti. L’intrigue du film alterne avec des séances de lecture auxquelles participent le réalisateur et les actrices principales. Rome, 1974. Les sœurs Alberta et Gabriella Canova possèdent et dirigent un atelier de haute couture spécialisé dans les costumes pour le cinéma et le théâtre, où travaillent plusieurs femmes. Dans ce microcosme féminin, de nombreuses histoires s’entremêlent : la couturière en chef Nina a un fils qui ne sort jamais de sa chambre, même pour manger ou aller à l’école, vivant un malaise existentiel qu’il ne parvient pas à communiquer à ses parents ; la brodeuse Eleonora, veuve, aux prises avec sa nièce Beatrice, qui vit avec ferveur la période d’engagement politique et a noué une histoire d’amour secrète avec Ennio, le secrétaire de l’atelier de couture ; la teinturière Carlotta ; la modiste Paolina, mère célibataire du petit Simone, en difficulté financière depuis que le père turc de son fils l’a laissée seule pour s’occuper de l’enfant ; la couturière Nicoletta, maltraitée, humiliée et battue par son mari violent, Bruno, au point d’être menacée de mort ; Fausta, une célibataire ironique et sensible au charme masculin ; Giuseppina, une jeune apprentie qui vient d’arriver ; Silvana, cuisinière des sœurs Canova, ancienne danseuse qui a toujours un mot réconfortant et un repas chaud pour tout le monde. Bianca Vega, costumière oscarisée, se présente à l’atelier pour commander les costumes d’une importante production cinématographique dont le tournage est imminent. La confection des costumes entraîne une surcharge de travail et des tensions, dues à la fois à la sévérité d’Alberta et au caractère exigeant de Bianca. Les couturières trouvent le moyen de réagir aux petits et grands défis avec force et ironie, tout en réussissant à mettre de l’ordre dans leur vie.

Si la dimension méta, où Ferzan Özpetek et ses comédiennes interprètent leur propre rôle, se réunissent autour d’une table (surchargée de victuailles qui donnent l’eau à la bouche), pour parler d’un nouveau grand projet en commun peut tout d’abord faire tiquer, on se laisse happer dès l’entrée dans l’atelier. Au sommet de son art, le cinéaste livre un véritable objet de cinéma, qui éblouit autant par son casting que par sa direction d’acteurs, par sa réalisation qui crée comme une ronde infinie avec ses personnages. Les femmes entrent et sortent constamment du cadre, ça grouille dans tous les coins, on rit, on se soutient, on s’observe avec bienveillance, on parle fort aussi, on crie même, on chante parfois, la vie est partout, chaque seconde.

Chaque femme a vécu un ou plusieurs drames qui ont fait d’elles ce qu’elles sont, des combattantes, des résistantes. Certaines sont encore plongées dans le malheur, la violence, la tristesse, qu’elles retrouvent une fois sorties de l’atelier. Mais les autres sont là, prêtes à bondir, à réagir, à sortir les griffes s’il le faut. C’est cela que filme Ferzan Özpetek, l’unité, la sororité, l’amour, dans un espace limité (celui de l’atelier), même si ce quasi-huis clos n’est jamais étouffant.

Parmi toute cette merveilleuse distribution, se distingue une fois de plus, pour ne pas dire comme toujours, la magnifique et fascinante Jasmine Trinca. Quel chemin parcouru depuis sa première apparition dans La Chambre du fils La Stanza del figlio (2001) de Nanni Moretti. Celle que l’on a vu pour ainsi dire grandir devant la caméra, qui a illuminé les films de Marco Tullio Giordana, Michele Placido, Bertrand Bonello Valeria Golino et Sergio Castellitto (pour ne citer que ceux-là), crève l’écran une fois de plus dans Diamanti avec son regard mélancolique et cerné d’une fatigue dont la cause sera révélée dans la dernière partie. Son face-à-face avec l’excellente Luisa Ranieri (que les français connaissent pour sa participation à deux comédies avec Franck Dubosc, Le Marquis et Bienvenue à bord) est l’un des grands moments de Diamanti. Mais chaque personnage, et donc chaque comédienne, a comme qui dirait son quart d’heure de gloire au cours de ce récit pluriel, où chaque élément gravite autour des sœurs Canova.

Certes, quelques spectateurs trouveront certaines scènes à la limite du soap opera, partis-pris récurrents chez Ferzan Özpetek, à l’instar du retour de Leonardo (Carmine Recano), un ancien grand amour d’Alberta, qui l’avait abandonnée à Paris après lui avoir promis de rester ensemble, mais ça passe et ce grâce à la délicatesse et à l’élégance habituelles du metteur en scène, qui n’a jamais eu peur du romanesque. Au passage, les acteurs ne sont pas oubliés et Stefano Accorsi, pour sa quatrième collaboration avec le réalisateur, est aussi parfait en cinéaste oscarisé qui tente de faire traduire à l’atelier, ce qu’il souhaite pour son nouveau long-métrage. Mention spéciale aussi à la doyenne de la troupe, Milena Vukotic, née en 1935, qui a tourné avec les plus grands (Dino Risi, Federico Fellini, Ettore Scola, Sergio Corbucci, Andreï Tarkovski, Luis Buñuel, Mario Monicelli, Bernardo Bertolucci, la liste est encore longue), qui incarne ici la vieille tante Olga, avec laquelle les deux sœurs se retrouvent pour déjeuner.

Enfin, Diamanti est un hymne aux arts, montre que le théâtre et le cinéma peuvent cohabiter sans rivalité, met en valeur les « petites mains » qui créent en permanence pour hypnotiser les spectateurs, qui oublieront un temps les tracas du quotidien, en ravissant à la fois leur coeur et leur âme. Diamanti a logiquement été couronné par le David di Donatello des spectateurs en 2025.

LE DVD

Merci infiniment à Destiny Films de nous avoir fait parvenir le DVD de Diamanti. Le disque repose dans un boîtier Digipack très fin, merveilleusement illustré par le superbe visuel tiré de l’affiche originale d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Le premier supplément est un tout petit making of (4’50), qui donne la parole à l’ensemble de la distribution, dévoile l’envers du décor et montre le réalisateur à l’oeuvre avec ses comédiennes.

Nous trouvons également cinq scènes coupées (8’), qui placées ainsi n’apportent pas grand-chose, mais prolongent tout de même un peu le quotidien de quelques personnages. On en sait plus sur le personnage de la teinturière Carlotta (jouée par Nicole Grimaudo), tandis que Nina (Paola Minaccioni) se fait conseiller sur l’aide d’une guérisseuse pour son fils plongé dans son mal-être. Si comme nous vous avez adoré le film, n’hésitez pas à visionner ces jolies scènes restées sur le banc de montage.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

On ne change pas une équipe qui gagne et Ferzan Özpetek a de nouveau fait appel au chef opérateur Gian Filippo Corticelli (La Fenêtre d’en face, Saturno contro, Nuovo Olimpo). Les contrastes sont denses et fermes, la copie se révèle claire et lumineuse, le relief est appréciable, la colorimétrie est chatoyante mais quelques fourmillements sont constatables sur les arrière-plans. Le piqué est parfois émoussé mais cela n’entrave en rien les conditions de visionnage qui demeurent plaisantes. Rien à redire, le moindre recoin est splendide de précision sur les séquences diurnes tournées en extérieur. Dommage de ne pas bénéficier de ce titre en Blu-ray.

Le mixage italien Dolby Digital 5.1 se révèle particulièrement sobre, mais instaure un confort acoustique suffisant. Les dialogues sont solidement plantés sur l’enceinte centrale, la spatialisation musicale demeure évidente, systématique, omniprésente même, les latérales soutiennent l’ensemble comme il se doit, les ambiances naturelles ne manquent pas. Notons que les sous-titres français sont incrustés à l’image et donc par conséquent inamovibles. Pas de version française, mais une percutante Stéréo italienne est aussi proposée, pour celles et ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière.

Crédits images : © Destiny Films / GREENBOO PRODUCTION_VISION DISTRIBUTION / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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