Test Blu-ray / Stella, réalisé par Laurent Heynemann

STELLA réalisé par Laurent Heynemann, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 février 2026 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Nicole Garcia, Thierry Lhermitte, Jean-Claude Brialy, Charles Denner, Victor Lanoux, Gérard Desarthe, Djelloul Beghoura, Hubert Saint-Macary, Robin Renucci…

Scénario : Laurent Heynemann & Pierre Fabre

Photographie : Jean-Francis Gondre

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h40

Date de diffusion initiale : 1983

LE FILM

Pour Yvon, peu importe qui détient le pouvoir. Alors, pour sauver de la déportation Stella, la femme de sa vie, il entre au service de la Gestapo. À la fin de la guerre, il sauve sa peau de justesse et la retrouve enfin. Mais il sait qu’il reste à la merci d’une dénonciation… Pour s’en sortir, il continue d’utiliser les méthodes des collabos : trahisons et corruption. Il tente de fuir vers l’Espagne, mettant Stella dans une situation impossible…

Laurent Heynemann. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant celui-ci, né en 14948, a dirigé certains monstres du cinéma français (Michel Piccoli, Michel Galabru, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Jeanne Moreau) dans des films, aujourd’hui quelque peu oubliés, mais dont les titres font ressurgir quelques souvenirs fugaces aux cinéphiles, comme Le Mors aux dents (1979), Il faut tuer Birgitt Haas (1981), Les Mois d’avril sont meurtriers (1986) et La Vieille qui marchait dans la mer (1991). Ancien assistant d’Yves Boisset (R.A.S., Folle à tuer) et de Bertrand Tavernier (L’Horloger de Saint-Paul, Que la fête commence), oui et de Philippe Clair aussi hein (Le Grand Fanfaron), Laurent Heynemann détient un sacré bagage technique et passe derrière la caméra en 1977 avec La Question, interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, puisque traitant ouvertement et frontalement de l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie. Passionné d’histoire, le réalisateur l’est aussi de politique, deux éléments qui deviendront récurrents au fil de son œuvre, au cinéma, comme à la télévision (René Bousquet ou le Grand Arrangement, Accusé Mendès France, Laval, le collaborateur). Après avoir parlé du terrorisme allemand dans Il faut tuer Birgit Haas, il évoque la collaboration – sujet ô combien tabou – dans son quatrième long-métrage, Stella. Le cinéaste, tout d’abord pressenti pour mettre en scène Docteur Petiot avec Michel Serrault (l’acteur refusera de tourner avec Laurent Heynemann et ne fera le film que sept ans plus tard avec Christian de Chalonge), s’investit finalement dans un récit inspiré par un court extrait tiré du livre Tu trahiras sans vergogne (1970) écrit par Philippe Aziz. Ce qui a tapé dans l’oeil (et dans le coeur du metteur en scène), c’est comment un homme, bien sous tous rapports, décide, pour faire libérer la femme qu’il aime et qui arbore l’étoile jaune depuis plusieurs semaines dans le camp de Compiègne, de s’engager dans la Gestapo durant l’été 1944, alors que la Deuxième Guerre mondiale est sur le point de se terminer. Nous en sommes en plein mélodrame romanesque et malgré quelques couacs, notamment le fait de placer l’intrigue en août 1944 alors qu’il est évident que les prises de vues ont été faites en hiver, Stella est un très beau film, magistralement interprété (et quel casting!), une romance parfois au bord de l’emphase, mais qui se retient toujours à temps pour ne pas déborder. Devenu rare et même recherché par beaucoup de cinéphiles, Stella est désormais disponible en DVD et en Blu-ray chez LCJ Éditions & Productions.

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Test 4K UHD / Innocents (The Dreamers), réalisé par Bernardo Bertolucci

INNOCENTS (The Dreamers) réalisé par Bernardo Bertolucci, disponible en DVD, Blu-ray et Édition collector limitée – 4K Ultra HD + Blu-ray chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Michael Pitt, Eva Green, Louis Garrel, Robin Renucci, Anna Chancellor, Jean-Pierre Kalfon, Jean-Pierre Léaud, Florian Cadiou…

Scénario : Bernardo Bertolucci & Gilbert Adair, d’après le roman de Gilbert Adair

Photographie : Fabio Cianchetti

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 2003

LE FILM

Mai 1968, à Paris. La révolte étudiante gronde, les manifestations se multiplient. Isabelle et son frère Théo, restés seuls dans la capitale pendant les vacances de leurs parents, invitent chez eux Matthew, un étudiant américain qu’ils ont rencontré à la Cinémathèque où ils passent le plus clair de leur temps. Dans cet appartement, ils rejouent les scènes de leurs films préférés, cherchent à se découvrir en se livrant à des jeux sensuels de plus en plus troubles.

La soixantaine venue, Bernardo Bertolucci (1941-2018) revient comme qui dirait à sa jeunesse, à ses premières armes, aux débuts de sa cinéphilie, à sa découverte de la capitale française. En effet, Les Innocents ou The Dreamers en version originale, est l’adaptation – libre – du roman de Gilbert Adair, The Holy Innocents, publié en 1988, inspiré des Enfants terribles de Jean Cocteau (19299), une histoire d’obsession sexuelle sur fond des émeutes de Paris de mai 1968, à travers laquelle le cinéaste a perçu moult éléments qui renvoyaient à sa propre histoire. Avec l’aide de l’écrivain lui-même, Bernardo Bertolucci s’approprie le récit original et y place ses propres obsessions, ses fantasmes, ses souvenirs. Rétrospectivement, Innocents sera l’avant-dernier long-métrage du cinéaste, qui ne reviendra derrière la caméra qu’en 2012 avec Moi et toiIo et te. Et tout Bertolucci se retrouve dans The Dreamers, la fougue de la jeunesse, la crudité des scènes de sexe, l’engagement (ou pas) politique, l’amour du septième art, un film somme de la part de celui qui a signé quelques-uns des plus beaux films du cinéma italien (pour ne pas dire mondial), Le Conformiste, Le Dernier tango à Paris, 1900, Le Dernier Empereur, Little Buddha, pour ne citer que ceux-ci. Innocents est tout sauf une œuvre banale dans cette immense filmographie, un huis clos, une introspection, un bilan. C’est un aboutissement, un dernier round. Et c’est pour cela que The Dreamers est bouleversant à plus d’un titre.

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Test DVD / Jeanne du Barry, réalisé par Maïwenn

JEANNE DU BARRY réalisé par Maïwenn, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 20 septembre2023 chez Le Pacte.

Acteurs : Maïwenn Le Besco, Johnny Depp, Benjamin Lavernhe, Melvil Poupaud, Robin Renucci, Pierre Richard, Marianne Basler, Pascal Greggory…

Scénario : Maïwenn Le Besco, Teddy Lussi-Modeste & Nicolas Livecchi

Photographie : Laurent Dailland

Musique : Stephen Warbeck

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Jeanne Gomard de Vaubernier, une jeune femme d’origine modeste, cherche à s’élever socialement en utilisant ses charmes. Son mari, le comte Du Barry, qui s’enrichit largement grâce aux galanteries lucratives de Jeanne, la présente au Roi, avec l’aide du duc de Richelieu. Le Roi s’éprend de sa nouvelle conquête et décide d’en faire sa favorite officielle.

Bon…On ne va pas jouer les professeurs d’histoire et les spécialistes de la France du 18è siècle, car nous ne sommes pas sur BFM ou CNews où certains s’autoproclament experts en COVID puis en conflit israélo-palestinien le lendemain. Loin de nous l’idée de critiquer le fait que tel personnage ou tel événement a existé et/ou a eu lieu, car nous n’en avons pas la moindre idée. Jeanne du Barry sera donc abordé du point de vue cinématographique. Le sixième long-métrage de Maïwennfait penser à The Room de Tommy Wiseau, non pas que le film soit un nanar, loin de là, mais dans le fait que la réalisatrice a entièrement conçu son nouvel opus à sa propre gloire, à sa personne, à son parcours aussi puisqu’elle n’a eu de cesse de proclamer qu’elle se sentait très proche de son personnage et de son vécu. Jeanne du Barry est un caprice à 22 millions d’euros, qui fait penser à une pièce-montée constituée de meringues recouvertes de sucre-glace, attirante sur la forme, mais dont l’aspect bourratif remplit déjà l’estomac, pour finalement se rendre compte que la pâtisserie est en fait un trompe-l’oeil, que les choux sont en plastiques et surtout creux. La faute à Maïwenn qui s’est bien sûr octroyée le premier rôle, qui est de chaque scène, pour ne pas dire de chaque plan, qui imprime son visage chevalin (ce qui donne un côté hippique et non pas épique) et sans grâce dans le but de passer à la postérité, mais qui ne s’avère jamais convaincante. Cependant, si l’on se désintéresse complètement de la du Barry et même de Johnny Depp, dont l’excès de poudre blanche et de bibine lui a autant pourri les dents que le charisme (sans oublier le fait qu’il a constamment l’air de se demander ce qu’il est venu foutre ici), les personnages secondaires sont bien plus captivants, en particulier celui de La Borde, merveilleusement interprété par l’excellent (comme toujours) Benjamin Lavernhe. En l’état, Jeanne du Barry n’est pas un mauvais film, mais cet ego-trip peut taper sur le système avec son actrice principale tête à claques et inappropriée et sa star léthargique aux yeux de poisson mort, entre lesquels n’existe aucune alchimie.

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Test Blu-ray / Coup de foudre, réalisé par Diane Kurys

COUP DE FOUDRE réalisé par Diane Kurys, disponible en DVD et Blu-ray le 1er septembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Miou-Miou, Isabelle Huppert, Guy Marchand, Jean-Pierre Bacri, Robin Renucci, Patrick Bauchau, Jacques Alric, Jacqueline Doyen, Saga Blanchard, Guillaume Le Guellec, Christine Pascal…

Scénario : Diane Kurys & Alain Le Henry

Photographie : Bernard Lutic

Musique : Luis Bacalov

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lena, jeune juive, se marie à un français pour échapper à la déportation. Madeleine, elle, est mariée à un homme qu’elle n’aime plus. Quand les deux femmes se rencontrent quelques années après la fin du conflit, une amitié ardente naît entre elles, une relation si dévorante qu’elle met en péril leur vie respective.

Outre Diabolo menthe, son premier long-métrage, lauréat du prix Louis-Delluc et triomphe dans les salles avec plus de 3 millions d’entrées, Diane Kurys a également puisé dans son propre passé pour écrire Coup de foudre, son troisième film et sans doute son plus grand succès à travers le monde. Avec ses quatre nominations aux César en 1984 et son Grand prix de la critique internationale au Festival du Cinéma de San Sebastian, Coup de foudre, qui avait aussi représenté la France pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère (qui ira finalement à Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman) réunit deux immenses comédiennes, Miou-Miou et Isabelle Huppert. Si elles ne se sont pas entendues sur le plateau, l’alchimie à l’écran est étincelante et celles-ci rayonnent de grâce, de sensualité et de beauté. Histoire d’amitié, mais pas que (mais cela ne se disait pas dans les années 1950, ni même ne s’imaginait), inspirée par celle que la mère de Diane Kurys entretenait avec sa meilleure amie, qui durera jusqu’au décès de la seconde, Coup de foudre est un drame doux-amer, merveilleusement mis en scène et interprété, y compris par Guy Marchand et Jean-Pierre Bacri, dans deux rôles complexes et nullement sacrifiés, tout aussi importants dans le récit que les personnages de Lena et Madeleine. Du grand cinéma français.

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