Test Blu-ray / Cadavres à la pelle, réalisé par John Landis

CADAVRES À LA PELLE (Burke and Hare) réalisé par John Landis, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fisher, Tom Wilkinson, Michael Smiley, Stuart McQuarrie, Jessica Hynes, Christopher Lee, Gabrielle Downey…

Scénario : Piers Ashworth & Nick Moorcroft

Photographie : John Mathieson

Musique : Joby Talbot

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2010

LE FILM

Au XIXe siècle, William Burke et William Hare sont deux amis qui tentent de survivre de leurs arnaques à Édimbourg. Par hasard, ils s’aperçoivent qu’un cadavre frais peut rapporter beaucoup d’argent : Édimbourg est à cette époque le haut lieu de la médecine européenne. Les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections pour faire avancer leur science. Appâtés par cette forte demande, Burke et Hare vont alors provoquer des « accidents » pour obtenir de plus en plus de cadavres frais.

Si l’on regarde attentivement la filmographie de John Landis, Le Flic de Beverly Hills 3 Beverly Hills Cop 3 est son dernier succès au box-office, même si celui-ci est tout de même considéré comme un échec avec « seulement » 120 millions de dollars de recettes, là où les deux précédents avaient franchi la barre des 300 millions. « Après, c’est le drame » comme on dit. Les Stupides The Stupids sort en 1996 et passe totalement inaperçu, Blues Brothers 2000 rentabilise à peine son budget de 32 millions de dollars et Susan a un plan vide carrément les salles en 1999. John Landis se tourne alors vers la télévision, emballe quelques épisodes pour les séries Les Maîtres de l’horreur Masters of Horror et Psych : Enquêteur malgré lui, tout en faisant quelques apparitions devant la caméra de ses confrères et amis (Sam Raimi, Costa-Gavras, Santiago Segura). Il faudra attendre 2010 pour que le réalisateur revienne au cinéma. Ce sera avec Cadavres à la pelle Burke and Hare, inspiré par l’histoire vraie de William Burke et William Hare, deux irlandais qui s’étaient mis en tête de gagner leur vie en vendant des cadavres (plus d’une quinzaine) à un docteur de renom Robert Knox, médecin légiste, qui étudiait l’anatomie humaine et réalisait des dissections devant ses élèves de l’Edinburgh Medical College. Un marché lucratif qui a duré une année, avant que la justice s’en mêle et découvre que les personnes disparues avaient été assassinées par les deux individus. Précédé d’une réputation désastreuse, Cadavres à la pelle est pourtant une récréation hautement jouissive, interprétée par des acteurs géniaux et animée par un humour macabre qui fait du bien. Le tout transpire également d’un amour incommensurable pour le cinéma, du muet aux classiques de l’horreur et du gothique. Assurément à (re)découvrir.

Pauvres et vivant d’arnaques, deux compères William Burke et William Hare découvrent par hasard qu’un cadavre frais peut leur rapporter beaucoup d’argent. A cette époque, Édimbourg est un haut lieu de la médecine en Europe et les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections et faire ainsi avancer leur science. La demande en produits frais ne manque pas ! Elle augmente. Appâtés par l’argent et désireux avant tout d’assouvir les envies matérielles de leur bien aimées, Burke et Hare ne vont pas tarder à orchestrer des « accidents » pour obtenir toujours plus de cadavres frais pour la Science.

Cette histoire est vraie… sauf les parties qui ne le sont pas !

On suit donc les aventures, arnaques et mésaventures de ces deux escrocs sans envergure, merveilleusement interprétés par Simon Pegg, alors entre Star Trek de J. J. Abrams et Mission impossible : Protocole Fantôme de Brad Bird, et Andy Serkis, juste avant La Planète des singes : Les Origines Rise of Planet of the Apes de Rupert Wyatt. Une complicité évidente, une alchimie qui fait le sel de Cadavres à la pelle, finement exploitée par un John Landis qui de son côté soigne sa reconstitution et qui se voit solidement épaulé en cela par le chef opérateur John Mathieson (Gladiator, Hannibal, Logan).

Les deux bougres ont beau être des meurtriers qui ne se remettent jamais en question, on se prend d’affection pour ces mecs pathétiques, qui ne sont pas « méchants », mais qui profitent d’une opportunité pour s’engouffrer dans la brèche d’un « boulot » unique, où ils vont rapidement prospérer. Comme bien souvent, le cinéaste s’entoure d’une formidable distribution. Outre les deux têtes d’affiche, Isla Fisher illumine le film de sa flamboyante rousseur, Jessica Hynes, Tim Curry, Tom Wilkinson, Hugh Bonneville et même Christopher Lee viennent faire quelques savoureuses apparitions, sans oublier le grand Ray Harryhausen.

Cadavres à l’appel est une pure comédie noire marquée par quelques effets gores, le tout mitonné avec élégance et une ironie propre à John Landis, qui a su s’accaparer un scénario de Piers Ashworth et Nick Moorcroft, auteurs des deux St Trinian. Non seulement il est toujours plaisant de voir un metteur en scène se faire plaisir, mais ce sentiment est systématiquement attisé quand il est partagé avec le public. Tout cela pour dire que Cadavres à la pelle est un divertissement burlesque généreux, très bien rythmé, beau à regarder, qui fait du bien et qui est largement conseillé.

LE BLU-RAY

C’est L’Atelier d’Images qui ressuscite le dernier long-métrage de John Landis, en DVD et en Blu-ray. Le disque repose dans un boîtier classique de couleur bleue. Jaquette au visuel soigné. Le menu principal est fixe et musical.

Le premier supplément est une excellente intervention de Fred Teper (13’50). Le fondateur et rédacteur en chef des Chroniques de Cliffhanger & Co revient sur tous les aspects de cette « œuvre singulière et libre » qu’est Cadavres à la pelle, dont le fait divers sordide à l’origine de l’histoire du film de John Landis. Vous saurez ce qu’il faut savoir sur les véritables William Burke et William Hare, sur leurs agissements, leur procès… « Une dérive marquante dans l’histoire médicale » indique Fred Teper, que la culture populaire a fait sienne, de Robert Louis Stevenson avec son Voleur de cadavres, à son adaptation par Robert Wise (Le Récupérateur de cadavres The Body Snatcher). Puis, Fred Teper replace Cadavres à la pelle dans la filmographie de John Landis, revient brièvement sur son parcours, évoque la genèse du projet, le casting, les conditions de tournage, les caméos, puis l’accueil (« contrasté ») du film.

L’Atelier d’Images a pu mettre la main sur le matériel promotionnel lié à la sortie de Cadavres à la pelle (29’). Des entretiens avec John Landis, Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fisher, Tom Wilkinson, Tim Curry, Christopher Lee et le producteur Barnaby Thompson. Les propos caressent dans le sens du poil, chacun y va de ses louanges sur l’équipe, sur sa collaboration avec le réalisateur, mais on sent que l’équipe ne se force pas à mettre en relief la complicité qui régnait sur le plateau. Toujours le sourire aux lèvres, John Landis s’exprime sur les personnages, qu’il voyait comme des « Laurel et Hardy maléfiques ».

Nous trouvons enfin un petit bêtisier sympathique (2’20), ainsi qu’une succession de scènes coupées (11’), à l’instar d’une ouverture plus longue, ou d’une sous-intrigue centrée sur une future victime à la peau noire, que le tandem fait libérer exprès de prison pour la faire passer de vie à trépas.

L’Image et le son

L’Atelier d’Images propose donc Cadavres à la pelle en Haute-Définition. Si l’ensemble n’est pas « exceptionnel », la qualité est présente, quand bien même certains tiqueront quant à l’aspect souvent lisse de l’image, tourné vraisemblablement en argentique, mais dont le grain caractéristique reste discret. La palette chromatique fait honneur aux teintes automnales (bleus et bruns), mais les détails manquent à l’appel (et non pas à la pelle) dans les scènes sombres et nocturnes, qui sont assez nombreuses. Le piqué s’en sort toutefois avec les honneurs, la copie est propre…ce qui est déjà bien suffisant pour (re)découvrir ce 22è long-métrage de John Landis, dans les meilleures conditions possibles aujourd’hui.

Seule la piste anglaise bénéficie d’une option DTS-HD Master Audio 5.1. Le confort acoustique est de mise, avec des dialogues solidement plantés sur la centrale et des effets latéraux redoutablement efficaces. L’ambiance musicale est omniprésente. La version française doit se contenter d’une Stéréo, qui fait son office, sans se forcer, mais avec une efficacité constante.

Crédits images : © L’Atelier d’Images / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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