Test Blu-ray / Le Prince et le Pauvre, réalisé par Richard Fleischer

LE PRINCE ET LE PAUVRE (Crossed Swords – The Prince and the Pauper), réalisé par Richard Fleischer, disponible en combo Blu-ray/DVD le 31 janvier 2024 chez Studiocanal.

Acteurs : Oliver Reed, Raquel Welch, Mark Lester, Ernest Borgnine, George C. Scott, Rex Harrison, David Hemmings, Harry Andrews…

Scénario : Berta Domínguez D., Pierre Spengler & George MacDonald Fraser, d’après le roman de Mark Twain

Photographie : Jack Cardiff

Musique : Maurice Jarre

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Un jeune voleur, pour échapper à la police, escalade un mur et se retrouve face à face avec le prince Edward, dont il est le parfait sosie. Pour une nuit, les deux garçons vont échanger leur vie. Mais il est aussi difficile pour le prince de se retrouver dans la rue que pour le pauvre d’être au palais !

Quand il réalise Le Prince et le PauvreThe Prince and the Pauper (ou bien encore Crossed Swords aux États-Unis) en 1977, Richard Fleischer a déjà trente ans de cinéma derrière-lui et amorce la toute dernière partie de sa carrière. Deux ans après le terrible échec critique de l’extraordinaire Mandingo, le cinéaste, qui était alors toujours en quête de reconnaissance et qui misait sur ce film qu’il attendait comme étant celui qu’il avait voulu faire toute sa vie, dépose les armes et retourne à son « simple » statut de metteur en scène, à défaut d’être considéré comme un auteur. Il enchaîne avec un biopic consacré à Sarah Bernhardt, The Incredible Sarah, interprété par Glenda Jackson, puis il est appelé par les producteurs Pierre Spengler et Ilya Salkind, qui avaient financé l’étonnant Kill de Romain Gary et qui prévoyaient de monter un budget conséquent pour Superman, pour prendre les manettes du Prince et le Pauvre. Ilya Salkind et son père Alexander avaient connu deux triomphes dans le monde entier avec Les Trois Mousquetaires et On l’appelait Milady, divertissements quasi-anachroniques, qui avaient pourtant explosé le box-office aussi bien en Europe que sur le sol américain. La tentation était trop grande de surfer sur ce genre inattendu et cette adaptation du roman de Mark Twain, écrite par le même scénariste George MacDonald Fraser, tombait à point nommé. S’il ne fait pas et ne fera jamais partie des films les plus célèbres de Richard Fleischer, Le Prince et le Pauvre n’en reste pas moins un spectacle mené à cent à l’heure, porté par un casting exceptionnel (en dehors de Mark Lester certes, nous y reviendrons) et marqué par des scènes d’action solidement emballées par un artiste et artisan, qui s’il avait dû mettre ses ambitions de côté, n’a jamais renié son travail et s’est toujours acquitté élégamment de la tâche qui lui était confiée.

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Test Blu-ray / Nous nous sommes tant aimés, réalisé par Ettore Scola

NOUS NOUS SOMMES TANT AIMÉS (C’eravamo tanto amati), réalisé par Ettore Scola, disponible en combo Blu-ray/DVD le 6 décembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Nino Manfredi, Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, Stefano Satta Flores, Giovanna Ralli, Aldo Fabrizi, Mike Bongiorno, Federico Fellini, Marcello Mastroianni…

Scénario : Agenore Incrocci, Furio Scarpelli & Ettore Scola

Photographie : Claudio Cirillo

Musique : Armando Trovajoli

Durée : 1h59

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Trois camarades, frères d’armes pendant la résistance, attachés au même idéal de justice et de progrès social, célèbrent la fin de la guerre et la chute du fascisme en Italie. Gianni termine ses études de droit à Rome. Nicola enseigne dans un lycée de province. Antonio se retrouve modeste brancardier-infirmier. C’est une période d’espoir et d’euphorie…

« On se reverra dans 25 ans, donc plus jamais. ».

C’est un film culte, un vrai, un mythe, un monument, sans qui le cinéma italien ne serait pas tout à fait le même et qui a d’ailleurs servi de modèle pour ceux qui ont suivi. Nous nous sommes tant aimésC’eravamo tanto amati est ce que l’on peut qualifier de miracle de cinéma, celui qui happe le spectateur, le prend par la main pour lui faire traverser l’écran, derrière lequel on se place en tant que témoin des multiples événements qui surviennent au fil des trente années qui nous sont contées. Avec ce dixième long-métrage, qui devait alors rencontrer un succès international, Ettore Scola (1931-2016) devait entrer définitivement dans la légende du septième art transalpin. Merveilleusement interprété par le quatuor Nino Manfredi, Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli et Stefano Satta Flores (mais pas que), Nous nous sommes tant aimés est un chef d’oeuvre auquel on revient sans cesse, on fait référence, auprès duquel on se réfugie en cas de coup de mou, qui revigore. Rollercoaster émotionnel dont on ressort le coeur gros et l’esprit apaisé, C’eravamo tanto amati paraît inépuisable, le spectateur découvrant alors de nouvelles choses au fur et à mesure qu’il prend de l’âge lui-même et se rend compte du temps qui passe ou plutôt qui a passé. La poésie de la mélancolie. Capolavoro.

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Test Blu-ray / Le 4e pouvoir, réalisé par Serge Leroy

LE 4e POUVOIR, réalisé par Serge Leroy, disponible en combo Blu-ray/DVD le 29 novembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Philippe Noiret, Nicole Garcia, Roland Blanche, Michel Subor, Toni Cecchinato, Jean Lescot, François-Eric Gendron, Pierre Fabien, Pascal Légitimus, Jean-Claude Brialy…

Scénario : Serge Leroy, Yonnick Flot & Françoise Giroud

Photographie : André Domage

Musique : Alain Bashung & Juan José Mosalini

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Présentatrice vedette du journal télévisé, Catherine Carré est confrontée à l’enlèvement de Yves Dorget, un journaliste qu’elle a aimé jadis. Mêlé à de dangereuses affaires, Yves a besoin d’aide.

C’est toujours avec un plaisir de se replonger dans l’oeuvre de Serge Leroy (1931-1993), réalisateur du mythique La Traque (1975), du polar burné Légitime violence (1982), sans oublier d’un des opus d’Alain Delon les plus singuliers et jouissifs, Attention, les enfants regardent (1978). Également le metteur en scène du Mataf (1973) et des Passagers (1977), Serge Leroy mérite d’être reconsidéré dans l’histoire du cinéma français et son travail, que l’on peut rapprocher de celui d’Yves Boisset, d’être réhabilité. En 1985, il connaît l’un de ses plus grands succès avec Le Quatrième pouvoir, dans lequel il exploite son passé dans le documentaire et surtout de journaliste, puisqu’il s’intéresse à la presse. S’il coécrit le film avec Yonnick Flot, c’est la journaliste Françoise Giroud qui se charge des dialogues, assurant ainsi une authenticité recherchée et à laquelle le cinéaste tenait particulièrement. Si le scénario lui-même n’est pas transcendant et même disons-le prévisible, Le Quatrième pouvoir vaut pour ses deux formidables têtes d’affiche, Philippe Noiret et Nicole Garcia, dont l’alchimie est évidente, vibrante, totale, qui sont eux-mêmes épaulés par une distribution haut de gamme. Pas inoubliable, mais un bon moment et dont le message n’a évidemment pas vieilli.

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Test DVD / Une nuit, réalisé par Alex Lutz

UNE NUIT réalisé par Alex Lutz, disponible en DVD le 8 novembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Karin Viard, Alex Lutz, Jérôme Pouly, Noémie De Lattre, Kenza Fortas, Nicole Calfan, Marco Luraschi, Fanny Gutking…

Scénario : Alex Lutz, Karin Viard & Hadrien Bichet

Photographie : Éponine Momenceau

Musique : Vincent Blanchard

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Paris, métro bondé, un soir comme les autres.
Une femme bouscule un homme, ils se disputent. Très vite, le courant électrique se transforme… en désir brûlant. Les deux inconnus sortent de la rame et font l’amour dans la cabine d’un photomaton.
La nuit, désormais, leur appartient.
Dans ce Paris aux rues désertées, aux heures étirées, faudra-t-il se dire au revoir ?

En dépit de l’échec public de son second long-métrage comme réalisateur, avec seulement 175.000 entrées, mais porté par une critique élogieuse, Alex Lutz s’était vu décerner en 2018 le César du meilleur acteur pour Guy. Ce très beau film sur un chanteur populaire en fin de carrière était on ne peut plus prometteur et on attendait le retour d’Alex Lutz derrière la caméra. « Et là, c’est le drame » comme dirait l’autre. Une nuit, écrit, interprété et produit par le comédien/metteur en scène avec Karin Viard, est une véritable catastrophe industrielle, une compilation de tous les tics possibles et imaginables du cinéma d’auteur français, un amoncellement de clichés, aussi bien sur le fond que sur la forme. Rien, absolument rien ne fonctionne dans Une nuit et ce dès la toute première scène, celle de l’altercation dans le métro entre un homme et une femme, qui après s’être engueulés devant tout le monde, se mettent à baiser dans une cabine de photomaton, avant de se mettre à parler de tout, de la vie, de l’alchimie entre les êtres humains, du temps qui passe…Cela se voudrait spontané, mais aucune réplique ne tombe juste, tout y est boursouflé, pédant, crétin et surtout irritant. Attention, Karin Viard et Alex Lutz ne sont pas mauvais, bien sûr que non, c’est juste que les personnages semblent constamment déconnectés des réalités et que leurs sujets de conversation n’ont aucun intérêt et paraissent avoir été créés par une intelligence artificielle à laquelle on aurait demandé de créer des dialogues Kamoulox. On ne sait pas si Alex Lutz avait des choses à régler après l’engouement de la profession pour Guy et l’obtention du Saint Graal aux Césars (surtout quand on avait en face Denis Ménochet pour Jusqu’à la garde, Gilles Lellouche pour Pupille et Romain Duris pour Nos batailles), toujours est-il qu’Une nuit fait penser à un énorme ego-trip pensé pour et uniquement ses deux têtes d’affiche. Circulez, y’a rien à voir !

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Test Blu-ray / L’Enquête est close – Circle of Danger, réalisé par Jacques Tourneur

L’ENQUÊTE EST CLOSE (Circle of Danger), réalisé par Jacques Tourneur, disponible en combo Blu-ray/DVD le 27 septembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Ray Milland, Patricia Roc, Marius Goring, Hugh Sinclair, Naunton Wayne, Edward Rigby, Marjorie Fielding, John Bailey…

Scénario : Philip MacDonald

Photographie : Oswald Morris

Musique : Robert Farnon

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

À la fin de la seconde guerre mondiale, Clay Douglas, citoyen américain, enquête sur la mort de son jeune frère, Hank, tué d’une balle alors qu’il combattait aux côtés des forces britanniques. Pour Clay, le tir ne venait pas des lignes allemandes mais bien du commando dont Hank était membre. Du Pays de Galles à l’Angleterre en passant par l’Écosse, Clay tente de retrouver la trace des membres survivants pour comprendre ce qui a pu se passer.

Du cinéaste franco-américain Jacques Tourneur, on connaît surtout Cat People (La Féline, 1942), Vaudou (I walked with a zombie, 1943) ou encore The Leopard Man (1943), emblèmes flamboyants du cinéma fantastique de l’âge d’or. Nettement moins ses films policiers, genre auquel Circle of danger semble appartenir. En apparence seulement. Car sous les oripeaux formels d’une enquête classique, voilà en réalité une comédie romantique qui ne dit pas son nom. C’est bien là la principale surprise d’un film qui nous en ménage une autre, et de taille, dans ses ultimes minutes. De fait, le protagoniste interprété par Ray Milland va au cours de son investigation en terres britanniques, faire la rencontre d’une illustratrice écossaise, Elspeth (Patricia Roc). Bien davantage que les membres du commando dont Clay remonte progressivement la piste, la jeune femme devient le pivot du récit, lequel prend une tournure sentimentale totalement décalée. Ce qui intéresse ici Jacques Tourneur, est donc autant l’évolution de l’enquête que la relation entre Clay et Elspeth, marquée par une série de rendez-vous manqués plutôt cocasse. Mais dans la résolution du meurtre comme dans les prémices de l’histoire d’amour, Jacques Tourneur déroule un seul et même fil rouge : la thématique du temps. Clay passe ainsi une bonne partie du sien à demander l’heure à ses interlocuteurs pour s’assurer de ne pas arriver en retard à ses rendez-vous avec Elspeth (le seul ressort comique du film consistant à le faire invariablement échouer). Entre l’obsession de la vérité et la liaison naissante, l’incompatibilité est manifeste et l’urgence signifiée : Tourneur filme explicitement les montres, les horloges et les injonctions verbales à l’empressement (tel personnage somme Clay de se dépêcher s’il ne veut pas rater son train, un autre lui demande d’abréger leur discussion car il manque de temps, Elspeth semble avoir toujours un pays d’avance sur Clay lors de leurs déplacements simultanés). Confère également cette scène magnifique où le couple en devenir se tient sur une falaise face à la mer, en réalité – trucage typique de l’époque – la photo en trompe-l’oeil d’un paysage écossais où rien, à part les acteurs, ne bouge. Ni les nuages ni les vagues. Et soudain… le silence. Tourneur utilise ici de façon très consciente l’artificialité de son décor non seulement à des fins techniques, mais aussi au profit de ce qu’il raconte : littéralement, il suspend le temps et invite les deux personnages (et le spectateur) au sursis.

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Test Blu-ray / Farang, réalisé par Xavier Gens

FARANG réalisé par Xavier Gens, disponible en DVD & Blu-ray le 8 novembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Nassim Lyes, Loryn Nounay, Olivier Gourmet, Chananticha Tang-Kwa, Vithaya Pansringarm, Sahajak Boonthanakit, Yothin Udomsanti, Boonsong Nakphoo…

Scénario : Xavier Gens, Magali Rossitto, Stéphane Cabel & Guillaume Lemans

Photographie : Gilles Porte

Musique : Jean-Pierre Taïeb

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

Sam est un détenu exemplaire. À quelques mois de sa sortie de prison, il prépare assidûment sa réinsertion. Lors d’une permission, son passé le rattrape et un accident ne lui laisse qu’un seul choix : la fuite. Cinq ans plus tard, il a refait sa vie en Thaïlande, où il a fondé la famille dont il a toujours rêvé. Mais Narong, le parrain local, l’oblige à plonger à nouveau dans la délinquance. Quand Sam veut tout arrêter, Narong s’attaque à sa famille… Sam va traverser la Thaïlande pour se venger de son bourreau.

C’est du brutal comme dirait l’autre. Xavier Gens revient en forme avec Farang, son septième long-métrage, thriller d’action très violent, sanglant, pour ne pas dire gore dans certaines séquences, qui s’impose d’ores et déjà comme l’un des indispensables de l’année 2023. Après avoir bossé sur plusieurs épisodes de la série Gangs of London, créée par Gareth Evans, le réalisateur qui nous avait déjà récemment captivé avec son formidable Cold Skin et bien fait marrer avec son unique comédie Budapest, déploie une sacrée maturité de mise en scène, nourrie de sa collaboration avec le cinéaste de The Raid et de sa suite. Car Farang est on peut le dire « un putain de bon film d’action », très contemporain dans sa forme, avec cependant un montage toujours lisible et percutant, mais qui renvoie aussi au genre des années 1980-90, le cinéma HK bien sûr, mais également celui de Jean-Claude Van Damme et consorts que les spectateurs allaient voir pour se rincer le cerveau. Magistralement réalisé, mené sans aucun temps mort pendant 1h40, Farang révèle aussi et surtout un comédien au charisme magnétique et exceptionnel dans les scènes de bastons (on se souviendra longtemps de l’époustouflante et immersive scène de l’ascenseur), Nassim Lyes, vu dans le sensible 16 ans de Philippe Lioret (mais aussi dans le navrant Kandisha du tandem Maury/Bustillo, mais mieux vaut oublier), qui avait démarré au cinéma en 2011 dans le méconnu Mineurs 27 de Tristan Aurouet, aux côtés de Jean-Hugues Anglade et Gilles Lellouche. Si celui-ci aura aussi bossé avec Nicolas Boukhrief (Made in France) et Olivier Marchal (Overdose), il lui aura fallu attendre l’âge de 35 ans pour se voir proposer enfin un rôle à la mesure de ses capacités physiques, tout en dévoilant une large palette. Ses scènes face à l’imposant Olivier Gourmet sont sans doute les meilleures. Nassim Lyes porte solidement le film sur ses épaules et les fans d’action sauront accueillir Farang comme il se doit, après un passage timide dans les salles françaises où il n’aura attirer que 170.000 spectateurs. Depuis, le bouche-à-oreille fait carton plein et Farang jouit d’une seconde vie hautement méritée.

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Test Blu-ray / Charlie et ses deux nénettes, réalisé par Joël Séria

CHARLIE ET SES DEUX NÉNETTES réalisé par Joël Séria, disponible en Blu-ray le 6 septembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Serge Sauvion, Jeanne Goupil, Nathalie Drivet, Jean-Pierre Marielle, André Lacombe, Jean Le Gall, Jean Mauvais, Annie Savarin…

Scénario : Joël Séria

Photographie : Marcel Combes

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

A la porte d’un bureau de placement, Charlie, 39 ans, fait la connaissance de Guislaine et de Josyane, deux jeunes cousines de 20 ans, coiffeuse pour l’une et vendeuse au chômage pour l’autre. Charlie, qui vit de petits boulots, les invite à boire quelque chose et se laisse aller aux confidences. Plus tard, elles le poussent à reprendre son activité : faire les marchés. S’ensuit une virée sur les routes de France…

Changement de registre complet pour Joël Séria (né en 1936), qui trois ans après Mais ne nous délivrez pas du mal revient derrière la caméra pour une petite chronique légère et insouciante intitulée Charlie et ses deux nénettes, toujours interprétée par celle qui allait devenir son épouse, Jeanne Goupil. Elle donne cette fois la réplique à Nathalie Drivet, qui avait été pressentie pour jouer dans le premier long-métrage du réalisateur et que l’on reverra également plus tard dans les mythiques Galettes de Pont-Aven, ainsi qu’à Serge Sauvion, qui accédait au haut de l’affiche après plus de vingt ans de cinéma. Représentatif de son époque, autrement dit après mai-68, Charlie et ses deux nénettes montre ce qui reste des idéaux des français au début des années 1970, pas grand-chose donc, un an avant l’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing. Les cinéphiles apprécieront aussi le film puisqu’il s’agit de la première collaboration entre Joël Séria et Jean-Pierre Marielle, qui se retrouveront à trois reprises pour Les Galettes de Pont-Aven (1975), … Comme la lune (1977) et Les Deux Crocodiles (1987). Une comédie teintée de gravité, ou un drame léger ? Charlie et ses deux nénettes est un peu tout ça et sans doute plus, car mine de rien une certaine mélancolie (mise en relief par le maestro Philippe Sarde) trotte longtemps en tête après et prouve que ses personnages sont aussi attachants que marquants. Et le charme subsiste.

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Test Blu-ray / Le Convoi, réalisé par Sam Peckinpah

LE CONVOI (Convoy) réalisé par Sam Peckinpah, disponible en Blu-ray le 1er septembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Kris Kristofferson, Ali MacGraw, Ernest Borgnine, Burt Young, Madge Sinclair, Franklyn Ajaye, Brian Davies, Seymour Cassel, Cassie Yates…

Scénario : Bill L. Norton

Photographie : Harry Stradling Jr.

Musique : Chip Davis

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Rubber Duck est rejoint par ses anciens collègues camionneurs dans un mouvement contestataire contre le shérif Wallace qui agit comme un véritable tyran. Leur convoi parcourt les routes du Nouveau-Mexique jusqu’au moment où les forces de l’ordre les arrêtent en les empêchant de poursuivre. L’affaire commence alors à se médiatiser…

C’est l’avant-dernier opus d’un cinéaste dont le nom donne des frissons aux cinéphiles. Le Convoi Convoy est en effet le treizième long-métrage de Sam Peckinpah, mais aussi son plus grand succès commercial à travers le monde, malgré des critiques plus que mitigées à sa sortie. S’il est toujours aujourd’hui considéré comme mineur dans la filmographie du maître, Le Convoi n’en reste pas moins un sacré tour de force et demeure l’un des derniers témoignages du Nouvel Hollywood, comme si la dépouille de ce courant avait été ranimée une ultime fois, pour renouer avec l’aura d’oeuvres comme Macadam à deux voies Two-Lane Blacktop de Monte Hellman et surtout de Point limite zéro Vanishing Point de Richard C. Sarafian, auxquels Sam Peckinpah aurait greffé la légèreté de Cours après moi shérif Smokey and the Bandit de Hal Needham, gros carton de l’année précédente. Il en résulte un spectacle haut de gamme, un road movie où les gros bahuts suivraient la ligne blanche séparant l’asphalte, avec d’un côté le quotidien sclérosé et corseté, et de l’autre le désir inné de liberté. À ce titre, Kris Kristofferson est impeccable dans la peau du leader malgré-lui du mouvement improvisé de cette folle échappée, où prenant le volant pour échapper à la prison après une bagarre qui a mal tourné, celui-ci se retrouve à la tête d’un convoi de camions (mais pas que) qui commence à s’étaler sur le ruban goudronné et interminable. Ou quand Sam Peckinpah remplace ses canassons par des camions cylindrés pour parcourir le Nouveau-Mexique. Un pur et grand divertissement.

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Test Blu-ray / Coup de foudre, réalisé par Diane Kurys

COUP DE FOUDRE réalisé par Diane Kurys, disponible en DVD et Blu-ray le 1er septembre 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Miou-Miou, Isabelle Huppert, Guy Marchand, Jean-Pierre Bacri, Robin Renucci, Patrick Bauchau, Jacques Alric, Jacqueline Doyen, Saga Blanchard, Guillaume Le Guellec, Christine Pascal…

Scénario : Diane Kurys & Alain Le Henry

Photographie : Bernard Lutic

Musique : Luis Bacalov

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lena, jeune juive, se marie à un français pour échapper à la déportation. Madeleine, elle, est mariée à un homme qu’elle n’aime plus. Quand les deux femmes se rencontrent quelques années après la fin du conflit, une amitié ardente naît entre elles, une relation si dévorante qu’elle met en péril leur vie respective.

Outre Diabolo menthe, son premier long-métrage, lauréat du prix Louis-Delluc et triomphe dans les salles avec plus de 3 millions d’entrées, Diane Kurys a également puisé dans son propre passé pour écrire Coup de foudre, son troisième film et sans doute son plus grand succès à travers le monde. Avec ses quatre nominations aux César en 1984 et son Grand prix de la critique internationale au Festival du Cinéma de San Sebastian, Coup de foudre, qui avait aussi représenté la France pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère (qui ira finalement à Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman) réunit deux immenses comédiennes, Miou-Miou et Isabelle Huppert. Si elles ne se sont pas entendues sur le plateau, l’alchimie à l’écran est étincelante et celles-ci rayonnent de grâce, de sensualité et de beauté. Histoire d’amitié, mais pas que (mais cela ne se disait pas dans les années 1950, ni même ne s’imaginait), inspirée par celle que la mère de Diane Kurys entretenait avec sa meilleure amie, qui durera jusqu’au décès de la seconde, Coup de foudre est un drame doux-amer, merveilleusement mis en scène et interprété, y compris par Guy Marchand et Jean-Pierre Bacri, dans deux rôles complexes et nullement sacrifiés, tout aussi importants dans le récit que les personnages de Lena et Madeleine. Du grand cinéma français.

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Test DVD / Wire Room, réalisé par Matt Eskandari

WIRE ROOM réalisé par Matt Eskandari, disponible en DVD le 16 août 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Kevin Dillon, Bruce Willis, Oliver Trevena, Texas Battle, AMbert Townsend, Cameron Douglas, Shelby Cobb, Faith Stowers…

Scénario : Brandon Stiefer

Photographie : Will Barratt

Musique : Rhyan D’Errico & Jared Forman

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

L’agent fédéral Justin Rosav intègre la salle des écoutes du FBI, centre de commandement qui espionne les criminels dangereux grâce à des caméras et des micros planqués dans leurs QG. Sous la supervision de Shane Mueller, il est chargé de surveiller Eddie Flynn, trafiquant d’armes soupçonné d’avoir à sa solde toute une tripotée de policiers corrompus. Pendant son service, Justin voit des hommes armés entrer dans la maison du trafiquant. Tentant vainement d’alerter Shane, l’agent prend la responsabilité d’appeler Eddie pour l’aider à survivre à l’assaut qui se prépare.

L’idée était pourtant bonne : un agent fédéral tentant d’assister à distance un criminel pris pour cible dans sa maison, voilà qui promettait quelques bonnes scènes de suspense, des échanges de tirs savamment bourrins, de la punchline mascu à foison dont Olivier Marchal lui-même n’oserait pas rêver. On se contentera de fantasmer sur le film que n’importe quel réalisateur un peu concerné aurait pu tirer d’un tel postulat. Car en l’état, Wire Room est une pure catastrophe de la première à la dernière minute. Les responsables de ce carnage : absolument tout le monde. Passons d’emblée sur les raisons qui ont poussé Matt Eskandari à commencer son film par un flash forward nous en dévoilant la fin – lui-même ne sait probablement pas pourquoi il a fait ça. La mise en scène anémique, le montage foireux, la photographie épouvantable, l’étalonnage inexistant, l’écriture ridicule, les personnages caractérisés à la truelle… C’est bien simple, rien ne va. Le film, tourné sur deux lieux en une semaine (et qui a manifestement nécessité une heure de post-production), exhibe des effets numériques pitoyables. Les impacts de balles, la fumée s’échappant de la fenêtre, tout est d’une laideur absolue, au même titre que la musique, jouée sur un radio-cassette dont Eskandari a perdu le mode d’emploi. A ce jour, il n’a toujours pas trouvé le bouton « stop ».

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