Test DVD / Out of Death, réalisé par Mike Burns

OUT OF DEATH réalisé par Mike Burns, disponible en DVD le 7 septembre 2022 chez Studiocanal.

Acteurs : Jaime King, Bruce Willis, Lala Kent, Kelly Greyson, Michael Sirow, Megan Leonard, Tyler Jon Olson, Oliver Trevena…

Scénario : Bill Lawrence

Photographie : Peter Holland

Musique : Jacob Bunton & Mike Burns

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Au cours d’une randonnée, une jeune femme, Shannon, assiste au meurtre d’un dealer assassiné par une policière. Après l’avoir photographiée en train de l’abattre, le témoin s’enfuit dans la forêt tandis que la flic corrompue la traque avec son coéquipier. Toutefois, Shannon trouve refuge auprès d’un ancien officier de l’ordre, Jack Harris, qui la sauve de leurs griffes avant que sa nièce ne soit prise en otage par leur boss à la tête du commissariat, compromis dans des affaires louches…

Comme le sieur Bruce Willis a désormais pris sa retraite anticipée pour cause d’aphasie, un trouble de la communication qui le conduisait à réduire ses répliques, qu’il ne parvenait plus à apprendre, nous découvrons petit à petit ses derniers « méfaits » dans le monde de la VOD et du DTV. Ainsi, après Cosmic sin, Anti-Life, Trauma Center, Représaille, First Kill, Acts of violence et 10 Minutes Gone, l’ami Bruce tournait Out of Death, l’un de ses trois ou quatre films de 2020 et ce malgré le confinement. Il se rattrapera jusqu’à la fameuse annonce de l’arrêt de sa carrière en emballant au moins une quinzaine de longs-métrages qui fleuriront bientôt ce qui reste de votre rayon culture. En l’état, ou peut-être sommes nous devenus plus indulgents, Out of Death, que vous pourrez trouver sous le titre Hors de la mort (parfois, une traduction littérale ne suffit pas), n’est franchement pas le pire film de Bruce de ces dernières années (coucou Apex !). Certes, nous sommes conscients de la « qualité » du bousin, mais celui-ci parvient à divertir grâce à ses nombreux défauts et même Bruce Willis semble un poil plus concerné lors de ses apparitions en pointillés, du genre on le montre dans la toute première scène, puis un panneau indique « quelques heures plus tôt » pour le ramener une demi-heure après. Avec une note de 0 % sur Rotten Tomatoes basée sur onze critiques à ce jour, cela vous donne un premier aperçu de cette chasse à l’homme (à la femme plutôt) qui vous attend, durant laquelle il n’est évidemment pas interdit de rire !

Toujours en deuil de la mort prématurée de son père, la photo-reporter Shannon Mathers se rend en forêt pour répandre ses cendres, lorsqu’elle est témoin du meurtre d’un trafiquant de drogue non armé par une policière. Elle enregistre toute la scène avec sa caméra, avant d’être repérée. Traquée, effrayée, elle court à travers les bois puis finit par se perdre. Alerté par le bruit de l’attaque, Jack Harris, un officier de police nouvellement à la retraite qui se détend dans le chalet de sa nièce, sauve Shannon juste à temps. Les deux s’échappent de justesse. D’autres flics ripoux débarquent pour se mettre à la recherche de Shannon, y compris le shérif de la ville Hank Rivers, qui a des ambitions politiques. Shannon et Jack vont s’unir pour combattre la police corrompue et la traduire en justice.

Par les producteurs de The Irishman et Du sang et des larmes !

Une fois de plus, on aime imaginer comment Bruce Willis s’est retrouvé dans Out of Death, qui démarre après 1’30 des divers logos de sociétés de production qui ont participé pour boucler le budget anémique. Pensant déjà raccrocher les gants des suites de sa maladie, le comédien décide d’aller se ressourcer à Porto Rico, seul en forêt, quand il tombe sur une équipe. « Mais qu’est-ce que vous foutez là les gars ? » « Bruce, s’il vous plaît, le monde est petit ! On est fan et on voulait savoir si on pouvait vous filmer au bord du lac ou lors de votre cueillette aux champignons ? » « Vous savez je… » « Génial, on vous confie un flingue en plastique, que vous pointerez devant vous de temps en temps en fronçant les sourcils ! » « Oui d’accord, mais en fait je voulais arrêter le cin… » « Vous rencontrerez parfois quelques acteurs à la mine patibulaire, dites leur ce qui vous passe par la tête, on s’en fout, du moment que vous réussissez à placer I’m a cop, même en énumérant votre liste de courses, on construira une intrigue autour de ça, ne vous inquiétez pas ! » « Bon, je dois quand même prévenir ma famil.. » « Action ! ».

Elle n’a pas de bol la belle Jaime King (Pearl Harbor, Sin City, Évasion 2 & 3), ou son personnage plutôt. Alors qu’elle prenait son courage à deux mains pour rendre hommage à son défunt père, ou afin de lui prouver qu’elle n’était pas une poule mouillée comme il avait visiblement l’air de le prétendre, Shannon se confie à son téléphone portable, puis prend un sentier boisé avec son urne funéraire sous le bras. Mais c’était sans compter sur une poignée de flics ripoux qui ont décidé justement de se débarrasser d’un dealer local avec lequel ils étaient en business. Shannon débarque bien sûr à ce moment-là, prend le temps de tout enregistrer, avant d’être prise en chasse. Mais heureusement, un vieux de la vieille de la police traînait son mal-être au même endroit (décidément, ces bois isolés sont très fréquentés), histoire d’oublier le décès récent de sa femme, après plus de trente ans de vie commune.

Mine de rien, on se prend au jeu de cette randonnée contrariée (divisée en chapitres du style L’Indésirable ou La Traque), d’une part pour ses acteurs qui en font des caisses, les méchants surtout, Bruce Willis et Jaime King étant plutôt pas mal finalement, d’autre part en raison de ses dialogues nawak, du comportement incohérent des personnages (Harris dit à Shannon qu’il va la protéger, avant de la laisser à nouveau seule deux secondes après pour aller chercher son téléphone portable dans le chalet), de ses effets spéciaux tout moches (on parle de la balle sortant du canon au ralenti, réalisée à l’aide d’un Amstrad 6128+ ?). On doit Out of Death à un certain Mike Burns (né en 1973), essentiellement connu dans le domaine musical, qui signe ici son premier long-métrage en tant que réalisateur. L’expérience lui a sûrement plu, puisqu’il aura immédiatement enchaîné avec Wrong Place, interprété par…ah bah par Bruce Willis encore !

Le tournage de cette escapade mouvementée en forêt a eu lieu en novembre 2020, les prises de vues ayant été contrariées par la pandémie de Covid-19 et les nouveaux protocoles mis en place. Mike Burns n’avait prévu de tourner que neuf jours sur le plan de travail, sachant que Bruce Willis ne serait présent qu’une seule journée, durant laquelle il emballera toutes ses scènes et déclamera ses 20 pages de dialogue, contre 25 prévues à l’origine. Si ce dernier s’en sort plutôt bien (toutes proportions gardées bien sûr), ses compagnons de voyage assurent le côté nawak de l’entreprise, Lala Kent et son visage en plastique (son quatrième film avec Bruce Willis après 10 Minutes Gone, Trauma Center et Open SourceHard Kill), Kelly Greyson (et son nouveau lifting), Michael Sirow en grand méchant suintant, Megan Leonard et Tyler Jon Olson, qui ont tous (même ceux que nous n’avons pas cité) déjà croisé Bruce à un moment donné dans l’un ou plusieurs autres de ses DTV, les fans pervers du comédien (comme nous) le remarqueront facilement. Ou pas, car ils s’étaient peut-être endormis lors de leur apparition.

Bref, ils se sont tous filé rendez-vous dans la forêt et rien ne va se passer comme prévu pour tout le monde, car Bruce Willis veille au grain évidemment et entre deux siestes, prend la pétoire pour aller défendre la veuve et l’orphelin, avant de terminer le film par une pirouette qui ferait jouir un membre de la NRA. Qu’allons-nous faire sans lui dorénavant ? Heureusement, il nous reste encore pas mal de ses aventures cinématographiques inédites et du même acabit à disséquer. Nous espérons vous en faire part le plus tôt possible.

LE DVD

Out of Death est déjà le cinquième film inédit avec Bruce Willis à être édité en France en 2022 après Gasoline Alley (chez originals Factory), Apex (chez AB Vidéo), Killing Field et La Proie (chez Studiocanal). C’est d’ailleurs chez ces derniers que le film de Mike Burns déboule uniquement en édition Standard et en sortie technique. A ce train-là, les consommateurs risquent de s’emmêler les pinceaux…Le menu principal est fixe et muet.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Pas d’édition HD pour Out of Death, mais la qualité de ce DVD est présente, autant que faire se peut. Les couleurs alternent à la fois le chaud et le froid, même si l’ensemble demeure terne (intentionnellement), le piqué est suffisamment affûté, la clarté de mise et les contrastes acceptables. En revanche les détails manquent parfois à l’appel et la définition baisse sur certaines séquences.

Vous pouvez compter sur les mixages Dolby Digital 5.1 anglais et français pour vous plonger délicatement mais sûrement dans l’ambiance du film, bien que l’action demeure souvent réduite. La bande originale est la mieux lotie. Toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, riche et dense, ainsi que les enceintes latérales qui distillent quelques effets naturels. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus naturelle et homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés aux spectateurs sourds et malentendants, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Studiocanal / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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