Test Blu-ray / Évasion 3 : The Extractors, réalisé par John Herzfeld

ÉVASION 3 : THE EXTRACTORS (Escape Plan: The Extractors) réalisé par John Herzfeld, disponible en DVD et Blu-ray le 17 juillet 2019 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs : Sylvester Stallone, Dave Bautista, 50 Cent, Jaime King, Jin Zhang, Devon Sawa, Harry Shum Jr., Russell Wong, Daniel Bernhardt…

Scénario : Miles Chapman

Photographie : Jacques Jouffret

Musique : Victor Reyes

Durée : 1h37

Année de sortie : 2019

LE FILM

Cette fois, c’est personnel : la compagne de Ray Breslin a été kidnappée. Ray, le spécialiste des systèmes haute sécurité, peut compter sur ses complices experts, l’informaticien Hush et le mercenaire Trent de Rosa, pour s’attaquer au pénitencier imprenable où elle est enfermée. Ensemble, ils vont élaborer l’extraction la plus délicate de leur prestigieuse carrière.

En 2013, sort sur les écrans ÉvasionEscape Plan. En dehors de quelques clins d’oeil dans Jumeaux, Last Action Hero, Demolition Man et les apparitions de l’ancien gouverneur de Californie dans les deux premiers Expendables, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger n’avaient jamais tenu le haut de l’affiche ensemble, malgré de nombreux projets envisagés. Après trente ans d’attente, c’est donc la grande attraction d’Évasion, réalisé par le cinéaste suédois Mikael Håfström, metteur en scène de Chambre 1408 et Le Rite. S’il est vrai que nous attendions beaucoup plus de cette confrontation, Évasion est un savoureux divertissement, qui privilégie la matière grise et les dialogues au détriment de l’action. Du moins durant les 90 premières minutes, essentiellement marquées par des bastons entre les prisonniers en guise de scènes agitées. Il faut alors attendre le dernier tiers pour que les deux anciens rivaux et poids lourds du film d’action des années 1980-1990 se réveillent quelque peu et prennent la pétoire.

24 ans après les géniaux Haute sécurité de John Flynn et Tango & Cash d’Andrey Konchalovsky et Albert Magnoli, Sylvester Stallone retourne ainsi derrière les barreaux. Mais dans Évasion, il s’agit de son job puisqu’il incarne un expert dans l’art de s’évader, quitte à rester enfermer quelques semaines voire quelques mois afin de démontrer les failles dans la technologie sécuritaire mise en place dans diverses prisons. Jusqu’au jour où il se retrouve plongé dans une sorte de Guantanamo du futur. De son côté, Arnold Schwarzenegger interprète un détenu prêt à l’aider dans sa nouvelle tentative d’évasion… ce qui lui permettrait également d’aller respirer le bon air. On sent un véritable plaisir contagieux des deux acteurs bodybuildés à se donner la réplique. La trame en elle-même n’est pas très originale et lorgne souvent du côté de Volte/Face de John Woo et son intrigue autour de la prison high-tech. La tension était maintenue, quelques punchlines font gentiment leur effet, Jim Caviezel incarne parfaitement le directeur de prison sadique. Évasion n’est pas un grand film et n’a d’ailleurs pas la prétention de l’être. Il s’agit surtout de faire plaisir aux millions de fans des deux stars. Alors si le choc des titans annoncé ne s’avère pas aussi explosif que prévu, l’alchimie est là, la nostalgie et donc notre adhésion aussi. Alors…pourquoi Évasion 2 ?

Tout simplement parce que le marché chinois avait largement contribué à faire du premier volet un succès commercial. Doté d’un budget confortable de 70 millions de dollars, Évasion avait remporté près du double grâce au marché international avec près de 115 millions de dollars, alors que le film plafonnait à 25 millions sur le sol américain. Ce n’est pas une suite, mais deux nouveaux épisodes qui ont été annoncés. Exit Arnold Schwarzenegger, tandis que Sly reprend son rôle de Ray Breslin. Cependant, Évasion 2 ou Escape Plan 2: Hades, se révèle être une suite opportuniste puisque Sylvester Stallone apparaît surtout en tant que guest-star de luxe, tout comme Dave Bautista. Ce dernier, pratiquant de combat libre et catcheur américain, plus connu pour son rôle de Drax dans Les Gardiens de la Galaxie, ne fait quasiment rien du film, se contente de taper à l’ordinateur et se décide enfin à flinguer des sbires dans la dernière scène. Non, la star est surtout ici le comédien chinois Huang Xiaoming, vu dans The Crossing de John Woo. Puisque tout le projet a été conçu en visant essentiellement le marché chinois, Évasion 2 apparaît un peu, voire beaucoup, comme une arnaque puisque le matériel publicitaire est centré sur Sylvester Stallone et Dave Bautista.

Mikael Håfström n’a pas été rappelé derrière la caméra. Il est remplacé ici par Steven C. Miller, habitué des séries B qui tâchent, comme Arsenal dans lequel Nicolas Cage jouait un rôle de caïd complètement azimuté. Le réalisateur est habitué à avoir des pointures dans ses délires comme Ray Wise dans The Aggression Scale, Malcolm McDowell dans Silent Night et même Bruce Willis dans trois films, Extraction, First Kill et Marauders. Pour Évasion 2, Steven C. Miller a voulu se faire plaisir et rendre hommage à Ridley Scott, en s’inspirant de l’univers visuel d’Alien et de Blade Runner. Bon cela partait d’un bon sentiment, mais le metteur en scène n’est pas aidé par un budget très limité, un scénario anémique, un casting d’endives, une musique bourrin, un montage haché, des effets spéciaux rudimentaires et…on continue ?

Des années après s’être échappé d’une prison high-tech surnommée « La tombe », Ray Breslin dirige désormais une équipe d’élites spécialisée pour faire sortir les gens des prisons les plus impénétrables du monde. Quand son meilleur agent, Shu Ren, est emprisonné dans un labyrinthe techno-terroriste informatisé connu sous le nom d’Hadès, où les prisonniers se battent dans des luttes mortelles, Breslin décide de s’incarcérer à l’intérieur de cette prison révolutionnaire pour le sauver.

Voilà pour le pitch. Alors oui Sly est là. Désormais septuagénaire avec des sourcils en forme de guillemets et des cheveux Playmobil, il incarne la force tranquille, le sage taillé comme une armoire à glace. On attend donc patiemment qu’il donne du poing ici. Son apparition est épisodique pendant une heure, durant laquelle on entend principalement sa voix quand Shu tente de se rappeler chaque leçon que Breslin lui a inculquée en cas d’emprisonnement. Comme si Sly révisait sa liste de courses avant d’aller chez Mr Bricolage. Quand mister Stallone prend un flingue ou quand il déploie ses directs du droit, pas de doute, il reste bad-ass à fond et un monstre de charisme. Dave Bautista en revanche, qui a bien du mal à déplacer sa carcasse, fait la grimace et attend que ça se passe. Le reste du casting, en dehors de Huang Xiaoming convoque des tronches cassées (Curtis « 50 Cent » Jackson) et des comédiens lisses (Jesse Metcalfe, Wes Chatham).

Steven C. Miller fait donc son maximum avec les moyens du bord. Si la photo possède effectivement quelques qualités et que le cadre large capture assez bien la trogne de notre bon vieux Sly, Évasion 2 : Le Labyrinthe d’Hadès (son vrai titre) déçoit évidemment à plus d’un titre et peine sérieusement à divertir, d’autant plus qu’il n’y a ici aucun humour, sauf involontaire. Ou comment glisser doucement de la série B assumée à la série Z…Le syndrome Fortress et Fortress 2 : Réincarcération. Malgré le demi-million d’entrées d’Évasion en France, cette suite ne connaîtra pas de sorties dans nos salles et débarque en DVD et Blu-ray.

Alors que le tournage d’Évasion 2 n’est pas encore terminé, celui d’un troisième volet est déjà en préparation. Et nous arrivons enfin au dernier épisode, espérons, de cette franchise. Sylvester Stallone y retrouve pour l’occasion son grand ami John Herzfeld, qui l’avait dirigé en 2014 dans Bad Luck (Reach Me) et qui interprétait Cho dans Cobra de George Pan Cosmatos (1986). Au fait, ça raconte quoi ce Escape Plan : The Extractors ?

Alors qu’il doit libérer la fille d’un homme d’affaires richissime incarcérée dans une prison lettonne de haute sécurité, Ray Breslin apprend que sa petite amie, Abigail, a été kidnappée par le fils d’un ancien allié devenu son ennemi juré. Désormais, Breslin doit sauver les deux femmes enfermées dans ce pénitencier surnommé The Devil’s Station car personne n’en est jamais sorti vivant. Secondé par Trent DeRosa et Hush, Breslin doit faire vite pour organiser leur évasion…

Bon…si Évasion 2 était un nanar, alors ce troisième épisode est un navet et peut-être le pire film de toute la carrière de notre ami Sly. Si un lien est fait avec le premier film, Stallone doit entre autres affronter le fils de son ancien ennemi Lester Clark, interprété dans Évasion par Vincent D’Onofrio, il n’y a strictement aucun intérêt ici. Évasion 3 est tourné dans la pénombre, ou alors dans des éclairages bleutés pour la partie “Sly au boulot devant son ordinateur” ou jaunâtres pour la partie « prison ». Évasion 3 démarre par plus de deux minutes de logos de production/distribution, puis s’ensuivent deux minutes de plans tournés grâce à un drone histoire de planter le décor. Puis…rien. Sly, défiguré par la chirurgie esthétique, débarque au bout de dix minutes. John Herzfeld se prend immédiatement les pieds dans le tapis et ne parvient pas à instaurer un rythme, ici très leeeeeeeent, une atmosphère, et encore moins d’enjeux.

Toujours écrit par le dénommé Miles Chapman, auteur d’un obscur Road House 2 en 2006, Évasion 3 veut en fait prendre le contre-pied des deux précédents, en montrant le personnage principal s’infiltrer dans une prison (lettonne, autrement dit, on s’en fout), un peu à la manière de Daylight (mais en pas bien du tout), lui qui est habitué à s’en évader. Alors non, on ne s’amuse pas autant que devant Évasion 2, car John Herzfeld n’est pas aussi allumé que Steven C. Miller derrière la caméra, mais Évasion 3 vaut essentiellement, surtout même, pour Sylvester Stallone qui profite du dernier acte, au moment où tout le monde se réveille, pour se montrer particulièrement brutal. D’ailleurs, on ne l’avait pas vu ainsi depuis John Rambo. Dans Évasion 3, il se débarrasse de ses ennemis de façon expéditive, en poignardant, en embrochant, ou même à mains nues dans un combat violent. Pendant ce temps, 50 Cent ne fait rien, mais alors absolument rien, on en vient même à se demander s’il ne s’endort pas devant la caméra d’ailleurs. Dave Bautista promène son charisme bovin et se bastonne face à un autre bulldozer, séquence assez marrante, mais bien trop courte.

Autrement, rien à sauver dans Évasion 3, qui se contente de filmer des acteurs en roue libre, y compris le casting asiatique, toujours présent puisque le budget a été bouclé grâce à eux. Aller, il est temps que cela s’arrête et que Sly lâche l’affaire avec cette saga carcérale de pacotille.

LE BLU-RAY

A peine un an après l’édition d’Évasion 2 : Le Labyrinthe d’Hadès en DVD et Blu-ray, Évasion 3 débarque dans les bacs, toujours chez Metropolitan. La jaquette se focalise sur Sly, flingue en main, avec à sa droite Dave Bautista prêt à en découdre, et 50 Cent à sa gauche, qui croise les bras prêt à pioncer debout. Le menu principal est cheap, animé et musical.

Sly et ses amis sont présents pour défendre Évasion 3 dans un making of (10’) entièrement axé promo. Les comédiens, le réalisateur, les producteurs, tous tentent de défendre la raison du pourquoi du comment de ce troisième volet. Ils sont tellement à court d’arguments qu’ils racontent toute l’histoire, y compris son dénouement. Sinon les images de tournage montrent la complicité entre Sylvester Stallone et John Herzfeld, qui se connaissent depuis plus cinquante ans, Sly cigare cloué au bec, tandis que le réalisateur comate devant les rushes. Ah oui, on apprend également que la prison ayant servi de décor est celle que l’on voit dans Les ÉvadésThe Shawshank Redemption de Frank Darabont.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

L’éditeur fait ce qu’il peut pour l’arrivée directe dans les bacs d’Évasion 3. Metropolitan a toujours été dans le trio de tête des éditeurs français, du point de vue qualité des masters HD. Évasion 3 a donc nettement plus de gueule en Blu-ray, avec un transfert quasi-irréprochable et immaculé. La photo mixe des teintes chaudes, ambrées et dorées (des filtres jaunes pour résumer) avec des couleurs froides et bleutées, une palette chromatique spécifique, le tout soutenu par un encodage de haute volée. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, les détails foisonnent sur les gros plans et les noirs sont denses. Hormis quelques légers fléchissements sur les scènes sombres, cette édition Blu-ray en met souvent plein la vue.

Honnêtement, il serait difficile voire impossible de faire mieux. Non pas qu’Évasion 3 regorge de scènes d’action pendant 1h35, mais toutes les séquences, y compris les nombreux échanges entre les personnages, sont constamment mises en valeur par des effets et ambiances puissantes, mettant à contribution chaque parcelle de votre installation acoustique (sans oublier le caisson de basses), dès l’apparition du cheval ailé Metropolitan. En anglais comme en français (avec le doublage d’Alain Dorval), les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 créent une immersion constante, dynamique et souvent fracassante, avec un net avantage pour la version originale. Chaque coup de feu, chaque baston est prétexte à une déferlante frontale et latérale.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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