Test Blu-ray / L’Aventurier du Texas, réalisé par Budd Boetticher

L’AVENTURIER DU TEXAS (Buchanan Rides Alone) réalisé par Budd Boetticher, disponible en combo Blu-ray+DVD le 20 juin 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Randolph Scott, Craig Stevens, Barry Kelley, Tol Avery, Peter Whitney, Manuel Rojas, L.Q. Jones…

Scénario : Charles Lang d’après le roman de Jonas Ward

Photographie : Lucien Ballard

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Sur le chemin qui le ramène de Californie au Texas, Tom Buchanan, un ancien mercenaire, s’arrête à Agry, localité tenue et régentée par la famille du même nom. Il se retrouve bientôt pris au milieu de luttes intestines au sein de la famille. Après avoir pris la défense de Juan, un Mexicain qui a abattu le fils du juge Agry, Buchanan, qui voit toute la famille liguée contre lui, est dépouillé de son argent et condamné à être pendu en même temps que Juan.

Même s’il est aujourd’hui quelque peu oublié des cinéphiles, le comédien Randolph Scott (1898-1987) demeure l’une des incarnations du héros du western américain, ayant collaboré avec les plus grands noms du genre, de John Ford à Victor Fleming, en passant par Henry Hathaway, Henry King, Michael Curtiz, Fritz Lang, John Sturges, André De Toth et bien d’autres. Un C.V. bien rempli et qui a de quoi faire des envieux ! Entretenant d’excellents rapports avec les cinéastes qui l’ont employé, Randolph Scott aura entre autres tourné huit fois sous la direction de Henry Hathaway et six fois chez André De Toth. Mais la fin de sa carrière reste marquée par son association avec le cinéaste Budd Boetticher (1916-2001). A l’aube de ses soixante ans, Randolph Scott entame une collaboration de sept longs métrages avec le réalisateur. Le film qui nous intéresse aujourd’hui, L’Aventurier du TexasBuchanan Rides Alone (1956), se situe en plein milieu de ces sept westerns, après Sept hommes à abattreSeven Men from Now (1956), L’Homme de l’ArizonaThe Tall T (1957), Le Vengeur agit au crépusculeDecision at Sundown (1957). Pur produit de la Columbia, L’Aventurier du Texas est un très bon western de série B, qui mise à la fois sur le charisme toujours intact de la star, mais également sur un ton légèrement parodique qui laisse beaucoup de place à l’humour et dans lequel Randolph Scott arbore un sourire du début à la fin en indiquant que rien de ceci n’est à prendre au sérieux.

Tom Buchanan rentre dans son Texas natal. Il compte s’y installer grâce aux 2 000 $ d’économies qu’il transporte avec lui. En route, il s’arrête dans une petite ville nommée Agry Town, à la frontière entre la Californie et le Mexique. La ville est dirigée par une seule famille : Lew Agry est shérif, Amos Agry tient l’hôtel, et le juge Simon Agry fait campagne pour les prochaines élections. Roy Agry, le fils du juge, rentre en ville le visage en sang. Il se rend dans le saloon où une dispute éclate avec Buchanan. Quelques minutes plus tard, un mexicain à la poursuite de Roy débarque à son tour, et abat le jeune homme au milieu du bar. Le shérif et ses hommes arrivent immédiatement sur les lieux et se mettent à frapper le tueur. Buchanan le défend et les deux hommes sont arrêtés et jetés en prison. Tandis que toute la ville se prépare à un lynchage, le juge est mis au courant de la mort de son fils. Peu attaché à celui-ci, la nouvelle l’émeut peu. Au contraire, il trouve là un argument pour sa campagne électorale. Afin de gagner l’image d’un véritable homme de loi, il fait arrêter le lynchage de justesse et offre aux deux accusés un procès équitable. Lors de ce procès, Buchanan est jugé innocent, tandis que le mexicain plaide coupable et est condamné à être pendu.Le meurtrier se révèle être Juan de la Vega, le fils d’un très riche propriétaire mexicain. Le juge décide alors de demander à ce dernier 50 000 $ en échange de son fils. Seul son associé est dans le secret. Ils doivent tous deux contenir l’impatience de la population pour la pendaison en attendant que la rançon leur soit remise.

Quand Randolph Scott débarque sur son cheval, nonchalant, prêt à lancer quelques vannes à ceux qui lui adressent la parole de façon brutale, on se dit que l’on va aimer ce personnage. Face à ceux qui le regardent de haut, le comédien se retient (ou pas) de leur répondre en se moquant de leur ton condescendant, tout en continuant son chemin. En revanche, si l’un de ces quidams, quelque peu échauffé par son attitude, en vient aux mains, Buchanan n’est pas le dernier à balancer un coup de poing, histoire de calmer illico son adversaire. C’est cette impulsion qui va entraîner ce vieux cowboy dans une histoire rocambolesque, dans une petite ville qui n’inspire que le mépris et la moquerie. Budd Boetticher instaure le décor principal, cette fois encore avec beaucoup d’humour, notamment lorsque Buchanan découvre les devantures où le nom Agry revient systématiquement. Une Main Street à la Lucky Luke, où ne manque que le croque-mort qui se promène avec un cercueil sur le dos.

Durant 1h20, Randolph Scott, visage buriné, démarche détendue et toujours élégant, a juste à apparaître devant la caméra pour camper le cowboy que l’on aime voir au cinéma. Le personnage, ancien mercenaire ayant participé à la révolution mexicaine, se dévoile progressivement et l’on sent le passé de Buchanan se refléter sur le visage de cet homme solitaire, sensiblement vieilli avant l’âge, qui n’aspire plus qu’à la tranquillité. Jusqu’à ce qu’il se retrouve confronté à la vindicte d’une famille de notables.

Budd Boetticher dresse là un récit dramatique sobre et équilibré, ponctué de poursuites et de rebondissements qui apportent à cette œuvre une tension particulière, avec une certaine légèreté et une ironie très appréciable où se démarque également Craig Stevens, futur Peter Gunn chez Blake Edwards. L’Aventurier du Texas apparaît presque comme une récréation pour le tandem Scott/Boetticher, comme une pause bien méritée après trois films, avant de remettre le pied à l’étrier pour en emballer trois autres.

LE BLU-RAY

Édité en DVD chez Sidonis Calysta en 2010, L’Aventurier du Texas fait son apparition dans la collection Silver en combo DVD+Blu-ray. Les deux disques sont disposés dans un boîtier Amaray classique, glissé dans un surétui cartonné. Le menu principal est animé et musical.

Les suppléments sont ici repris de l’ancienne édition DVD de 2010, à savoir deux entretiens, le premier avec Bertrand Tavernier (12’), qui réalise également une présentation de l’oeuvre de Budd Boetticher (23’30), le second avec Patrick Brion (5’30).

Dans un premier temps, Bertrand Tavernier se focalise évidemment sur le film qui nous intéresse ici, en le replaçant dans la fructueuse collaboration Scott/Boetticher. L’Aventurier du Texas apparaît pour lui comme étant une oeuvre plus « mineure », une pochade, presque comme un film de vacances, décontracté, en partie improvisé et écrit sur le plateau, où le traitement s’avère plus original que l’intrigue elle-même. Bertrand Tavernier se penche ensuite sur le casting et les personnages. Cet entretien est après largement complété par le module consacré à la filmographie de Budd Boetticher, dans lequel Bertrand Tavernier s’exprime sur sa découverte de Sept hommes à abattre, ainsi que sur sa rencontre et sa très longue correspondance avec le réalisateur tout au long de sa vie.

Plus concise, l’intervention de Patrick Brion apparaît malheureusement redondante après celle de son confrère.

L’intéractivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Très beau master HD (1080p, AVC) proposé par Sidonis Calysta pour L’Aventurier du Texas. Dès la flamme Columbia, la copie affiche un grain argentique fin et très bien géré, une clarté flatteuse, une stabilité appréciable et de très belles couleurs. Certes, quelques décrochages sur les fondus enchaînés sont constatables et divers plans sont plus flous, mais le film de Budd Boetticher n’était jamais apparu aussi pimpant – la propreté est impeccable – dans nos contrées.

La version originale (aux sous-titres français non imposés) l’emporte sur la piste française au doublage pincé et au souffle chronique. En anglais, l’écoute est claire, frontale et riche, dynamique et vive. Les effets annexes sont plus conséquents sur la version originale que sur la piste française, moins précise.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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