Test Blu-ray / 10 Minutes Gone, réalisé par Brian A. Miller

10 MINUTES GONE réalisé par Brian A. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 10 juin 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Bruce Willis, Michael Chiklis, Meadow Williams, Kyle Schmid, Texas Battle, Lydia Hull, Swen Temmel, John D. Hickman…

Scénario : Kelvin Mao, Jeff Jingle

Photographie : Peter Holland

Musique : Bob Mori, Michael Trent

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Frank, un truand notoire, prépare le braquage d’une banque avec son frère Joe et quelques complices. Au moment où ils s’apprêtent à sortir de la banque, l’alarme se déclenche et les policiers se trouvent rapidement sur les lieux. En prenant la fuite, Frank est assommé. Lorsqu’il reprend connaissance, dix minutes se sont écoulées. Le cadavre de son frère gît sur le sol. Il tente de comprendre ce qu’il s’est passé durant ce laps de temps.

Ne t’inquiète pas Michael, la cantine est bonne, c’est déjà ça !

Tiens, Brian A. Miller est de retour ! Ce nom ne vous dit rien ? Vous n’êtes pas attentifs…Brian A. Miller est le metteur en scène de séries B aux titres évocateurs, Crossfire (2010, avec Chris Klein, vous vous rappelez ?), House of the Rising Sun (aka The Redemption en « VF », 2011, avec Dave Bautista), le navrant (euphémisme) Backtrace (2018) avec Sylvester Stallone et ses implants capillaires, mais aussi le sympatoche The Prince (2014) avec Jason Patric, John Cusack et Bruce Willis. Ce dernier est fidèle à Brian A. Miller, et ce en dépit de leurs mauvais films en commun, puisque l’ami Bruce et le réalisateur tourneront également Vice (2015) et Représaille (2018). A peine avions-nous eu le temps de peaufiner notre chronique de ce dernier, que les deux compères avaient déjà emballé 10 Minutes Gone ! En fait, on suppose que la mise en route d’un de leurs films se passe comme ça au téléphone : « Salut Bruce, c’est Brian ! » « Salut. » « Dis-moi tu aurais une journée de libre pour un tournage à Cincinatti ? » « Ouais, c’est un peu calme en ce moment, mais je suis bien reposé, j’ai même dormi durant les prises de vue de Glass, mais ça ne se voit pas trop. » « Ah bah justement j’ai un truc à te proposer. On a trouvé un étage vide dans un building désaffecté de la ville qu’on pourrait aménager avec quelques chaises et une pauvre table. Ça pourrait faire le bureau de ton personnage. On a aussi un costard trois-pièces à te faire porter. On ne l’a qu’en un seul exemplaire par contre, faudra faire gaffe de ne pas le tâcher, mais comme de toute façon tu ne quitteras pas ce décor de la journée et que tu réciteras tous tes dialogues au téléphone, cela ne devrait pas poser de soucis ! » « Ça me tente bien dis-donc ! On signe où ? J’en suis ! » « Parfait ! Rendez-vous samedi entre 9h et 16h, on devrait pouvoir enquiller toutes tes scènes avant le goûter. Michael Chiklis s’occupera du reste et il nous coûtera aussi cher que toi en shampooing ». Autant vous dire que si vous espérez revoir Bruce Willis en pleine action, passez votre chemin, car il ne fout absolument rien dans 10 Minutes Gone, à part plisser les yeux et pincer la bouche durant ses apparitions dispersées en pointillés durant 90 minutes.

Frank Sullivan, expert en cambriolage de banques, n’a jamais eu de problème de travail, jusqu’à ce que son frère soit tué lors d’un cambriolage. Assommé, Frank se réveille dans une ruelle sale sans se rappeler comment le braquage s’est mal passé ni qui a tiré sur son frère. Pour le patron de Frank, Lord Rex, responsable des crimes violents, rien de tout cela n’a d’importance. Il veut juste le butin que Frank n’a pas. A court de temps et d’informations, Frank doit découvrir quel membre de leur équipe les a trahis, éviter que le tueur à gages de Rex ne se rapproche de lui et localiser une mystérieuse mallette pour sauver sa peau et venger la mort de son frère.

Quand Bruce Willis découvre les rushes de 10 Minutes Gone…

Bon d’accord, Bruce Willis ne glande rien, mais bon, le bougre a encore beaucoup de charisme à 65 piges, même s’il n’en fait plus grand-chose, à part prendre la pose dans son costume Fabio Lucci. C’est surtout Michael Chiklis (The Shield) qui fait peine à voir, surtout qu’il fait de plus en plus penser à Cauet qui aurait levé un peu de fonte d’une main, tout en mangeant quelques Kinder Bueno de l’autre. Le comédien essaye tant bien que mal de rendre son personnage crédible, mais ça ne prend jamais. On en vient même à le plaindre puisque le spectateur un tant soit peu concentré, aura rapidement deviné qui est le traître du film, là où le mec joué par Chiklis aura besoin de toute une journée. 10 Minutes Gone flirte d’emblée avec le nanar, mais rate ce prestige de peu en raison d’un rythme lent et d’un manque total de surprises. Mention spéciale à cette scène de près de cinq minutes, uniquement composée d’un flash d’infos en continu, avec les mêmes images revenant en boucle, supposé nous résumer le déroulement du casse (que nous avons vu précédemment), qui donne la nette impression qu’on est en train de se foutre de notre gueule.

Les autres acteurs et actrices du film sont bien trop occupés à payer leurs impôts d’un côté ou leur lifting de l’autre, à l’instar de Meadow Williams, dont le ravalement de façade – avec l’échafaudage encore visible – a dû coûter beaucoup plus cher que celui de votre maison de campagne dans le Loiret. Bref, 10 Minutes Gone est un produit labellisé “TNT”, qui sera probablement diffusé après l’émission de Cyril Hanouna ou avant la rediffusion des Marseillais à Maubeuge.

Ce n’est pas qu’on s’ennuie devant 10 Minutes Gone, on rigole d’ailleurs souvent devant le nawak de cette entreprise avec tous ces gunfights où tout le monde tire dans le vide et dans des décors au rabais, c’est juste que ça ne laisse aucun souvenir en fin de parcours et qu’on se demande constamment comment un tel truc aussi périmé puisse encore voir le jour en 2020.

“C’est bon, je suis prêt, vous pouvez tourner !” “Bah c’est ce qu’on fait depuis deux heures Bruce…”

LE BLU-RAY

Eeeeeeet hop, quasiment un an après Représaille, l’ami Bruce fait son comeback en DTV chez Studiocanal ! Sortie technique. Le menu principal du Blu-ray est d’ailleurs fixe et muet. Le visuel de la jaquette est particulièrement hideux.

Aucun supplément sur cette édition, pas même le peigne de Michael Chikis pourtant prévu en goodies. Oh wait…

L’Image et le son

Le master HD est suffisamment soigné et le transfert fait ce qu’il peut. L’image se révèle propre et tire de temps en temps partie de la Haute-Définition avec une palette chromatique entre chaud et froid. Le piqué, tout comme les contrastes, sont souvent acceptables, les arrière-plans peu détaillés, le relief plaisant et les détails aléatoires. Quelques fléchissements de la définition sur les scènes agitées…que c’est brouillon tout ça !.

Du côté acoustique, les mixages français et anglais DTS-HD Master Audio 5.1 créent un espace d’écoute suffisamment plaisant en faisant la part belle à la musique (omniprésente, quel boucan…) et à quelques effets latéraux, surtout lorsque les gros calibres font leur entrée en scène. Des ambiances naturelles percent les enceintes arrière sans se forcer mais avec une efficacité chronique. Le regretté Patrick Povey prêtait sa voix légendaire à Bruce Willis pour l’une des dernières fois de sa carrière. Les sous-titres français sont verrouillés sur la version originale et le changement de langue bloqué à la volée.

“Yippee-ki-yay ma carrière !”

Crédits images : © Studiocanal / Georgia Film Fund / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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