Test Blu-ray / Trauma Center, réalisé par Matt Eskandari

TRAUMA CENTER réalisé par Matt Eskandari, disponible en DVD et Blu-ray le 5 août 2020 chez Studiocanal.

Acteurs : Bruce Willis, Nicky Whelan, Steve Guttenberg, Texas Battle, Lynn Gilmartin, Tito Ortiz, Tyler Jon Olson, Heather Johansen…

Scénario : Matt Eskandari

Photographie : Bryan Koss

Musique : Nima Fakhrara

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

À San Juan, sur l’île de Porto Rico, Madison Taylor est blessée lorsqu’elle se retrouve sous les tirs croisés de Pierce et Tull, deux policiers corrompus. Steve Wakes est chargé d’assurer sa protection car elle est la seule témoin d’un double meurtre. Une nuit de tous les dangers débute…

Ceux qui auront lu notre chronique de 10 Minutes Gone savent que Bruce Willis aura probablement emballé ses scènes en un samedi après-midi. A peine sorti du décor quasi-unique dans lequel il venait d’être filmé, l’ami Bruce s’envolait pour Porto Rico, histoire d’aller se détendre pour le reste du week-end. Comme le monde est bien fait, un metteur en scène du nom de Matt Eskandari était dans le coin pour y tourner son nouveau film Trauma Center. Comme il n’avait rien d’autre à faire le dimanche matin (vous rigolez mais sa présence sur le plateau duré seulement deux jours), Bruce Willis est allé rejoindre la petite équipe de tournage, histoire d’emballer quelques scènes dans une ruelle crasseuse, avant que les prises de vues s’effectuent dans un couloir d’hôpital, probablement fermé pour raisons sanitaires, mais qui paraît flambant neuf après quelques coups de pinceaux et un extincteur posé au mur comme élément de décor. Vous l’aurez compris, Trauma Center, diffusé sur la TNT sous le titre Etat de choc, est un énième Direct-to-video de l’ami Bruce, dans lequel il fait une apparition en pointillés, dans le même costume. Réduit au rang de guest-star de luxe, le comédien ne prend même plus la peine d’être crédible une seconde, débite ses dialogues ineptes, la plupart du temps au téléphone portable (son plus fidèle partenaire depuis des années), en laissant cette fois la première place à Nicky Whelan, qui si elle s’en sort pas trop mal (tout en prenant la pose c’est vrai), pâtit d’un rôle inexistant. D’ailleurs c’est un peu le cas de toute cette production. Des éclairages en passant par les décors, les rebondissements, les enjeux, le montage, la mise en scène, tout semble en état de coma. Alors si vous souhaitez tenter l’expérience, à savoir quel effet ça fait d’avoir son encéphalogramme plat, Trauma Center est fait pour vous. Mais est-ce bien raisonnable ?

À San Juan, Porto Rico, une jeune femme du nom de Madison Taylor (Nicky Whelan) est blessée lorsqu’elle est prise sous le feu croisé de deux flics corrompus, Pierce (Tito Ortiz) et Tull (Texas Battle). Elle se réveille à l’hôpital et, en tant que témoin d’un de leurs crimes vicieux, elle est placée sous la protection du lieutenant de police respecté Steve Wakes (Bruce Willis). Le malheur de Madison se transforme en un véritable cauchemar lorsque Pierce et Tull décident de finir le travail, réalisant qu’elle est la clé qui leur permettra de remonter jusqu’au crime. Piégée et pourchassée par Pierce et Tull à l’intérieur de l’hôpital fermé, Madison appelle désespérément le lieutenant Wakes à l’aide. Mais elle doit utiliser son environnement pour se défendre seule pendant cette nuit de survie s’il y a un espoir de sortir vivante de l’hôpital…

On connaissait Nicky Whelan (née en 1981), d’une part pour ses rôles dans deux films avec Nicolas Cage, le calamiteux Left BehindLe Chaos (2014) de Vic Armstrong et le sympathique UsurpationInconceivable (2017) de Jonathan Baker, d’autre part pour ses apparitions souvent dénudées au cinéma comme dans Bon à tirer (BAT) Hall Pass (2011) des frères Farrelly ou sur les réseaux sociaux. Dans Trauma Center, la jolie blonde aux yeux bleus perçants essaye de faire un peu plus l’actrice que d’habitude. Le film est essentiellement centré sur son personnage, qui se retrouve en fâcheuse posture, puisqu’elle reçoit une balle au cours d’un règlement de comptes, alors qu’elle sortait par hasard pour descendre les poubelles (véridique). Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la balle qu’elle a reçue dans la jambe provient en fait de l’arme d’un flic pourri, qui avec l’aide de son collègue tout aussi corrompu, est bien décidé à récupérer cette preuve qui pourrait le compromettre. Seulement la demoiselle a plus d’un tour dans son sac à main et, alors isolée à l’étage isolé d’un hôpital (oui oui), décide de faire face à ces deux gros bourrins (et vraiment débiles pour le coup) prêts à lui arracher la bastos de la gambette puisque les médecins venant à manquer, l’opération est remise au lendemain. Rires. Commence alors une longue nuit pour notre protagoniste. Pendant ce temps, Bruce Willis mène l’enquête pour savoir qui a flingué un de ses informateurs, son partenaire et la blondinette. Ah oui, on reconnaît aussi, bien que difficilement, Steve – Police Academy, Cocoon – Guttenberg, qui avait dû avoir une heure à tuer ou une coloscopie à l’étage inférieur.

Autant vous dire qu’on s’en tamponne le coquillard. Comme Bruce Willis en fait qui ne doit même pas connaître le nom de son personnage de détective de police vengeur. Nicky Whelan joue les Rambo en utilisant comme arme tout ce qui lui passe par la main (un défibrillateur notamment), tout en se recousant la jambe de l’autre et sans anesthésie. Le reste du temps, la comédienne semble faire sa séance de gainage en exposant ses cuisses fuselées. Thriller « d’action » qui reste au point mort du début à la fin, Trauma Center essaye en vain de nous faire croire que le film – sans aucun rythme – est sans arrêt marqué par des rebondissements en tous genres ou du suspense à couper le souffle. Si Nicolas Cage a au moins le mérite d’être toujours à fond, même dans ses plus obscurs DTV, Bruce Willis ne se donne même pas cette peine et ressemble à une statue du musée Grévin que l’on déplacerait à l’aide d’un Fenwick d’un plateau à l’autre.

Le plus dingue, c’est que l’acteur et le metteur en scène ont déjà emballé deux autres films depuis, à savoir Survivre et Hard Kill, tous tournés les uns à la suite des autres et que nous retrouverons probablement en DVD et Blu-ray en 2021. Evidemment, nous serons présents pour vous en reparler. Mais vous n’avez sans doute pas lu cette chronique jusqu’à la fin, puisque vous êtes déjà en train de chercher des photos dénudées de Nicky Whelan sur la toile. Petits coquins !

LE BLU-RAY

Deux mois après 10 Minutes Gone, Bruce Willis est déjà de retour chez Studiocanal en DVD et en Blu-ray chez Studiocanal, pour son nouveau cameo dans un film d’action de troisième catégorie. Sortie technique. Menu principal fixe et muet.

Aucun supplément sur cette édition. Même pas le scénario disponible sur une feuille OCB.

L’Image et le son

Peu de choses à dire sur ce master Haute-Définition de Trauma Center qui peine parfois à convaincre. Le relief est certes appréciable, mais le piqué est aléatoire et pâtit de la mise en scène heurtée. Les détails ne manquent pas, les couleurs sont vives et froides, la clarté des séquences diurnes tire profit de cet upgrade. Le reste est plus anecdotique.

Du côté acoustique, les mixages français et anglais DTS-HD Master Audio 5.1 créent un espace d’écoute suffisamment plaisant en faisant la part belle à la musique et à quelques effets latéraux. Des ambiances naturelles percent les enceintes arrière avec une efficacité chronique. Les sous-titres français sont imposés et le changement de langue verrouillé pendant le visionnage.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.