Test Blu-ray / Seuls, réalisé par David Moreau

SEULS réalisé par David Moreau, disponible en DVD et Blu-ray le 13 juin 2017 chez Studiocanal

Acteurs : Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan Du Pac, Paul Scarfoglio, Kim Lockhart, Thomas Doret, Renan Madelpuech, Renan Prévot, Inès Spiridonov, Jeanne Guittet, Kamel Isker

Scénario : David Moreau, Guillaume Moulin d’après la bande dessinée de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann

Photographie : Nicolas Loir

Musique : Rob

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents ? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes : Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls ?

Découvert avec ses films d’horreur Ils et The Eye coréalisés avec Xavier Palud, le cinéaste David Moreau a ensuite connu en 2013 un beau succès public et critique avec 20 ans d’écart, pétillante comédie-romantique avec Pierre Niney et Virginie Efira. Avec Seuls, David Moreau revient au film de genre en suivant le schéma tracé par les américains et leurs franchises destinées au public adolescent, Hunger Games, Divergente ou Le Labyrinthe. Un temps envisagé par Jaco van Dormael, qui imaginait même une trilogie, c’est finalement David Moreau qui adapte ici les cinq premiers tomes de la bande dessinée franco-belge homonyme de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann, publiée depuis 2005 dans le magazine Spirou.

Un matin, Leïla se réveille et se prépare pour aller au lycée. Elle ne sait pas qu’elle sort de ses rêves pour entrer dans un cauchemar. Non seulement l’appartement familial est vide, mais elle se rend compte bien vite que c’est toute la ville qui est déserte. Aucune trace de ses parents ? Où sont passés les habitants ? Apparemment, il n’y a plus âme qui vive… Mais bientôt, Leïla découvre d’autres ados aussi déboussolés qu’elle. Cette poignée de survivants composée de personnalités très contrastées va s’unir pour faire face à cette catastrophe inexpliquée. Un nouveau danger les guette, visiblement, ils ne sont pas aussi « seuls » qu’ils le croyaient. Le Maître des couteaux vient d’arriver et il en a visiblement après eux. En plus, un épais brouillard destructeur entoure la ville (imaginaire) et menace de les engloutir.

Difficile pour David Moreau de transposer à l’écran une série d’albums en cours (une vingtaine est prévue et dix ont déjà été publiés), puisqu’il lui faut à la fois contenter les fans de la bande dessinée originale et attirer des spectateurs qui n’en auraient jamais entendu parler. Si le manque de moyens (6 millions d’euros de budget) a freiné les ambitions du réalisateur et si le film comporte quelques défauts et maladresses, Seuls ne manque pas d’intérêt et s’avère encourageant. Du point de vue technique, David Moreau soigne le cadre, la photographie de Nicolas Loir apporte un plus non négligeable, les décors sont inspirés, tout comme la partition musicale de Rob. Cela fonctionne au premier coup d’oeil. Seuls pèche en revanche par son scénario hésitant, ses dialogues peu inspirés et son interprétation qui frôle parfois l’amateurisme.

Ces points faibles n’empêchent pas le film et les personnages – plus âgés que dans la bande dessinée – d’être attachants et complémentaires : Dodji (Stéphane Bak, vu dans Elle de Paul Verhoeven), un orphelin solitaire, Yvan, un artiste intello, la studieuse et timide Camille, Terry, le plus jeune de la bande et Leïla (Sofia Lesaffre, découverte des Trois frères, le retour) qui s’impose dans le rôle de la leadeuse, bien que la bande dessinée était plus centrée sur Dodji. Ce choix de David Moreau découle de son amour pour les personnages féminins d’action. Si le rythme est en dents de scie, David Moreau est suffisamment malin pour relancer la mécanique chaque fois qu’elle commence à s’enrayer. Les rebondissements ne manquent pas et on sent le metteur en scène à son affaire, fan de cinéma fantastique et d’épouvante, qui donne une véritable identité à son film.

Entre frissons et humour du style buddy-movie, tout était réuni pour faire de Seuls un vrai film de genre, destiné à rencontrer un large public. Malheureusement, le cinéaste a dû faire avec le peu d’argent mis à sa disposition en raison de la frilosité des producteurs français. Avec près de 360.000 entrées, score tout à fait honorable pour un film fantastique hexagonal avec uniquement des jeunes acteurs inconnus au générique, la suite (ou les suites), annoncée dans l’épilogue, paraît compromis. Dommage. Mais sait-on jamais, car Seuls peut connaître une brillante carrière en DVD et Blu-ray, ce qu’on lui souhaite, et peut-être verrons-nous le retour de Leïla et de sa bande.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Seuls, disponible chez Studiocanal, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé, musical et reprend le visuel de l’affiche du film, tout comme la jaquette.

Dissimulé dans le sous-menu des langues, nous trouvons le commentaire audio du réalisateur David Moreau. Si le début est un peu décousu et maladroit, le cinéaste s’avère très prolixe et ne marque aucun temps d’arrêt durant l’exercice. Largement conseillé car très sympa, ce commentaire aborde l’adaptation de la bande -dessinée et les partis pris, les personnages, le casting, plus longuement la création et l’utilisation des effets spéciaux (plus de 400 plans), ainsi que le manque de budget lié à la difficulté de vendre un projet ambitieux mais sombre et sans avoir de stars au générique. S’il se dit content du film, David Moreau ne cache pas son amertume d’avoir revu ses ambitions à la baisse – il avait entre autres écrit une version du film beaucoup plus fidèle à la bande dessinée – en fonction des moyens qui lui étaient alloués. Il avoue également qu’il espérait un score plus élevé au box-office. Les anecdotes de tournage s’enchaînent durant plus d’1h30.

La section des suppléments dispose également d’un making of (28’) traditionnel, composé de nombreuses images de tournage et des propos des comédiens. Cette fois, David Moreau n’intervient pas directement, mais le réalisateur est montré à l’oeuvre avec ses jeunes acteurs sur le plateau. Ces derniers présentent leurs personnages et les enjeux du film. Invités par la production, les créateurs de la bande dessinée Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann s’expriment sur l’adaptation.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Studiocanal frôle la perfection avec ce master HD. Si les contrastes affichent une densité impressionnante, le piqué n’est pas aussi ciselé sur les scènes sombres et certaines séquences apparaissent un peu douces, notamment durant la première partie du film, où les visages des comédiens apparaissent un peu cireux. En dehors de cela, la profondeur de champ est éloquente, les détails se renforcent et abondent en extérieur jour, le cadre est idéalement exploité et la colorimétrie bleutée-froide retravaillée à l’étalonnage est idéalement retranscrite. La mise en scène brute de David Moreau entraîne quelques pertes inévitables de la définition, mais l’ensemble demeure la plupart du temps estomaquant de beauté, le tout étant conforté par un encodage AVC solide comme un roc.

La piste DTS-HD Master Audio 5.1 assure le spectacle acoustique avec brio. Dynamique et riche, l’écoute demeure immersive tout du long avec quelques pics particulièrement bluffants. C’est le cas des séquences à la fête foraine, de l’ouverture avec la caméra embarquée dans le casque, du brouillard dévastateur et surtout du passage de la bande de l’autre côté de la matière vaporeuse. La balance frontale est percutante, sans oublier l’usage probant des ambiances latérales et du caisson de basses. La musique profite également d’une belle délivrance, mettant toutes les enceintes à contribution, même à volume peu élevé. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont disponibles, ainsi qu’une piste en Audiodescription et une piste Stéréo de fort bon acabit.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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