Test DVD / Killing Field, réalisé par James Cullen Bressack

KILLING FIELD (Survive the Game) réalisé par James Cullen Bressack, disponible en DVD le 3 août 2022 chez Studiocanal.

Acteurs : Chad Michael Murray, Bruce Willis, Swen Temmel, Michael Sirow, Kate Katzman, Zack Ward, Donna D’Errico, Canyon Prince, Sarah Roemer, Sean Kanan…

Scénario : Ross Peacock

Photographie : Bryan Koss

Musique : Tim Jones

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un homme voit sa tranquillité bouleversée par l’arrivée d’un flic et de dangereux criminels.

Voilà voilà, c’est le pitch de Killing Field, aka Surviving the Game dans certaines contrées, énième DTV interchangeable de Bruce Willis et accessoirement l’une de ses ultimes prestations. Reprenons où nous en étions après Out of Death. Alors qu’il avait dit qu’on ne l’y reprendrait plus, l’ami Bruce allait quitter Porto Rico, quand une équipe de tournage l’alpague, tandis que celui-ci commençait à préparer son déménagement à Betton dans la métropole de Rennes en Ille-et-Vilaine (vous pouvez vérifier, c’est authentique). S’excusant auprès des Déménageurs Bretons avec lesquels il était au téléphone, Bruce demande déjà au réalisateur James Cullen Bressack de se calmer, puis de lui en dire un peu plus sur ce qu’il désire lui faire faire durant l’heure qui lui reste avant son vol. « C’est pas compliqué, vous serez assis à l’arrière d’une bagnole entre deux sbires à la mine patibulaire, vous vous tiendrez le bas du ventre où votre personnage a reçu une balle. Vous direz des trucs du genre « Fuck you ! » ou « Pauvres cons ! » vous voyez, en plissant suffisamment les yeux, votre visage et même, soyons fous, tout votre crâne histoire de montrer que vous êtes toujours bad-ass malgré votre bastos dans le bide » « Ouais, je l’ai déjà fait pas mal de fois ces dernières années, ça devrait le faire. Autre chose ? » « S’il nous reste une demi-heure vous serez ligoté sur une chaise où vous regarderez vos tortionnaires que vous insulterez à nouveau, « Abrutis ! », « Faquins ! », que sais-je encore ? Vous avez carte blanche. Ah oui, il faudra aussi un plan de vous avec un flingue quand vous rentrerez dans une grange et un autre pour la fin du film où vous ferez semblant d’avoir participé à l’action. Mais ça c’est juste si vous avez le temps et si vous n’aviez pas envisagé de passer au duty-free ! ». « Bon, ok, je prends un million. Il faut que je pense à ma retraite et les palets bretons aussi ont subi l’inflation… » « Ok alors, on tourne ! ». Vous l’aurez compris, ou pas, Bruce Willis ne fait que de la figuration dans Killing Field, opus d’action sans aucune imagination, dont la véritable tête d’affiche est Chad Michael Murray, connu pour son rôle de Lucas Scott dans la série télévisée Les Frères Scott et l’excellent House of Wax La Maison de cire de Jaume Collet-Serra, qui s’en sort « pas trop mal », mais qui n’a malheureusement rien à défendre. Toutefois, Killing Field reste un film rigolo dans le sens où rien ne fonctionne et s’avère donc irrésistible à de nombreuses reprises, surtout lors des affrontements divers et variés, extrêmement mal filmés et au montage moisi. Réservé uniquement aux amateurs.

Deux flics, Watson et Cal, font une descente dans un repaire de dealers mais un couple de toxicomanes, Mickey et Violet, tirent gravement sur Watson tandis que son coéquipier les poursuit dans une ferme perdue, entretenue par un vétéran tourmenté. Ce dernier accepte d’aider Cal au moment même où le chef de ce cartel débarque avec ses hommes, mais également un Watson retenu en otage, pour leur déclarer la guerre…

Les trafiquants de drogue ont l’air de sacrés zigotos dans Killing Field, surtout le couple de schizophrènes qui se la jouent Tueurs nés, interprétés par Kate Katzman (qui s’est très largement inspirée de Margot Robbie en mode Harley Quinn) et Zach Ward, qui volent la vedette à chaque apparition. Tandis que Bruce Willis reste le cul vissé sur sa chaise et que Chad Michael Murray tète le goulot de sa flasque pour calmer son trauma (encore un ancien soldat revenu d’Irak qui a perdu sa femme et sa fille dans un accident de voiture…), Swen Temmel (l’autre « star ») passe son temps dans une serre où il décime une poignée de salauds lancés à sa poursuite, qui au lieu de se disperser se suivent à la queue leu leu. Cela permet à ce bon vieux Swen (aperçu dans Time Out, le soporifique Backtrace et dans trois Willisries 10 Minutes Gone, Anti life et Open Source) et son bouc gras de sébum de les exterminer un par un, sans se forcer, car aucun ennemi ne pense une seule seconde à se retourner histoire d’assurer ses arrières. On ne peut absolument rien sauver du scénario écrit par un certain Ross Peacock ou même de la mise en scène de James Cullen Bressack (né en 1992). On savoure bien sûr les moments nanardesques, qui prennent beaucoup d’ampleur dès l’arrivée de l’inénarrable Michael Sirow, déjà « à l’oeuvre » dans Out of Death et qui a depuis retrouvé Bruce Willis à trois reprises. On ne parlera pas des deux poursuites en voiture, d’une extraordinaire mollesse (les compteurs sont visibles à 30 miles à l’heure et les bagnoles tournent en rond autour du décor principal) ou des gunfights où tout le monde manque sa cible à deux mètres.

Après sa journée de tournage inattendue, Bruce repart à l’aéroport de Porto Rico et enregistre ses bagages, jusqu’au moment où James Cullen Bressack le rejoint à temps pour lui dire que s’il lui reste un petit quart d’heure, il serait honoré de sa présence dans Fortress, son prochain film que l’acteur Emile Hirsch lui a écrit en se rendant à l’aéroport. « Jesse Metcalfe, que vous avez pu admirer dans Évasion 2 & 3 et que vous avez croisé sur le plateau d’Open Source l’année dernière le jour où vous étiez là sera de la partie, ainsi que Chad Michael Murray qui ne savait pas quoi faire et qui serait ravi de vous donner à nouveau la réplique, j’ai bien dit LA réplique, car on sait que ce sera plus simple pour vous ! ». « Bon…c’est bien parce que c’est vous et que j’ai bien dormi durant les prises ! J’accepte. Boissons chaudes à volonté ? ».

LE DVD

Nous en parlions lors de la sortie dans les bacs d’Out of Death, en 2022 les éditeurs écoulent leurs stocks de DTV avec Bruce Willis. Killing Field est sorti chez Studiocanal au mois d’août, après La Proie (dans lequel le comédien a pour partenaire Megan Fox), Gasoline Alley (chez Originals Factory) et Apex (chez AB Vidéo). On essaye de ne pas trop s’éparpiller, car Bruce arbore la même tronche sur quasiment tous les visuels…Killing Field donc débarque uniquement en DVD chez Studiocanal. Le menu principal est fixe et muet.

Sortie technique, aucun supplément.

L’Image et le son

Pas de Blu-ray français pour Killing Field, mais qui s’en souciera ? En l’état, l’édition Standard fait ce qu’elle peut, mais la photographie d’origine étant plutôt laide, il ne faudra pas attendre grand-chose du résultat final. Le bleu du ciel est curieusement très saturé (qu’est-ce que c’est moche bon sang), le vert pétant, les jaunes criards…C’est « tropical » dans le sens où l’ensemble fait penser à une publicité pour la boisson Pacific. Le crâne de Bruce Willis est brillant à souhait, les détails éloquents (amusez-vous à compter les plis sur le visage du comédien), le piqué acéré…seuls les contrastes laissent perplexes, mais cela est dû à un étalonnage qui comme le reste est à la ramasse. Quelques flous sur les scènes agitées, durant lesquelles il est difficile de comprendre qui fait quoi à l’autre…

Vous pouvez compter sur les mixages Dolby Digital 5.1 anglais et français pour vous plonger délicatement mais sûrement dans l’ambiance du film, avec essentiellement des séquences de fusillade. La bande originale est très bien lotie (ce qui ne veut pas dire qu’elle soit réussie, loin de là), toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, riche et dense, ainsi que les enceintes latérales qui distillent quelques effets naturels. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus naturelle et homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés aux spectateurs sourds et malentendants, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Studiocanal / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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