Test Blu-ray / Bilitis, réalisé par David Hamilton

BILITIS réalisé par David Hamilton, disponible en Edition Collector Mediabook Blu-ray + CD de la bande originale et Edition Collector Mediabook DVD + CD de la bande originale depuis le 25 août 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Patti D’Arbanville, Mona Kristensen, Gilles Kohler, Bernard Giraudeau, Mathieu Carrière, Irka Bochenko, Jacqueline Fontaine, Marie-Thérèse Caumont…

Scénario : Catherine Breillat, Jacques Nahum et Robert Boussinot, d’après Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs

Photographie : Bernard Daillencourt

Musique : Francis Lai

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

La découverte de l’amour et des plaisirs d’une jeune pensionnaire d’école privée, Bilitis, à travers l’objectif du photographe Lucas.

Trois ans après le triomphe international d’Emmanuelle de Just Jaeckin, le cinéma érotique voire pornographique remplit les salles. Bilitis est le premier long-métrage réalisé par le photographe britannique David Hamilton (1933-2016). Il s’agit en fait d’un roman-photo dont les clichés prendraient vie grâce à la magie du septième art, puisqu’on y retrouve le style éthéré qui a fait la renommée de l’artiste à travers le monde, avec des images ouatées, à l’instar d’un rêve éveillé ou de réminiscences. D’ailleurs la toute première séquence renvoie à cette idée en nous présentant celle qui sera le personnage principal du film et qui lui donne son titre, Bilitis, qui assise sur son lit paraît se remémorer un passé proche. Des flashs lui arrivent alors sous la forme de photographies, dont le format s’étend soudainement sur tout l’écran. Puis les images s’animent…Bilitis est un produit de son époque, le témoignage d’un temps révolu. Si certains et certaines ne manqueront pas de crier au scandale, puisque David Hamilton y montre longuement de jeunes adolescentes dans le plus simple appareil (dans le premier quart d’heure du moins), comme il l’a toujours fait, d’autres pourront sûrement apprécier ce catalogue d’images papier glacé, naïf à souhait, joliment mis en scène, dans lequel déambulent Bernard Giraudeau, Patti d’Arbanville dans le rôle-titre et surtout Mona Kristensen qui vole la vedette à ses deux partenaires par sa beauté troublante. Près de 45 ans après sa sortie sur les écrans, Bilitis demeure une vraie curiosité.

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Test Blu-ray / Le Miel du diable, réalisé par Lucio Fulci

LE MIEL DU DIABLE (Il Miele del diavolo) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 octobre 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Brett Halsey, Corinne Cléry, Blanca Marsillach, Stefano Madia, Paula Molina, Bernard Seray, Lucio Fulci, Eulàlia Ramo…

Scénario : Jaime Jesús Balcázar, Lucio Fulci, Ludovica Marineo, Sergio Partou, Vincenzo Salvianis Balcázar & Lucio Fulci

Photographie : Alejandro Ulloa

Musique : Claudio Natili

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Carole est une jeune femme séduisante. Elle est tombée amoureuse de Gaetano, un musicien de studio. Un jour, victime d’un accident de moto, Gaetano est hospitalisé et tombe dans les mains de l’incapable docteur Domenici. Mal soigné, Gaetano meurt. Folle de douleur, Carole kidnappe alors le chirurgien et l’enferme dans sa cave.

« Quand tu la verras, ton souffle s’engloutira. Quand tu mourras de désir de la posséder, elle rira. Quand elle foulera ton âme, ton sang bouillira. Mais tu succomberas de bonheur, parce qu’elle est le miel du diable. Et elle te tuera avec l’infinie douceur du feu ». Lucio Fulci, ou l’art de jouer de sexophone. Quand il réalise Le Miel du diable Il miele del diavolo, le réalisateur n’est pas au mieux de sa forme. Physiquement du moins, car les années 1980 demeurent marqué par Frayeurs Paura nella città dei morti viventi, Le Chat noir Il gatto nero, L’Au-delà …E tu vivrai nel terrore! L’aldilà, L’Éventreur de New York Lo Squartatore du New York, 2072, les mercenaires du futur I Guerrieri dell’anno 2072, pour ne citer que ceux-là. Sorti en 1986, Le Miel du diable apparaît entre Murder Rock – Murderock Uccide a passi di danza et Aenigma. Point d’effets gores ou d’horreur dans ce film, mais des créatures oui, qui répondent au nom de Blanca Marsillach et Corinne Cléry, qui envoûtent les spectateurs par leur présence érotique. S’il est parfois à un doigt (avant le whisky) de tomber dans le nanar, Lucio Fulci parvient à trouver cet équilibre difficile pour contenter à la fois les spectateurs avides de films coquins et ceux plus amateurs de Bis, puisque Le Miel du diable prend dans sa deuxième partie des allures de torture-porn. Mal considéré dans la filmographie du cinéaste, Il miele del diavolo est une œuvre singulière, qui interpelle par sa représentation frontale d’une sexualité débridée, qui établit en parallèle la radiographie d’une passion dévorante et de ses conséquences quand l’un des deux vient à disparaître.

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Test Blu-ray / Et avec les oreilles qu’est-ce que vous faites ?, réalisé par Eddy Matalon

ET AVEC LES OREILLES QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ? réalisé par Eddy Matalon, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Jean-Gabriel Nordmann, Didier Sauvegrain, Louis Navarre, Nathalie Zeiger, Chantal Aba, Olga Valéry, Paul Bisciglia, Tania Busselier, Nanette Corey…

Scénario : Alain Sens-Cazenave

Photographie : Jean-Jacques Tarbès

Musique : Richard Alexandre

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Deux amis, Arthur et Jérôme, souhaitent réaliser un film. Après bien des hésitations, ils renoncent à leurs aspirations premières et optent pour un thème dans l’air du temps : l’érotisme ! Bénéficiant d’une coquette somme d’argent, il ne leur reste plus qu’à trouver le casting idéal. Mais le tandem est loin d’imaginer que ce projet un peu fou va modifier complètement leur existence.

Certains spectateurs adeptes du cinéma qui a « bifurqué » et surtout qui a su proposer quelque chose d’inhabituel, ont sûrement déjà croisé la route d’Eddy Matalon, réalisateur et scénariste du Chien fou (1966) avec Claude Brasseur et la sublime Dany Carrel, de Trop petit mon ami (1970) avec Jane Birkin et Bernard Fressson, d’Une si gentille petite fille !… (1977) et de New-York Black-Out (1978). Dans les années 1970, Eddy Matalon prend le pseudonyme de Jack Angel et signe quelques films érotiques aux titres évocateurs, Les Garces (1973), La Pension du libre amour (1974), La Chatte sans pudeur (1975) et La Bête à plaisir (1975). Au milieu de tout cela, il met en scène sous son vrai nom Et avec les oreilles qu’est-ce que vous faites ?, une comédie non dénuée de scènes dénudées, qui se moque gentiment des conditions de tournage et de création en général des films coquins qui fleurissaient à l’époque. Le scénario malin d’Alain Sens-Cazenave, premier assistant d’Alain Lavalle sur La Révélation, fait parfois penser au Magnifique de Philippe de Broca, sorti l’année précédente, mais annonce aussi étrangement On aura tout vu de Georges Lautner, qui n’apparaîtra sur les écrans que deux ans plus tard. S’il n’atteint évidemment pas la grande réussite de ces deux derniers, Et avec les oreilles qu’est-ce que vous faites ? n’en demeure pas moins intéressant à plus d’un titre, drôle, intelligent, bourré d’idées et divertissant. Et en plus on se rince l’oeil, les deux même, alors pourquoi se priver ?

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Test Blu-ray / La Révélation, réalisé par Alain Lavalle

LA RÉVÉLATION réalisé par Alain Lavalle, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Olga Georges-Picot, Juliette Mills, Sady Rebbot, Robert Etcheverry, Jacques Santi, Danièle Vlaminck, Daniel Sarky, France Verdier, Garlonne Errlichman…

Scénario : Giova Selly

Photographie : Claude Beausoleil

Musique : Nachum Heiman

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Claire est seule pendant les vacances, enfants et mari étant partis. Elle connaîtra les joies de l’adultère grâce à une amie.

Avant de réaliser La Révélation, qui restera probablement son seul long-métrage de fiction, Alain Lavalle avait été l’assistant d’Eddy Matalon (Trop petit mon ami). C’est ce dernier qui confie à Alain Lavalle le soin de tourner La Révélation, d’après un scénario de Giova Selly, alias Giova Lavalle, sa compagne. Avant tout ethnologue et psychologue, romancière spécialisée dans les histoires sentimentales (elle a écrit des célèbres romans-photos pour Nous-Deux), historiques et policières, Giova Selly signe ici son unique histoire pour le cinéma. Vu le bagage de l’écrivaine et son talent pour dépeindre les comportements, ainsi que les mœurs de ses personnages, il n’est pas étonnant que La Révélation détonne quelque peu dans le cinéma érotique des années 1970, avec notamment un spleen qui accompagne la protagoniste, Claire, interprétée par la troublante Olga Georges-Picot, dont le regard triste foudroie instantanément et ce durant les 80 minutes de cet étrange long-métrage, à la fois maladroit (de par sa mise en scène), souvent ennuyant en raison de digressions dites « auteuristes », mais aussi généralement fascinant grâce à la présence, l’aura et le charisme de son actrice principale.

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Test Blu-ray / Fatale, réalisé par Louis Malle

FATALE (Damage) réalisé par Louis Malle, disponible en Blu-ray le 1er juin 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Jeremy Irons, Juliette Binoche, Leslie Caron, Miranda Richardson, Rupert Graves, Ian Bannen, Peter Stormare, Julian Fellowes, David Thewlis…

Scénario : David Hare, d’après le roman de Josephine Hart

Photographie : Peter Biziou

Musique : Zbigniew Preisner

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

La vie de Stephen Fleming, un parlementaire conservateur récemment promu secrétaire d’Etat, va être bouleversée par sa rencontre avec Anna Barton, amie de son fils, au cours d’une réception à l’ambassade de France…

On a souvent tendance à penser que Fatale Damage, est le dernier long-métrage de Louis Malle (1932-1995), ce qui est faux. Il s’agit de l’avant-dernier film du réalisateur, qui devait terminer sa carrière deux ans plus tard avec Vanya, 42e Rue Vanya on 42nd Street, interprété par Julianne Moore, qui s’avérait en réalité une représentation de la pièce Oncle Vania de Tchekhov, se déroulant dans un théâtre abandonné. Mais pour l’heure, Fatale est sans doute l’ultime grande œuvre du cinéaste, porté par un couple magnifique, Jeremy Irons et Juliette Binoche, investis corps et âme dans cette histoire que beaucoup jugeront immorale, mais qui ne laisse et ne laissera jamais les spectateurs indifférents. Au-delà de l’adultère dévastateur, Louis Malle se penche sur l’évidence entre deux êtres, sur la passion qui les consume, sans chercher à savoir ou même à comprendre ce qui l’anime. Sa caméra semble scruter l’indicible, s’attarde sur les regards, sur le temps qui s’étire (ou qui s’accélère, c’est selon le point de vue) quand deux êtres faits l’un pour l’autre se rencontrent, puis se percutent. Une certitude qu’eux-mêmes sont incapables d’expliquer et de concevoir, pour finalement se laisser porter par leurs sentiments. L’apparence tout d’abord quelque peu austère liée au personnage de Fleming, s’effrite dès le premier regard avec Anna, avant que le couple ne s’enflamme. Drame érotique, pulsionnel, encore plus que passionnel, Fatale est le vrai film-testament de Louis Malle.

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Test Blu-ray / Une dernière fois, réalisé par Olympe de G.

UNE DERNIÈRE FOIS réalisé par Olympe de G., disponible en DVD le 14 avril 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Brigitte Lahaie, Alexandra Cismondi, Philippe Sivy, Arsène Laclos, Francis Mischkind, Misungui Bordelle, Rico Simmons, Heidi Switch…

Scénario : Alexandra Cismondi & Olympe de G.

Photographie : Kevin Klein

Musique : Jean-Baptiste Hanak

Durée : 1h11

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

L’histoire d’une femme de 69 ans qui refuse de vieillir dans une société dans laquelle on ne prend pas soin des personnes âgées. Elle décide de préparer sa mort, et avant cela sa dernière année à vivre.

Bon, on ne va pas refaire la biographie de Brigitte Lahaie, ni réexpliquer pourquoi la comédienne restera à jamais la reine du genre pornographique hexagonal. Si cela vous amuse, on pourra redonner quelques titres fleuris en vrac, Je suis une belle salope, Suprêmes jouissances, Arrête, tu me déchires, C’est la fête à mon cul, Rentre c’est bon, Le Bijou d’amour, Inonde mon ventre, La Mouillette, Anna cuisses entrouvertes, Pénétrez-moi par le petit trou, Pénétrations méditerranéennes et bien d’autres ré-jouissances issues de l’âge d’or. Depuis ses adieux en 1980 au cinéma qui l’a rendue célèbre, Brigitte Lahaie est devenue animatrice radio, en intervenant principalement sur les sujets liés à l’érotisme et la sexualité. Une reconversion professionnelle réussie puisqu’elle restera notamment quinze années à la tête de l’émission Lahaie, l’Amour et Vous, quotidienne de deux heures qui a fait les belles heures de la station RMC, de 2001 à 2016. L’ancienne égérie du porno français anime désormais une nouvelle quotidienne sur Sud Radio. Quelle surprise de la retrouver en 2020 en tant que premier rôle dans Une dernière fois, long-métrage porno-érotique, soit 25 ans après Electric Blue: Sex Model de Vic Marchant. Mais autant vous prévenir tout de suite, Brigitte Lahaie n’y apparaît pas une seconde dans le plus simple appareil, sa seule exigence pour apparaître dans ce film, mais n’est pas avare pour dévoiler sa superbe poitrine qui a fait fantasmer des millions de spectateurs, non seulement en France, mais aussi dans le reste du monde durant les années 1970. Dans cette oeuvre étrange, faux documentaire ou portrait de femme, Brigitte Lahaie (qui ne joue pas son propre rôle), observe plus qu’elle n’agit dans Une dernière fois. La réalisatrice féministe Olympe de G., enchaîne les scènes sexuellement explicites, dont le fil conducteur est une conversation avec une femme de 69 ans, qui a décidé d’en finir avec la vie, dont elle a déterminé la fin, mais aussi avant cela la dernière fois où elle fera l’amour. Il en résulte un « programme » hybride, très mal écrit avec des dialogues souvent agaçants, filmé n’importe comment, mention spéciale à la caméra embarquée qui vous donnera plus la gerbe qu’elle ne vous excitera, sans véritable intérêt, si ce n’est la douceur et la sensualité qui émanent encore et toujours de Brigitte Lahaie, seule attraction de cette vidéo.

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Test Blu-ray / Novices libertines, réalisé par Bruno Mattei

NOVICES LIBERTINES (La Vera storia della monaca di Monza) réalisé par Bruno Mattei, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Zora Kerova, Mario Cutini, Paola Corazzi, Tom Felleghy, Franco Garofalo, Annie Carol, Edel Paola Montenero, Mario Novelli, Ornella Picozzi, Leda Simonetti, Franca Stoppi, Giovanni Attanasio…

Scénario : Claudio Fragasso

Photographie : Giuseppe Bernardini

Musique : Gianni Marchetti

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Suite à la mort de son père et à la chute dans la démence de la mère supérieure du couvent, soeur Virginia de Leyva devient la nouvelle mère supérieure du couvent de Monza. Voulant corriger les moeurs étranges de la place, la religieuse sème le trouble dans les lieux et devient la cible d’un tueur fou manipulé par un prêtre assassin. De plus, elle devient victime de ses propres rêves qui l’appellent vers la débauche et la luxure…

Étrangement, si l’incroyable histoire vraie racontée dans Novices libertines – La Vera storia della monaca di Monza (1980) est plus connue en France, c’est en raison du dernier long-métrage du grand Paul Verhoeven, Benedetta, qui n’est pas encore sorti (COVID 19 oblige) et qui s’inspire d’un évènement un peu similaire survenu à la même période en Italie. La pré-affiche sulfureuse aperçue au Festival de Cannes bien avant le tournage donnait le (té)ton, puisqu’on y voyait une religieuse, interprétée par Virginie Efira, les lèvres légèrement entrouvertes et vêtue d’un voile transparent qui laissait apparaître son sein droit. Il n’en fallait pas plus pour affoler les cinéphiles et titiller la curiosité de tous pour se pencher un peu plus sur ce fait divers réel survenu au XVIIe siècle en Toscane. Plus de quarante avant Benedetta, le tandem Stefan Oblowsky, alias Bruno Mattei (1931-2007) et son scénariste complice Claudio Fragasso (qui était souvent son coréalisateur) se penchait sur un autre couvent pas très catholique, où les protagonistes sont filmés comme des vampires enfermés dans leur bâtisse, impression renforcée par un maquillage souvent outrancier qui appuie la peau blafarde de ses occupants. Forcément, le sexe est présent dans Novices libertines (par ailleurs tourné en même temps que L’Autre Enfer -L’altro inferno, autre opus de nonnesploitation), mais le film ne se résume sûrement pas à cela. Il s’agit avant tout d’un bel objet de cinéma quoi qu’on en dise, prouvant une fois de plus que Bruno Mattei n’était pas un tâcheron et encore moins l’un des pires cinéastes de tous les temps comme certains ont souvent tendance à le penser.

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Test Blu-ray / Emmanuelle (Director’s Cut), réalisé par Just Jaeckin

EMMANUELLE – Director’s Cut réalisé par Just Jaeckin, disponible en Blu-ray le 6 janvier 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Sylvia Kristel, Alain Cuny, Marika Green, Daniel Sarky, Jeanne Colletin, Christine Boisson…

Scénario : Jean-Louis Richard, d’après le roman d’Emmanuelle Marsan

Photographie : Richard Suzuki

Musique : Pierre Bachelet

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Emmanuelle, une jeune femme aisée, rejoint son mari, un diplomate en poste à Bangkok. Le trajet l’ennuie et la belle oisive s’offre à deux passagers sans attendre l’atterrissage. L’ennui persistant, Emmanuelle use sans ménagement de la totale liberté qu’entend lui laisser son mari, soucieux d’amener sa femme à plus d’abandon. Elle fait la rencontre de deux jeunes femmes, Marie-Ange et Bee, qui l’initient aux jeux de l’amour. Emmanuelle découvre donc le goût des très jeunes filles en fleur, puis les séductions du sadisme bien tempéré avec Bee, avant de confier à l’inénarrable Mario, professeur d’érotisme réputé en Thaïlande, le soin de lui faire parcourir toute la gamme des plaisirs…

Mélodie d’amour chantait le coeur d’Emmanuelle,

Qui bat coeur à corps perdu,

Mélodie d’amour chantait le corps d’Emmanuelle,

Qui vit corps à coeur déçu… (air connu)

9 millions d’entrées dans les salles françaises (dont plus de 3 millions sur Paris intra-muros), près de 50 millions dans le reste du monde (où il aurait rapporté près de cent millions de dollars), Emmanuelle, le premier long-métrage réalisé par Just Jaeckin (Histoire d’O, Gwendoline), est un film culte, un événement, un phénomène, un monument. Film-phare et emblématique de l’érotisme chic au cinéma qui a fait de Sylvia Kristel une star internationale et une icône du jour au lendemain, Emmanuelle est resté pendant longtemps le mètre-étalon du genre, maintes fois copié, jamais ou alors très rarement égalé, donnant naissance à moult ersatz qui ont fait les beaux jours, ou les belles nuits plutôt, des troisièmes parties de soirées du dimanche sur M6. Vous voyez de quoi je parle petits coquins. Quand les adolescents préparaient une VHS de 240 minutes et enclenchaient en douce l’enregistrement, pour pouvoir le lendemain visionner en cachette Sexy Zap, la coupure publicitaire (« Chaud devant chaud ! Un jingle pub pour la 6 ! »), la première partie du téléfilm (un Zara White, un Black Emanuelle ou autres ré-jouissances), une nouvelle coupure pub (« Le Commandant et son équipage vous souhaitent un bon voyage dans cet espace publicitaire »), puis la dernière partie du spectacle. Bref, Emmanuelle premier du nom est l’adaptation du roman éponyme d’Emmanuelle Arsan, publié en 1959, qui avait déjà connu une première transposition au cinéma en 1969, en Italie plus précisément, sous le titre Moi, EmmanuelleIo, Emmanuelle, mis en scène par Cesare Canevari, réalisateur des fameux ¡Mátalo! (1970) et La Dernière orgie du IIIème Reich (1977), avec rien de mois qu’Erika Blanc dans le rôle-titre. Mais l’histoire a finalement retenu la version de Just Jaeckin, qui a su bouleverser les spectateurs du monde entier, à tel point que certains pays limitrophes n’hésitaient pas à organiser des voyages en bus dans le seul but de transporter celles et ceux qui voulaient se rendre à Paris, dans le but de voir le film, diffusé non-stop pendant plus de dix ans à l’UGC Triomphe où il était sous-titré en anglais pour ces touristes particuliers. C’est dire si Emmanuelle, au-delà du parfum de scandale qui l’a accompagné à sa sortie, a su marquer les esprits et même si pas mal d’éléments ont forcément vieilli ou s’avèrent aujourd’hui inappropriés, cette œuvre est et demeure anthologique.

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Test 4K Ultra-HD / Les Charnelles, réalisé par Claude Mulot

LES CHARNELLES réalisé par Claude Mulot, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Anne Libert, Francis Lemonnier, Patrick Penn, Barbara Sommers, Georges Guéret, Karin Meier, Katia Tchenko, Robert Lombard…

Scénario : Claude Mulot, Jean-Paul Guibert

Photographie : Jacques Assuerus

Musique : Eddie Vartan

Durée : 1h27

Année de sortie : 1974

LE FILM

Benoît, un fils de « bonne famille » est violent, impuissant et voyeur. Traumatisé depuis son enfance par une belle-mère exhibitionniste et un père insensible, le jeune homme bascule peu à peu dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable.

Lors de notre chronique consacrée à l’édition 4K UHD de La Rose écorchée, nous avions présenté Claude Mulot ainsi : Nourri au cinéma de genre, cinéphage, le réalisateur Claude Mulot (1942-1986) aura réussi à marquer les spectateurs passionnés par les films Bis en une poignée de longs métrages d’exploitation. Egalement connu sous le pseudonyme Frédéric Lansac (nom repris du personnage principal de La Rose écorchée) par les plus polissons d’entre nous avec ses œuvres intitulées Les Charnelles (1974), Le Sexe qui parle (1975) ou bien encore La Femme-objet (1981) avec la sublimissime Marilyn Jess, Claude Mulot démarre sa carrière en 1968 avec la comédie coquine Sexyrella. Mais c’est en 1970 qu’il signe ce qui restera son chef d’oeuvre, La Rose écorchée, un film d’épouvante imprégné de l’oeuvre de Georges Franju, Les Yeux sans visage, mais aussi du cinéma gothique transalpin et même des opus de la Hammer. Sans oublier une petite touche de Psychose d’Alfred Hitchcock. Merveille visuelle et animée par un amour incommensurable pour le septième art, La Rose écorchée est aujourd’hui considérée comme une pierre angulaire du cinéma de genre hexagonal, qui a aussi révélé une magnifique comédienne, Annie Duperey. Le scénariste et complice de Max Pécas sur le très beau Je suis une nymphomane (1971), puis sur les films estampillés « Dimanche soir sur M6 » Embraye bidasse… ça fume (1978), On est venu là pour s’éclater (1979), Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu (1980) et On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (1987) a toujours continué sur sa lancée du cinéma de genre, notamment avec le remarquable La Saignée (1971), étonnant thriller dramatique, percutant, sombre, pessimiste, où le cinéaste confirmait sa virtuosité. En 1973, changement de cap vers la comédie d’aventures, Profession : aventuriers. C’est l’année suivante que Claude Mulot devient Frédéric Lansac pour réaliser Les Charnelles ou Les Émotions secrètes d’un jeune homme de bonne famille, drame très érotique situé à mi-chemin entre l’étude de mœurs et psychologique qu’affectionnait le cinéaste, et le cinéma pornographique qu’il abordera frontalement peu de temps après. C’est un film qui a le cul entre deux chaises, ou filmé plein cadre quand les jolies demoiselles se trémoussent, se déshabillent ou copulent sur le même (et excellent) thème musical du génial Eddie Vartan. Les Charnelles demeure une curiosité puisque bien que répondant au cahier des charges (ou « décharge » c’est selon) du cinéma érotique alors en plein boum, les personnages, notamment celui campé par le très bon Francis Lemmonier ne sont pas oubliés ou vides, mais toujours ambigus et intéressants. Le parfait équilibre entre le cinéma d’auteur (parfois à la limite de l’expérimental lors de la baise psychédélique) et le pur cinéma d’exploitation en quelque sorte.

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Test 4K Ultra-HD / Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, réalisé par Michel Lemoine

LES WEEK-ENDS MALÉFIQUES DU COMTE ZAROFF réalisé par Michel Lemoine, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Michel Lemoine, Nathalie Zeiger, Howard Vernon, Joëlle Coeur, Martine Azencot, Stéphane Lorry, Robert de Laroche, Sophie Grynholc…

Scénario : Michel Lemoine

Photographie : Philippe Théaudière

Musique : Guy Bonnet

Durée : 1h25

Année de sortie : 1974

LE FILM

D’apparence affable, Boris Zaroff est un homme d’affaires passablement tourmenté, héritier d’une lignée d’aristocrates décadents. Zaroff vit dans le domaine ancestral en compagnie de son fidèle majordome, Karl. Lié par un pacte, le serviteur joue les rabatteurs pour son maître, ramenant de magnifiques jeunes femmes au château. Celles-ci seront bientôt les victimes des pulsions sadiques de Zaroff, en proie à de terribles visions où il se voit tourmenté par le fantôme d’une femme qui fut autrefois la maîtresse de son père. Seuls ses jeux pervers l’empêchent de plonger définitivement dans la folie… Jusqu’à quand ?

Comédien et réalisateur, Michel Lemoine (1922-2013) s’est distingué dans les années 1970-1980 avec des films aux titres évocateurs tels que Les Chiennes / Le Manoir aux louves, Viens, je suis chaude, Cuissardes, Les Confidences érotiques d’un lit trop accueillant, Langues profondes, Alice… tu glisses, Prenez moi !, Ardeurs perverses, L’été les petites culottes s’envolent, Slips fendus et porte-jarretelles. Un beau programme quoi. Passionné par le cinéma de genre, il est d’ailleurs apparu devant les caméras de Duccio Tessari (Una voglia da morire, 1964), Mario Bava (Arizona Bill, 1964), Antonio Margheriti (I criminali della galassia et I diafanoidi vengono da Marte, sortis en 1966), Sergio Sollima (Agent 3S3, massacre au soleil, 1965) et Jesús Franco (Les Yeux verts du diable, 1968), Michel Lemoine se distingue dans le genre érotique. José Bénazéraf (1922-2012) sera d’ailleurs un catalyseur dans sa carrière puisqu’il le dirigera dans L’Éternité pour nous / Le Cri de la chair (1962), Le Concerto de la peur / La Drogue du vice (1963) et Joe Caligula (1966). Il se décide à passer lui-même derrière la caméra. Pour son premier coup d’essai, Comme il est court le temps d’aimer (1970), il n’est pas crédité à la mise en scène, au même titre que son confrère Jean-François Davy, et le film sera signé Pier A. Caminnecci. En revanche, Les Désaxées (1972) est officiellement sa première réalisation, largement inspirée de sa propre vie, film dans lequel il donne la réplique à son épouse Janine Reynaud. Après s’être fait la main (et quelques nanas à l’écran), Michel Lemoine peut enfin mettre en route le film fantastique qu’il avait longtemps imaginé, Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, connu sous le titre Sept filles pour un sadique, et Seven Women for Satan pour son exploitation internationale. Tourné entre Les Petites Saintes y touchent, également connu sous le titre Jeunes filles en extase (1974) et Tire pas sur mon collant (1978), l’érotisme possède une place prépondérante dans cette série B tournée en 13 jours avec un budget dérisoire, mais l’ensemble se tient car irrigué par un amour contagieux pour l’épouvante avec quelques scènes bien gratinées où le sang coule sur les poitrines des belles donzelles, toujours prêtes à tomber sous le charme de ce mystérieux Boris Zaroff.

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