Test DVD / Les Fantasmes, réalisé par David & Stéphane Foenkinos

LES FANTASMES réalisé par David & Stéphane Foenkinos, disponible en DVD le 18 décembre 2021 chez Gaumont.

Acteurs : Ramzy Bédia, Nicolas Bedos, Monica Bellucci, Carole Bouquet, Suzanne Clément, Joséphine Japy, William Lebghil, Joséphine de Meaux, Denis Podalydès, Jean-Paul Rouve, Céline Sallette, Alice Taglioni, Karin Viard…

Scénario : David & Stéphane Foenkinos

Photographie : Alexis Kavyrchine

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Face à leurs fantasmes, six couples tentent d’explorer les faces cachées de leur vie intime. Six questionnements sur l’accès au plaisir. Du jeu de rôle à l’abstinence, en passant par l’exhibition, six histoires séparées avec au centre le même questionnement sur le désir aujourd’hui. Le sien mais aussi celui de l’autre…

Avec Les Fantasmes, on dirait que les frères Foenkinos, Stéphane et David, aient décidé de s’octroyer une petite récréation après leurs deux précédents et par ailleurs excellents longs-métrages, La Délicatesse (adapté d’un roman du second), sorti il y a déjà plus de dix ans, et Jalouse (2017), qui avaient rencontré un succès bien mérité. Il s’agit ni plus ni moins du remake d’un film australien sorti en 2014, The Little Death, rebaptisé chez nous If You Love Me… de Josh Lawson (acteur vu Moi, député, Mortal Kombat), passé à la sauce béchamel. Les Foenkinos reprennent ici la structure du film à sketches, certains jugés « sensibles » ayant été écartés (une femme qui rêve de se faire violer par son mari, un homme qui drogue son épouse pour pouvoir se rapprocher d’elle en secret la nuit entre autres), d’autres ayant été créés à cette occasion. En l’état, les six parties sont plus ou moins égales, ce qui est finalement rare dans le genre. Si l’issue de chaque partie se devine assez rapidement, Les Fantasmes est une comédie plutôt sympathique, bien équilibrée, souvent teintée d’un humour noir inhabituel dans le cinéma français, tandis que les comédiens ont l’air de bien s’amuser.

Vous saurez donc tout sur quelques fantasmes et déviances sexuelles illustrés ici, la ludophilie (être excité par l’idée de jouer un rôle), la dacryphilie (être excité par les larmes), la sorophilie (être excité par la sœur de l’être aimé), la thanatophilie (être excité par la mort), l’hypophilie (être excité de ne plus faire l’amour) et l’antigonistophilie (être excité d’être regardé en faisant l’amour). On trouve successivement Denis Podalydès et Suzanne Clément, Nicolas Bedos et Céline Salette, Ramzy Bedia, Joséphine de Meaux et Alice Taglioni, Monica Bellucci et Carole Bouquet, Josephine Japy et William Lebghil, et enfin Jean-Paul Rouve et Karin Viard. Aucun lien entre tous ces personnages, aucune interaction non plus, si ce n’est qu’ils sont pris à un moment central de leur existence, quand l’un d’entre eux ou le couple lui-même, se rend compte du désir qu’il ressent dans une situation pour le moins incongrue.

On a connu les Foenkinos beaucoup plus féroces, à l’instar de leur précédent film, qui offrait à Karin Viard l’un des plus grands rôles de sa carrière, mais l’ensemble se tient bien. Le dénouement du premier sketch Ludophilie peut être anticipé très tôt, mais le couple formé Denis Podalydès et la superbe Suzanne Clément fonctionne à plein régime. Le second, Dacryphilie, offre à Céline Sallette un rôle inattendu, tout en continuant à surfer sur le registre de la comédie, comme dernièrement dans la série La Flamme. L’un des sketchs les plus réussis du film reste celui de la Sorophilie, qui repose essentiellement sur la prestation très nuancée et de haute volée de Ramzy Bedia, à qui la maturité sied à merveille depuis Terminal Sud de Rabah Ameur-Zaïmeche et Balle perdue de Guillaume Pierret. Son face à face avec Joséphine de Meaux est l’un des moments les plus marquants des Fantasmes. Le bémol du film demeure probablement la Thanatophilie, qui va certes assez loin dans la noirceur (on est même proche des Monstres de Dino Risi), mais qui pâtit du jeu toujours improbable de Monica Bellucci, tandis que Carole Bouquet paraît un peu éteinte à ses côtés. En tout cas, l’alchimie ne prend pas et ce court récit est un peu longuet. C’est aussi le cas du sketch suivant, Hypophilie, qui a néanmoins plus de charme, mais auquel il est sans doute « plus difficile » de croire. Les Foenkinos gardent le meilleur pour la fin, Antagonistophilie, dans lequel le couple Jean-Paul Rouve (qui en 2014 avait adapté le roman Les Souvenirs de David Foenkinos) et Karin Viard est irrésistible, les deux comédiens réalisant alors un parfait numéro, se renvoyant parfaitement la balle, avec une réelle et palpable complicité.

Les Fantasmes n’a pas l’ambition de La Délicatesse et encore moins celle de Jalouse. Toutefois, David et Stéphane Foenkinos continuent leur bonhomme de chemin dans le cinéma hexagonal en y développant un univers particulier, singulier, pas forcément aimable au premier abord, mais qui en dit finalement bien plus sur la psyché humaine de leurs contemporains que la plupart des films français. Malgré son caractère « anecdotique », on reste très attachés à leur vision, ainsi qu’à leur humour grave, mais souvent percutant, drôle et surtout jamais vulgaire.

LE DVD

A peine 100.000 entrées pour Les Fantasmes, là où La Délicatesse et Jalouse avaient frôlé la barre des 800.000 spectateurs, la chute est plutôt brutale pour les frères Foenkinos…Pas d’édition HD pour leur troisième long-métrage, mais une simple édition DVD chez Gaumont. La jaquette reprend le visuel de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Juste une bande-annonce comme supplément…on fantasmait sur une interaction plus…conséquente…

L’Image et le son

Point d’édition Blu-ray, mais un beau DVD donc pour Les Fantasmes. Gaumont soigne le master avec des contrastes élégants, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté est frappante, le piqué vif, les gros plans détaillés et la colorimétrie reste chatoyante, riche et bigarrée.

Le Mixage Dolby Digital 5.1 délivre de rares ambiances naturelles et l’action demeure essentiellement frontale. Les dialogues sont saisissants sur l’enceinte centrale et la balance gauche-droite dynamique, mais les latérales exsudent avec trop de parcimonie les quelques effets attendus. Seule la bande originale (Teach me Tiger d’April Stevens, At last ! d’Etta James, la Danse des Chevaliers de Prokofiev, Last Night a DJ Saved My Life d’Indeep…) offre un semblant de spatialisation. La piste Stéréo est de fort bon acabit et s’avère bien suffisante. L’éditeur joint également les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Gaumont / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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