
LE SIFFLET (Whistle) réalisé par Corin Hardy, disponible en DVD & Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Metropolitan Films.
Acteurs : Dafne Keen, Percy Hynes White, Sophie Nélisse, Jhaleil Swaby, Michelle Fairley, Sky Yang, Ali Skovbye, Mika Amonsen…
Scénario : Owen Egerton
Photographie : Björn Charpentier
Musique : Doomphonic
Durée : 1h40
Date de sortie initiale : 2026
LE FILM
Un groupe de lycéens tombe sur un artefact oublié : un Sifflet de Mort Aztèque. Ils découvrent que souffler dedans libère un son terrifiant, capable d’invoquer leurs morts futures pour les traquer. Alors que le nombre de victimes augmente, les adolescents doivent briser la chaîne de la Mort avant que le dernier écho du sifflet ne scelle leur destin.

Franchement, on n’attendait rien du Sifflet – Whistle, nouvel opus indépendant d’épouvante signé Corin Hardy, réalisateur britannique (ou pour certains « responsable ») du Sanctuaire (2015) et de La Nonne (2018). Et puis finalement, la surprise est agréable. Venu du clip vidéo, le cinéaste, qui avait donc cartonné avec son spin-off de l’univers Conjuring (mine de rien, La Nonne avait engrangé pas loin de 400 millions de dollars, pour un budget 20 fois inférieur) et emballé près d’une dizaine d’épisodes de la série Gangs of London, se retrouve une fois de plus aux manettes d’un film d’horreur. Si l’on devait faire un comparatif ou plutôt situer Le Sifflet, on pourrait dire que celui-ci se place entre la saga Destination Finale et la désormais franchise Smile. De belles et bonnes références, d’autant plus que Corin Hardy exploite à merveille son concept horrifique, en compilant les scènes brutales et marquantes, en jouant avec les codes du teen-movie, parasité par une noirceur et même une violence qui vont crescendo. Le Sifflet permet aussi à l’excellente, charismatique et sexy Dafne Keen (qui a bien grandi depuis Logan de James Mangold) d’accéder au haut de l’affiche. L’actrice s’en tire très bien et peut prétendre à porter d’autres longs-métrages sur ses épaules. En l’état, Whistle est un divertissement efficace, une série B qui ne se prend pas au sérieux et propose même quelques moments gores inattendus. À voir et à savourer comme un tour de train fantôme !



Lors d’un match de basket-ball au lycée, Mason « Horse » Raymore, athlète vedette, est hanté par des visions d’un homme brûlé, avant de s’enflammer mystérieusement lui-même et de mourir. Quelques mois plus tard, Chrys Willet, une élève nouvellement arrivée, hérite de l’ancien casier de Mason et y découvre un sifflet en forme de crâne. Après une provocation de la part de Dean, un ancien coéquipier de Mason, Chrys et lui sont envoyés en retenue par M. Craven, en compagnie de Rel (le cousin de Chrys), Grace (la petite amie de Dean) et Ellie (une élève brillante atteinte de diabète). À l’issue de la retenue, Craven confisque le sifflet et, par curiosité, souffle dedans ; plus tard, Rel s’introduit en douce dans la salle pour le dérober. À l’insu de Rel, Craven — un grand fumeur — est bientôt tué par une apparition grotesque de lui-même qui lui écrase violemment les poumons. Par la suite, les élèves ayant été en retenue utilisent eux aussi le sifflet ; le son qu’il émet les amène à être hantés par leurs propres apparitions. Le lendemain matin, la mort de Craven est attribuée à un cancer du poumon au stade terminal, ce qui déconcerte ceux qui le connaissaient, car il ne présentait aucun symptôme la veille. Chrys et Ellie apprennent ensuite de la grand-mère de Mason, Ivy — une collectionneuse d’objets occultes —, qu’il s’agit d’un sifflet de mort aztèque portant l’inscription « invoque ta mort ». Quiconque l’entend se retrouve traqué et finit par être tué par une manifestation de la mort qui lui est destinée.


On connaît la musique, on sait où tout cela va mener et ce qui nous attend, mais contre toute attente, on se prend au jeu, probablement parce que tout cela est bien fait. Corin Hardy se déchaîne derrière la caméra, soigne chaque scène, chacun de ses plans, aidé en cela par le bon boulot du chef opérateur Björn Charpentier, qui lui aussi avait bossé sur Gangs of London, ainsi que sur certains clips de…Julien Doré. On suit notre bande de lycéens comme dans d’autres slashers ou films d’horreur des années 1990 comme Scream, ou plutôt The Faculty, en se demandant lequel va y passer et surtout comment il va passer de vie à trépas. Là-dessus, le réalisateur et le scénariste Owen Egerton (lui-même auteur et metteur en scène du remarqué Blood Fest), qui s’inspirent d’une nouvelle écrite par le second, prennent le temps d’installer les personnages (ou les archétypes, c’est selon), dressent le portrait d’une jeune « inadaptée », marquée par un trauma, qui tente d’avancer malgré tout, mais qui n’a pas les codes pour se fondre dans la masse. C’est là que le choix de la madrilène (oui oui) Dafne Keen est malin, la comédienne, finalement et étrangement peu vue depuis sa révélation il y a près de dix ans, imposant facilement un regard noir et ultrasensible, un tempérament de feu et à fleur de peau, qui conviennent parfaitement à Chrys.


On est aussi heureux de retrouver la canadienne Sophie Nélisse (Monsieur Lazhar, La Voleuse de livres, la série Yellowjackets), que l’on a connu très jeune à l’écran dans le film de Philippe Falardeau et qui a aujourd’hui 26 ans, dont l’alchimie avec sa partenaire participe à la belle réussite du film. Percy Hynes White (vu dans la mini-série 22.11.63) se distingue dans le rôle du cinglé Noah Haggerty, personnage qui pourrait provenir de l’univers de Stephen King, du style Harry Bowers dans Ça. À l’instar de Destination Finale, la mort surgit de façon surprenante et l’on se souviendra par exemple longtemps de celle dite de « l’accident de voiture », particulièrement cruelle, frontale et sanglante, tout comme de la longue séquence située dans le décor de fête foraine. Sans trop en révéler, on devine rapidement que la malédiction qui pèse sur les protagonistes peut être évitée, en marquant une autre personne avec son propre sang alors que sa propre fin approche, transférant ainsi la fatalité à un autre individu avant de mourir.


Les auteurs jouent ainsi avec les spectateurs, parviennent souvent à déjouer les attentes et à les prendre par surprise, jusqu’à la fin. Ne manquez pas la scène post-générique, qui fait penser au final de l’incroyable Smile 2 de Parker Finn. Mais après l’échec commercial du film (seulement 5 millions de dollars de recettes, même s’il a coûté beaucoup moins), il est peu probable malheureusement qu’un deuxième épisode voit le jour. Dommage.



LE BLU-RAY
82.000 spectateurs dans les salles françaises, c’est peu…Le Sifflet refait son apparition dans les bacs, en DVD et Blu-ray chez Metropolitan. Le film de Corin Hardy est donc on ne peut mieux choyé. Le visuel reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est légèrement animé et musical.

Aux côtés de la bande-annonce et d’un teaser, l’éditeur fournit un making of de 31 minutes. Un document plutôt complet, composé d’inévitables entretiens avec tous les comédiens, le scénariste Owen Egerton et le réalisateur Corin Hardy, le tout illustré par de nombreuses images de plateau et de tournage. Les personnages sont passés au peigne fin, ainsi que la création de l’artefact, des décors et des effets spéciaux, tandis que tout le monde y va de son commentaire élogieux sur la façon de faire du metteur en scène…C’est classique, mais efficace.














L’Image et le son
Le Sifflet est un film sombre et la Haute définition restitue habilement la photo du chef opérateur Björn Charpentier. Les volontés artistiques sont donc respectées, sans aucune perte de la définition et des détails dans les très nombreuses scènes peu éclairées. Ce master HD demeure impressionnant de beauté. Le cadre n’est pas avare en détails, les contrastes affichent une densité remarquable (du vrai goudron en ce qui concerne les noirs) et la colorimétrie froide est optimale. Tout droit sorti de l’écurie Metropolitan avec son cheval ailé, ce Blu-ray est une nouvelle très grande réussite technique.

Que votre choix se soit porté sur la version française ou la version originale DTS-HD Master Audio 5.1., le confort acoustique est total et la piste anglaise l’emporte du point de vue homogénéité des voix et des effets annexes. Le pouvoir immersif des deux mixages est fort plaisant. Toutes les enceintes sont intelligemment mises à contribution, les effets sont souvent percutants. La balance frontale et latérale est constante et riche, le caisson de basses souligne efficacement les séquences du film les plus agitées, tandis que les dialogues et commentaires restent fluides et solides. Présence d’une piste Audiodescription et de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Les sous-titres français ne sont pas imposés.



Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
