
GÉRALD LE CONQUÉRANT réalisé par Fabrice Éboué, disponible en DVD depuis le 10 avril 2026 chez Wild Side Video.
Acteurs : Fabrice Eboué, Logan Lefèbvre, Alexandra Roth, Jean-François Cayrey, Gaëtan Cotigny, Franck Dubosc, Joaquim Fossi, Vincent Solignac…
Scénario : Fabrice Éboué & Thomas Gaudin
Photographie : Vincent Richard
Musique : Guillaume Roussel
Durée : 1h20
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Gérald est fier de sa région, la Normandie de Guillaume le conquérant, qui peut se vanter d’avoir, les plus belles pommes, le livarot, les falaises d’Étretat et les vaches. Normande bien sûr, sans comparaison avec la limousine ou la Holstein. Pour rendre à sa Normandie les honneurs qui lui sont dus, Gérald rêve de bâtir un immense parc d’attraction identitaire. Pour ce faire, il cherche désespérément du soutien auprès de qui veut bien l’entendre…

Heureusement qu’on l’a Fabrice Éboué ! Car il est peut-être le seul en activité en France à s’en prendre à tout le monde et dans Gérald le conquérant, personne n’est épargné et surtout pas les deux extrêmes. Peu aidé par son affiche, cette troisième mise en scène en solo de l’humoriste est pour le moins passée inaperçue. À peine 77.000 spectateurs se seront déplacés dans les salles pour aller à la rencontre de ce fameux Gérald, de son beau-fils Albéric et de sa femme Madeleine. Si l’on devait vous donner un conseil, précipitez-vous sur cette comédie qui prend la forme d’un faux documentaire qui rappelle l’émission Strip-Tease et musclez vos zygomatiques, car ceux-ci vont être mis à rude épreuve. Le personnage merveilleusement incarné par Fabrice Éboué lui-même fait penser à un cousin éloigné de Bernie Noël, l’ami des hyènes interprété (et réalisé) par Albert Dupontel. Sauf que notre Gérald en question n’est pas le copain du mammifère carnivore en question, ni même des taupes (qu’il chasse de son jardin avec son fusil de chasse), ni même celui de ses congénères si ceux-ci ne sont pas normands. Enchaînement ininterrompu de scènes et de punchlines qui ont tout pour devenir cultes, Gérald le conquérant fait partie de ce lot de comédies aussi déjantées que furieusement intelligentes comme Problemos d’Éric Judor.


Il s’appelle Gérald. Son objectif : redorer le blason de sa région de cœur, la Normandie. Sa méthode : bâtir le plus grand parc d’attractions du pays, à la gloire de Guillaume le conquérant. Et pour y parvenir, il est prêt à aller loin, très loin… Retenez bien ce prénom, car il va marquer l’Histoire !


Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne manque pas de motivations notre Gérald. Celui-ci s’est donné pour mission de redonner tout son éclat à sa région de cœur, la Normandie. Il se met en tête de vouloir ériger le plus grand parc d’attractions de France en l’honneur de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie puis roi d’Angleterre du XIe siècle. Pour réaliser ce rêve, il est prêt à franchir toutes les limites. La caméra le suit dans son quotidien, avec sa mère, qui lui apprend que sa grand-mère aurait été violée par les soldats nord-américains suite au débarquement de 1944 en Normandie. Raison pour laquelle Gérald voit rouge quand un vétéran de cent piges vient se recueillir à Colleville-sur-Mer. Mais il n’y pas que ça.


Ce qui anime surtout Gérald, c’est de défendre l’esprit normand. Pour cela, il se démène avec virulence pour trouver les financements destinés à la mise en route de son Puy du Fou normand. Ce qui foudroie d’entrée de jeu, c’est le regard fou de Gérald, qui renvoie comme on le disait à Bernie, mais aussi au second long-métrage d’Albert Dupontel (et peut-être son chef d’oeuvre), Le Créateur. Gérald le conquérant apparaît comme un chaînon manquant, avec une pincée de C’est arrivé près de chez vous. Avouez qu’il y a de plus mauvaises références. Drôle, pour ne pas dire hilarant, mais aussi inquiétant, car le personnage principal est aussi imprévisible que violent, surtout quand il voit son rêve s’envoler ou mis à mal par ses opposants, Gérald le conquérant pose d’emblée la psychologie perturbée de son protagoniste, quand il explique que « le parisien est un nuisible qui en génère d’autres, comme les taupes », avant de s’emparer de sa pétoire.


Et des explosions, il y en aura d’autres par la suite, au sens propre comme au figuré. Ce sont surtout les vaches « étrangères » qui passeront un sale quart d’heure (y compris un pauvre alpaga qui ne demandait rien à personne) et ce grâce au savoir-faire du fiston de Gérard, impeccablement campé par Logan Lefebvre (vu dans L’Amour ouf), qui se rend sur le Darknet pour y trouver quelques tuttos. Là-dessus, la femme de Gérald (l’excellente Alexandra Roth, L’Amour c’est surcoté, Juliette au printemps), commence à s’inquiéter de voir son compagnon perdre pied, y compris devant les enfants qui viennent visiter leur ferme.


Entièrement tourné en Normandie, Gérald le conquérant rend compte de l’hystérie collective liée aux questions liées à l’identité, le personnage principal s’exclamant « Gérald au secours » devant la statue de Guillaume II ou d’un « La Normandie c’est moi ! » devant ses camarades imbibés de bière tiède et de calvados. Car pour Gérald le grand remplacement des vaches ne peut avoir lieu. Pour cela, Gérald va déployer de grands moyens. On vous laisse découvrir Gérald le conquérant, formidable, grinçante et même grande comédie irrésistible qui mérite d’être immédiatement réhabilitée. Un festival d’humour noir. Ça fait du bien !


LE DVD
Point d’édition HD pour Gérald le conquérant, mais un DVD tout de même chez Wild Side Video. Pour cette sortie, l’éditeur aurait gagné à créer un visuel plus attractif , plutôt que de reprendre celui de l’affiche d’exploitation…Le menu principal est animé et musical.

Seule la bande-annonce est disponible.
L’Image et le son
A l’instar d’un réel documentaire ou d’un reportage pris sur le vif, le film de Fabrice Éboué est la plupart du temps filmé à l’épaule. Il n’est donc pas étonnant que la copie ici présentée de Gérald le conquérant soit quasi exempte de défauts. Le piqué est constamment acéré sur les plans rapprochés comme sur les vues éloignées, la colorimétrie est vive, la clarté fort agréable. Seules les séquences tournées en basse lumière apparaissent moins définies et de légers artefacts de compressions sont constatables sur les balayages rapides de la caméra. Les contrastes sont soignés, le relief est indéniable et les séquences diurnes n’ont rien à envier à un transfert HD traditionnel.

Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, la piste Dolby Digital 5.1 instaure d’excellentes ambiances latérales. Le caisson de basses bénéficie également des quelques séquences animées ponctuant le film tandis que les effets sonores sont idéalement répartis des frontales jusqu’aux enceintes arrières. Les dialogues sont d’une clarté absolue, le relief est concret et l’ardeur jamais démentie. A côté de cela, la stéréo fait le boulot, sans se forcer, mais avec une efficacité chronique. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.



Crédits images : © Wild Side Video / CINÉFRANCE STUDIOS – WILD BUNCH – CHEZ FÉLIX – TF1 FILMS PRODUCTION / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
