Test Blu-ray / Malicia 2000, réalisé par Salvatore Samperi

MALICIA 2000 (Malizia 2mila) réalisé par Salvatore Samperi, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 5 décembre 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Laura Antonelli, Turi Ferro, Roberto Alpi, Luca Ceccarelli, Barbara Scoppa, Miko Magistro…

Scénario : Ottavio Jemma & Salvatore Samperi

Photographie : Paolo Carnera

Musique : Fred Bongusto

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Le riche Ignazio La Brocca coule des jours heureux avec Angela, son ancienne bonne, dans une splendide villa sicilienne. Le jour où un jeune architecte s’y installe avec son fils Jimmy âgé de quinze ans, l’harmonie du couple se fissure. L’adolescent tombe immédiatement sous le charme de la belle maîtresse des lieux et, pour la séduire, redouble d’imagination. S’il réussit à sortir son mari de sa maison en pleine nuit pour arriver à ses fins, il ne s’attendait pas à que ce soit son père qui profite des faveurs d’Angela. Aussi rusé qu’amoureux, Jimmy n’a pas dit son dernier mot…

Ah oui mais là non quoi…Même en étant indulgent, il est impossible de défendre Malicia 2000, ou Malizia 2mila de l’autre côté des Alpes, ultime apparition à l’écran de Laura Antonelli. Alors que la cinquantaine approche, la carrière de la comédienne bat de l’aile. À cela s’ajoute son arrestation en avril 1991, après que la police ait retrouvé 36 grammes de cocaïne à son domicile suite à une perquisition. Assignée à résidence, Laura Antonelli fait la première page des journaux, les images de l’affaire judiciaire sont diffusées en boucle à la télévision et demeurent dans toutes les mémoires. La même année, elle accepte pourtant un projet inespéré, Malicia 2000, autrement dit la suite de son plus grand succès, réalisé près de vingt ans auparavant. Si toute l’équipe ou presque est réunie, devant comme derrière la caméra, rien, plus rien, absolument rien ne fonctionne dans cet immense navet honteux. Le charisme éteint, les yeux soulignés de cernes qu’elle peine à dissimuler, le corps fatigué, Laura Antonelli n’est plus que l’ombre d’elle-même dans cette séquelle inappropriée, qui ne lui offre rien à jouer et dans laquelle elle déambule comme un spectre qui ne demanderait qu’à se cacher ou à disparaître définitivement. Suite à ce gigantesque échec au box-office et aux critiques unanimement négatives (pléonasme) qui accompagneront le film à sa sortie, l’actrice fera ses adieux au cinéma, avant de connaître d’autres drames. Après avoir accepté des injections de collagène en vue du tournage de Malicia 2000, elle se retrouve avec le visage défiguré par la chirurgie esthétique, ce qui entraînera treize années de procès contre le chirurgien, Salvatore Samperi et le producteur Silvio Clementelli. Elle passera sa vie recluse dans un petit appartement de Ladispoli, dans l’ombre, dans la foi, avant de disparaître en 2015 à l’âge de 73 ans. Mais Laura Antonelli est éternelle, son talent et son incommensurable beauté ont été imprimés à vie sur la pellicule de Mario Bava, Jean-Paul Rappeneau, Philippe Labro, Pasquale festa Campanile, Lucio Fulci, Claude Chabrol, Dino Risi, Luigi Comencini, Luchino Visconti, Mauro Bolognini, Ettore Scola et bien d’autres, dont Salvatore Samperi, qui, en dépit de cette conclusion pathétique, tant sur le plateau que dans le privé, fera d’elle une déesse du septième art.

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Test Blu-ray / Péché véniel, réalisé par Salvatore Samperi

PÉCHÉ VÉNIEL (Peccato veniale) réalisé par Salvatore Samperi, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 5 décembre 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Laura Antonelli, Alessandro Momo, Orazio Orlando, Lilla Brignone, Tino Carraro, Monica Guerritore, Lino Toffolo, Stefano Amato, Lino Banfi…

Scénario : Ottavio Jemma & Alessandro Parenzo

Photographie : Tonino Delli Colli

Musique : Fred Bongusto

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Dans la station balnéaire de Versilia où il passe ses vacances, le jeune Sandro passe le plus clair de son temps à feuilleter des revues érotiques et à observer les filles sur la plage. Son frère ainé contraint de s’absenter, il porte toute son attention sur Laura, sa belle-sœur, une femme terriblement attirante dont il est chargé de prendre soin. Et, effectivement, Sandro se montre tout particulièrement attentionné à l’égard de la belle Laura…

Aujourd’hui encore, Malicia (ou Malizia pour les puristes) de Salvatore Samperi, figure dans le top 20 des plus grands succès de l’histoire du cinéma en Italie, avec plus de 11,7 millions de spectateurs, ce qui lui avait valu la même année la troisième marche sur le podium, juste derrière les 21,7 millions d’entrées du Parrain et les 15,6 millions du Dernier Tango à Paris. Ce triomphe international allait faire de son actrice, Laura Antonelli, l’un des sex-symbols les plus célèbres des années 1970. La comédienne, peu avare de ses charmes (et quels charmes!) depuis le bandant (mais pas queue) Ma femme est un violon Il merlo maschio de Pasquale Festa Campanile, enfonce le clou avec le tordant (et turgescent) Sexe fou Sessomatto de Dino Risi. Mais Salvatore Samperi (1944-2009) a de la suite dans les idées, ou presque, autrement dit réunir les deux têtes d’affiche de Malicia, Laura Antonelli et Alessandro Momo, les mêmes auteurs, Ottavio Jemma (La Fille de Trieste, La Proie de l’autostop, Sacco et Vanzetti, L’Amour à cheval) et Alessandro Parenzo (Les Chiens enragés, Qui l’a vue mourir?), y compris le même compositeur, Fred Bongusto (Les Ordres sont les ordres, Venez donc prendre le café chez nous, Exécutions, L’Homme à la Ferrari). Toujours sous la houlette du producteur Silvio Clementelli (Les Adolescentes, Il Bidone), le réalisateur surfe bien sûr sur son hit précédent, prolonge les thèmes qu’il abordait précédemment. Intensément sensuel, Péché véniel est avant tout le récit d’apprentissage, sentimental et sexuel d’un adolescent de seize ans, qui n’est en aucun cas un copier-coller de Malicia, mais à (re)voir plutôt comme une version alternative, par ailleurs nullement redondante. Les deux longs-métrages se complètement parfaitement et Péché véniel repose aussi bien sur l’extraordinaire beauté de son actrice principale, mais aussi et surtout sur son jeu beaucoup plus fin, intelligent et pertinent qu’on avait bien trop souvent tendance à sous-estimer. Une très grande réussite.

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Test Blu-ray / Les Envahisseurs de la planète rouge, réalisé par William Cameron Menzies

LES ENVAHISSEURS DE LA PLANÈTE ROUGE (Invaders from Mars) réalisé par William Cameron Menzies, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 21 novembre 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Helena Carter, Arthur Franz, Jimmy Hunt, Leif Erickson, Hillary Brooke, Morris Ankrum, Max Wagner, William Phipps, Milburn Stone, Janine Perreau…

Scénario : Richard Blake

Photographie : John F. Seitz

Musique : Raoul Kraushaar

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

Une nuit, alors qu’il est à la fenêtre de sa chambre, le jeune David McLean, passionné d’astronomie, aperçoit un engin spatial qui se pose près de sa maison. Il prévient son père George McLean, un scientifique, qui part investiguer les lieux. Revenu du site suspect, celui-ci n’est désormais plus tout à fait le même. David soupçonne une emprise extraterrestre. Et, très vite, celle-ci s’étend, transformant les habitants de la localité en marionnettes humaines.

Vous ne le savez peut-être pas, mais on doit au réalisateur William Cameron Menzies (1896-1957) l’un des films de science-fiction les plus importants de l’histoire du cinéma, La Vie future Things To Come (1936), adaptation du roman d’H.G. Wells, produit par Alexander Korda et supervisé par l’écrivain lui-même. Également décorateur et scénariste, William Cameron Menzies signait une fresque méconnue, troublante, ahurissante, prophétique et souvent prodigieuse, une réflexion politique sur la société sous la forme d’un pamphlet virulent ainsi que sur l’avenir de l’homme, étroitement lié au progrès technologique, rendant compte de l’anxiété ambiante à l’idée de voir le monde basculer à nouveau dans un conflit mondial. Formidable cinéaste à réhabiliter d’urgence, connu aussi pour son western Le Rocher du diableDrums in the Deep South (1951), qui se déroulait essentiellement au pied de la Devils Tower, monolithe naturel situé dans le Nord-Est du Wyoming aux Etats-Unis, rendu célèbre par Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, William Cameron Menzies avait plusieurs cordes à son arc et était l’un des artistes les plus respectés à Hollywood. En 1953, il se voit confier les rênes d’un gros film de science-fiction, supposé concurrencer La Guerre des mondes de Byron Haskin, qui marquera alors toute une génération de metteurs en scène en devenir (John Landis, Joe Dante, Steven Spielberg, George Lucas, Don Coscarelli), Les Envahisseurs de la planète rouge Invaders from Mars, qui sera son avant-dernier long-métrage comme réalisateur. Avec ses effets spéciaux soignés qui n’ont rien perdu de leur magie (le film devait même être exploité en 3D, procédé abandonné par manque de moyens), mais aussi ses décors conçus à hauteur d’enfant, cet opus de SF vintage a tout de même pris du plomb dans l’aile et en dépit d’une première partie très réussie, le film finit par s’enliser dès l’arrivée de l’armée qui prend le relais aux côtés de notre jeune héros. Sympathique, amusant, mais nullement indispensable.

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Test Blu-ray / Horror Hotel, réalisé par John Llewellyn Moxey

HORROR HOTEL (The City of the Dead) réalisé par John Llewellyn Moxey, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 21 novembre 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Dennis Lotis, Christopher Lee, Patricia Jessel, Tom Naylor, Betta St. John, Venetia Stevenson, Valentine Dyall, Ann Beach…

Scénario : George Baxt, d’après une hsitoire originale de Milton Subotsky

Photographie : Desmond Dickinson

Musique : Douglas Gamley

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Chargée pour la fin de ses études d’une thèse sur la sorcellerie, l’étudiante Nan Barlow suit les conseils du professeur Alan Driscoll qui la dirige vers Whitewood, une localité où de nombreux bûchers se sont dressés au 17ème siècle. Bien que son frère et son petit ami la désapprouvent, elle s’y rend seule et découvre que les croyances païennes persistent dans la région, portées par la certitude de certains, que la sorcière Elizabeth Selwyn pourrait surgir du royaume des morts… Et malheur à qui s’y intéresse de trop près !

Solide technicien, John Llewellyn Moxey (1925-2019) sera repéré par l’industrie américaine, qui lui confiera essentiellement les manettes de multiples téléfilms et séries de renom comme Hawaï, police d’état, Mission impossible, Mannix, Magnum et Arabesque. L’une de ses rares incursions au cinéma s’intitule Le Cirque de la peurCircus of fear – Psycho-Circus (1966), petit opus fort sympathique qui oscille entre le film de casse et le cinéma d’horreur, le tout prenant la forme d’un whodunit à la Cluedo, dont la particularité est de voir son récit se dérouler sous le chapiteau d’un cirque. Mais avant cela, le premier long-métrage du réalisateur, The City of the Dead, également connu sous le titre Horror Hotel, ou bien encore La Cité des morts, démontrait déjà le talent de John Llewellyn Moxey. Dans un merveilleux N&B stylisé et gothique concocté par le chef opérateur Desmond Dickinson (L’Enfer des tropiques Fire Down Below de Robert Parrish, Hamlet de Laurence Olivier, L’Homme de Berlin The Man Between de Carol Reed), qui aurait inspiré Christophe Gans pour son adaptation de Silent Hill, le metteur en scène livre un formidable film d’épouvante, remarquablement écrit par George Baxt, futur auteur de classiques du genre comme Le Cirque des vampires Vampire Circus de Robert Young et Le Spectre du chat The Shadow of the Cat de John Gilling (deux produits de la Hammer Films), ainsi que La Tour du diable Tower of Devil de Jim O’Connolly. Avec l’immense Christopher Lee en tête d’affiche, qui retrouvera le metteur en scène six ans plus tard pour Le Cirque de la peur, Horror Hotel conserve non seulement un savoureux parfum vintage, mais s’avère toujours aussi original et furieusement moderne.

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Test Blu-ray / L’Homme à la peau de serpent, réalisé par Sidney Lumet

L’HOMME À LA PEAU DE SERPENT (The Fugitive Kind) réalisé par Sidney Lumet, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 19 septembre 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Marlon Brando, Anna Magnani, Joanne Woodward, Maureen Stapleton, Victor Jory, R.G. Armstrong, Virgilia Chew, Ben Yaffee…

Scénario : Tennessee Williams & Meade Roberts, d’après la pièce de théâtre de Tennessee Williams

Photographie : Boris Kaufman

Musique : Kenyon Hopkins

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Val Xavier, guitariste et vagabond, arrive de La Nouvelle-Orléans (où il a eu des ennuis avec la justice) dans une petite ville du Mississippi, avec la ferme volonté de devenir honnête et travailleur. Il est embauché par « Lady Torrance », patronne d’un bazar, aigrie par son mariage malheureux avec Jabe Torrance, actuellement malade et alité. Bientôt, elle tombe sous le charme du musicien qui ne laisse pas non plus indifférentes Vee Talbot, l’épouse du shérif, et une jeune femme alcoolique et nymphomane, Carol Cutrere.

C’est comme qui dirait le dernier grand film de la première partie de la carrière cinématographique de Marlon Brando. L’Homme à la peau de serpent The Fugitive Kind, est l’adaptation de la pièce La Descente d’OrphéeOrpheus Descending, créée par Tennessee Williams en 1957, elle-même une relecture de Bataille d’angesBattle of Angels, autre pièce de Tennessee Williams écrite en 1940, métaphore du mythe d’Orphée. Au début des années 1960, l’écrivain et dramaturge a le vent en poupe, puisque le septième art ne cesse de s’emparer de ses œuvres pour les transposer sur grand écran, donnant naissance à de multiples succès tels qu’Un tramway nommé Désir d’Elia Kazan, La Rose tatouée de Daniel Mann, La Chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks et Soudain l’été dernier de Joseph Mankiewicz. Avant La Nuit de l’iguane de John Huston et Propriété interdite de Sydney Pollack, c’est Sidney Lumet qui s’y colle pour Orpheus Descending, pièce qui n’a jamais connu de réel engouement, qui avait été refusée par Marlon Brando et qui se voit même rebaptisée pour son passage au cinéma, à savoir The Fugitive Kind. Tout juste auréolé par le triomphe de Douze Hommes en colère12 Angry Men, Sidney Lumet aura ensuite très vite enchaîné avec l’excellent Les Feux du théâtre Stage Struck et le sympathique Une espèce de garceThat Kind of Woman. Il se retrouve donc à diriger deux monstres, Marlon Brando d’un côté et Anna Magnani de l’autre, l’actrice ayant été récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice pour La Rose tatouée, couple que voulait d’ailleurs à l’origine former Tennessee Williams sur scène. Après quelques ajustements demandés par l’acteur alors numéro un et le mieux payé du monde (un million de dollars de cachet, soit la moitié du budget total), The Fugitive Kind peut enfin voir le jour. Il est difficile voire impossible de visionner L’Homme à la peau de serpent sans penser à Un tramway nommé Désir, tant le personnage de Marlon Brando rappelle celui de Stanley Kowalski. Si Anna Magnani et Joanne Woodward sont aussi formidables, leur partenaire vampirise tout autour de lui et l’on ne voit que Brando, magnétique, fascinant dès la fabuleuse séquence d’ouverture. Sans doute moins célèbre que Viva Zapata !, Sur les quais ou L’Équipée sauvage, The Fugitive Kind est pourtant l’un des longs-métrages les plus symboliques et représentatifs de la filmographie du Dieu vivant qu’était Brando.

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Test Blu-ray / Le Monstre qui vient de l’espace, réalisé par William Sachs

LE MONSTRE QUI VIENT DE L’ESPACE (The Incredible Melting Man) réalisé par William Sachs, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 19 août 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Alex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny, Lisle Wilson, Cheryl Smith, Julie Drazen…

Scénario : William Sachs

Photographie : Willy Kurant

Musique : Arlon Ober

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Des astronautes en mission d’exploration des anneaux de Saturne sont victimes de fortes radiations. Seul Steve West parvient à rester vivant. Hospitalisé dans le plus grand secret dans la clinique du docteur Ted Nelson, il s’échappe après avoir découvert les ravages provoqués par les radiations sur son corps. Devenu un monstre hideux qui se désagrège lentement, Steve West déambule dans la nature et massacre tous ceux qui ont le malheur de croiser sa route. Le docteur Nelson, accompagné par le général Perry, va tenter de trouver Steve West afin qu’il ne commette d’autres meurtres…

Alors celui-là il est beau. Un nanar, un grand, un vrai. Celui qui tâche, aussi bien en version originale que dans cette chère langue de Molière avec ses comédiens qui en rajoutent comme si cela ne suffisait jamais. Le Monstre qui vient de l’espace ou The Incredible Melting Man (quel titre merveilleux) est une production Samuel W. Gelfman, celui qui aura donné sa chance à Jonathan Demme (5 femmes à abattre Caged Heat, 1974), financé en grande partie le génial Cockfighter (1974) de Monte Hellman, ainsi que le célèbre Cannonball (1976) de Paul Bartel avec David Carradine. L’ancien vice-président de la United Artists (rien que ça) confie au réalisateur William Sachs, lui-même futur producteur d’Exterminator 2 et Le Leprechaun, un budget dérisoire pour tenter d’emballer Le Monstre qui vient de l’espace, qui est en fait trompeur puisqu’il s’agit d’un astronaute irradié (et donc devenu radioactif), seul rescapé d’une mission (ses moustaches l’ont peut-être protégé un temps) ayant conduit son équipe près des anneaux de Saturne. L’ensemble est prétexte pour montrer l’ancien voyageur et scientifique de l’espace se décomposer petit à petit, tandis qu’il tente de prendre la fuite pour échapper à ceux qui voudraient le cloîtrer, sans doute pour faire de lui un cobaye, et qui le poursuivent avec…un compteur Geiger. The Incredible Melting Man est une série Z où tous les acteurs rivalisent de médiocrité, pour ne pas dire de non-jeu éhonté. Mais c’est en cela que le film est très drôle, avec ses dialogues qui n’ont souvent aucun sens, ses pauvres décors redondants et son absence d’enjeux. Restent les effets spéciaux de maquillage concoctés par le maître Rick Baker (qui inspireront Rob Bottin, assistant de Baker sur le film, pour la scène du type à la peau fondue dans RoboCop), qui venait de débuter avec Schlock de John Landis et qui avait très vite enchaîné avec La Nuit des vers géants, King Kong et Star Wars. La même année que le space opera de George Lucas, le génie du latex confectionnait cet être dégoulinant et repoussant. De ce point de vue-là, cela fonctionne encore très bien, le final est d’ailleurs particulièrement dégueulasse et semble avoir inspiré Street Trash sous certains aspects. Quant à savoir si cela sauve Le Monstre qui vient de l’espace du marasme…même si la photographie de Willy Kurant, oui oui, le chef opérateur de Je t’aime, moi non plus de Serge Gainsbourg, de Masculin féminin de Jean-Luc Godard, de Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat et Le Départ de Jerzy Skolimowski est loin d’être mauvaise.

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Test Blu-ray / Les Tueurs de l’éclipse, réalisé par Ed Hunt

LES TUEURS DE L’ÉCLIPSE (Bloody Birthday) réalisé par Ed Hunt, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 19 août 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Lori Lethin, Melinda Cordell, Julie Brown, Joe Penny, Bert Kramer, K.C. Martel, Elizabeth Hoy, Billy Jayne

Scénario : Ed Hunt & Barry Pearson

Photographie : Stephen L. Posey

Musique : Arlon Ober

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1981

LE FILM

Une nuit d’éclipse, trois femmes de la même localité de Californie accouchent simultanément de trois bébés en pleine forme. Baptisés Debbie, Curtis et Steven, ils se préparent à fêter leur dixième anniversaire à leur manière. Comme poussés par une force aussi puissante que maléfique, ils éliminent méthodiquement ceux qui ont le tort de leur déplaire. Entre notamment une flèche dans l’œil, une balle dans le coeur et des coups de pelle, ils s’en prennent surtout aux adultes…

Les thrillers avec des enfants tueurs sont plutôt rares. Surtout les bons. Quand on évoque ce sous-genre horrifique, on pense en premier lieu à La Malédiction (1976) de Richard Donner, chef d’oeuvre qui permettra au réalisateur de se voir offrir Superman deux ans plus tard. Citons aussi en vrac Les Enfants du maïs (1994), Dorothy (2008), We Need to Talk About Kevin (2011), Le Village des damnés (1960 et le remake de John Carpenter en 1995), Les Révoltés de l’an 2000 (1976), Les Innocents (1961), The Children (2009) et le méconnu, mais remarquable Attention, les enfants regardent (1978) de Serge Leroy, avec Alain Delon, chasseur devenant la proie de gamins froids comme la mort. Les Tueurs de l’éclipse est un film d’épouvante à la frontière du fantastique, où deux garçons et une fille nés au même moment durant une éclipse solaire, se retrouvent dépourvus de conscience en raison d’un alignement spécifique des planètes et se mettent à tuer leur entourage, ainsi que ceux qu’ils trouvent tout simplement indésirable. Réalisé par un certain Ed Hunt, qui avait signé L’Invasion des soucoupes volantesStarship Invasions en 1977, avec Christopher Lee et Robert Vaughn, Les Tueurs de l’éclipseBloody Birthday surfe sur la vague du slasher alors à la mode, s’avère un opus qui fait froid dans le dos et ce grâce à une très solide distribution menée par trois jeunes acteurs épatants qui campent les effrayants assassins du film. La tension est maintenue du début à la fin, la mise en scène est élégante et prouve qu’Ed Hunt en avait sous le capot, la photographie de Stephen L. Posey (Vendredi 13 – Chapitre 5 : Une nouvelle terreur, Slumber Party Massacre), ainsi que la composition d’Arlon Ober (Le Monstre qui vient de l’espace, le génial Eating Raoul de Paul Bartel) sont très inspirées (même si le second n’hésite pas à piocher chez John Williams et Bernard Herrmann), bref, c’est du tout bon et cela a étonnamment bien vieilli.

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Test Blu-ray / La Piste des Caribous, réalisé par Edwin L. Marin

LA PISTE DES CARIBOUS (The Cariboo Trail) réalisé par Edwin L. Marin, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 22 juillet 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, George ‘Gabby’ Hayes, Bill Williams, Karin Booth, Victor Jory, Douglas Kennedy, Jim Davis, Dale Robertson, Mary Stuart, James Griffith, Lee Tong Foo…

Scénario : Frank Gruber, d’après une histoire originale de John Rhodes Sturdy

Photographie : Fred Jackman Jr.

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Au Canada, en Colombie-Britannique, Jim Redfern et ses associés Mike Evans et Ling suivent la « piste des caribous » avec leur bétail, souhaitant s’établir pour créer leur ranch. Une ruée vers l’or amène le prospecteur « Grizzly » Winters à les rejoindre. Frank Walsh, un riche propriétaire ayant mainmise sur la ville locale, s’oppose bientôt avec ses hommes de main à Jim. En ville, ce dernier rencontre Frances Harrison dont il s’éprend…

Nous revoilà avec Randolph Scott et le réalisateur Edwin L. Marin, qui nous avaient enchantés avec l’excellent Canadian Pacific. Ils remettent le couvert immédiatement après avec La Piste des CaribousThe Cariboo Trail, qui reprend plus ou moins le même canevas et en apparence les lieux de l’action, mais qui parvient à trouver son identité propre, ne serait-ce qu’avec le personnage interprété par la tête d’affiche, toujours aussi décontractée et impliquée dans cette production modeste. L’élément central de La Piste des Caribous est la ruée vers l’or, le précieux minerai étant découvert en Colombie-Britannique, nombreux sont ceux qui viennent des États-Unis et du Canada pour espérer trouver le bon filon. Mais les prospecteurs découvrent essentiellement une terre recouverte de forêts, parsemées de torrents, le long des pistes tortueuses suivant le fleuve, seules portes d’entrée vers l’or. C’est là que nous rencontrons le personnage principal, qui est finalement peu intéressé par cet événement et qui rêve surtout d’élever du bétail. La Piste des Caribous est un western aussi original que Canadian Pacific, cette fois encore joliment photographié par Fred Jackman Jr. en Cinecolor (Les Soucoupes volantes attaquent), remplit de confrontations, de bons sentiments et d’humour, notamment avec la présence du vétéran George « Gabby » Hayes, ici dans son dernier film, gueule reconnaissable du genre vue une bonne quinzaine de fois aux côtés de John Wayne et à six reprises avec Randolph Scott. Il est comme qui dirait l’équivalent de Stumpy dans Rio Bravo, que jouait l’immense Walter Brennan, le vieux briscard bien agité qui en a encore sous le capot et qui ferait tout pour venir en aide à notre héros. Très bon cru donc que La Piste des Caribous !

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Test Blu-ray / Violence à Jericho, réalisé par Arnold Laven

VIOLENCE À JERICHO (Rough Night in Jericho) réalisé par Arnold Laven, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 25 mai 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Dean Martin, George Peppard, Jean Simmons, John McIntire, Slim Pickens, Don Galloway, Brad Weston, Richard O’Brien, Carol Andreson, Steve Sandor, Warren Vanders, John Napier…

Scénario : Sydney Boehm, d’après le roman Marvin H. Albert

Photographie : Russell Metty

Musique : Don Costa

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Aux États-Unis, sur le chemin qui mène à la petite ville de Jericho, Alex Flood attaque la diligence en blessant son conducteur Ben Hickman et s’enfuit sans être identifié. En arrivant en ville, Dolan (un shérif reconverti en joueur professionnel de poker), passager de la diligence, apprend que Flood, ex-policier devenu chef de gang, veut prendre le contrôle du service de transport dirigé par Hickman et son associée Molly Lang. Celle-ci s’oppose à Flood et, essayant de rallier les habitants à sa cause, trouve un volontaire en la personne de Dolan qui s’est épris d’elle. Avec l’aide d’une petite troupe, Dolan défie Flood en s’emparant de son bétail et en dynamitant son ranch. S’ensuit une violente fusillade.

Chers cinéphiles amateurs de westerns, nous avons là une petite pépite insoupçonnée avec Violence à JerichoRough Night in Jericho, réalisé par Arnold Laven (1922-2009) et sorti en 1967, à l’heure où le genre américain rendait son dernier souffle et renaissait en Europe, principalement en Italie. L’influence transalpine se ressent d’ailleurs dans Violence à Jericho, film très violent, à tel point que la censure s’en est mêlée. Disons-le, cet opus est immense, dans le sens où nous sommes dans un western pur et dur, interprété par des acteurs aussi charismatiques que bad-ass et talentueux, que l’action est savamment soutenue du début à la fin, que le développement des personnages demeure constamment intéressant. Arnold Laven, qui aura fait la deuxième partie de sa carrière à la télévision en écumant toutes les séries possibles et imaginables (Gunsmoke, L’Homme de fer, Le Magicien, Mannix, L’Homme qui valait 3 milliards), était un réalisateur courtisé par le cinéma, pour son efficacité et son professionnalisme. Il enchaînait les séries B de luxe pour les studios, en dirigeant parfois de grands noms (Edward G. Robinson, Paulette Goddard, Paul Newman, Walter Pidgeon, Dan Duryea et plus tard Burt Reynolds) et signe probablement son meilleur film avec Violence à Jericho, très largement recommandé.

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Test Blu-ray / Canadian Pacific, réalisé par Edwin L. Marin

CANADIAN PACIFIC réalisé par Edwin L. Marin, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 22 juillet 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Jane Wyatt, J. Carrol Naish, Victor Jory, Nancy Olson, Robert Barrat, Walter Sande, Don Haggerty…

Scénario : Jack DeWitt & Kenneth Gamet

Photographie : Fred Jackman Jr.

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Employé de la Canadian Pacific Railroad, Tom Andrews reçoit pour mission de trouver un passage dans les Montagnes Rocheuses pour finaliser un itinéraire de chemin de fer entre le Canada et les Etats-Unis. Une entreprise qui n’est pas du goût de tout de monde, en particulier des trappeurs qui mettent tout en oeuvre pour saboter le projet, allant jusqu’à provoquer une révolte indienne afin de préserver leurs intérêts dans le commerce de la fourrure…

À la fin des années 1940, Randolph Scott tourne pas moins de six westerns avec le réalisateur Edwin L. Marin, avec lequel il s’associera sur près d’une dizaine de longs-métrages au fil de sa carrière. Parmi ceux-ci, deux sont filmés en procédé Cinecolor (moins cher que le Technicolor) pour le compte de la Fox, dans des décors naturels, le premier dans les Rocheuses canadiennes, dans le parc national de Banff, la réserve indienne de Morley en Alberta et le parc national de Yoho en Colombie-Britannique, le second dans le Colorado (Gunnison, Lake City) et en Californie. Deux œuvres jumelles, portées par la même star, signées du même auteur, photographiées par le même chef opérateur (Fred Jackman Jr.) et produites par Nat Holt, Canadian Pacific et La Piste des CaribousThe Cariboo Trail. Ces deux raretés, qui ont pu être sauvées récemment, sont à la fois différents et complémentaires. Dans Canadian Pacific, celui qui nous intéresse aujourd’hui, Randolph Scott est prospecteur, loin du cowboy monolithique et taciturne qu’il incarnera (merveilleusement) par la suite, notamment dans le cycle Ranown chez Budd Boetticher. Le comédien a l’air de prendre un immense plaisir dans la peau de Tom Andrews, homme chaleureux, courageux et déterminé, aimé de tous (ou presque) et auprès duquel les femmes, comme ses amis, se sentent en sécurité. Canadian Pacific est un vrai bijou de série B, mis en scène avec élégance, excellemment interprété, passionnant à suivre et dépaysant, qui n’a sans doute pas les moyens colossaux du magnifique Pacific Express Union Pacific de Cecil B. DeMille, auquel on peut penser, mais qui s’en sort haut la main.

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