Test Blu-ray / Light Sleeper, réalisé par Paul Schrader

LIGHT SLEEPER réalisé par Paul Schrader, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 29 mars 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Willem Dafoe, Susan Sarandon, Dana Delany, David Clennon, Mary Beth Hurt, Victor Garber, Jane Adams, Paul Jabara…

Scénario : Paul Schrader

Photographie : Edward Lachman

Musique : Michael Been

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

New York, la nuit. John LeTour, la quarantaine, livre de la cocaïne aux jeunes branchés et aux noctambules. Ann, sa patronne, aimerait se reconvertir dans l’industrie des cosmétiques, plus valorisante socialement, et plus légale surtout. John, quant à lui, a décroché de la drogue depuis un moment et aimerait se lancer dans une autre activité. Un soir, il revoit Marianne, son ex-fiancée, ex-droguée elle aussi…

Au début des années 1990, quand on évoque Paul Schrader (né en 1946), le cinéphile pense immédiatement à son travail de scénariste, Yakuza de Sydney Pollack, Taxi Driver, Raging Bull et La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, Obession de Brian De Palma, Légitime violenceRolling Thunder de John Flynn, Mosquito Coast de Peter Weir…Cela se complique quand on souhaite aborder les films qu’il a mis en scène. Blue Collar (1978), son premier long-métrage, American Gigolo (1980) et à la rigueur son remake de La Féline (1982) viennent à l’esprit. Après l’escapade européenne d’Étrange Séduction The Comfort of Strangers, tourné entre Venise, Rome et Londres, le cinéaste revient à ses premières amours, à New York, afin de dresser le portrait d’un « jeune » quadra, qui gagne sa vie la nuit en vendant de la came aux yuppies et aux insomniaques, qui arrive au carrefour de sa vie. Drame existentiel furieusement mélancolique, Light Sleeper, neuvième opus de Paul Schrader, est un chef d’oeuvre indiscutable, à la fois puissant et bouleversant, qui prend pour partis-pris de rendre attachant un personnage qui n’est pourtant pas un enfant de choeur. Celui-ci est interprété par l’immense Willem Dafoe, alors entre Sailor et Lula Wild at Heart de David Lynch et BodyBody of Evidence d’Uli Edel, probablement dans un de ses plus grands et plus beaux rôles de sa carrière. Light Sleeper est un roller coaster émotionnel, qui ne caresse pas les spectateurs dans le sens du poil, qui les plonge dans un monde sombre et poisseux (et qui schlingue les poubelles qui s’amoncellent dans les rues en raison d’une grève des éboueurs), en se focalisant sur un homme arrivé au mi-temps de sa vie, qui va tout tenter pour remonter à la surface et envisager un autre futur.

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Test Blu-ray / Le Seul témoin – Narrow Margin, réalisé par Peter Hyams

LE SEUL TÉMOIN (NARROW MARGIN), réalisé par Peter Hyams, disponible en combo Blu-Ray + DVD le 25 janvier 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Gene Hackman, Anne Archer, James B. Sikking, J.T. Walsh, M. Emmet Walsh, Susan Hogan, Harris Yulin…

Scénario : Peter Hyams

Photographie : Peter Hyams

Musique : Bruce Broughton

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Robert Caulfield, un district attorney de Los Angeles, escorte une femme témoin d’un meurtre perpétré par un cador de la mafia. Mais une bande de tueurs va tout faire pour empêcher qu’elle arrive jusqu’au tribunal. A bord d’un train qui traverse le coeur des Rocheuses canadiennes, une poursuite s’engage.

Peter Hyams, au moment de réaliser Narrow Margin en 1990 (sorti en France sous le titre Le Seul témoin), a à son actif une dizaine de longs-métrages témoignant d’une inclination certaine pour le film policier (La Nuit des juges, 1983, Presidio, 1988…), la science-fiction (Outland, loin de la Terre, 1981, avec Sean Connery, ou encore la suite du 2001 de Stanley Kubrick, 2010 : l’année du premier contact, en 1984), voire les deux en même temps (Capricorn one, 1978). Fort de ces expériences l’asseyant comme un artisan solide mais sur une pente descendante au box office avec l’échec de Presidio, Hyams se lance dans l’exercice du remake pour se remettre sur les rails. L’excellent film noir de Richard Fleischer, L’Énigme du Chicago express (The Narrow Margin, 1952), dont l’essentiel de l’action se déroule dans un train, va lui donner l’occasion d’expérimenter le genre du huis-clos ferroviaire, terrain naturellement propice aux audaces formelles, d’autant que Hyams décide d’emballer le tout en cinémascope. La pertinence d’un tel format dans un cadre aussi contraint peut sembler hasardeuse de prime abord, en dehors des scènes où Hyams filme les Rocheuses – le procédé se prêtant à merveille à la mise en lumière des grands espaces. Mais dès la première séquence du film, où Anne Archer assiste au meurtre d’un homme dans une chambre d’hôtel, ce choix se révèle pleinement justifié par les possibilités qu’il offre en termes d’immersion du spectateur et d’isolement du personnage.

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Test Blu-ray / Pacifiction : Tourment sur les Îles, réalisé par Albert Serra

PACIFICTION : TOURMENT SUR LES ÎLES réalisé par Albert Serra, disponible en DVD et Blu-ray le 7 mars 2023 chez Blaq Out.

Acteurs : Benoît Magimel, Pahoa Mahagafanau, Marc Susini, Matahi Pambrun, Alexandre Melo, Sergi López, Montse Triola, Michael Vautor…

Scénario : Albert Serra

Photographie : Artur Tort

Durée : 2h45

Année de sortie : 2022

LE FILM

Sur l’île de Tahiti, en Polynésie française, le Haut-Commissaire de la République De Roller, représentant de l’État Français, est un homme de calcul aux manières parfaites. Dans les réceptions officielles comme les établissements interlopes, il prend constamment le pouls d’une population locale d’où la colère peut émerger à tout moment. D’autant plus qu’une rumeur se fait insistante : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait une reprise des essais nucléaires français.

Mais pourquoi ? POURQUOI ? Comment ? Et dans quel but ? Voici donc Pacifiction : Tourment sur les Îles, réalisé par le catalan Albert Serra, représentant de la France au Festival de Cannes en 2022, lauréat du prix Louis-Delluc avec Saint Omer d’Alice Diop) et récompensé à deux reprises aux César en 2023 par la compression de la meilleure photographie et celle du meilleur acteur pour Benoît Magimel. Comme dirait Jean-Pierre Bacri dans Didier « Hum…j’sais pas, j’comprends pas… ». Vous aurez sans doute entendu de nombreux avis dithyrambiques à sa sortie, certains le qualifiant même du plus grand film de l’année. C’est bien simple, soit on ressort conquis au-delà toutes espérances de Pacifiction : Tourment sur les Îles, soit on déteste de façon viscérale. Le huitième long-métrage du cinéaste espagnol est une torture de chaque instant. À part quelques secondes où l’on peut admirer certains plans, cet aspect 100 % numérique sans aucune aspérité (trois BlackMagic Pocket de Cannon ont été utilisés) lasse très rapidement, surtout pour illustrer du vide. Car en fait c’est ça Pacifiction : Tourment sur les Îles, le néant, où tout le monde semble être en (très mauvaise) improvisation, où les dialogues paraissent avoir été écrits via une IA (ou un système de répliques aléatoires volé à Luc Besson), les acteurs ne prenant même pas la peine d’y croire ou de s’investir une seule seconde. Cette production germano-franco-luso-espagnole qui s’étale sur 2h45 (!) enchaîne les séquences sans intérêt, dans le but unique de jouer avec la patience du spectateur. Une blague ratée, à fuir de tourte urgence.

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Test Blu-ray / The Enforcer, réalisé par Richard Hughes

THE ENFORCER réalisé par Richard Hughes, disponible en DVD et Blu-ray le 2 mars 2023 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Antonio Banderas, Mojean Aria, Kate Bosworth, Alexis Ren, Zolee Griggs, 2 Chainz, Mark Rhino Smith, Luke Bouchier…

Scénario : W. Peter Iliff

Photographie : Callan Green

Musique : Giorgio Giampà

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Stray, un combattant adepte de fight clubs illégaux, est recruté pour ses talents martiaux par une cheffe mafieuse de Miami. Il doit faire équipe avec Cuda, un collecteur de cash expérimenté. Les affaires tournent mal lorsque Cuda découvre qu’une jeune fille qu’il a pris sous son aile est menacée par son propre employeur. Il va être prêt à tout pour la sauver quitte à devoir affronter les siens.

Entre deux grosses machines comme Indiana Jones et le Cadran de la DestinéeIndiana Jones and the Dial of Destiny de James Mangold, Uncharted de Ruben Fleischeret Le Voyage du Docteur Dolittle de Stephen Gaghan, Antonio Banderas cachetonne dans quelques obscures séries B voire Z pour payer ses arriérés d’impôts ou tout simplement pour se faire des liasses de billets verts pour sa retraite (un sujet d’actualité). Certaines de ces récréations s’avèrent très sympathiques comme Acts of Vengeance d’Isaac Florentine ou Security d’Alain Desrochers, dans lesquelles il surfe allègrement sur le terrain de Liam Neeson en mode Taken. Sa dernière production Millenium en date s’intitule The Enforcer (oui oui, comme le titre original de L’inspecteur ne renonce jamais), réalisé par un certain Richard Hughes (frère de Patrick, qui avait dirigé Banderas dans le navrant Expendables 3 et l’improbable Hitman and Bodyguard 2), venu d’Australie, du monde de la publicité et de la mode, remarqué en 2015 pour avoir développé, mis en scène et coproduit The Viral Experiment. Cette série expérimentale en 8 épisodes avait réussi à duper la planète (dans 180 pays exactement) en faisant croire que tous les sujets abordés étaient vrais, les informations « divulguées » ayant été relayées partout, commentées un demi-million de fois, fait près de 2 millions de likes, en cumulant au final près de 300 millions de vue sur internet. The Enforcer est son premier long-métrage…et…mouarf, c’est pas bon…Pourtant, on aime ce genre de petit film calibré pour détendre les hormones des mecs qui sentent le musc et la 1664 éventée, mais l’ensemble paraît en pilotage automatique, en premier lieu ce cher Antonio dont le charisme demeure indéniable à plus de 60 balais, peu aidé ici par un scénario (écrit par W. Peter Illif, qui avait pondu celui de Point Break et de Jeux de guerre il y a plus de trente ans) qui compile des clichés en veux-tu en voilà sur un rythme lent et une mise en scène neurasthénique. Attention, cela peut rester divertissant, mais on traverse le film comme si on était anesthésiés, tant on ne ressent rien et que ce qui nous est montré semble inodore, incolore, invisible…

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Test Blu-ray / Maneater, réalisé par Justin Lee

MANEATER réalisé par Justin Lee, disponible en DVD et Blu-ray le 8 mars 2023 chez Crome Films.

Acteurs : Nicky Whelan, Trace Adkins, Shane West, Jeff Fahey, Porscha Coleman, Ed Morrone, Kelly Lynn Reiter, Alex Farnham…

Scénario : Justin Lee

Photographie : Eaman Long

Musique : Daniel Figueiredo

Durée : 1h23

Année de sortie : 2022

LE FILM

Les vacances de rêve de Jessie et de ses amis sur une île se transforment en un horrible cauchemar lorsqu’ils deviennent la cible d’un grand requin blanc implacable. Cherchant désespérément à survivre, elle s’associe à un capitaine local pour arrêter le vicieux mangeur d’hommes avant qu’il ne frappe à nouveau.

Le plus grand film de requin tueur, c’eeeeeeeeeeeest ??? Bah c’est pas celui-là en tout cas ! Maneater, retenez bien ce titre, car vous le recroiserez dans quelques rubriques consacrées aux nanars, surtout qu’il risque d’y avoir une suite très prochainement, ce que promet toutefois cette ridicule fin qui ose même citer ouvertement la réplique culte de Roy Scheider dans Jaws. Vous voulez passer une soirée pépouze devant la télé, mettre votre cerveau en mode veille (pendant 77 minutes précisément, même si le rythme est inexistant), la main gauche agrippant une part de pizza, la droite ce que vous avez dans le caleçon (ou pas d’ailleurs) à chaque apparition de Neeky Wheelan et de ses copines en bikini ? Alors Maneater est fait pour vous, car cet opus Z mettant en vedette un gros poisson pas content qui tue par plaisir (et non pas pour se nourrir) est tellement mauvais qu’il en devient forcément sympathique. On ne s’ennuie pas (vraiment) et ce grâce à des dialogues nullissimes (« Quand un requin goûte quelque chose qui lui plaît, il reste dans les parages »), une photo hideuse, un casting d’habitués aux (sous-)produits destinés au marché de la VOD, sans oublier bien sûr des effets numériques d’un autre temps, une bouillie visuelle, un gloubi-boulga de CGI au rabais supposés rentre la bébête inquiétante, pour ne pas dire effrayante. C’est bien simple, on sait dès la première minute que l’on va se marrer et Maneater tient effectivement cette promesse. Rien que pour ça, ce truc mérité d’être vu.

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Test Blu-ray / On the line, réalisé par Romuald Boulanger

ON THE LINE réalisé par Romuald Boulanger, disponible en DVD et Blu-ray le 15 février 2023 chez AB Vidéo.

Acteurs : Mel Gibson, William Moseley, Alia Seror-O’Neill, Paul Spera, Nadia Farès, Enrique Arce, Yoli Fuller, John Robinson…

Scénario : Romuald Boulanger

Photographie : Xavier Castro

Musique : Clément Perin

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Depuis 25 ans, Elvis donne des conseils aux auditeurs de son emblématique émission de radio nocturne. C’est l’une des dernières légendes de la radio. Indépendant à l’extrême, la notion de concurrence n’a pas d’importance pour lui malgré les avertissements de son boss qui voit les audiences chuter. Une nuit, il prend l’appel d’un certain Gary, sur le point de commettre l’irréparable. Cet appel sera peut-être le dernier pour Elvis. Celui qui pourrait détruire sa carrière, sa famille, sa vie…

Tiens, Mel Gibson dans un film français ??!! Oui, mais non en fait. Enfin si, On the line a été tourné en France, entre La Défense et Bry-sur-Marne plus précisément, mais l’intrigue est supposée se dérouler à Los Angeles. Donc ne vous attendez pas à voir Mad Mel la baguette sous le bras, déambuler en 2CV sur les pavés mouillés du 18ème arrondissement tout en écoutant Zaz, non non, rien de tout cela. À la rigueur, le seul truc qui pourrait renvoyer à notre cher pays est un poster de Manu Payet ou de Bruno Guillon aperçu dans le décor. Pourquoi d’ailleurs ? Romuald Boulanger (né en 1978) a fait ses débuts comme animateur radio sur NRJ, dont la fréquence FM 100.3 indiquée sur ces affiches promotionnelles était la véritable fréquence française. Par la suite, Romuald Boulanger devient réalisateur, scénariste, publicitaire, producteur audiovisuel et créateur de série. Son court-métrage Talk, interprété par William Baldwin et Vanessa Guide, remporte un immense succès dans les festivals du monde entier en 2019 et obtient près d’une cinquantaine de récompenses. C’est ce film qui sera à l’origine d’On the Line, qui reprend la même histoire, mais étendue cette fois sur 105 minutes, là où le court-métrage en durait 25. Si la première partie est engageante, on tombe soudainement dans le nawak le plus invraisemblable et tout part à vau-l’eau. Plus rien ne fonctionne au bout d’une demi-heure, la direction d’acteurs part en sucette, la photographie révèle son manque d’inspiration une fois que la caméra sort du studio, le rythme est au ralenti, les rebondissements sont risibles, jusqu’au(x) dénouement(s) lamentable(s) qui pompe(nt) sans vergogne sur le final d’un film de David Fincher (refusé à l’époque par Mel Gibson d’ailleurs) dont nous ne révélerons pas le titre, pour ne pas vous donner trop d’indices, mais dans lequel Michael Douglas était génial. Ah bah zut. Tant pis. Si vous aimez le sieur Gibson, quasiment de tous les plans, vous passerez un bon moment (sans plus), mais On the line fait penser à de la restauration rapide : le film s’engloutit, ça cale mais pas longtemps, on sait que ce n’est pas bon, le goût n’est pas déplaisant au début, mais cela devient vite écoeurant.

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Test Blu-ray / Detective Knight : Independence, réalisé par Edward Drake

DETECTIVE KNIGHT : INDEPENDENCE réalisé par Edward Drake, disponible en DVD et Blu-ray le 7 avril 2023 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Bruce Willis, Jack Kilmer, Dina Meyer, Lochlyn Munro, Willow Shields, Jimmy Jean-Louis, Lorenzo Antonucci, Dax Campbell…

Scénario : Edward Drake & Corey Large

Photographie : Laffrey Witbrod

Musique : Scott Curie

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

L’affectation de dernière minute du policier James Knight à l’équipe de la fête de l’Indépendance se transforme en une course contre la montre pour arrêter un ambulancier déséquilibré qui se fait passer pour un policier.

Le voici, le voilà, le tout dernier, l’ultime long-métrage que Bruce Willis aura tourné avant de mettre fin à sa carrière. Si nous avons longtemps tiré sur l’ambulance, sans savoir à l’époque que l’acteur était atteint d’aphasie, en passant en revue une quinzaine de ses longs-métrages sortis directement dans les bacs ou en VOD, nous sommes aussi revenus sur les producteurs opportunistes qui l’ont fait participer à leurs films – souvent – de bas étage. Toujours est-il que Detective Knight : Independence est assurément le meilleur opus de cette « trilogie » constituée de Rogue et de Redemption, ainsi qu’une des Williseries, notre terme pour désigner ces séries B (voire Z) dans lesquelles s’est illustré l’ami Bruce, les plus sympathiques. Contrairement où les deux premiers épisodes se « suivaient » ou s’enchaînaient lâchement, ce troisième volet aurait pu tout aussi bien être présenté indépendamment, puisque quasiment rien ne le rattache aux précédents. Il n’empêche que cet Independence tient la route et ce grâce à un jeune comédien charismatique et plutôt impressionnant, Jack Kilmer (né en 1995), qui n’est autre que le fils de Val Kilmer et Joanne Whalley, déjà croisé dans l’excellent Palo Alto de Gia Coppola et Lord of Chaos de Jonas Åkerlund. Il vole la vedette ici à chaque apparition et s’avère même assez flippant. Bruce Willis apparaît plus que dans Rogue et Redemption, possède plus de dialogues (ce qui apparemment a été extrêmement difficile, pour ne pas dire douloureux pour lui et ses partenaires) et ce dès le début du film. Le dernier acte le place enfin au coeur de l’action, même si les doublures se voient nettement (on entend également parfois sa voix, sans le voir), mais l’ensemble est bien fichu et divertissant. Ciao Bruce, prends soin de toi, faire tout ce voyage avec toi depuis 35 ans a été très chouette et on ne t’oubliera jamais.

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Test Blu-ray / White Elephant, réalisé par Jesse V. Johnson

WHITE ELEPHANT réalisé par Jesse V. Johnson, disponible en DVD et Blu-ray le 22 février 2023 chez AB Vidéo.

Acteurs : Bruce Willis, Olga Kurylenko, Michael Rooker, John Malkovich, Michael Rose, Lorenzo Antonucci, Eric Buarque, Vadhir Derbez…

Scénario : Erik Martinez, Jesse V. Johnson & Katharine Lee McEwan

Photographie : Jonathan Hall

Musique : Sean Murray

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Un ancien marine devenu exécuteur pour la mafia, doit faire face à sa conscience et à son code d’honneur lorsqu’il est obligé d’aider à nettoyer un assassinat bâclé par son protégé, Carl.

On découvre désormais les tous derniers longs-métrages tournés par Bruce Willis, avant que celui-ci ne mette fin à son illustre carrière pour cause d’aphasie et démence fronto-temporale. Si l’on en croit IMDB, White Elephant, dont nous allons parler, apparaît entre Vendetta (disponible dans les bacs en mai 2023) et Wrong Place (toujours inédit et sans date de sortie). Et honnêtement, cet opus réalisé par le cascadeur Jesse V. Johnson, réalisateur d’un Triple Threat avec Tony Jaa, de Killers Game avec Steve Austin face à Dolph Lundgren et de Hooligans 2 est loin d’être mauvais et s’avère même sympathique, toutes proportions gardées bien sûr. L’ami Bruce ne fait que quelques brèves apparitions ici et là, dix minutes au total à peu près, mais s’en sort pas trop mal. S’il est cloué sur une chaise (une habitude dans ses ultimes DTV), il prend quand même la pétoire au cours d’un règlement de comptes dans un restaurant, rapide, mais efficace. Mais la véritable vedette de White Elephant est l’excellent Michael Rooker, dont on avait quasiment oublié le visage, habitués que nous étions depuis des années à le voir la peau bleue et le crâne arborant la crête rouge de Yondu Udonta dans Les Gardiens de la Galaxie. Si Jesse V. Johnson n’est évidemment pas le plus grand directeur d’acteurs, Michael Rooker s’en tire remarquablement bien dans le rôle de Gabriel Tancredi, vieux briscard et homme de main, veuf inconsolable, qui envisage de raccrocher, sans se douter que le contrat qu’il doit exécuter risque de le faire rejoindre son épouse décédée plus tôt que prévu. Également interprété par Olga Kurylenko et John Malkovich, White Elephant est un thriller qui à défaut d’originalité y va à fond dans la violence graphique des gunfights, bien nourris, rythmés, chorégraphiés et bourrins, particulièrement sanglants (ça bouillonne même à plusieurs reprises), dont un dernier acte où la boucherie est reine avec des têtes et des membres qui volent au contact des grosses bastos. On en garde un bon souvenir et White Elephant peut donc se targuer d’être une des meilleures « Williseries » de fin de parcours, avec La Proie Midnight in the Switchgrass de Randall Emmett et Detective Knight: Rogue d’Edward John Drake.

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Test Blu-ray / L’Arme à l’oeil, réalisé par Richard Marquand

L’ARME À L’OEIL (Eye of the Needle) réalisé par Richard Marquand, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 22 mars 2023 chez Rimini Editions.

Acteurs : Donald Sutherland, Kate Nelligan, Ian Bannen, Christopher Cazenove, Alex McCrindle, Stephen MacKenna, Philip Martin Brown, George Belbin…

Scénario : Stanley Mann, d’après le roman de Ken Follett

Photographie : Alan Hume

Musique : Miklós Rózsa

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1981

LE FILM

Durant la Deuxième Guerre mondiale, Faber, un espion allemand en poste en Angleterre découvre le subterfuge élaboré pour les alliés pour faire croire à un débarquement sur les côtes du Pas-de-Calais. Alors qu’il s’apprête à transmettre l’information à son QG, l’officier, embarqué sur un esquif, est victime d’une attaque. Échoué sur l’île des Tempêtes, au large des côtes écossaises, il est recueilli par un couple, dont le mari est handicapé. Faber tombe amoureux de Lucy, la femme…

L’Arme à l’oeil Eye of the Needle. C’est un film dont nous n’avions jamais entendu parler et qui a immédiatement éveillé notre curiosité pour plusieurs raisons. Pour son casting mené par l’impérial Donald Sutherland, pour son réalisateur Richard Marquand (1937-1987), dont nous ne connaissions réellement que Le Retour du Jedi (1983) et À double tranchant (1985), et enfin parce qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman de l’immense Ken Follett, publié en 1978. Tentant non ? Et le résultat est on ne peut plus fameux. L’Arme à l’oeil démarre comme un film historique, ce qu’il est indéniablement, l’action étant située entre 1940 et 1944, tandis qu’une voix (au micro) plante le décor d’emblée, nous sommes à Londres, en feu après le passage de la Luftwaffe. L’introduction prend déjà le spectateur par surprise en se focalisant sur Henry Faber, personnage à première vue sympathique, qui essaye de dissuader un jeune homme voulant s’engager dans le confit armé, en lui disant qu’il a le temps et qu’il y aura d’autres guerres. Puis arrive le premier rebondissement, complètement inattendu, qui révèle la véritable nature de Faber. Une scène magnifiquement montée, sèche, brutale, qui marquera probablement les cinéphiles. Disons-le, Donald Sutherland, quasiment de tous les plans, est extraordinaire dans L’Arme à l’oeil, peut-être dans l’un de ses meilleurs rôles, monstre de charisme au regard bleu laser capable de foudroyer celui ou celle qui le fixerait trop longtemps. Muni d’un couteau à cran d’arrêt qu’il dégaine plus vite que l’éclair, Faber est une bombe à retardement qui passe inaperçue, un homme dans la foule, qui parvient à éclipser son mètre 90 au milieu des passants, pour mieux frapper au moment le plus imprévu après avoir usé de son charme suintant. L’Arme à l’oeil mute alors en chasse à l’homme, puis se resserre jusqu’au huis clos teinté de romance. Remarquable thriller d’espionnage, aussi riche sur le fond que sur la forme, Eye of the Needle est une sacrée et admirable découverte.

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Test Blu-ray / Le Orme, réalisé par Luigi Bazzoni

LE ORME réalisé par Luigi Bazzoni, disponible en Blu-ray depuis décembre 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Florinda Bolkan, Peter McEnery, Nicoletta Elmi, Caterina Boratto, John Karlsen, Esmeralda Ruspoli, Evelyn Stewart, Miriam Acevedo, Rosita Torosh, Luigi Antonio Guerra, Klaus Kinski, Lila Kedrova…

Scénario : Mario Fanelli & Luigi Bazzoni, d’après le roman de Mario Fanelli

Photographie : Vittorio Storaro

Musique : Nicola Piovani

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Alice, une jeune traductrice frappée d’amnésie, n’arrive plus à discerner la réalité de ses cauchemars alors qu’elle tente de se rappeler les évènements de ces derniers jours. Une carte postale retrouvée l’amène à la station balnéaire de Garma où les gens ne semblent pas la reconnaître alors que ses rêves où elle se tient aux cotés d’astronautes sur la lune deviennent de plus en plus forts…

Nous avions déjà parlé du réalisateur Luigi Bazzoni (1929-2012) en septembre 2022, à l’occasion de la sortie en Blu-ray chez Artus Films du formidable La Possédée du lac La Donna del lago. Si vous désirez en savoir plus sur ce dernier, vous savez ce qui vous reste à faire. Aujourd’hui, nous évoquerons Le Orme, le dernier long-métrage du cinéaste, avant que celui-ci se lance dans son documentaire-fleuve Roma Imago Urbis, qui comptera quinze parties produites de 1987 à 1992 et qui sera ensuite distribué directement en VHS en 1994. Également connu pour L’Homme, l’Orgueil et la Vengeance L’Uomo, l’Orgoglio, la Vendetta (1967), western avec Franco Nero adapté de la nouvelle Carmen de Prosper Mérimée, sans oublier le génial Journée noire pour un bélierGiornata nera per l’ariete, avec le même comédien, Luigi Bazzoni signe son chef d’oeuvre avec Le Orme, faux giallo, mais véritable thriller psychologique, chaînon manquant entre Mort à Venise de Luchino Visconti et Identification d’une femme de Michelangelo Antonioni, dans lequel brille la merveilleuse Florinda Bolkan, qui aura illuminé le cinéma transalpin dans La Dernière maison sur la plage de Franco Prosperi, Exécutions de Romolo Guerrieri Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d’Elio Petri, La Longue nuit de l’exorcisme et Le Venin de la peur de Lucio Fulci. Amis cinéphiles, venez vous perdre dans ce fabuleux labyrinthe mental !

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