Test Blu-ray / Un Colt pour trois salopards – Hannie Caulder, réalisé par Burt Kennedy

UN COLT POUR TROIS SALOPARDS (Hannie Caulder) réalisé par Burt Kennedy, disponible en DVD depuis le 11 janvier 2023 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Raquel Welch, Robert Culp, Ernest Borgnine, Christopher Lee, Jack Elam, Strother Martin, Diana Dors, Paco de Lucía…

Scénario : Burt Kennedy & David Haft, d’après une histoire originale de Peter Cooper, Ian Quicke & Bob Richards

Photographie : Edward Scaife

Musique : Ken Thorne

Durée : 1h25

Date de diffusion initiale : 1971

LE FILM

Hannie Caulder voit sa vie s’écrouler lorsque les 3 frères Clemens assassinent son mari, la violent et incendient sa maison. Décidée à venger, elle va tout apprendre de Thomas Luther Price, un chasseur de primes qui la recueille.

Quand elle se retrouve en haut de l’affiche du western Un Colt pour trois salopards ou tout simplement Hannie Caulder en version originale, l’ex-mannequin et comédienne Raquel Welch a le vent en poupe depuis cinq ans, grâce aux hits successifs du chef d’oeuvre de Richard Fleischer, Le Voyage fantastiqueFantastic Voyage, Un million d’années avant J.C.One Million Years B.C. de Don Chaffey et Les Cent Fusils100 Rifles de Tom Gries, qui allaient la faire passer à la postérité et faire d’elle un sex-symbol international. Au début des années 1970, elle tient le rôle-titre du western réalisé par Burt Kennedy (1922-2001), habitué du genre, ancien scénariste de Budd Boetticher (Sept hommes à abattre, L’Homme de l’Arizona, L’Aventurier du Texas, La Chevauchée de la vengeance, Comanche Station), qui avait déjà mis en scène Ne tirez pas sur le shérifSupport Your Local Sheriff ! avec James Garner, La Vengeance du shérif Young Billy Young avec Robert Mitchum et Angie Dickinson, La Caravane de feuThe War Wagon avec John Wayne et Kirk Douglas, ainsi que Le Retour des septReturn of the Seven, la suite du film réalisé par John Sturges, Les Sept Mercenaires, sorti en 1960. Il est donc parfaitement à son affaire avec Hannie Caulder, film curieux à plus d’un titre, pas forcément une réussite du début à la fin, mais qui n’en reste pas moins un savoureux divertissement, qui vaut à la fois pour la présence toujours sexy de Raquel Welch, dont le colt sied à sa sublime chute de hanche, un casting solide (sur lequel nous reviendrons) et aussi, et c’est sans doute ce qu’on retient étonnamment plus de ce western, une magnifique bande originale composée par Ken Thorne, digne des plus grands opus.

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Test DVD / La Petite femelle, réalisé par Philippe Faucon

LA PETITE FEMELLE réalisé par Philippe Faucon, disponible en DVD depuis le 22 juin 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Lucie Lucas, Lorenzo Lefèbvre, Héléna Noguerra, Jean Dell, Florence Thomassin, Samuel Theis, Florence Muller, Stéfan Godin…

Scénario : Philippe Faucon & Antoine Lacomblez, d’après le livre de Philippe Jaenada

Photographie : Laurent Fénart

Musique : Amin Bouhafa

Durée : 1h27

Date de diffusion initiale : 2021

LE TÉLÉFILM

Novembre 1953. Pauline Dubuisson est accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette jeune femme dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché dans le lit de l’Occupant, a été tondue, avant d’assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n’est-elle, au contraire, qu’une jeune fille libre qui revendique avant l’heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ?

Le précieux cinéaste Philippe Faucon (né en 1958) nous a habitué à des oeuvres épurées, viscérales, intelligentes et indispensables comme La Désintégration, La Trahison (l’un des plus grands films sur la « guerre sans nom »), Fatima (Prix Louis-Delluc 2015 et César du meilleur film en 2016) et dernièrement Les Harkis. Rompu à l’exercice en évoquant des sujets aussi sensibles que la vie en banlieue, la jeunesse en rupture ou encore la guerre d’Algérie, le réalisateur, pour le compte de France Télévisions, livre La Petite femelle, un biopic sur la vie de Pauline Dubuisson (1927-1963), qui avait déjà inspiré Henri-Georges Clouzot pour La Vérité avec Brigitte Bardot, d’ailleurs mentionné dans les toutes premières minutes du téléfilm. Cette jeune femme éprise de liberté, indépendante (pour ne pas dire féministe avant l’heure), après avoir été tondue en place publique à la Libération, avait entamé des études de médecine, avant de tuer par accident Félix Bailly qu’elle voulait épouser. Après son procès en 1953 (un des plus retentissants de la décennie) et sa condamnation à sept ans de prison, elle décide de partir au Maroc. Mais son passé la rattrape alors qu’un homme lui déclare sa flamme. Philippe Faucon offre le rôle principal à Lucie Lucas, actrice et mannequin, connue pour avoir incarné le personnage de Clémentine Boissier dans la série Clem, diffusée sur TF1. On nous souffle qu’elle a aussi joué dans le téléfilm Coup de foudre à Jaipur et participé à l’émission Danse avec les stars. Si elle n’est assurément pas une grande comédienne et que son jeu demeure trop monocorde, celle-ci s’en sort suffisamment bien, même si ce qui fait la force de La Petite femelle reste la puissance du scénario écrit par Philippe Faucon et Antoine Lacomblez (3xManon, Manon 20 ans, À la folie), d’après le livre de Philippe Jaenada (Julliard, 2015) et l’élégance de la mise en scène. Si vous connaissez le chef d’oeuvre de Clouzot, La Petite femelle, diffusé pour la première fois en février 2021, vous paraîtra sans doute redondant, mais cette production télévisuelle n’en est pas moins réussie.

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Test DVD / Le Bidon d’or, réalisé par Christian-Jaque

LE BIDON D’OR réalisé par Christian-Jaque, disponible en DVD depuis le 22 octobre 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Raymond Cordy, Marc Dantzer, Simone Bourday, Nicole Martel, Pierre Dac, Gatel, Hubert Daix, Weiss…

Scénario : Jean Kolb & Noël Renard

Photographie : Lucien Hayer & Émile Pierre

Durée : 1h09

Date de sortie initiale : 1932

LE FILM

Un camelot, poursuivi par la justice, trouve refuge dans un garage et y retrouve un ancien camarade devenu mécanicien.

Christian Albert François Maudet alias Christian-Jaque (1904-1994). Quand on évoque le nom de ce réalisateur, le cinéphile pense immédiatement à Adorables créatures, Fanfan la Tulipe (son plus gros succès avec 6,7 millions d’entrées), Souvenirs perdus, La Chartreuse de Parme, L’Enfer des anges, Les Bonnes causes, La Tulipe Noire, Si tous les gars du monde…, Les Disparus de Saint-Agil et bien d’autres. Difficile de faire un tour d’horizon de cette filmographie aussi conséquente qu’éclectique, qui a indéniablement marqué l’histoire du septième art hexagonal. Avant tous ces grands classiques et chefs-d’oeuvre, le metteur en scène, ancien illustrateur d’affiches et décorateur de cinéma, mais aussi journaliste pour la revue Cinégraph, a évidemment fait ses classes et l’auteur de ces mots a pu mettre la main, ou les yeux plutôt, sur/devant le tout premier long-métrage de Christian-Jaque, Le Bidon d’or. Alors forcément, il est quasiment impossible d’y déceler ce qui fera de lui un grand artisan, néanmoins ce coup d’essai demeure une vraie curiosité à plus d’un titre et mérite qu’on s’y attarde un petit moment, d’autant plus que le film dure à peine 1h10.

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Test Blu-ray / Le Temps des loups, réalisé par Sergio Gobbi

LE TEMPS DES LOUPS réalisé par Sergio Gobbi, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 22 juin 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Robert Hossein, Charles Aznavour, Virna Lisi, Albert Minski, Geneviève Thénier, Monique Morisi, Henri Crémieux, Roger Coggio…

Scénario : Sergio Gobbi, Georges Tabet & André Tabet

Photographie : Daniel Diot

Musique : Georges Garvarentz

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Amis d’enfance, le sanglant Robert, qui se fait appeler Dillinger en référence au truand américain des années 30 qu’il imite dans ses casses, et Kramer devenu chef de la brigade anti-gang s’affrontent. Après un dernier casse à Paris, Dillinger part se reposer sur la côte d’Azur avec son équipe et rencontre une femme qui lui sera fatale.

Sergio Gobbi. Pour beaucoup d’entre nous les cinéphiles, ce nom renvoie directement à L’Arbalète (1984) avec Daniel Auteuil, tandis que les amateurs de nanars se souviendront de La Nuit du risque (1986), chef d’oeuvre ultime du nawak que l’on pourrait se passer en boucle. Également scénariste, mais aussi producteur d’André Cayatte (La Raison d’État, L’Amour en question), de Marco Ferreri (Conte de la folie ordinaire), de Georges Lautner (Présumé dangereux), de Roman Polanski (La Jeune Fille et la Mort) et même de Dario Argento (Dracula 3D, le pauvre…), Sergio Gobbi (né en 1938) possède une vingtaine de mises en scène à son actif. L’un de ses opus les plus célèbres demeure sans nul doute Le Temps des loups, gros succès de l’année 1970 avec plus d’1,2 million de spectateurs, qui résistera au triomphe de La Nuit des morts vivants de George A. Romero. Le réalisateur coécrit ce formidable polar avec Georges et André Tabet (La Grande vadrouille, Le Vampire de Dusseldorf, Une ravissante idiote) et s’entoure d’un casting quatre étoiles mené par Charles Aznavour, Robert Hossein et Virna Lisi (co-production oblige, mais personne ne s’en plaindra), qui mélange étroitement une violence sèche et brutale, et une émotion inattendue puisque les deux ennemis du récit ont grandi ensemble et se connaissent par coeur. Le Temps des loups cumule certes plus de cinquante ans au compteur, mais sa fraîcheur et sa modernité ne cessent encore de laisser pantois.

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Test Blu-ray / Aria, réalisé par Robert Altman, Bruce Beresford, Bill Bryden, Jean-Luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge & Julien Temple

ARIA réalisé par Robert Altman, Bruce Beresford, Bill Bryden, Jean-Luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge & Julien Temple, disponible en DVD et Blu-ray le 24 août 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Elizabeth Hurley, Bridget Fonda, John Hurt, Buck Henry, Anita Morris, Bernie Bonvoisin, Cris Campion, Tilda Swinton…

Scénario : Robert Altman, Bruce Beresford, Bill Bryden, Jean-Luc Godard, Derek Jarman, Franc Roddam, Nicolas Roeg, Ken Russell, Charles Sturridge, Don Boyd & Julien Temple

Photographie : Gabriel Beristain, Caroline Champetier, Frederick Elmes, Harvey Harrison, Christopher Hughes, Pierre Mignot, Mike Southon, Dante Spinotti, Oliver Stapleton & Gale Tattersall

Musique : Giuseppe Verdi, Gustave Charpentier, Giacomo Puccini, Erich Wolfgang Korngold…

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

De grands airs d’opéra vus par dix réalisateurs sur des musiques de Charpentier, Korngold, Leoncavallo, Lully, Puccini, Rameau, Verdi, Wagner. L’image est parfois sans rapport avec le thème de l’opéra, d’autres fois plus proche.

Ah oui le moins que l’on puisse dire, c’est que certains segments laissent quelque peu perplexes dans Aria…Rendez-vous compte, Nicolas Roeg, Charles Sturridge, Jean-Luc Godard, Julien Temple, Bruce Beresford, Robert Altman, Franc Roddam, Ken Russell, Derek Jarman et Bill Bryden invités à mélanger leur univers respectif pour rendre hommage aux compositeurs, aux chanteurs, aux chefs d’orchestre et musiciens « dont les œuvres ont fait vibrer le public, dans les théâtres, les opéras et les salles de concert depuis plus de 300 ans » indique un panneau en guise de conclusion de ces 96 minutes pour le moins…originales. L’ensemble fait en effet penser à du gloubi-boulga, dans le sens où les ingrédients de ce film à sketches quasi-dépourvu de dialogues, ne s’accordent pas tous vraiment. Il s’agit d’une expérience cinématographique, un peu difficile d’accès et réservée aux amateurs, de laquelle peuvent être sauvées certaines parties étonnantes, mais qui ne laisseront pas forcément un grand souvenir…À vous de tenter si l’occasion vous en dit.

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Test Blu-ray / Vivante, réalisé par Sandrine Ray

VIVANTE réalisé par Sandrine Ray, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 25 octobre 2017 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Vahina Giocante, Samuel Jouy, François Berléand, Fanny Cottençon, Pierre Cassignard, Cécile Cassel, Manuel Blanc…

Scénario : Sandrine Ray & Antoine Lacomblez

Photographie : Olivier Cocaul

Musique : Romaric Laurence

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2002

LE FILM

C’est par une nuit d’été que Claire, 19 ans, se fait sauvagement agresser et violer. Elle est anéantie par la violence où les corps sont niés, où le désir est déjà mort, où les mots disent l’inverse de ce qu’ils affirment. Claire n’arrive pas à en parler, elle porte son secret qui la déchire, n’a plus de mots pour dire qui elle est et se dérobe à elle-même comme au monde. Elle tente des expériences pour se prouver qu’elle est encore vivante, plonge dans l’alcool, le sexe, à la recherche d’une étincelle…A force de se heurter aux autres et à elle-même, elle retrouve la force de vivre, de parler, elle redonne un sens au désir. Quoi qu’il arrive, la vie s’impose.

Le viol est un sujet sensible auquel le cinéma français s’est déjà attaqué à plusieurs reprises. Quelques titres comme Les Chatouilles, L’Été meurtrier, Irréversible, Elle, La Traque peuvent venir à l’esprit, mais l’un des plus grands films sur le thème demeure incontestablement Une histoire banale (2013) d’Audrey Estrougo avec une puissante et exceptionnelle Marie Denarnaud. En 2002, la réalisatrice Sandrine Ray, alors assistante de Pierre-William Glenn (23h58) et de François Velle (Comme des rois), décide de franchir un cap et signe son premier long-métrage, Vivante, qu’elle coécrit avec Antoine Lacomblez (Slalom, 3 X Manon, 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi, My Sweet Pepper Land, À la folie), en prenant comme argument principal le viol d’une étudiante. Elle confie le rôle à Vahina Giocante, âgée de 20 ans, remarquée quatre ans plus tôt dans Marie Baie des Anges de Manuel Pradal (à la suite d’un casting sauvage sur une plage de Marseille) et qui avait confirmé depuis son talent précoce chez Yves Angelo (Voleur de vie), Benoît Jacquot (Pas de scandale) et Martine Dugowson (Les Fantômes de Louba). Si la jeune comédienne s’investit corps et âme dans ce rôle très difficile, c’est sur la forme que pèche Vivante, qui sent l’amateurisme du début à la fin. Les années n’ont pas épargné ce film pourtant intéressant, mais qui fait aujourd’hui penser à une production TV fauchée et maladroite.

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Test DVD / L’Arnaqueuse, réalisé par Peter Hall

L’ARNAQUEUSE (Perfect Friday) réalisé par Peter Hall, disponible en DVD et Blu-ray le 21 juillet 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Ursula Andress, Stanley Baker, David Warner, Patience Collier, T.P. McKenna, David Waller, Joan Benham, Julian Orchard…

Scénario : Anthony Greville-Bell & Scott Forbes

Photographie : Alan Hume

Musique : John Dankworth

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

En voyant un beau jour arriver dans son établissement la ravissante Lady Dorset, Mr. Graham, le sous-directeur d’une banque de Londres, a soudain une idée. Avec l’aide de la jolie jeune femme, il compte bien réussir à dévaliser sa propre banque. Mais Lady Dorset a ses propres motivations, et possède bien des atouts cachés.

Finalement, à part James Bond 007 contre Dr No de Terence Young, Les Tribulations d’un Chinois en Chine de Philippe de Broca et peut-être La Dixième Victime La Decima vittima d’Elio Petri, on connaît mal la carrière cinématographique d’Ursula Andress…Si la comédienne suisse est passée à la postérité pour avoir incarné la première James Bond Girl officielle en 1962, on se souvient évidemment tous de sa sortie des flots turquoise en bikini, on aurait quelques difficultés à avancer encore certains autres titres célèbres. Pourtant, celle-ci aura aussi tourné avec Robert Aldrich (Quatre du Texas 4 for Texas), Clive Donner (Quoi de neuf, Pussycat ? What’s New Pussycat), John Guillermin (Le Crépuscule des aigles The Blue Max), ainsi qu’avec toute une ribambelle de cinéastes italiens, de Steno (Un Américain à Rome Un americano a Roma) à Luigi Zampa (Pas folles, les mignonnes Le Dolci signore), en passant par Maurizio Lucidi (La Dernière Chance L’Ultima chance), Duccio Tessari (Les Sorciers de l’île aux singes Safari Express), Sergio Martino (La Montagne du dieu cannibaleLa Montagna del dio cannibale), Fernando Di Leo (Ursula l’anti-gangColpo in canna), Enzo G. Castellari (La Grande DébandadeLe Avventure e gli amori di Scaramouche) et Luigi Zampa (Les MonstressesLetti selvaggi). En 1970, juste avant de rejoindre Alain Delon, Charles Bronson et Toshirô Mifune à Almería pour tourner Soleil rouge de Terence Young, Ursula Andress naviguait sur la Tamise avec Stanley Baker et David Warner, pour une comédie de braquage intitulée L’ArnaqueusePerfect Friday, réalisée par Peter Hall. S’il ne révolutionnera aucun des deux genres auxquels il est rattaché, ce divertissement ne manque pas de charme, surtout cette chère Ursula, très en forme(s) et généreuse avec les spectateurs, qui n’hésite pas à se dévêtir à la moindre occasion.

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Test DVD / L’Homme qui tua la peur, réalisé par Martin Ritt

L’HOMME QUI TUA LA PEUR (Edge of the City) réalisé par Martin Ritt, disponible en DVD depuis le 9 janvier 2020 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : John Cassavetes, Sidney Poitier, Jack Warden, Kathleen Maguire, Ruby Dee, Val Avery, Robert F. Simon, Ruth White…

Scénario : Robert Alan Aurthur

Photographie : Joseph C. Brun

Musique : Leonard Rosenman

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Axel North, un déserteur devenu vagabond, se fait embaucher sous une fausse identité comme docker dans le port de New York. Pour conserver son travail, il lui faut reverser une partie de son salaire à Charly Malik, un contremaître corrompu. Intrigué par le courage d’un collègue noir, Tommy Tyler, Axel se lie peu à peu avec lui au point de rompre ouvertement avec Malik. Tommy devine que son nouvel ami est hanté par un passé difficile et l’accueille chez lui. Axel y fait la connaissance d’une jeune femme, Ellen, dont il s’éprend. Un matin, une violente dispute éclate entre Malik et Tommy : un crochet de docker à la main, les deux hommes sont prêts à se battre à mort…

Edge of the City ou L’Homme qui tua la peur en version française, est le premier long-métrage réalisé par Martin Ritt (1914-1990), celui qui nous donnera Les Feux de l’été The Long, Hot Summer (1958), Paris Blues (1961), L’Espion qui venait du froid The Spy Who Came in from the Cold (1965), Norma Rae (1979) et bien d’autres. Pour son coup d’essai, il installe son récit dans sa ville natale, New York, dont il connaît les moindres recoins par coeur, y compris les quais sur lesquels se déroulent essentiellement l’action, l’Empire State Building et autres gratte-ciel apparaissant en toile de fond. Depuis toujours très actif pour dénoncer les injustices sociales et politiques, il s’engage très vite auprès de groupes de théâtre afin de défendre les droits des afro-américains, n’hésitant pas à camper l’un des rares personnages blancs dans la pièce Porgy and Bess, saluée pour la modernité de son approche de la culture noire. Martin Ritt monte ensuite des pièces dites de gauche radicale (bien qu’il n’adhérera jamais au Parti communiste US) et parcourt la terre de l’Oncle Sam, ce qui lui vaudra plus tard d’être pointé du doigt par le tristement célèbre sénateur Joseph McCarthy. Durant la guerre, il s’engage dans l’US Air Force, tout en démarrant une carrière d’acteur au cinéma (Winged Victory de George Cukor). Il reprend le théâtre, comme comédien, mais aussi comme metteur en scène, puis entre dans le monde de la télévision au début des années 1950, où il s’occupe principalement de produire et de réaliser quelques adaptations de pièces. Mais ses idées politiques (qu’il ne reniera jamais tout au long de sa vie) le rattrapent. Soupçonné de sympathiser avec l’ennemi rouge situé de l’autre côté du Rideau de fer, il est interdit de télévision, black-listé et revient sur les planches, où il enseigne la légendaire méthode Stanislavski auprès des aspirants comédiens, dont un certain James Dean. En 1957, il a donc l’opportunité de passer derrière la caméra de nouveau, mais pour le cinéma cette fois, avec L’Homme qui tua la peur, transposition d’une pièce de Robert Alan Aurthur (futur scénariste d’All That Jazz de Bob Fosse, de L’Homme aux colts d’or d’Edward Dmytryk et de Grand Prix de John Frankenheimer), déjà adaptée pour la petite lucarne en 1955 (par Robert Mulligan et déjà avec Sidney Poitier). L’histoire prend place dans le milieu des syndicats de dockers de la Grosse Pomme, où un jeune homme d’une vingtaine d’années affronte un collègue animé par la haine de la peau noire. La nouvelle recrue sera accueillie par un docker afro-américain, qui l’aidera à faire sa place, à vivre décemment, jusqu’à devenir son ami. Ce qui sera évidemment mal perçu. Edge of the City ne connaîtra qu’un succès d’estime à sa sortie, mais sera néanmoins très vite reconsidéré par la suite une fois l’explosion de John Cassavetes deux ans plus tard avec son premier film Shadows et celle de Sydney Poitier, qui sera nommé pour l’Oscar du meilleur acteur en 1958 pour La Chaîne The Defiant Ones de Stanley Kramer. Rétrospectivement, la hargne, les thèmes, l’élégance et l’humanisme de Martin Ritt sont déjà à l’oeuvre dans L’Homme qui tua la peur et mérite toute l’attention du cinéphile.

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Test DVD / Trop jolies pour être honnêtes, réalisé par Richard Balducci

TROP JOLIES POUR ÊTRE HONNÊTES réalisé par Richard Balducci, disponible en DVD depuis le 19 août 2015 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Bernadette Lafont, Elisabeth Wiener, Jane Birkin, Emma Cohen, Carlo Giuffrè, Henri Virlojeux, Serge Gainsbourg, Henri Attal, Dominique Zardi, Hubert Deschamps, Fernand Sardou, Max Montavon…

Scénario : Richard Balducci, Michel Martens, Guy Grosso, Catherine Varlin et Augusto Caminito d’après une histoire de Catherine Carone

Photographie : Tadasu Suzuki

Musique : Serge Gainsbourg

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Frédérique, responsable d’un mouvement féministe, Christine, psychiatre, Martine, leur voisine et Bernadette, soubrette délurée, s’apprêtent à fêter l’anniversaire de Martine lorsqu’elles sont témoins d’un hold-up à la Caisse d’Epargne de Nice… L’évènement relègue au second plan la présence du fiancé de Martine, officier de marine, jusqu’au moment où il fait cadeau à la jeune femme d’une longue-vue. Celle-ci leur permet d’observer leurs nouveaux voisins d’en face en toute discrétion…

En 1972, pas moins de deux longs-métrages réalisés par Richard Balducci débarquent sur les écrans. Le premier est L’Odeur des fauves, étonnant mélodrame centré sur le dilemme moral d’un paparazzi interprété par le grand Maurice Ronet, Vittorio De Sica, Josephine Chaplin et Francis Blanche. Une curiosité dans la filmographie du bonhomme…Quelques mois plus tard, le second, intitulé Trop jolies pour être honnêtes (ou Quatre souris pour un hold-up) est plus représentatif du scénariste-réalisateur, une grosse comédie assez frappadingue dans son genre. L’affiche est alléchante puisqu’elle réunit quatre actrices sexy, Jane Birkin, Bernadette Lafont, Elisabeth Wiener et Emma Cohen, qui ont l’air de passer du bon temps, faut dire que Balducci ne leur demande pas grand-chose, y compris de savoir réellement jouer, mais tout de même leur énergie et leur bonne humeur participent au charme indéniable du film. À partir d’une histoire écrite par Catherine Carone (inconnue au bataillon), ils sont quatre (sans compter Richard Balducci lui-même) à avoir signé à l’adaptation du scénario, Catherine Winter (Le Joli mai de Chris Marker & Pierre Lhomme), Michel Martens (Dupont Lajoie), Augusto Caminito (futur metteur en scène de Nosferatu à Venise et producteur de The King of New York) et surtout Guy Grosso, le légendaire maréchal des logis Tricard s’étant également chargé des dialogues. Quand on voit le résultat, on peine à croire qu’autant de monde ait été convié, mais cela reflète le côté bordélique du film, qui semble ne jamais savoir où aller, en passant d’une séquence à l’autre avec une paresse formelle décomplexée et un je-m’en-foutisme hallucinant. Il n’empêche, on peut cette fois encore y prendre un petit plaisir de cinéphage perverti et sadique…vous voilà prévenus !

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Test DVD / Général…nous voilà !, réalisé par Jacques Besnard

GÉNÉRAL… NOUS VOILÀ ! réalisé par Jacques Besnard, disponible en DVD depuis le 13 avril 2016 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Darry Cowl, Roger Dumas, Henri Guybet, Philippe Ricci, Pierre Tornade, Jacques Marin, Katia Tchenko, Jean Amadou, Robert Rollis…

Scénario : Richard Balducci, Jean Amadou, Jacques Besnard & Jacques-Henri Marin

Photographie : Michel Grignon

Musique : José Padilla & Darry Cowl

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

En 1940, un déserteur et deux gendarmes se retrouvent par mégarde en zone occupée, puis en Angleterre où le gouvernement du Général de Gaulle leur confie une mission dangereuse : retrouver un général italien dans le désert libyen.

On connaît ce que Pierre Despoges disait sur Marguerite Duras, « elle n’a pas écrit que des conneries… Elle en a aussi filmées ! ». Pour Richard Balducci (oui oui, encore lui), c’est l’inverse. Le bougre n’a pas seulement écrit ses propres comédies, il l’a aussi fait pour les autres. En plus d’être le « papa » du Gendarme de Saint-Tropez, l’intéressé aura également signé l’affreux Charlots Connection (1984) de Jean Couturier, sans doute le pire opus de la troupe, Les Bidasses en vadrouille (1979) de Christian Caza (ou Michel Ardan pour les intimes) et Les Joyeuses Colonies de vacances (1979) de Michel Gérard. L’une de ses collaborations « de choc » restera celle avec Jacques Besnard sur deux films, Le Jour de gloire (1976) et Général…nous voilà ! (1978). Si le premier a rencontré un grand succès dans les salles (2 millions d’entrées, vous vous rendez compte ?) et demeure connu par les amateurs de délires franchouillards, le second est obscur. Jacques Besnard (1929-2013) est loin d’être un tâcheron et aura emballé quelques bons divertissements, dont l’excellent et cultissime Le Grand Restaurant (1966) avec Louis de Funès, alors son plus gros hit au box-office du réalisateur, C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule (1974), La Situation est grave…mais pas désespérée (1976, à quand une réédition en DVD ou même un Blu-ray ?) et dans une moindre mesure Le Fou du labo 4 (1967) avec Jean Lefebvre. En fait, la raison pour laquelle Général…nous voilà ! n’a pas eu le même engouement (même si 823.000 entrées ce n’est pas rien) ou la même « postérité », ce sont ses têtes d’affiche. Pas de Fufu, de Bernard Blier, de Jean Lefebvre, de Michel Serrault, de Michel Galabru…non, Général…nous voilà ! repose cette fois sur les épaules de Pierre Tornade, Roger Dumas, Darry Cowl et Henri Guybet, habituels seconds voire troisièmes couteaux du genre. Contre toute attente, il ne s’agit pas d’un nanar et encore moins d’un navet. Évidemment nous sommes loin de La Grande vadrouille et même de La Septième Compagnie, auxquels on pense inévitablement, mais tout de même, Général…nous voilà ! fonctionne, se fonde sur une suite ininterrompue de gags menés sur un rythme soutenu, des personnages attachants et des comédiens en grande forme, ainsi que sur des dialogues amusants (de Jean Amadou) et un côté « aventure » qui passe bien. Une récréation d’un autre temps, mais encore sympathique.

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