Test Blu-ray / Protection rapprochée, réalisé par Peter Hunt

PROTECTION RAPPROCHÉE (Assassination) réalisé par Peter Hunt, disponible en DVD et Blu-ray le 20 mai 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charles Bronson, Jill Ireland, Stephen Elliott, Jan Gan Boyd, Randy Brooks, James Lemp, Michael Ansara, James Staley…

Scénario : Richard Sale

Photographie : Alex Phillips Jr.

Musique : Valentine McCallum & Robert O. Ragland

Durée : 1h25

Date de sortie initiale: 1987

LE FILM

Jay Killian, vétéran des services de protection, se voit confier la sécurité de Lara Royce Craig, femme du nouveau Président des États-Unis. Arrogante et têtue, la première Dame se heurte à la détermination et au professionnalisme de son garde du corps…

Cette fois, c’est comme qui dirait le début de la « vraie » fin pour Charles Bronson, qui après le sursaut engendré par le succès foudroyant d’Un justicier dans la ville 2 – Death Wish 2 à travers le monde, avait su enchaîner les hits au box-office à raison d’un film par an avec la légendaire Cannon. Le comédien surfe sur la même recette juste après ce regain de popularité avec Le Justicier de minuit – 10 To Midnight, L’Enfer de la violence – The Evil That Men Do, Le Justicier de New York – Death Wish III, et La Loi de Murphy – Murphy’s Law. Ce dernier marquait déjà quelques signes d’essoufflement pour l’acteur, surtout en Europe, notamment en France où le film peinait à franchir la barre des 300.000 entrées, là où les précédents attiraient deux fois plus de spectateurs. Protection rapprochée – Assassination est la seconde et par ailleurs dernière collaboration entre Charles Bronson et le réalisateur britannique Peter Hunt (1925-2002), six ans après Chasse à mort – Death Hunt. Mais là où le metteur en scène du mythique Au service secret de Sa Majesté – On Her Majesty’s Secret Service (1969), et de deux films sympathiques avec Roger Moore, Gold (1974) et Parole d’homme – Shout at the Devil (1976) s’en sortait habituellement grâce à son très large bagage technique, Protection rapprochée prend l’allure d’un mauvais téléfilm, extrêmement paresseux sur le plan visuel, avec un montage mou et sans aucun relief, des scènes d’action risibles (Charles Bronson qui emprunte la moto de Chuck Norris dans Delta Dorce), une direction d’acteurs au point mort, une photographie transparente et une intrigue digne d’un épisode de Walker Texas Ranger. S’il y a bien quelques répliques amusantes et que l’alchimie forcément indéniable entre Charles Bronson et son épouse Jill Ireland fonctionne parfaitement, rien ne distingue cet Assassination du tout-venant, surtout que l’ami Charly y est doublé par quelques cascadeurs à peine dissimulés dès que son personnage doit lever le petit doigt. En revanche, même si rien ou presque ne fonctionne ici, l’ensemble demeure divertissant, justement en raison de ses défauts. Vous avez dit nanar ?

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Test Blu-ray / La Loi de Murphy, réalisé par J. Lee Thompson

LA LOI DE MURPHY (Murphy’s Law) réalisé par J. Lee Thompson, disponible en DVD et Blu-ray le 20 mai 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charles Bronson, Kathleen Wilhoite, Carrie Snodgress, Robert F. Lyons, Richard Romanus, Angel Tompkins, Bill Henderson, James Luisi…

Scénario : Gail Morgan Hickman

Photographie : Alex Phillips Jr.

Musique : Marc Donahue & Valentine McCallum

Durée : 1h41

Date de sortie initiale: 1986

LE FILM

Vétéran de la police de Los Angeles devenu alcoolique depuis son divorce, le coriace inspecteur Jack Murphy plonge dans un véritable cauchemar le jour où il reçoit un appel anonyme signant son arrêt de mort. Lorsque son ex-femme, Jan, est assassinée, Murphy devient le suspect numéro 1. Arrêté par ses propres collègues, il n’a pas d’autre choix que de s’évader et de pourchasser lui-même le tueur qui l’a piégé.

Bien remis en selle grâce au triomphe commercial d’un Justicier dans la ville 2Death Wish 2, Charles Bronson a de nouveau le vent en poupe et ce grâce aux trublions de la Cannon, Menahem Golan et Yoram Globus. La Loi de Murphy – Murphy’s Law intervient après les hits successifs du Justicier de minuit – 10 to Midnight, L’Enfer de la violence – The Evil That The Men Do et surtout du Justicier de New York – Death Wish III. A raison d’un succès par an, le comédien a peu de soucis à se faire et peut se contenter de faire la même chose, pour le plus grand plaisir de ses fans qui n’en demandent pas plus. Nous voici donc rendu en 1986 avec l’un de ses films les plus aimés des années 1980, La Loi de Murphy, dans lequel l’une des moustaches les plus célèbres de l’histoire du cinéma se voit défriser par la gent féminine. Largué par sa femme, ce bon vieux Charly doit non seulement échapper à une criminelle qui a décidé de lui mener la vie dure, mais il doit en plus composer avec une délinquante avec laquelle il se retrouve enchaîné dans sa cavale. Etonnamment, Charles Bronson ne sort pas trop la pétoire dans La Loi de Murphy et semble au contraire prendre un peu de plaisir à composer ce personnage dépassé par les évènements, plutôt fragilisé, mais point trop quand même rassurez-vous, même s’il déteste quand même la mayonnaise. En l’état, La Loi de Murphy est un buddy-movie inattendu dans la carrière de l’acteur qui venait de fêter ses 65 ans et qui profitait de son viatique « cannonien », de sa retraite complémentaire si vous préférez (on serait tenté de dire « canonique »), en étant visiblement content de donner la réplique très salée (et encore plus en version française) à l’excellente Kathleen Wilhoite, dans un rôle proposé à l’origine à Madonna.

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Test Blu-ray / Le Justicier de minuit, réalisé par J. Lee Thompson

LE JUSTICIER DE MINUIT (10 to Midnight) réalisé par J. Lee Thompson, disponible en DVD et Blu-ray le 20 mai 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charles Bronson, Lisa Eilbacher, Andrew Stevens, Gene Davis, Geoffrey Lewis, Wilford Brimley, Robert F. Lyons, Bert Williams, Kelly Preston…

Scénario : William Roberts

Photographie : Adam Greenberg

Musique : Robert O. Ragland

Durée : 1h42

Date de sortie initiale: 1987

LE FILM

Plusieurs femmes sont retrouvées éventrées dans les rues de New York. Leo Kessler, chargé de l’affaire, se rend à l’enterrement de la dernière victime. Dans la foule, il aperçoit un homme au comportement étrange. Kessler est alors persuadé que c’est l’homme qu’il recherche mais aucune preuve ne permet de l’accuser. Il décide alors d’en fabriquer…

Relancé au cinéma grâce au succès aussi imposant qu’inattendu du Justicier dans la ville 2 – Death Wish II de Michael Winner, Charles Bronson démarre la dernière partie de sa longue et prolifique carrière, en trouvant un plan de retraite confortable et assuré en signant avec la Cannon. Immédiatement après le triomphe de cette suite tardive, les Go-Go Boys Menahem Golan et Yoram Globus parviennent à l’engager pour 10 to Midnight, mélange de thriller et de slasher, dans lequel le comédien moustachu reprend la pétoire au bon moment, pour satisfaire les attentes de ses fans. Opportunément intitulé Le Justicier de minuit en France, alors que le film n’a absolument rien à voir avec les « aventures » de Paul Kersey, 10 to Midnight marque les retrouvailles entre Charles Bronson et le réalisateur britannique J. Lee Thompson (Les Canons de Navarone, Les Nerfs à vif, Happy Birthday To Me, Le Désert de la peur, Passeur d’hommes), qui avaient déjà collaboré à trois reprises sur Monsieur St. Ives (1976), Le Bison Blanc (1977) et Cabo Blanco (1980). Suite à l’engouement rencontré par Le Justicier de minuit, le tandem remettra le couvert encore cinq fois pour le compte de la Cannon Group. Alors certes le scénario est très souvent abracadabrant (euphémisme), mais dire que Le Justicier de minuit n’a rien de divertissant serait mentir. Près de quarante ans après sa sortie, 10 to Midnight n’a souvent rien à envier à un thriller basique contemporain, même s’il reste un pur produit de son époque, qui savait aller droit à l’essentiel, autrement dit contenter les spectateurs venus voir l’ami Charly en découdre (un minimum du moins) avec la racaille, sans chercher à creuser la psychologie de ses personnages. C’est simple, efficace, racoleur à souhait, ça fait le job, peut-être pas aussi bourrin qu’on pouvait l’espérer, mais c’est rigolo car crétin, et finalement on en redemande.

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Test Blu-ray / Les Griffes de la peur, réalisé par David Lowell Rich

LES GRIFFES DE LA PEUR (Eye of the Cat) réalisé par David Lowell Rich, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 3 juin 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Sarrazin, Gayle Hunnicutt, Eleanor Parker, Tim Henry, Laurence Naismith, Jennifer Leak, Linden Chiles, Mark Herron, Annabelle Garth…

Scénario : Joseph Stefano

Photographie : Russell Metty & Ellsworth Fredericks

Musique : Lalo Schifrin

Durée : 1h42

Année de sortie : 1969

LE FILM

Tante Danny vit avec son neveu Luke et ses nombreux chats. Elle décide que lorsqu’elle décédera, ses animaux hériteront de sa fortune. Mais quand Wylie, le frère de Luke, revient vivre à la maison, la vieille femme change d’avis et fait de Wylie son unique hériter…

Malgré sa longue et prolifique carrière avec plus de 110 films, téléfilms et séries télévisées réalisés de 1950 à 1987, le metteur en scène David Lowell Rich (1920-2001) reste méconnu. En revanche, certaines de ses œuvres, réussies ou pas, telles qu’Airport ‘80 Concorde (1979), nanar suprême avec Alain Delon, Un détective à la dynamite – A Lovely Way to Die (1968), avec Kirk Douglas, Sylva Koscina et Eli Wallach, Les Fusils du Far West – The Plainsman (1966) avec Don Murray, ou bien encore Madame X (1966) avec Lana Turner, demeurent relativement prisées. Honnête artisan, David Lowell Rich a toujours su contenter les studios divers et chaînes de télévision grâce à son travail rapide et efficace, qui a largement contribué à la notoriété de certaines séries comme L’Homme de fer, Mannix et Mission Impossible. Les Griffes de la peur – Eye of the Cat clôt une série de longs métrages que le réalisateur enchaînera dans les années 1960, essentiellement marquées par le western et le polar. Si Alex Segal (La Rançon avec Glenn Ford, Joy in the Morning avec Richard Chamberlain) avait commencé le tournage, ce dernier est obligé de passer le relais à son confrère en raison de problèmes de santé et David Lowell Rich reprend donc les manettes des Griffes de la peur, mais pose comme condition d’oublier totalement ce qui avait été filmé précédemment. Rétrospectivement, Eye of the Cat sera sans nul doute son meilleur opus. Thriller légèrement teinté de fantastique et d’érotisme, plutôt malsain, et surtout bien mis en scène et interprété, Les Griffes de la peur ne cache pas ses références, Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock et même Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot. Il en résulte une petite série B prenante et divertissante, au charme rétro agréable.

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Test Blu-ray / JF partagerait appartement, réalisé par Barbet Schroeder

JF PARTAGERAIT APPARTEMENT (Single White Female) réalisé par Barbet Schroeder, disponible en DVD et Blu-ray le 24 mars 2021 chez BQHL Editions.

Acteurs : Bridget Fonda, Jennifer Jason Leigh, Steven Weber, Peter Friedman, Stephen Tobolowsky, Frances Bay, Michele Farr…

Scénario : Don Roos, d’après le roman de John Lutz

Photographie : Luciano Tovoli

Musique : Howard Shore

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Séparée de son fiancé, Allie Jones tient cependant à ne pas quitter le grand appartement qu’elle loue dans l’Upper West Side, l’un des quartiers les plus chics de New York. Et quoi de mieux pour le conserver qu’une colocataire ? Allison croit avoir trouvé la perle rare en la personne d’Hedy Carlson, une jeune femme de son âge. En apparence douce, discrète et bienveillante, Hedra Carlson se révèle bientôt de plus en plus envahissante. Dangereusement envahissante…

Harcèlement, Sliver, Meurtre parfait, Sans chaud pour meurtre de sang-froid, Basic Instinct, Color of Night, Bound, La Main sur le berceau, Body, Copycat, Last Seduction, Jade, Excès de confiance, Sexcrimes…aaaah l’époque bénie pour le thriller sulfureux dans les années 90 ! Avant tous ces films, en 1992, sort sur les écrans JF partagerait appartementSingle White Female, ou Jeune femme cherche colocataire au Québec, réalisé par Barbet Schroeder, alors plongé dans sa période américaine, entre Le Mystère von Bülow et Kiss of Death. JF partagerait appartement a vieilli sur certains points, notamment les costumes et les coiffures aujourd’hui improbables, ainsi que tout ce qui concerne l’informatique, obsolète et pour ne pas dire risible. Néanmoins, le film demeure sacrément efficace, bourré de charme, prenant et surtout aussi excellemment mis en scène qu’interprété par les deux superbes têtes d’affiche, Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh, dont le face-à-face reste anthologique. Une référence.

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Test DVD / Les Yeux de la nuit, réalisé par John Farrow

LES YEUX DE LA NUIT (Night Has a Thousand Eyes) réalisé par John Farrow, disponible en DVD le 25 mai 2021 chez Elephant Films.

Acteurs : Edward G. Robinson, Gail Russell, John Lund, Virginia Bruce, William Demarest, Richard Webb, Jerome Cowan, Onslow Stevens…

Scénario : Barré Lyndon & Jonathan Latimer, d’après le roman de Cornell ‘William Irish’ Woolrich

Photographie : John F. Seitz

Musique : Victor Young

Durée : 1h18

Année de sortie : 1948

LE FILM

John Triton exerce ses talents de voyant dans des spectacles de cabaret, avec ses partenaires Jenny et Whitney Courtland. Mais, un jour, il s’aperçoit que son cerveau est traversé par des visions de mort. En effet, plusieurs de ses prédictions se réalisent. Bientôt, il voit que Jenny, qu’il aime, doit mourir à la suite de son premier accouchement. Il se retire du monde, mais vingt ans plus tard, il revoit la fille de Jenny, orpheline de sa mère dès sa naissance…

Étranges ces Yeux de la nuit – Night has a thousand eyes, film noir, drame psychologique et thriller fantastique, réalisé par l’éclectique et prolifique John Farrow (1904-1963). Le metteur en scène de moult longs-métrages chéris par les cinéphiles, le phénoménal Quels seront les cinq ? -Five came back (1939), Hondo (1953) et Le Renard des océans (1955) avec John Wayne, Vaquero (1953) avec Robert Taylor & Ava Gardner, Voyage sans retour (1950) avec Robert Mitchum, California, terre promise (1947), La Grande horloge (1948) et Un pacte avec le diable (1949) avec Ray Milland, et bien d’autres, est l’un des noms les plus prestigieux d’Hollywood à la fin des années 1940. Il se voit confier l’adaptation d’un roman à succès de Cornell Woolrich, écrivain pour lequel les studios faisaient les yeux doux après les grands succès de L’Homme-léopard (1943) de Jacques Tourneur et Les Mains qui tuent – Phantom Lady (1944) de Robert Siodmak, sans oublier les autres polars inspirés par une de ses œuvres Street of chance (1942), The Mark of the Whistler (1944) de William Castle, L’Ange noir (1946) avec Dan Duryea et L’Évadée (1946) avec Robert Cummings et Michèle Morgan. Sur un scénario coécrit par Barré Lyndon (Crépuscule de Henry Hathaway, le fabuleux Hangover Square de John Brahm) et Jonathan Latimer (La Clé de verre de Stuart Heisler), John Farrow signe un film complètement atypique, qui joue avec les genres, ce qui a sans doute déstabilisé les spectateurs puisque Les Yeux de la nuit ne rencontrera pas vraiment son public. Pourtant, cette curiosité mérite amplement d’être découverte, d’autant plus que l’immense Edward G. Robinson y est – comme d’habitude – parfait.

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Test Blu-ray / The Addiction, réalisé par Abel Ferrara

THE ADDICTION réalisé par Abel Ferrara, disponible en DVD et Blu-ray le 24 mars 2021 chez Carlotta Films.

Acteurs : Lili Taylor, Christopher Walken, Annabella Sciorra, Edie Falco, Paul Calderon, Fredro Starr, Kathryn Erbe, Michael Imperioli…

Scénario : Nicholas St. John

Photographie : Ken Kelsch

Musique : Joe Delia

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1995

LE FILM

Brillante étudiante en philosophie à l’Université de New York, Kathleen prépare activement sa thèse de doctorat. Un soir, elle croise sur son chemin une étrange et séduisante femme qui la conduit de force dans une impasse avant de la mordre au cou. Bientôt, Kathleen va développer un appétit féroce pour le sang humain qu’elle assouvira en attaquant ses proches ou des inconnus…

Si la dope a longtemps irrigué les veines d’Abel Ferrara, elle a également parcouru celles de son cinéma. Au début des années 1990, le cinéaste atteint la quarantaine et entame la décennie durant laquelle il signera ses films les plus célèbres. En l’espace de quatre ans, il enchaînera ainsi The King of New York, Bad Lieutenant, Body Snatchers et Snake Eyes. Si les trois premiers obtiennent les faveurs du public et s’accompagnent d’un engouement massif de la critique, Snake Eyes se solde par un échec commercial grave. Devenant de plus en plus accro à la drogue et à l’alcool, Abel Ferrara décide de se lancer dans une production minuscule, tournée en N&B, intitulée The Addiction. Sous couvert de réaliser un petit film d’horreur en prenant pour protagoniste une jeune femme devenant vampire, Abel Ferrara se penche bien évidemment sur la dépendance aux stupéfiants qui contaminent non seulement ses proches, mais aussi sa propre personne et même son travail. Loin de toutes pressions, à l’exception de celle exercée sur le piston de sa seringue, Abel Ferrara signe ce qui sera l’un des sommets de sa carrière. Une réussite absolue, une perfection visuelle, un magnétisme troublant, une interprétation magistrale, un propos passionnant, un chef d’oeuvre intense.

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Test Blu-ray / À bout portant, réalisé par Don Siegel

À BOUT PORTANT (The Killers) réalisé par Don Siegel, disponible en DVD et Blu-ray le 24 mars 2021 chez BQHL Editions.

Acteurs : Lee Marvin, Angie Dickinson, John Cassavetes, Clu Gulager, Claude Akins, Norman Fell, Ronald Reagan…

Scénario : Gene L. Coon, d’après la nouvelle d’Ernest Hemingway

Photographie : Richard L. Rawlings

Musique : John Williams

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Tueurs à gages, Charlie Strom et son partenaire exécutent froidement Johnny North dans une institution pour aveugles. Intrigué par le comportement de sa cible qui, plutôt que de tenter de fuir, se laisse abattre, Charlie Strom reconstitue son parcours. Il découvre que sa victime est un ancien pilote automobile qu’une blessure de course et l’influence d’une séduisante jeune femme poussent à servir de chauffeur à un gang à l’occasion de l’attaque d’un fourgon postal. Butin : un million de dollars. De quoi faire tourner bien des têtes, de quoi expliquer certains comportements et la volonté d’un commanditaire de jouer la discrétion…

La nouvelle de dix pages d’Ernest Hemingway, Les Tueurs, avait déjà été portée à l’écran par Richard Siodmak en 1946 avec Ava Gardner et Burt Lancaster. Près de vingt ans plus tard, Don Siegel en réalise une nouvelle adaptation, À bout portant – The Killers, avec Angie Dickinson et John Cassavetes qui reprennent les personnages de leurs aînés. La situation de départ est identique. Lee Marvin, qui sortait de La Taverne de l’Irlandais – Donovan’s Reef de John Ford, est également de la partie et campe l’un des tueurs les plus emblématiques du cinéma américain des années 1960, à la fois monolithique et merveilleusement cynique. Ronald Reagan tourne ici son dernier long métrage et endosse pour la première fois le costume du salaud de service, un rôle qu’il déclarera avoir toujours détesté interpréter. Il se lancera dans la politique peu de temps après, jusqu’à parvenir à la fonction suprême. Il deviendra ainsi le quarantième président des Etats-Unis de 1981 à 1989. Malgré ses critiques, Ronald Reagan est pourtant excellent et n’a pas besoin de se forcer pour s’imposer, notamment face à l’impressionnant Lee Marvin. Citons aussi Clu Gulager (Virages de James Goldstone, Le Retour des morts-vivants de Dan O’Bannon), parfait disciple, jeune chien fou à mi-chemin entre l’enfance et le monde adulte. Don Siegel appuie d’ailleurs la relation trouble entre les deux tueurs, une homosexualité latente, en montrant le personnage de Lee, qui ne cesse de soigner son apparence, dans le but de mieux se faire accepter par son mentor, Charlie, vieillissant, sage et pensant à raccrocher après un dernier coup. À bout portant est donc plus un remake des Tueurs qu’une nouvelle adaptation de la nouvelle d’Hemingway et le cinéaste livre une œuvre totalement originale. À l’origine produit et conçu pour la chaîne de télévision NBC, le film se retrouve sur le circuit cinématographique traditionnel car jugé trop violent par les censeurs. En guise d’exemple, on retiendra notamment l’arrivée des tueurs dans l’institution pour aveugles (première séquence du film) mettant les spectateurs dans l’atmosphère voulue par le réalisateur. Ici, la violence n’est pas suggérée, elle est directe, franche et froide. La scène demeure un modèle du genre et les partis pris inédits. Le film est rapide, 90 minutes, pas une de plus, pas une de moins, sec, épuré et d’une redoutable efficacité. Une économie de moyens certes due à son origine télévisuelle, mais un budget restreint idéalement employé par Siegel. Dans À bout portant, le destin est déjà inscrit dans le marbre, la mort rôde autour des personnages explicitement et implicitement.

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Test Blu-ray / Songbird, réalisé par Adam Mason

SONGBIRD réalisé par Adam Mason, disponible en DVD et Blu-ray le 15 avril 2021 chez Metropolitan Films.

Acteurs : K.J. Apa, Sofia Carson, Craig Robinson, Bradley Whitford, Alexandra Daddario, Peter Stormare, Paul Walter Hauser, Demi Moore…

Scénario : Adam Mason & Simon Boyes

Photographie : Jacques Jouffret

Musique : Lorne Balfe

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Cela fait maintenant quatre ans que le monde vit en confinement. Désormais, les personnes infectées du Covid-23 sont envoyées de force en quarantaine dans des camps devenus peu à peu d’inquiétants ghettos. A Los Angeles, Nico est un coursier immunisé au virus qui arpente la ville lors de ses livraisons. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Sara, une jeune femme confinée chez elle. Malgré les impératifs sanitaires qui les empêchent de s’approcher, Sara et Nico tombent amoureux. Mais lorsque Sara est suspectée d’être contaminée, elle est contrainte de rejoindre les camps de quarantaine. Nico tente alors l’impossible pour la sauver.

On l’attendait ce film ! Non pas pour son intérêt, mais parce qu’il était certain que quelques producteurs opportunistes allaient profiter de la situation extraordinaire vécue par tous les habitants de la planète depuis mars 2020, pour mettre en route un film qui s’en inspirerait. Voici donc Songbird, réalisé par Adam Mason, obscur metteur en scène d’une dizaine de longs-métrages tout aussi inconnus, y compris un certain Manipulations qui réunissait tout de même Anthony Hopkins, Al Pacino et Josh Duhamel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas encore avec Songbird, qu’il a coécrit avec son complice Simon Boyes, qu’il risque de se faire une renommée. Cette dystopie – mais en est-ce vraiment une ? – a tout simplement été tournée dans les rues désertes de Los Angeles, alors que ses habitants étaient cloîtrés chez eux, profitant ainsi d’un décor quasi-fantastique, sans avoir recours aux effets spéciaux ! Il est pas con le Michael Bay, producteur de ce…thriller ? Drame fantastique ? Comédie involontaire ? On ne sait pas trop en fait, car Songbird ne raconte rien ou pas grand-chose, si ce n’est une histoire d’amour évidemment contrariée entre deux jeunes tourtereaux, séparés par le contexte sanitaire et dont on apprend même qu’ils n’ont pas eu le temps de se toucher avant d’être forcés de rester a casa. A côté de ça, Adam Mason se concentre sur d’autres personnages, jamais intéressants, essentiellement des individus qui ont trouvé le bon truc pour se faire du fric, d’autres qui essayent de survivre en se la pétant sur les réseaux sociaux (Alexandra Daddario qui comme d’habitude a acheté de la lingerie trop petite), d’autres en profitant des personnes immunisées contre le COVID-23 (oui oui) en les utilisant comme coursiers. Ajoutez à cela un responsable de la sécurité sanitaire complètement fou (Peter Stormare en roues libres), un ancien soldat revenu paralysé et traumatisé d’Afghanistan qui joue avec ses drones, sans oublier la caution mexicaine avec une jeune héroïne aux sourcils épilés comme une vedette de télé-réalité et vous obtenez…bah rien en fait, ou pas grand-chose, surtout pas de quoi faire un film…

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Test Blu-ray / The Undoing, réalisé par Susanne Bier

THE UNDOING réalisé par Susanne Bier, disponible en DVD et Blu-ray le 24 mars 2021 chez HBO et Warner Bros.

Acteurs : Nicole Kidman, Hugh Grant, Edgar Ramírez, Noah Jupe, Lily Rabe, Matilda De Angelis, Edan Alexander, Michael Devine, Donald Sutherland, Noma Dumezweni…

Scénario : David E. Kelley; d’après le roman de Jean Hanff Korelitz

Photographie : Anthony Dod Mantle

Musique : Evgueni Galperine & Sacha Galperine

Durée : 6h (6 épisodes)

Date de sortie initiale : 2020

LA MINISÉRIE

Thérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, Grace Sachs a un mari aimant et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, avec une mort violente, un mari qui disparaît et de terribles révélations concernant celui qu’elle pensait connaître, sa vie bascule…

Entre Nicole Kidman et David E. Kelley c’est une affaire qui roule. Après l’immense succès rencontré par les deux saisons de la série Big Little Lies, que la comédienne avait produit avec sa partenaire Reese Witherspoon, les deux associés ont très vite décidé de remettre le couvert avec la libre adaptation – car seuls les deux premiers épisodes en sont tirés – du roman You Should Have Known (2014) de Jean Hanff Korelitz, publié en France aux éditions du Cherche-midi sous le titre Les Premiers impressions. Sous la forme d’une mini-série de six épisodes, pour une durée totale de six heures, The Undoing est indiscutablement l’une des meilleures propositions télévisées de l’année 2020, présentée sur HBO aux Etats-Unis et sur OCS City en France, qui a d’ailleurs connu un triomphe doublé d’un engouement critique incontestable. Si l’on parvient à faire fi – même si cela est très difficile c’est vrai, d’autant plus qu’elle est très souvent filmée en gros plan – du visage figé et ravagé par la chirurgie esthétique de Nicole Kidman (qui interprète également la chanson du générique, une reprise de Dream a Little Dream of me), on se laisse facilement happer par cette histoire de couple bien sous tous rapports, un homme et une femme mariés depuis vingt ans, lui étant un médecin de renom et elle une thérapeute très demandée et spécialisée dans les relations conjugales, bourrés de fric, père et mère d’un jeune adolescent inscrit dans une grande école, qui du jour au lendemain voient leur vie volée en éclats après un meurtre atroce dont le principal suspect est le mari. Entièrement réalisé par la cinéaste danoise Susanne Bier (Brothers – le film original, pas l’horrible remake de Jim Sheridan, After the Wedding, le soporifique Bird Box avec une Sandra Bullock également botoxée), The Undoing vaut pour son élégante mise en scène, la beauté de la photographie d’Anthony Dod Mantle (Festen, Dogville, Le Dernier roi d’Ecosse, Antichrist), la force de son casting, dont un Hugh Grant métamorphosé qui s’impose par son charisme, à qui prendre de la bouteille sied bient et qui s’acquitte merveilleusement d’un rôle ambigu à souhait. Une très belle réussite.

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