Test Blu-ray / Accélération, réalisé par Michael Merino & Daniel Zirilli

ACCÉLÉRATION (Acceleration) réalisé par Michael Merino & Daniel Zirilli, disponible en DVD et Blu-ray le 21 juillet 2021 chez Crome Films.

Acteurs : Sean Patrick Flanery, Dolph Lundgren, Chuck Liddell, Natalie Burn, Quinton ‘Rampage’ Jackson, Danny Trejo, Al Sapienza…

Scénario : Michael Merino

Photographie : Jan-Michael Losada

Musique : Gregory De Iulio

Durée : 1h22

Année de sortie : 2019

LE FILM

Vladik Zorich, un seigneur du crime vicieux, est doublé par son agent le plus digne de confiance, Rhona. Par vengeance, Zorich kidnappe le fils de celle-ci. Alors que la vie de son fils est en jeu, Rhona élimine les délinquants les plus violents et les plus dépravés. Cependant, Vladik sous-estime la force de l’amour d’une mère…

Ces dernières années, nous avons déjà parlé de Dolph Lundgren à l’occasion de l’édition en DVD de l’excellent Don’t Kill It de Mike Mendez, de la ressortie en double programme de L’Homme de guerre, réalisé par Perry Lang et d’État d’urgence de Frédéric Forestier, sans oublier ses participations à la saison 5 d’Arrow, au blockbuster frappadingue Aquaman de James Wan, et bien sûr au Creed II de Steven Caple Jr. dans lequel il reprenait son rôle mythique d’Ivan Drago. On l’adore Dolph Lundgren, icône du cinéma d’action, diplômé en chimie après avoir suivi les cours du prestigieux Institut royal de technologie de sa ville natale Stockholm, qui se destinait à devenir ingénieur comme son père. Jusqu’à ce qu’il découvre les arts martiaux, le judo et le karaté à l’âge de 16 ans. La suite, on la connaît, il commence la compétition de haut niveau en 1979, deux ans avant de devenir ceinture noire et de compiler les titres nationaux au début des années 1980. C’est alors qu’il fait la rencontre de Warren Robertson, professeur d’art dramatique, disciple de l’imminent Lee Strasberg. C’est une révélation, il décide de devenir comédien. Profitant d’un regain de popularité au début des années 2010 suite au triomphe du premier épisode de la saga Expendables, Dolph Lundgren tournera plus de trente longs-métrages durant la décennie. Si la plupart resteront méconnus, pour ne pas dire inconnus voire introuvables (à part peut-être sur la TNT), on pourra citer tout de même une participation non créditée dans Ave, César ! de Joel et Ethan Coen, un Flic à la maternelle 2 de Don Michael Paul, Black Water de Pasha Patriki dans lequel il retrouvait Jean-Claude Van Damme et quatre films qu’il enchaîne avec son ami Giorgio Serafini. Avant de reprendre son rôle du roi Nérée dans le très attendu Aquaman and the Lost Kingdom de James Wan, Dolph Lundgren n’en finit pas de passer d’un continent à l’autre pour y tourner diverses séries B voire Z histoire de payer ses impôts entre deux projets plus valorisants. Accélération fait clairement partie du bas du panier. Nanar éclairé aux néons qui cumule les séquences poussives, pour ne pas dire chiantissimes, de couleur verte, bleue, rose, rouge, où le visage des acteurs est sans arrêt barré d’un lens flare, Accélération n’a aucun intérêt, si ce n’est qu’il a probablement aidé Dolph Lundgren – réduit ici à quelques apparitions en pointillés – à financer l’entretien de sa piscine.

Vladik Zorich, un seigneur du crime qui a la mainmise sur le centre miteux de Los Angeles et qui règne sur un empire de trafics d’armes à feu, de jeux d’argent et de drogue, est doublé par son agent de confiance Rhona Zyocki. La propension de Vladik au pouvoir, au contrôle et à la violence le pousse à kidnapper le jeune fils de Rhona, pour la forcer à participer à une élimination planifiée de ses ennemis. Alors que la vie de son fils est en jeu, Rhona lutte pour trouver et tuer ces hommes et ces femmes aussi violents que Vladik, pour récupérer ses biens et des informations de valeur, le tout en l’espace d’une nuit. Afin qu’elle lui obéisse, Vladik énonce les règles de son jeu, tout en surveillant chaque mouvement de Rhona alors qu’elle navigue dans les rues sombres de L.A. Cependant, Vladik est loin d’imaginer jusqu’où Rhona peut aller pour revoir son fils.

Dolph Lundgren passe le plus clair de son temps dans une pièce éclairée aux néons roses, isolé, cloué sur son siège, devant des écrans de contrôle, tout en parlant à sa partenaire via son kit mains libres et en plissant le front pour montrer qu’il est un peu concerné par la situation. En fait, c’est la comédienne ukrainienne Natalia Guslistaya (de son vrai nom) aka Natalie Burn qui tient le haut de l’affiche. Déjà vue dans Expendables 3 de Patrick Hughes, Criminal : Un espion dans la tête d’Ariel Vromen et Mechanic: Resurrection de Dennis Gansel. Peu expressive, charisme éteint, jamais crédible dans les scènes d’action (par ailleurs très mal filmées), engoncée dans son pantalon en cuir, elle peine à inspirer un minimum d’empathie et on finit même par se désintéresser de son personnage et de sa quête. Outre une participation toujours outrancière de Danny Trejo, Sean Patrick Flanery (Powder, Les Anges de Boston) vole la vedette à chaque apparition. Avec ses mimiques et avec tout l’art du cabotinage (il faut voir la scène de la rate au citron meringuée ou celle de la roulette russe), il est le seul dans Accélération à tirer profit de ses répliques ridicules et sans aucun sens, tout en élevant le film au rang des meilleurs « mauvais films sympathiques ».

Les deux réalisateurs, oui ils sont bien DEUX derrière la caméra, Michael Merino (The Haunting of Pearson Place) et Daniel Zirilli (expert en séries B-Z), ne sont pas si bêtes que ça puisqu’ils ouvrent leur film sur une petite scène d’action qui implique Dolph Lundgren, qui prend la pétoire et donne du poing. Mais il s’agit en réalité d’une exposition rapide, avant de revenir huit heures en arrière et de voir notre star d’action passer le métrage dans son fauteuil, avant de se relever à la fin pour…bah pour la même séquence d’exposition en fait. Pour donner le change et masquer la pauvreté d’un budget anémique, le tandem de « metteurs en scène » ont demandé à leur chef opérateur Jan-Michael Losada de baigner chaque décor de couleurs qui bavent. Le générique donne le ton et prend l’allure d’une publicité pour une bagnole éclairée par un directeur de la photographie qui s’est pris visiblement pour Pollock, qui tartine l’image à la one again en espérant – et là je cite Fabrice Luchini dans le merveilleux P.R.OF.S. de Patrick Schulmann – que « faire le con en espérant que celui qui regarde sera intelligent ».

Dès la première minute, on sait que quelque chose cloche dans Accélération, dans le cadre, dans la « direction » d’acteurs, dans la chorégraphie des gunfights de chez Wish, dans la photo qui donnerait une crise d’épilepsie à un daltonien, dans le rythme inexistant, dans les dialogues à rallonge inspirés de ceux déjà ineptes de Quentin Tarantino. Le reste, autrement dit les 75 minutes suivantes ne feront que confirmer ce que l’on avait deviné d’emblée : Accélération est un très, mais alors un très mauvais produit filmé, sans âme, ridicule, navrant, éculé, mais aussi et surtout involontairement très drôle, surtout quand la musique Gregory De Iulio s’emballe et rappelle le thème de Fort Boyard. Un conseil pour le spectateur qui viendrait juste de lancer le film, SORS SORS !!!!

LE BLU-RAY

Après La Fantastique Histoire vraie d’Eddie Chapman – Triple Cross et The Beach Bum, Accélération est le troisième titre que nous chroniquons du catalogue de l’éditeur Crome Films. La jaquette fait la part belle à Dolph Lundgren, qui est plus une guest-star de luxe ici, tout en mettant en avant les gueules de porte-bonheur de Danny Trejo (présent dans une seule scène), Sean Patrick Flanery et l’ancien combattant de MMA Chuck Liddelle (dont la coupe de cheveux provient sûrement d’un magasin dont le nom ressemble à son patronyme). Natalie Burn partage le haut de l’affiche avec l’ami Dolph. Le menu principal est sobre, animé et musical. Pas de chapitrage, juste l’envoi du film et le choix des langues sont proposés.

Pas de bonus.

L’Image et le son

IMDB annonce un format 2.39…ce qui n’est pas le cas ici puisque le master présenté est en 1.78…Le Blu-ray est quant à lui au format 1080p. Si l’élévation HD sert à quelque chose ici, c’est uniquement pour appuyer les très nombreuses teintes colorées dans lesquelles baignent les comédiens du début à la fin. Tout y passe, du vert menthe à l’eau en passant par le rouge sang, le violet façon bonbon de Toulouse, les plans Blue Lagoon ou flamands roses, bref on en prend plein les mirettes. Un bon moyen pour détourner l’attention des spectateurs, histoire de faire passer la pilule, de dissimuler l’indigence de la production. Les très nombreux gros plans ne manquent pas de détails, les noirs ne sont pas très denses et s’accompagnent même d’une sorte d’aura laiteuse.

Les mixages français et anglais Dolby Digital 5.1 (oui oui…) créent un espace d’écoute suffisamment plaisant en faisant la part belle à la musique. Quelques ambiances naturelles, explosions et déflagrations percent les enceintes latérales sans se forcer mais avec une efficacité chronique, tandis que le caisson de basses distille ses effets avec une petite ardeur. Le doublage français est assez marrant et ajoute du piment à ce petit navet, même si la piste demeure moins percutante et trop axée sur le report des voix. Deux pistes Stéréo sont aussi au programme.

Crédits images : © Crome Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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