Test Blu-ray / La Brigade du suicide, réalisé par Anthony Mann

LA BRIGADE DU SUICIDE (T-Men) réalisé par Anthony Mann, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 24 août 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Dennis O’Keefe, Mary Meade, Alfred Ryder, Wallace Ford, June Lockhart, Charles McGraw, Jane Randolph, Art Smith…

Scénario : John C. Higgins, d’après une histoire originale de Virginia Kellogg

Photographie : John Alton

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h25

Année de sortie : 1947

LE FILM

Dennis O’Brien et Tony Genaro ne se font guère d’illusions lorsqu’ils acceptent la mission que leur confie le département des Finances. Ils savent que leur vie ne pèse pas lourd face aux intérêts de la puissante bande de faux-monnayeurs, si bien organisée qu’elle inonde le pays de monnaie de singe, si bien dissimulée qu’ils doivent se faire passer pour des gangsters afin d’en retrouver la trace…

Si l’on devait réaliser un classement des meilleurs films noirs de l’histoire du cinéma, La Brigade du suicide T-Men apparaîtrait assurément en très bonne position. Depuis la fin des années 1930, Anthony Mann (1906-1967), de son vrai nom Emil Anton Bundsmann, n’a fait que grimper les échelons. En effet, l’ancien fondateur de la troupe de théâtre Stock Company, dans laquelle allait officiait un certain James Stewart, s’est ensuite vu proposer de superviser les essais d’acteurs pour le compte de la prestigieuse Selznick International Pictures, sur les films comme La Famille sans-souci The Young in Heart de Richard Wallace, Le Lien sacré Made for Each Other de John Cromwell, et surtout Autant en emporte le vent Gone With The Wind de Victor Fleming, ainsi que Rebecca d’Alfred Hitchcock. Après cette expérience, Anthony Mann devient assistant de Preston Sturges chez Paramount Pictures sur Les Voyages de Sullivan Sullivan’s Travels en 1941. A la recherche de nouveaux talents derrière la caméra, le studio lui confie son premier long-métrage dès l’année suivante, Dr. Broadway, adapté d’un roman de Borden Chase. C’est alors pour lui l’occasion de se faire la main sur quelques séries B vite emballées avec un budget restreint et peu de jours de tournage. La courte durée de ses longs-métrages permet au cinéaste de se faire une renommée en voyant ses films couplés avec ceux de ses confrères plus reconnus. Il aborde ainsi la comédie-musicale (Moonlight in Havana, Nobody’s Darling, My Best Gal, Sing Your Way Home, The Bamboo Blonde), mais commence réellement à s’épanouir derrière la caméra à travers le film noir. Il enchaînera Strangers in the Night, Two O’Clock Courage, La Cible vivante, Strange Impersonation, Desperate et L’Engrenage fatal. Mais le tournant survient en 1947 avec La Brigade du suicideT-Men, l’histoire de deux agents du Département du Trésor qui infiltrent un réseau de fabricants de fausse monnaie, à travers laquelle Anthony Mann décrit le quotidien du travail des agents du Trésor (les T-Men éponymes donc) avec une précision quasi-documentaire. Immense succès, La Brigade du suicide s’avère la première des six collaborations entre le metteur en scène et le directeur de la photographie John Alton (Elmer Gantry, le charlatan de Richard Brooks, La Femme modèle de Vincente Minnelli, Deux rouquines dans la bagarre d’Alan Dwan). En l’espace de trois années, les deux hommes marqueront le septième art par leur virtuose association, qui prendra son essor dès leur second film en commun, Marché de brutes – Raw Deal, essai définitivement transformé cinq mois plus tard, jusqu’à leur ultime opus, le phénoménal Devil’s Doorway La Porte du diable. Mais pour l’heure, La Brigade du suicide, s’inspire d’une histoire de Virginia Kellogg (L’Enfer est à lui White Heat de Raoul Walsh), adaptée pour le cinéma par John C. Higgins (La Dernière flèche de Joseph M. Newman). T-Men demeure d’une folle modernité près de soixante-quinze après sa sortie, un exemple, un mètre étalon du suspense, autant passionnant sur le fond que sur la forme, qui n’a eu de cesse d’être copié depuis, mais très rarement égalé.

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Test Blu-ray / Crisis, réalisé par Nicholas Jarecki

CRISIS réalisé par Nicholas Jarecki, disponible en DVD et Blu-ray le 19 août 2021 chez Metropolitan Video.

Acteurs : Gary Oldman, Armie Hammer, Evangeline Lilly, Greg Kinnear, Michelle Rodriguez, Luke Evans, Lily-Rose Depp, Guy Nadon…

Scénario : Nicholas Jarecki

Photographie : Nicolas Bolduc

Musique : Raphael Reed

Durée : 2h

Année de sortie : 2021

LE FILM

L’arrestation à la frontière canadienne d’un passeur en possession d’une cargaison d’un puissant anti-douleur opioïde déclenche une série d’évènements incontrôlables. L’opération sous couverture d’un agent du FBI désormais compromise se complique encore avec la vendetta d’une ancienne addict alors qu’un éminent chercheur sonne l’alerte sur les dérives d’une industrie pharmaceutique corrompue.

Venu du documentaire avec The Outsider en 2005, dans lequel il suivait son confrère James Toback en pleine création, le réalisateur Nicholas Jarecki se fait surtout connaître des cinéphiles avec Arbitrage, son premier long-métrage sorti en 2012 – une belle et bonne surprise – inspiré par la crise financière internationale. Dans ce film, que l’on pourrait rapprocher de l’excellent Margin Call de J.C. Chandor, le scénariste et metteur en scène, lui-même fils de trader, offrait à Richard Gere l’un de ses meilleurs rôles, qui incarnait un magnat de la finance qui possède tout, mais qui cachait aussi un être sombre, sans scrupules, arrogant, n’hésitant pas à escroquer ses adversaires, sa propre entreprise de plusieurs centaines de millions de dollars, à mentir à sa famille dont sa femme et sa fille (et employée), et au passage à dissimuler sa responsabilité dans l’accident ayant entraîné la mort de sa maîtresse. La grande réussite d’Arbitrage était de parvenir à rendre attachant ce personnage que rien ni personne ne semblait ébranler. Il aura donc fallu attendre près de dix ans pour que Nicholas Jarecki revienne derrière la caméra avec Crisis, thriller qui s’inspire d’un des plus grands scandales sanitaires de tous les temps, une crise de santé publique liée à celle des opioïdes, entraînant une surprescription d’opiacés à fort risque d’accoutumance, à l’instar de l’Oxycodone. Si le réalisateur « invente » un médicament à risque dans son film, le procès en Oklahoma contre Johnson & Johnson (entreprise pharmaceutique américaine), qui avait dissimulé les risques de dépendance liés à la prise d’anti-douleurs à base d’opiacés, l’a évidemment guidé. En prenant en compte que près de 500.000 américains seraient morts par overdose aux États-Unis en deux décennies à cause de ces opiacés, Nicholas Jarecki livre un film dans la mouvance du récent Dark Waters de Todd Haynes, du sublime Erin Brockovich, seule contre tous (2000) de Steven Soderbergh, Révélations (1999) de Michael Mann et The Constant Gardener (2005) de Fernando Meirelles. S’il n’atteint pas les cimes comme ces précédents exemples, Crisis s’en sort remarquablement à travers un récit à plusieurs branches, où les histoires et les personnages sont narrés en parallèle, pour ensuite s’entrecroiser comme dans Traffic (2000) de Steven Soderbergh (tiens, encore lui) et Collision Crash (2004) de Paul Haggis. Certes, la mise en scène ne peut rivaliser avec celle des illustres références mentionnées ci-dessus, mais Nicholas Jarecki est loin d’être un tâcheron ou un simple faiseur. L’élégance de son long-métrage est indéniable, le scénario est passionnant, et le casting composé de Gary Oldman, Armie Hammer, Evangeline Lilly, Greg Kinnear, Michelle Rodriguez et Luke Evans est impeccable.

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Test Blu-ray / Cure, réalisé par Kiyoshi Kurosawa

CURE (Kyua – キュア) réalisé par Kiyoshi Kurosawa, disponible en DVD et Blu-ray le 28 juillet 2021 chez Carlotta Films.

Acteurs : Koji Yakusho, Tsuyoshi Ujiki, Anna Nakagawa, Masato Hagiwara, Yoriko Douguchi, Yukijiro Hotaru, Denden, Ren Osugi…

Scénario : Kiyoshi Kurosawa

Photographie : Tokushô Kikumura

Musique : Geiri Ashiya

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1999

LE FILM

Un officier de police, Takabe, enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont retrouvées avec une croix gravée dans le cou. Un jour, un jeune vagabond est arrêté près de l’endroit où a été retrouvé le dernier corps. Il est vite identifié comme un ancien étudiant en psychologie, devenu fou et ayant d’inquiétants pouvoirs hypnotiques, lui permettant de pousser des gens à commettre des actes criminels…

Cure, réalisé en 1997 par le cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa (né en 1955 et aucun lien de parenté avec Akira), est le film avec lequel ce dernier allait être révélé sur la scène internationale. L’artiste considéré aujourd’hui comme faisant partie des leaders du renouveau du cinéma nippon, au même titre que ses confrères Hideo Nakata et Shinya Tsukamoto, se place à la lisière des genres et des influences, inspiré à la fois par la Nouvelle Vague japonaise des années 1960-70 (Yoshida, Imamura, Oshima), mais aussi par le cinéma hollywoodien, en particulier par le film de genre US représenté par John Carpenter, George Romero, Richard Fleischer, Tobe Hooper et Don Siegel. Dès les années 1970, Kiyoshi Kurosawa enchaîne les courts-métrages, avant de passer au format long, puis de tourner pour la télévision. Prolifique (trop diront certains, et ils auront sans doute raison), le réalisateur aime le septième art, visionne pléthore de films, autant de chefs d’oeuvre reconnus que de séries B-Z improbables qu’il affectionne tout autant, même si le fantastique et l’horreur demeurent ses genres de prédilection. Dans les années 1990, les triomphes rencontrés par Le Silence des agneaux The Silence of the Lambs de Jonathan Demme et Seven de David Fincher rendent compte du nouvel attrait des spectateurs pour les thrillers psychologiques placés sous tension et centrés sur des tueurs en série. Ces deux références s’imposent évidemment aussi au Japon et créent moult ersatz. Cure en est assurément un. Ce sera le film de la reconnaissance pour Kiyoshi Kurosawa (son quinzième long-métrage), aussi bien dans son pays que dans le reste du monde où Cure est projeté dans de nombreux festivals et même encensé par un Martin Scorsese dithyrambique. Près d’un quart de siècle après sa sortie, on ne peut pas dire cependant que ce polar sensoriel ait bien vieilli, même s’il reste marqué par quelques indéniables fulgurances.

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Test Blu-ray / Till Death, réalisé par S.K. Dale

TILL DEATH réalisé par S.K. Dale, disponible en DVD et Blu-ray le 19 août 2021 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Megan Fox, Callan Mulvey, Eoin Macken, Lili Rich, Aml Ameen, Jack Roth…

Scénario : Jason Carvey

Photographie : Jamie Cairney

Musique : Walter Mair

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Dans une maison isolée dans la neige, une jeune femme se réveille menottée au corps sans vie de son mari. Incapable de se libérer, sans téléphone pour appeler du secours, elle découvre que des tueurs à gages sont en route pour venir l’éliminer.

Nous avions laissé précédemment Megan Fox en Afrique, où elle affrontait une lionne vorace dans Rogue, un film de guerre et survival nocturne vraiment sympathique. Décidée à reprendre sa carrière en main, la comédienne aura depuis donné la réplique à Bruce Willis dans le thriller Midnight in the switchgrass de Randall Emmett, producteur de Trauma Center, 10 Minutes Gone, Évasion 2 et 3, Backtrace, Représaille, enfin bref vous voyez le genre. Actrice peu considérée et la plupart du temps réduite à son physique, Megan Fox en a pourtant sous le capot, sous sa belle carrosserie, oui bon, elle était facile celle-là. D’ailleurs, elle le prouve une fois de plus dans Till Death, série B cette fois encore de fort bon acabit, dans laquelle elle ne se ménage pas et où elle livre une performance solide et avec une bonne dose d’ironie. Mis en scène par un certain S.K. Dale, dont il s’agit du premier long métrage après quelques courts très remarqués, dont The Coatmaker, petit film d’épouvante récompensé en 2019, Till Death s’avère très prometteur, contient son lot de rebondissements, que certains jugeront improbables certes (voir « empruntés » à Jessie de Stephen King et donc à l’excellent Gerald’s Game de Mike Flanagan), mais où le réalisateur parvient à maintenir une vraie et bien stressante tension durant 90 minutes.

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Test Blu-ray / Madhouse, réalisé par Jim Clark

MADHOUSE réalisé par Jim Clark, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 21 juillet 2021 chez ESC Editions.

Acteurs : Vincent Price, Peter Cushing, Robert Quarry, Adrienne Corri, Natasha Pyne, Michael Parkinson, Linda Hayden, Barry Dennen…

Scénario : Ken Levison & Greg Morrison, d’après le roman Devilday, d’Angus Hall

Photographie : Ray Parslow

Musique : Douglas Gamley

Durée : 1h32

Année de sortie : 1974

LE FILM

Le célèbre acteur de film d’horreur, Paul Toombes, connu notamment pour son interprétation du Dr Death, est frappé par une dépression nerveuse alors qu’il se rend en Angleterre pour le tournage d’une nouvelle série. C’est alors que les différents acteurs et membres de l’équipe technique de cette série commencent à mourir, d’une façon très analogue à celles dont mouraient les personnages des films du Dr Death…

Nous sommes en 1974 et le comédien Vincent Price (1911-1993) a déjà près de quarante ans de carrière derrière lui. Depuis le début de la décennie, il n’a cessé de tourner et l’on peut citer Lâchez les monstres Scream and Scream Again de Gordon Hessler, L’Abominable Dr. Phibes The Abominable Dr. Phibes de Robert Fuest et sa suite Le Retour de l’abominable Docteur Phibes Dr. Phibes Rises Again, sans oublier Théâtre de sang Theatre of Blood de Douglas Hickox. Parallèlement, Vincent Price apparaît également sur le petit écran, à l’instar de l’épisode de la série Columbo, Adorable mais dangereuse Lovely but Lethal, mis en scène par Jeannot Szwarc. Tournant principalement pour le compte de la Amicus Productions, l’acteur s’engage sur Madhouse, nouveau et énième film d’épouvante, d’après le roman Devilday d’Angus Hall, dont il trouve le scénario de Greg Morrison pourtant épouvantable et dont il demande la réécriture complète à son ami Ken Levison. Aux manettes de Madhouse, on retrouve Jim Clark (1931-2016), avant tout monteur de renom (Les Innocents de Jack Clayton, Charade de Stanley Donen, Marathon man de John Schlesinger, La Déchirure et Mission de Roland Joffé), dont il s’agit ici du dernier film en tant que réalisateur et qui remplaçait alors Robert Fuest. Le vent tourne au milieu des années 1970 et le cinéma d’horreur dit « traditionnel » donne à la fois quelques signes de fatigue, mais aussi de mutation. Bien avant Freddy sort de la nuit Wes Craven’s New Nightmare et Scream, qui sortiront respectivement en 1994 et 1996, Madhouse proposait une réflexion quasi-méta sur le genre, où un tueur semblant être sorti d’un film d’épouvante, assassine la compagne de celui qui l’interprétait à l’écran. Est-ce l’acteur lui-même qui revêt le costume de son personnage et s’empare d’une arme blanche pour assouvir ses instincts les plus primaires ? Ou est-ce un de ses fans, qui ne sait plus faire la distinction entre la réalité et la fiction ? Madhouse n’est certes pas exempt de défauts, notamment un rythme en dents de scie et un final assez grotesque, mais n’en reste pas moins un divertissement de qualité dans lequel on est heureux de retrouver Vincent Price, donner la réplique au non moins éminent Peter Cushing.

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Test Blu-ray / Accélération, réalisé par Michael Merino & Daniel Zirilli

ACCÉLÉRATION (Acceleration) réalisé par Michael Merino & Daniel Zirilli, disponible en DVD et Blu-ray le 21 juillet 2021 chez Crome Films.

Acteurs : Sean Patrick Flanery, Dolph Lundgren, Chuck Liddell, Natalie Burn, Quinton ‘Rampage’ Jackson, Danny Trejo, Al Sapienza…

Scénario : Michael Merino

Photographie : Jan-Michael Losada

Musique : Gregory De Iulio

Durée : 1h22

Année de sortie : 2019

LE FILM

Vladik Zorich, un seigneur du crime vicieux, est doublé par son agent le plus digne de confiance, Rhona. Par vengeance, Zorich kidnappe le fils de celle-ci. Alors que la vie de son fils est en jeu, Rhona élimine les délinquants les plus violents et les plus dépravés. Cependant, Vladik sous-estime la force de l’amour d’une mère…

Ces dernières années, nous avons déjà parlé de Dolph Lundgren à l’occasion de l’édition en DVD de l’excellent Don’t Kill It de Mike Mendez, de la ressortie en double programme de L’Homme de guerre, réalisé par Perry Lang et d’État d’urgence de Frédéric Forestier, sans oublier ses participations à la saison 5 d’Arrow, au blockbuster frappadingue Aquaman de James Wan, et bien sûr au Creed II de Steven Caple Jr. dans lequel il reprenait son rôle mythique d’Ivan Drago. On l’adore Dolph Lundgren, icône du cinéma d’action, diplômé en chimie après avoir suivi les cours du prestigieux Institut royal de technologie de sa ville natale Stockholm, qui se destinait à devenir ingénieur comme son père. Jusqu’à ce qu’il découvre les arts martiaux, le judo et le karaté à l’âge de 16 ans. La suite, on la connaît, il commence la compétition de haut niveau en 1979, deux ans avant de devenir ceinture noire et de compiler les titres nationaux au début des années 1980. C’est alors qu’il fait la rencontre de Warren Robertson, professeur d’art dramatique, disciple de l’imminent Lee Strasberg. C’est une révélation, il décide de devenir comédien. Profitant d’un regain de popularité au début des années 2010 suite au triomphe du premier épisode de la saga Expendables, Dolph Lundgren tournera plus de trente longs-métrages durant la décennie. Si la plupart resteront méconnus, pour ne pas dire inconnus voire introuvables (à part peut-être sur la TNT), on pourra citer tout de même une participation non créditée dans Ave, César ! de Joel et Ethan Coen, un Flic à la maternelle 2 de Don Michael Paul, Black Water de Pasha Patriki dans lequel il retrouvait Jean-Claude Van Damme et quatre films qu’il enchaîne avec son ami Giorgio Serafini. Avant de reprendre son rôle du roi Nérée dans le très attendu Aquaman and the Lost Kingdom de James Wan, Dolph Lundgren n’en finit pas de passer d’un continent à l’autre pour y tourner diverses séries B voire Z histoire de payer ses impôts entre deux projets plus valorisants. Accélération fait clairement partie du bas du panier. Nanar éclairé aux néons qui cumule les séquences poussives, pour ne pas dire chiantissimes, de couleur verte, bleue, rose, rouge, où le visage des acteurs est sans arrêt barré d’un lens flare, Accélération n’a aucun intérêt, si ce n’est qu’il a probablement aidé Dolph Lundgren – réduit ici à quelques apparitions en pointillés – à financer l’entretien de sa piscine.

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Test Blu-ray / Le 2e Amendement, réalisé par Brian Skiba

LE 2E AMENDEMENT (The 2nd) réalisé par Brian Skiba, disponible en DVD et Blu-ray le 14 avril 2021 chez AB Vidéo.

Acteurs : Ryan Phillippe, Casper Van Dien, Jack Griffo, Lexi Simonsen, Richard Burgi, William Katt, Samaire Armstrong, William McNamara…

Scénario : Eric Bromberg & Paul Taegel

Photographie : Adam Biddle

Musique : Richard Patrick

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Alors qu’il récupère son fils à l’université, l’agent des services secrets Vic Davies se retrouve au milieu d’une opération terroriste. Seul contre tous, il doit alors mobiliser tous ses talents…

Oh, un fight entre deux has-been des années 1990 ! D’un côté, Ryan Phillippe, né en 1974, connu pour avoir joué chez les frères Scott, chez Tony dans USS Alabama (1995), chez Ridley dans Lame de fond White Squall (1996), dans les petits classiques Souviens-toi…l’été dernier I Know What You Did Last Summer (1997) et Sexe intentions Cruel Intentions de Roger Kumble (1999), ainsi que dans les sympathiques Studio 54 (1998) de Mark Christopher et Way of the Gun (2000) de Christopher McQuarrie. Après quelques apparitions chez Robert Altman (Gosford Park), Paul Haggis (Collision Crash) et Clint Eastwood (Mémoires de nos pères Flags of Our Fathers), le comédien, ex-monsieur Reese Witherspoon et père de deux de ses enfants, a surtout fait parler de lui pour avoir enchaîné les histoires avec des actrices de dix, quinze voire vingt ans de moins que lui. Pour la série Shooter (2016-2018) aussi c’est vrai, soyons honnêtes. De l’autre côté on trouve Casper Van Dien, né en 1968, découvert dans Starship Troopers (1997) de Paul Verhoeven et l’année suivante dans Tarzan et la Cité perdue Tarzan and the Lost City de Carl Schenkel, dans lequel il interprétait l’homme-singe en pagne et qui arborait ses tablettes de chocolat difficilement obtenues dans un club de gym de la jungle. A part le Sleepy Hollow (1999) de Tim Burton et – à la rigueur – Battle Angel de Robert Rodriguez vingt ans plus tard, il n’y a absolument rien d’autre à sauver de sa filmographie, pourtant conséquente. On était donc curieux, un peu pervers aussi sans doute, de découvrir Le 2e Amendement The 2nd de Brian Skiba, réalisateur prolifique, dont « l’oeuvre » semble destinée au fin fond des bacs vidéo et aux multiples diffusions sur la TNT. Le metteur en scène de titres aussi « évocateurs » comme Dans les griffes de mon beau-père, Une grossesse manipulée, Dangereuse infidélité, Des vacances en enfer et divers films de Noël, livre avec Le 2e Amendement un Die Hard de chez Wish, grossièrement réalisé avec peu de moyens, tout juste divertissant si le spectateur n’est pas très regardant sur la qualité de ce qu’on lui propose.

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Test Blu-ray / Le Conseiller, réalisé par Alberto De Martino

LE CONSEILLER (Il consigliori) réalisé par Alberto De Martino, disponible en combo DVD/Blu-ray – vendu uniquement avec le film Napoli sapa de William Howkins – depuis le 26 mai 2021 chez Studiocanal.

Acteurs : Tomás Milián, Martin Balsam, Francisco Rabal, Dagmar Lassander, Perla Cristal, Carlo Tamberlani, Manuel Zarzo, John Anderson, Franco Angrisano…

Scénario : Adriano Bolzoni, Alberto De Martino, Vincenzo Flamini & Leonardo Martin

Photographie : Joe D’Amato & Rafael Pacheco

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h42

Date de sortie initiale: 1973

LE FILM

Thomas vient de quitter la Mafia pour retourner défendre Don Antonio Macaluso, le chef de la pègre de San Francisco. Son rival, Garofalo, est bien déterminé à usurper son poste et une bataille sanglante s’ensuit. Don Antonio en sort vainqueur, ce qui lui confère le contrôle des opérations de la côte ouest.

Alberto de Martino (1929-2015) a fait des études de droit. Une fois son diplôme en poche, il décide de se lancer dans le cinéma. Il devient figurant puis jeune acteur. Par la suite, il passe derrière la caméra en assistant des réalisateurs (dont Sergio Leone sur Il était une fois…la révolution) et en travaillant sur des documentaires. Son expérience l’amène à devenir scénariste et cinéaste dans les années 60. Il met en scène des longs-métrages aux genres extrêmement variés : péplum, western, épouvante, espionnage, guerre, giallo, horreur et science-fiction. Parmi les films les plus populaires de sa filmographie, nous pouvons citer par exemple Holocauste 2000 et L’AntéchristL’anticristo. En 1973, il réalise Le ConseillerIl consigliori un polar qui place la mafia italienne au centre de l’histoire.

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Test Blu-ray / The Dare, réalisé par Giles Alderson

THE DARE réalisé par Giles Alderson, disponible en DVD et Blu-ray le 22 juillet 2021 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Bart Edwards, Richard Brake, Richard Short, Alexandra Evans, Robert Maaser, Mitchell Norman, Harry Jarvis, Daniel Schutzmann, Devora Wilde…

Scénario : Giles Alderson & Jonny Grant

Photographie : Andrew Rodger

Musique : Mario Grigorov

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Jay passait une soirée tranquille chez lui avec sa femme et ses deux filles, jusqu’à ce qu’il se fasse assommer et kidnapper sous leurs yeux. À son réveil, il se retrouve dans une pièce aux allures de chambre de torture, en compagnie de trois autres personnes…

On ne sait pas grand-chose sur The Dare, production Millenium Films, premier long-métrage mis en scène par le britannique Giles Alderson (né en 1977), également monteur, comédien, assistant-réalisateur, scénariste et producteur. Auteur d’une dizaine de courts-métrages, d’un documentaire (World of Darkness) et d’une série télévisée (The Girl Whisperer), il passe le cap du long format avec The Dare, film d’épouvante tourné en Bulgarie, qui a reçu le Prix du public lors de la cérémonie des Popcorn Frights, le plus gros festival américain consacré aux films de genre. Si l’on ne misait pas un kopeck sur cette énième variation de Saw, du moins c’est ce que l’on pouvait penser en voyant la bande-annonce quasi-exclusivement centrée sur les tortures infligées aux personnages, on est au final relativement surpris et même plutôt emballé par The Dare, qui parvient à contenter les spectateurs avides d’émotions fortes, mais aussi ceux qui demandent un brin de psychologie et d’émotions en plus. Au-delà d’une réalisation très soignée, pour ne pas dire élégante, le film rend compte aussi de la solide direction d’acteurs de Giles Alderson. Point de comédiens ersatz de vedettes ou de stars de chez Wish, ils sont tous ici impeccables, en premier lieu l’excellent Richard Brake, que les cinéphiles/phages auront déjà remarqué dans Le Dahla noir de Brian De Palma, chez Rob Zombie (Halloween 1 et 2, 31, 3 from Hell), Les Frères Sisters The Sisters Brothers de Jacques Audiard, Mandy de Panos Cosmatos, mais qui restera pour beaucoup le Roi de la nuit de la série Game of Thrones. Toujours est-il que si vous cherchez un bon film d’horreur pour l’été, rapide, efficace, pas bête et flippant, The Dare est fait pour vous.

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Test DVD / La Femme au gardénia, réalisé par Fritz Lang

LA FEMME AU GARDÉNIA (The Blue Gardenia), disponible depuis le 12 décembre 2006 en DVD chez Films sans Frontières.

Acteurs : Anne Baxter, Richard Conte, Ann Sothern, Raymond Burr, Nat « King » Cole, Jeff Donnell, Richard Erdman, George Reeves…

Scénario : Charles Hoffman, d’après une histoire originale de Vera Caspary

Photographie : Nicholas Musuraca

Musique : Raoul Kraushaar

Durée : 1h26

Année de sortie : 1953

LE FILM

Après un rendez-vous galant au cabaret le Gardénia Bleu, Norah Larkin suit son séducteur qui tente d’abuser d’elle. La jeune femme, pour se défendre, le frappe avec un tisonnier. Le lendemain, elle apprend dans la presse que son amant est mort. Casey Mayo, un célèbre chroniqueur, lui propose par voie de presse de l’aider à se défendre.

« C’est une vision particulièrement perfide de la vie américaine. Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce fut mon premier film de l’après Mc Carthy et que j’ai dû le tourner en vingt jours. C’est sans doute ce qui m’a rendu si venimeux » Fritz Lang à propos de La Femme au gardénia. Pourtant, The Blue Gardenia démarre comme presque comme une comédie légère avec l’exposition des trois protagonistes principaux, Norah Larkin (Anne Baxter), Casey Mayo (Richard Conte) et Harry Prebble (Raymond Burr). Puis Fritz Lang se focalise plus précisément sur la jeune femme, que l’on découvre chez elle en compagnie de deux amies colocataires. Norah se prépare à dîner aux chandelles avec le portrait de son amoureux posé sur la table, qui ne peut être présent physiquement, car mobilisé en Corée. Résolue à l’attendre, elle vit ainsi au jour le jour, en espérant que l’homme qu’elle aime revienne au bercail le plus tôt possible. Mais une lettre lui informe qu’il ne reviendra pas vers elle, car il vient de rencontrer une infirmière, qu’il souhaite épouser. Folle de chagrin, elle décide de passer la soirée avec Prebble, un homme à femmes, avec lequel elle décide de se lâcher. La soirée est très alcoolisée et au moment où Norah se refuse finalement à lui, Prebble devient violent…Le cinéaste fait monter la tension, tout en dressant le portrait de cette standardiste anonyme, qui se retrouve dans une situation extraordinaire, où elle devient la première suspecte dans une affaire de meurtre. Si La Femme au gardénia est et restera un film mineur de Fritz Lang, ce long-métrage réalisé entre Le Démon s’éveille la nuit Clash by Night et Règlement de comptes The Big Heat, n’en demeure pas moins excellent, aussi bien sur la forme que sur le fond. Inspirée par une histoire de Vera Caspary (l’autrice de Laura, adapté en 1944 par Otto Preminger), voici une bonne et néanmoins méconnue leçon de mise en scène et de montage, doublée d’une très solide direction d’acteurs, par l’un des plus grands maîtres de l’histoire du cinéma.

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