Test Blu-ray / Meurtre par intérim, réalisé par Umberto Lenzi

MEURTRE PAR INTÉRIM (Un posto ideale per uccidere) réalisé par Umberto Lenzi, disponible en Blu-ray – Édition limitée chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Irène Papas, Ray Lovelock, Ornella Muti, Michel Bardinet, Salvatore Borgese, Umberto Raho, Jacques Stany…

Scénario : Umberto Lenzi, Antonio Altoviti & Lucia Drudi Demby

Photographie : Alfio Contini

Musique : Bruno Lauzy

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

À Copenhague, Ingrid Sjoman et Dick Butler forment un jeune couple de marginaux qui subsiste tant bien que mal en vendant à la sauvette des revues et photos pornographiques. Ils décident de partir en Italie, dans l’espoir de gagner plus d’argent. Là-bas, en Toscane, recherchés par la police, ils trouvent refuge dans une vaste villa isolée, près de Florence, où vit Barbara Slater, femme issue d’un milieu aisé. Si, dans un premier temps, celle-ci se montre hostile à leur égard, ils finissent par se faire accepter d’elle sans imaginer dans quel traquenard ils sont tombés…

Dans les années 1970, Umberto Lenzi se spécialise dans le poliziottesco, mais avant cela dans giallo, avec en vrac Spasmo (1974), Le Couteau de glace (1972), Chats rouges dans un labyrinthe de verre (1975), Le Tueur à l’orchidée (1972). En fait, on peut même remonter à la fin des années 1960 avec Une folle envie d’aimer – Orgasmo et Si douces, si perverses – Così dolce… così perversa, avec Jean-Louis Trintignant, Carroll Baker et Erika Blanc. Parmi ses opus les moins célèbres, on trouve cet intrigant Meurtre par intérim – Un posto ideale per uccidere, qui sort un peu plus d’un an après Formule 1 – Paranoia. De l’aveu même du réalisateur, le tournage du film s’est fait dans la frustration, en raison de changements imposés du scénario, qui devait suivre un jeune couple dealer de la dope pour ainsi financer leurs vacances. Une idée insufflée par Tonino Guerra, suite à l’accueil frileux de Carlo Ponti. Ce n’est donc plus de la drogue, mais de la pornographie qui est vendue sous le manteau, alors que celle-ci devenait omniprésente au moment de la sortie de Meurtre par intérim. Dans l’ensemble, Un posto ideale per uccidere se tient surtout grâce à la mise en scène toujours solide et élégante d’Umberto Lenzi, ainsi que pour la superbe photographie d’Alfio Contini, chef opérateur d’Il Gaucho, des Monstres et du Fanfaron de Dino Risi, sans oublier la fraîcheur et la beauté d’Ornella Muti, 16 ans, tout juste révélée par Damiano Damiani dans Seule contre la mafia – La moglie più bella.

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Test Blu-ray / La Mort a souri à l’assassin, réalisé par Joe d’Amato

LA MORT A SOURI À L’ASSASSIN (La Morte a sorriso all’assassino) réalisé par Joe d’Amato, disponible en Blu-ray – Édition limitée chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Ewa Aulin, Klaus Kinski, Giacomo Rossi Stuart, Angela Bo, Sergio Doria, Attilio Dottesio, Marco Mariani, Luciano Rossi…

Scénario : Joe D’Amato, Claudio Bernabei & Romano Scandariato

Photographie : Joe d’Amato

Musique : Berto Pisano

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

1909, en Europe – Greta von Holstein, qui entretient une liaison incestueuse avec Franz, son frère bossu, perd la mémoire à la suite d’un accident de calèche survenu devant la demeure des von Ravensbrück. Appelé au chevet de la malade, le Dr Sturges semble surtout s’intéresser à l’étrange médaillon inca qu’elle porte autour du cou et qui pourrait l’aider dans ses recherches sur la résurrection. Restée auprès de Walter et Eva von Ravensbrück qui se sont entichés d’elle, la belle Greta semble en proie à une ombre. La maisonnée est bientôt la cible d’une vague de crimes particulièrement violents…

Résumer la carrière d’Aristide Massaccesi alias Joe d’Amato (1936-1999) est un pari risqué qu’on aurait beaucoup de mal à relever avec ses 200 films réalisés en à peine trente ans de métier. Nous en avons déjà parlé à deux reprises, à lors de la sortie en Blu-ray d’Emmanuelle et Françoise en 2018 chez Le Chat qui fume (avec près de trois heures de suppléments) et Emanuelle et les derniers cannibales chez Artus Films. Homme-orchestre (ou couteau-suisse si vous voulez), assistant-metteur en scène, monteur, acteur occasionnel, producteur, scénariste, cameraman, directeur de la photographie et cinéaste, Joe d’Amato devra attendre l’année 1973 pour signer son premier film d’horreur, La Mort a souri à l’assassin – La Morte ha sorriso all’assassino, après Sollazzevoli storie di mogli gaudenti e mariti penitenti – Decameron nº 69, qui narrait l’histoire d’une poignée de moines découvrant le plaisir sexuel et plusieurs westerns pour lesquels il n’était pas crédité (Planque toi minable, Trinita arrive…, Le Colt était son dieu, Un Bounty killer à Trinità). Coup d’essai, coup de maître pour ce conte macabre et pourtant foudroyant, qui fait penser parfois un épisode de Tales from the Crypt, dans lequel on croise Klaus Kinski (tout droit sorti d’Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog) en savant fou qui passe son temps à faire des équations au tableau et qui s’amuse avec des fioles et éprouvettes contenant un liquide verdâtre ramenant les morts à la vie, ce qui rappelle au passage bougrement Re-Animator. Mais il n’est pas la vedette de La Mort a souri à l’assassin, rôle dévolu à Ewa Aulin (La Mort a pondu un œuf de Giulio Questi, Cérémonie sanglante de Jorge Grau, Candy de Christian Marquand), qui illumine le film de sa beauté diaphane et de son sourire angélique qui devient terrifiant au fil du récit. Ponctué par quelques fulgurances gores qui font encore leur effet un demi-siècle après, une touche érotique et une pincée de fantastique, La Morte ha sorriso all’assassino est autant un film d’épouvante qui fera le bonheur des adeptes du genre qu’un fascinant objet destiné aux cinéphiles esthètes qui se souviendront longtemps de la magnificence de certaines séquences. Une énigmatique, envoûtante et immersive expérience sensorielle.

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Test 4K UHD / Le Sang des autres ou la volupté de l’horreur, réalisé par Ken Ruder

LE SANG DES AUTRES OU LA VOLUPTÉ DE L’HORREUR – LES CHEMINS DE LA VIOLENCE – PERVERSIONS SEXUELLES (El Secreto de la momia egipcia) réalisé par Ken Ruder, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition limitée chez Le Chat qui fume.

Acteurs : George Rigaud, Teresa Gimpera, Michael Flynn, Catherine Franck, Frank Braña, Patricia Lee, Sandra Reeves, Julie Presscott…

Scénario : Vincent Didier & Julio Salvador

Photographie : Raymond Heil

Musique : Max Gazzola

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Angleterre, XIXème siècle. Plusieurs jeunes femmes ont disparu ces derniers temps dans le village jouxtant le château du comte de Dartmoor, scientifique féru d’occultisme, reclus dans son domaine avec John, son fidèle serviteur. Or, selon les rumeurs, la cause de ces disparitions serait liée au châtelain. Sous prétexte d’assister le scientifique, James Barton se présente à lui en qualité d’égyptologue…

Le Sang des autres ou la volupté de l’horreur, ou Les Chemins de la violence, ou bien encore Perversions sexuelles, cela dépend la version du film que vous avez pu voir, selon le degré de nudité des actrices. Le titre original est en fait El Secreto de la momia egipcia, une coproduction franco-ibérique sortie courant juin 1973 dans l’Hexagone et un an plus tard sur les écrans espagnols. À la barre est crédité un certain Ken Ruder, dont on ne sait pratiquement rien, si ce n’est qu’il s’agit du pseudonyme d’Alejandro Martí, qui signait son second et dernier film comme réalisateur, cinq ans après Elisabeth, opus en costume teinté de chansons, de danses, de musique, d’humour et d’aventures, quasiment invisible ou pour ainsi dire disparu aujourd’hui. Dans Le Sang des autres (nous l’appellerons comme ça), on retrouve son goût pour les grands paysages et le travail sur les couleurs, mis cette fois au service d’un récit qui oscille entre l’horreur et l’érotisme. Le scénario coécrit par Vincent Didier et Julio Salvador (auteur du thriller La Machination, avec Léa Massari, Marisa Mell, Philippe Leroy et…Roger Hanin) surfe sur la vague de plusieurs genres alors prisés par les spectateurs, mais compile surtout diverses références de la littérature fantastique et d’épouvante. En apparaissant finalement comme un chaînon manquant entre Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley et Dracula de Bram Stoker, Le Sang des autres se nourrit de ces mythes prestigieux pour donner naissance à un long-métrage particulièrement ambitieux, aussi bien sur le fond que sur la forme, en contentant à la fois l’âme, le coeur et le bas-ventre des cinéphiles adeptes d’expériences cinématographiques et les cinéphages à la recherche de divertissements alliant le sang et les belles nanas dévoilées dans le plus simple appareil. Une sacrée découverte.

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Test Blu-ray / Savage Dawn, réalisé par Simon Nuchtern

L’AUBE SAUVAGE (Savage Dawn) réalisé par Simon Nuchtern, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : George Kennedy, Richard Lynch, Karen Black, Claudia Udy, Lance Henriksen, Lewis Van Bergen, William Forsythe, Leo Gordon, Michael Sharrett, Kevin Thompson…

Scénario : Bill Milling

Photographie : Gerald Feld

Musique : Pino Donaggio

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Un gang de vicieux motards s’empare d’une petite ville en Arizona. Un vétéran de la guerre du Vietnam de passage dans la ville et quelques locaux avec rien à perdre vont partir en guerre contre l’impitoyable chef du gang…

Savage Dawn ou L’Aube sauvage, est un film qui sent le musc, la poussière, la sueur et le scrotum. Le genre d’opus à la fin duquel on se renifle les doigts. Amis de la poésie bonjour, il sera question aujourd’hui du dernier long-métrage réalisé par un certain Simon Nuchtern, touche à tout qui a commencé sa carrière comme directeur de la photographie et cameraman sur The Sensualist (1966), fleuron devenu invisible de la sexploitation, avant de devenir metteur en scène, scénariste et son propre producteur. S’il se fera plus discret dans le monde du cinéma par la suite, il signe donc son dernier ouvrage en 1985, Savage Dawn, tourné durant l’été 1984 dans le désert californien, sur un scénario de Bill Milling, complice du réalisateur. L’Aube sauvage est un vrai film d’exploitation qui surfe allègrement sur l’atmosphère poudreuse et « testostéronée » de Mad Max 2 : Le Défi, avec un Lance Henriksen bien agité, silhouette de phasme sec et musclé, qui paraît agité du bocal (c’est un ancien du Vietnam), qui utilise ses poings et ses pieds comme de sulfateuses quand la veuve et l’orphelin se trouvent malmenés par de méchants motards qui n’ont pas inventé l’eau tiède ni la machine à cintrer les bananes. Savage Dawn est un spectacle disons-le tout de go absolument génial, mené sans temps mort, formidablement interprété par un casting de qualité et surtout qui a de la gueule. On en redemande et ça tombe bien, puisqu’il est désormais disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

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Test Blu-ray / Frissons d’horreur, réalisé par Armando Crispino

FRISSONS D’HORREUR (Macchie solari) réalisé par Armando Crispino, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Mimsy Farmer, Barry Primus, Ray Lovelock, Carlo Cattaneo, Angela Goodwin, Gaby Wagner, Massimo Serato, Ernesto Colli…

Scénario : Lucio Battistrada & Armando Crispino

Photographie : Carlo Carlini

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Rome, années 1970 – La capitale italienne subit un été caniculaire et une vague de suicides inexplicable. Ce climat anxiogène a des effets néfastes sur Simona Sanna, jeune légiste à la morgue. Surmenée, elle commence à être victime d’hallucinations. Dans le même temps, ses rapports avec son petit ami Edgardo Fiorini, photographe, se dégradent. C’est alors qu’elle rencontre Paul Lenox, un prêtre persuadé que sa soeur ne s’est pas suicidée comme on le lui affirme. Simona accepte de l’aider dans ses investigations.

On connaissait le réalisateur Armando Crispino (1924-2003) grâce à son premier long-métrage, Les Nuits facétieuses – Le Piacevoli notti (1966), coréalisé avec Luciano Lucignani, porté par l’immense Vittorio Gassman, Gina Lollobrigida et Ugo Tognazzi. Un coup d’essai qui surfait sur la mode des comédies italiennes inspirées par le Moyen Âge, L’Armée Brancaleone et sa suite Brancaleone s’en va-t-aux croisades de Mario Monicelli, sans oublier Belfagor le Magnifique d’Ettore Scola cartonnaient dans les salles. Ancien assistant de Luigi Comencini (Les Volets clos, La Belle de Rome) et d’Antonio Pietrangeli (Le Célibataire, Souvenirs d’Italie, Les Époux terribles), Armando Crispino démarre donc en duo derrière la caméra, faux films à sketches, œuvre inégale, qui vaut bien plus pour le jeu de ses monstres survoltés et en pleine Commedia dell’arte, que pour ses qualités techniques. Mais le metteur en scène délaissera très vite ces farces médiévales et montrera son penchant pour diversifier les sujets. Suivront Johnny le bâtard, un western qui s’avère en fait une relecture de Dom Juan, avec John Richardson, le film de guerre Commandos avec Lee Van Cleef, d’après une histoire de Dario Argento et…Menahem Golan, mais c’est avec le giallo Overtime – L’Etrusco uccide ancora qu’Armando Crispino va réellement commencer à s’épanouir. Il dirige ensuite Barbara Bouchet dans L’Abbesse de Castro, adaptation de la nouvelle homonyme de Stendhal, avant de renouer avec le thriller en 1975. Ce sera Frissons d’horreur – Macchie solari, connu également en France sous le titre La Victime, formidable opus du genre, qui se démarque autant par son style que de son récit, qui annoncent ni plus ni moins Phénomènes – The Happening (2008) de M. Night Shyamalan, en beaucoup plus réussi d’ailleurs. Giallo foncièrement original et mené de main de maître, Frissons d’horreur jouit aussi et surtout d’un atout de taille en la personne de la mythique Mimsy Farmer, la même année que La Traque de Serge Leroy, alors installée en Italie où elle a épousé l’écrivain et scénariste Vincenzo Cerami (La Vie est belle de Roberto Benigni). Magnétique comme toujours, la comédienne livre une prestation de haute volée, comme l’année précédente dans le fameux Le Parfum de la dame en noir – Il Profumo della signora in nero de Francesco Barilli. A ne manquer sous aucun prétexte.

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Test Blu-ray / Un papillon aux ailes ensanglantées, réalisé par Duccio Tessari

UN PAPILLON AUX AILES ENSANGLANTÉES (Una farfalla con le ali insanguinate) réalisé par Duccio Tessari, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Helmut Berger, Giancarlo Sbragia, Evelyn Stewart, Silvano Tranquilli, Wendy D’Olive, Günther Stoll, Wolfgang Preiss, Lorella De Luca…

Scénario : Duccio Tessari, d’après une histoire originale de Gianfranco Clerici

Photographie : Carlo Carlini

Musique : Gianni Ferrio

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Une jeune étudiante française est assassinée dans un parc. Tous les éléments pointent vers un suspect, le notable Marchi et l’issue du procès semble inéluctable. Mais la rigueur du travail de la police se voit battue en brèche par l’avocat de la défense, le témoignage du petit ami de la victime… et bientôt un second meurtre.

A l’instar de Luciano Ercoli dans notre précédente chronique, nous ne retracerons pas le parcours et la carrière de son confrère Duccio Tessari (1926-1994) et nous vous invitons à relire nos articles sur Zorro et Le Retour du Ringo. L’ancien assistant de Mario Bonnard et Sergio Leone sur Les Derniers jours de Pompéi – Gli ultimi giorni di Pompei (1959), de Vittorio Cottafavi (1960) sur Messaline, de Vittorio Sala sur La Reine des Amazones – La Regina delle Amazzoni (1960), et scénariste sur Pour une poignée de dollars – Per un pugno di dollari (1964) en est déjà à son quinzième long-métrage quand il entreprend Un papillon aux ailes ensanglantées – Una farfalla con le ali insanguinate. Connu en France sous le titre Cran d’arrêt, réalisé après le formidable Mort ou vif… De préférence mort – Vivi o preferibilmente morti avec Giuliano Gemma, Nino Benvenuti et Sydne Rome, qui posait les bases des futurs grands classiques immortalisés par Terence Hill et Bud Spencer, ce thriller surfe allègrement sur les gialli qui fleurissaient dans les salles de cinéma, non seulement italiennes, mais du monde entier. Dans le sillage du « giallo animalier » tracé par Le Chat à neuf queues – Il Gatto a nove code et L’Oiseau au plumage de cristal – L’Uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento, L’Iguane à la langue de feu – L’Iguana dalla lingua di fuoco de Riccardo Freda et autres opus du genre aux titres emblématiques et facilement reconnaissables, Un papillon aux ailes ensanglantées débarque sur les écrans transalpins en septembre 1971. Soyons honnêtes, le film de Duccio Tessari vaut aujourd’hui bien plus pour sa forme que pour son récit il faut bien le dire peu enthousiasmant et passionnant, qui s’étire trop en longueur et qui commence réellement à devenir intéressant dans sa dernière partie, plus focalisée sur le personnage incarné par le légendaire Helmut Berger.

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Test Blu-ray / Photos interdites d’une bourgeoise, réalisé par Luciano Ercoli

PHOTOS INTERDITES D’UNE BOURGEOISE (Le Foto proibite di una signora per bene) réalisé par Luciano Ercoli, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Dagmar Lassander, Pier Paolo Capponi, Simon Andreu, Osvaldo Genazzani, Salvador Huguet, Nieves Navarro…

Scénario : Ernesto Gastaldi & Mahnahén Velasco

Photographie : Alejandro Ulloa

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Minou, jeune femme prude et insatisfaite, est mariée à l’industriel Peter. A l’opposé de Minou, son amie Dominique est une femme libre et sensuelle qui se livre à des jeux érotiques au cours desquels elle se photographie en compagnie d’amants. Accusant Peter de meurtre, un maître chanteur exige de Minou son corps pour prix de son silence.

Nous parlions il y a peu de temps de Luciano Ercoli (1929-2015), en raison de la sortie en Blu-ray de La Mort caresse à minuit –La Morte accarezza a mezzanotte (1972) chez Artus Films. Nous n’aurons pas l’outrecuidance de retracer le parcours du réalisateur et nous vous invitons à relire notre précédente chronique. Nous irons donc à l’essentiel pour évoquer aujourd’hui son premier long-métrage, Photos interdites d’une bourgeoise – Le Foto proibite di una signora per bene (1970), véritable coup de maître, non pas un giallo, mais un film à suspense, un thriller paranoïaque dans lequel le metteur en scène dévoile toute sa virtuosité et sa maîtrise de la grammaire cinématographique. Ne vous attendez surtout pas à des meurtres sanglants ou élaborés par quelques tueurs masqués munis d’une arme blanche, rien de tout ça ici, ce qui importe le plus étant l’ambiance oppressante, la science du cadre large (superbe), le rythme languissant (sans inspirer l’ennui) et l’excellence d’un casting solidement dirigé. Gros succès à sa sortie, qui avait d’ailleurs remis sur les rails la société de production du cinéaste, la PCM (autrement dit la Produzioni Cinematografiche Mediterranee), Photos interdites d’une bourgeoise peut se targuer d’avoir pris très peu de rides et reste un modèle du genre, ou allons-y carrément, une leçon de cinéma à part entière.

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Test 4K UHD / La Balance, réalisé par Bob Swaim

LA BALANCE réalisé par Bob Swaim, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray le 15 février 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Philippe Léotard, Nathalie Baye, Richard Berry, Maurice Ronet, Bernard Freyd, Christophe Malavoy, Jean-Paul Comart, Albert Dray, Florent Pagny, Tchéky Karyo, Sam Karmann…

Scénario : Bob Swaim & Mathieu Fabiani

Photographie : Bernard Zitzermann

Musique : Roland Bocquet

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Mathias Palouzi, flic responsable des brigades territoriales, s’est mis en tête d’arrêter le roi de la pègre de Belleville : Roger Massina. Pour atteindre son but, un indic lui est indispensable. Quand celui qui l’informait est retrouvé assassiné, Palouzi n’a plus qu’à chercher une autre « balance ». Dédé Laffont, petit proxénète, apparaît comme le remplaçant idéal : il a un contentieux avec Massina et désire se venger.

Né en 1943 dans l’Illinois, Bob Swaim s’installe en France en 1965, où il s’inscrit à la Sorbonne, section ethnologie. Devenu un fidèle de la Cinémathèque, il commence à étudier à l’École Louis Lumière, puis devient cameraman, avant de signer trois courts-métrages, Le Journal de M. Bonnafous (1970), L’Autoportrait d’un pornographe (1972) et Vive les Jacques (1973). Il passe le cap du long-métrage en 1977 avec La Nuit de Saint-Germain-des-Prés, dans lequel Michel Galabru interprète le légendaire Nestor Burma, d’après Léo Malet, et dirige un certain Daniel Auteuil, qui faisait ses premiers pas au cinéma. Échec cinglant, le film n’attire même pas 50.000 spectateurs…1982, Bob Swaim fait son retour derrière la caméra et crée l’événement avec La Balance. Avec ses 4,2 millions d’entrées, ce polar se classe en cinquième position au box office cette année-là, derrière E.T. l’extraterrestre, L’As des as, Deux heures moins le quart avant J.C. et Le Gendarme et les Gendarmettes, et parvient à se classer devant La Boum 2, Les Misérables de Robert Hossein, Mad Max 2, le défi et Les Sous-doués en vacances. Carton plein pour La Balance, qui obtient huit nominations aux César et récolte les compressions tant convoitées de la Meilleure actrice, du Meilleur acteur et du Meilleur film. Quarante ans après son raz-de-marée, La Balance demeure une valeur sûre du film policier hexagonal. S’il reste indéniablement représentatif de son époque et si les premières minutes peuvent faire peur avec son côté nanar et kitsch, La Balance déploie ensuite un récit riche en rebondissements et déploie un éventail de personnages excellemment écrits, développés, croqués, documentés, remarquablement interprétés par Nathalie Baye, Philippe Léotard, Richard Berry, Christophe Malavoy, Jean-Paul Comart, Florent Pagny, Tchéky Karyo et bien d’autres. Si l’on a souvent loué l’importance des Ripoux de Claude Zidi, de Police de Maurice Pialat, et de L.627 de Bertrand Tavernier, sortis respectivement deux ans, trois ans et dix ans après, dans sa représentation réaliste du quotidien de la brigade des stupéfiants de Paris, La Balance posait déjà les bases, les intentions et les partis-pris. L’oeuvre de Bob Swaim était donc ce qu’on peut qualifier d’avant-gardiste, avait su saisir quelque chose d’inédit d’un genre en pleine mutation, qui allait engendrer moult ersatz, séries B et Z et même changer la donne quant aux codes des séries télévisées du genre qui reprendront le même schéma (même encore aujourd’hui) plus réaliste. La Balance est ni plus ni moins une pierre angulaire du polar français.

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Test 4K UHD / Les Fauves, réalisé par Jean-Louis Daniel

LES FAUVES réalisé par Jean-Louis Daniel, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray le 15 février 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Philippe Léotard, Daniel Auteuil, Gabrielle Lazure, Macha Méril, Valérie Mairesse, Véronique Delbourg, Florent Pagny, Farid Chopel…

Scénario : Catherine Cohen, Jean-Louis Daniel & Philippe Setbon

Photographie : Richard Andry

Musique : Philippe Servain

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Un couple de célèbres cascadeurs. Bela et Berg, se préparent à présenter un numéro particulièrement dangereux. Bela, en larmes, annonce à Berg qu’elle le quittera à la fin de la soirée. Étonné de cette décision soudaine, Berg s’énerve et provoque l’accident. Berg est éjecté de la voiture en flammes tandis que Bela périt brûlée vive. Trois ans plus tard, Berg en proie aux remords, a renoncé au métier de cascadeur et travaille comme vigile faisant des rondes de nuit en voiture, dans Paris…

Avant sa mise en orbite définitive avec Jean de Florette et Manon des sources, la carrière de Daniel Auteuil prenait un premier envol grâce au triomphe des Sous-doués de Claude Zidi, qui attire pas loin de 4 millions de spectateurs en 1980, conforté par le succès des Sous-doués en vacances (3,6 millions d’entrées) deux ans plus tard. Les films, principalement des comédies (Les Hommes préfèrent les grosses, T’empêches tout le monde de dormir, Pour cent briques t’as plus rien !, Que les gros salaires lèvent le doigt !) s’enchaînent très vite pour l’acteur désormais populaire. Mais celui-ci mettra un an pour revenir sur le grand écran, refusant les « pantalonnades » qu’on lui propose, désireux de montrer qu’il peut faire autre chose et de dévoiler entre autres ses capacités dramatiques. C’est à ce moment-là qu’arrive Les Fauves de Jean-Louis Daniel (né en 1955), metteur en scène et scénariste autodidacte, qui avait jusqu’à présent réalisé deux longs-métrages, La Bourgeoise et le Loubard, connu aussi sous le titre Trottoir des allongés, présenté au Festival de Cannes en 1977, suivi en 1980 de Même les mômes ont du vague à l’âme, avec Marie-Christine Barrault, Guy Bedos, Bruno Cremer, Jacques Spiesser et Mimsy Farmer. Polar suintant qui pue le caniveau, la sueur, le cuir tanné et la bibine frelatée, Les Fauves est un pur produit de son époque, qui interpelle par son côté désespéré, pessimiste, sombre et ultraviolent, un film néo-noir qui dégouline de spleen, où une poignée de marginaux prennent possession des rues de Paris quand arrive minuit et que la ville met à jour les plus bas instincts de l’être humain.

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Test Blu-ray / Folie meurtrière, réalisé par Tonino Valerii

FOLIE MEURTRIÈRE (Mio caro assassino) réalisé par Tonino Valerii, disponible en Blu-ray + CD-audio le 15 février 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : George Hilton, Salvo Randone, William Berger, Marilù Tolo, Manuel Zarzo, Patty Shepard, Piero Lulli, Helga Liné…

Scénario : Roberto Leoni, Tonino Valerii, Franco Bucceri & José Gutiérrez Maesso

Photographie : Manuel Rojas

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

L’inspecteur Peretti enquête sur la mystérieuse décapitation d’un agent d’assurances. Au fur et à mesure, d’autres corps sont retrouvés… Un homme est supposé s’être suicidé, une femme est étranglée, une autre attaquée dans son appartement… Tous les indices convergent vers une affaire non résolue, concernant un enlèvement et un meurtre. La seule piste de Peretti sont les dessins d’une petite fille…

Le cinéphile se souvient essentiellement de Tonino Valerii (1934-2016) pour un film, un chef d’oeuvre incontesté, Mon nom est Personne – Il mio nome è Nessuno, chant du cygne, oraison funèbre ou chant mortuaire du western spaghetti, l’enterrement de tout un genre, qui confrontait un personnage à la Sergio Leone (producteur et initiateur du projet) à celui tiré de son pastiche. Ancien assistant de Camillo Mastrocinque et là aussi de Sergio Leone sur Pour une poignée de dollars, ainsi que sur …et pour quelques dollars de plus, Tonino Valerii fait ses propres débuts derrière la caméra immédiatement après le second volet de la Trilogie des Dollars, avec quelques westerns. Il dirige notamment Giuliano Gemma et Lee Van Cleef dans Le Dernier jour de la colère – I Giorni dell’ira, avant d’offrir le rôle de sa vie à Silvia Dionisio dans le drame psychologique Une jeune fille nommée Julien – La ragazza di nome Giulio, adapté du roman à scandale de Milena Milani. En 1972, le metteur en scène désire changer de registre et de surfer sur le succès rencontré par les gialli dans les cinémas du monde entier. Ce sera Folie meurtrière – Mio caro assassino, connu également sous son titre français Mon cher assassin, traduction littérale du titre original. Remarquable opus du genre, ce thriller prend aux tripes du début à la fin, happe l’audience dès sa première séquence, qui a très largement contribué au statut culte du film avec cette excavatrice qui attrape un homme par la tête pour ensuite le décapiter, avant de terrasser définitivement le spectateur au cours d’un final éprouvant pour les nerfs et dont l’image ultime glace les sangs à jamais. Assurément l’un des plus grands fleurons du giallo.

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