Test Blu-ray / Qui tire le premier ?, réalisé par Budd Boetticher

QUI TIRE LE PREMIER ? (A Time for Dying) réalisé par Budd Boetticher, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 6 décembre 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Audie Murphy, Richard Lapp, Anne Randall, Robert Random, Beatrice Kay, Victor Jory, Peter Brocco, Burt Mustin…

Scénario : Budd Boetticher

Photographie : Lucien Ballard

Musique : Harry Betts

Durée : 1h10

Date de sortie initiale : 1982 (tourné en 1969, mais bloqué en raison de problèmes de droits)

LE FILM

Cass Bunning quitte pour la première fois la ferme familiale pour Silver City, un refuge de hors-la-loi, où il sauve une jeune fille destinée au bordel de la ville. Les deux jeunes gens apprennent à se connaître et décident de tenter leur chance ensemble.

C’est sur ce film que se clôt la carrière cinématographique d’Audie Murphy (1925-1971), qui fut l’un des soldats américains les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale, devenu par la suite acteur de cinéma, spécialisé dans le western. Tournant avec quelques-uns des plus grands noms du cinéma, de John Huston à Don Siegel, en passant par Jack Arnold, Audie Murphy s’est mine de rien imposé sur le grand écran pendant vingt ans. Qui tire le premier ? A Time for Dying date de 1969 et s’avère son dernier film, deux ans avant son brutal décès dans un accident d’avion. Il n’y fait qu’une apparition d’à peine cinq minutes (trois pour être exact) dans le rôle de Jesse James, bien que le film ait été monté sur son nom. En réalité, également producteur, Audie Murphy aurait contracté de fortes dettes de jeu à Las Vegas et devait beaucoup d’argent à la mafia, raison pour laquelle Qui tire le premier ? a été mis en chantier. À la barre, Budd Boetticher (1916-2001) accepte par amitié de réaliser ce qui sera aussi son dernier long-métrage et western, alors que son précédent remontait à 1960 (Comanche Station). S’il n’est absolument pas un grand film, Qui tire le premier ? est ce qu’on peut appeler une anomalie en 1969, quand bien même celui-ci ne pourra pas sortir sur les écrans avant 1982 en raison de problèmes juridiques. Alors que le Nouvel Hollywood est sur le point d’éclore, on en retrouve quelques bribes dans A Time for Dying, œuvre à la fois solaire et crépusculaire, où la naïveté et la violence s’opposent constamment dans un Ouest Américain toujours placé sous le signe de l’hostilité et qui brise les rêves des jeunes individus, alors bercés par les légendes et mythes. On est certes loin du cycle Ranown et même d’opus moins célèbres, mais très efficaces comme À feu et à sangThe Cimarron Kid (1951), première collaboration Murphy/Boetticher, mais Qui tire le premier ? demeure une sacrée curiosité.

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Test Blu-ray / Confession d’un tueur, réalisé par Gene Fowler Jr.

CONFESSION D’UN TUEUR (Showdown at Boot Hill) réalisé par Gene Fowler Jr., disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD + Livret le 13 février 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charles Bronson, Robert Hutton, John Carradine, Carole Mathews, Fintan Meyler, Paul Maxey, Thomas Browne, Henry William.…

Scénario : Louis Vittes

Photographie : John M. Nickolaus Jr.

Musique : Albert Harris

Durée : 1h11

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Le Marshall Luke Welsh traque et abat un hors-la-loi nommé Maynor. Il le ramène dans sa ville natale afin de toucher la prime mais les habitants se refusent à identifier le corps.

C’est en 1958 que la carrière de Charles Bronson connaît son premier grand tournant. En effet, cette année-là, le comédien d’origine lituanienne et de son vrai nom Charles Dennis Buchinsky, est pour la première fois placé en tête d’affiche, non pas d’un, mais de plusieurs films qui sortent à quelques jours ou semaines d’intervalle. Trois longs-métrages qui misent alors sur cet acteur de 26 ans, déjà aperçu une vingtaine de fois au cinéma, chez Henry Hathaway, John Sturges, Robert Parrish, George Cukor, Hugo Fregonese, André de Toth, Robert Aldrich, Delmer Daves et Samuel Fuller. Autrement dit, Charles Bronson, bien que loin d’être une star, possède déjà un C.V. qui ferait bien des envieux, tandis que son nom circule partout à Hollywood. Le vent tourne quand Roger Corman et Gene Fowler Jr. lui offrent simultanément l’opportunité d’accéder au premier rôle, respectivement dans Mitraillette Kelly Machine-Gun Kelly et dans Confession d’un tueur Showdown at Boot Hill. Nous sommes déjà revenus sur le premier, et nous venons avec le même enthousiasme de découvrir le second, qui nous intéresse aujourd’hui. Loin, très loin des rôles qui feront sa marque de fabrique et forgeront son mythe, Charles Bronson trouve dans Confession d’un tueur un de ses personnages les plus originaux, dans un western qui se révèle être plutôt un drame psychologique teinté de romance, où deux jeunes solitaires vont se rencontrer dans des circonstances exceptionnelles et violentes, puis découvrir l’amour dans un monde hostile, où règne la loi de la jungle. Le comédien y révèle un talent dramatique qu’il n’avait dévoilé qu’avec pudeur et qu’il n’aura d’ailleurs que peu d’occasions d’exploiter par la suite. C’est pourquoi visionner Showdown at Boot Hill est une chance pour le spectateur français, puisque longtemps resté inédit chez nous. C’est aussi l’occasion de voir un Charles Bronson à fleur de peau, loin du héros macho et viril qu’il campera sans arrêt et ce quasiment jusqu’à la fin de sa vie. Le voir acheter une crème pour les mains pour sa bien-aimée à une épicière mexicaine (très peau personnage) vaut assurément le coup d’oeil.

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Test Blu-ray / Le Sorcier du Rio Grande, réalisé par Charles Marquis Warren

LE SORCIER DU RIO GRANDE (Arrowhead) réalisé par Charles Marquis Warren, disponible en Blu-ray + DVD + Livret depuis le 15 novembre 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charlton Heston, Jack Palance, Katy Jurado, Brian Keith, Mary Sinclair, Milburn Stone, Richard Shannon, Lewis Martin.…

Scénario : Charles Marquis Warren, d’après le roman de W.R. Burnett

Photographie : Ray Rennahan

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

Dans le désert du Sud-Ouest Américain, Ed Bannon, officier de cavalerie qui a grandi chez les Apaches, commande une unité chargée de faire la paix avec les guerriers de cette tribu. Forcé au combat, il affronte le chef indien élevé chez les blancs, Toriano, les deux hommes se connaissent depuis leurs enfances.

Le nom de Charles Marquis Warren (1912-1990) n’est sans doute pas très connu de ce côté de l’Atlantique. En revanche, il demeure célèbre aux États-Unis pour son travail dans le western, en littérature, mais aussi au cinéma comme à la télévision. Si ses œuvres les plus marquantes restent les séries Gunsmoke, Le Virginien et Rawhide, pour le grand écran, c’est un peu plus aléatoire, puisqu’il écrit pour les autres (Le Triomphe de Buffalo Bill de Jerry Hopper, Fort Invincible de Gordon Douglas, La Chevauchée de l’honneur de Leslie Fenton, La Mission du commandant Lex d’André de Toth), mais aussi pour lui-même (Charro avec Elvis Presley, La Chevauchée des Vaqueros avec Joel McCrea, Little Big Horn avec Lloyd Bridges). 1953, il adapte Adobe Walls, un roman de W. R. Burnett, auteur très prisé par Hollywood puisque Quand la ville dort de John Huston, La Fille du désert, La Grande évasion et L’Escadron noir de Raoul Walsh, ainsi que Le Petit César de Mervyn LeRoy étaient déjà tirés de ses œuvres. Si Charles Marquis Warren s’éloigne volontairement du livre original, c’est pour mieux recentrer son récit sur l’opposition des deux personnages principaux, interprétés ici par Charlton Heston et Jack Palance. Le premier a alors le vent en poupe au début des années 1950 et enchaîne une série de westerns, à l’instar du Fils de GéronimoThe Savage de George Marshall et de films d’aventures à succès (Quand la Marabunta grondeThe Naked Jungle de Byron Haskin, Le Secret des IncasSecret of the Incas de Jerry Hopper). Prenant déjà de beaux risques alors qu’il n’est qu’au début de sa carrière cinématographique, il incarne un individu froid, repoussant, animé par la haine. Mais comme souvent, Charlton Heston, qui n’a jamais choisi ses rôles au hasard et surtout sans réflexion, apporte à son personnage une importante et passionnante ambiguïté, cherchant non pas à excuser les agissements de son personnage, mais plutôt à comprendre pourquoi Ed Bannon est devenu ainsi. Western excessivement mal reçu à sa sortie et bien encore après, au point où il est encore aujourd’hui très souvent rejeté par les cinéphiles qui en ont entendu des vertes et des pas mûres, surtout son caractère raciste (ce qu’il n’est pas du tout), Le Sorcier du Rio Grande Arrowhead vaut pour la confrontation de ses deux têtes d’affiche, qui assurent chacun de leur côté et qui font des étincelles quand ils se retrouvent face à face. Un divertissement avant tout, mais aussi doublé d’une réflexion sur ce qui peut amener un être humain à vivre dans l’hostilité, l’aversion, la malveillance et le ressentiment. Un western pas aussi idiot, comme ont pu le qualifier certains critiques et même historiens du cinéma spécialisés dans le genre, les mêmes qui encensent Le Vent de la plaine The Unforgiven, qui pour le coup est plus que nauséabond. Faites-vous donc votre propre opinion, avant de tirer sur l’ambulance sans même connaître ce film finalement moins célèbre que sa réputation.

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Test Blu-ray / Sept hommes à abattre, réalisé par Budd Boetticher

SEPT HOMMES À ABATTRE (Seven Men From Now) réalisé par Budd Boetticher, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD depuis le 19 décembre 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Gail Russell, Lee Marvin, Walter Reed, John Larch, Don « Red » Barry, Fred Graham, John Beradino.…

Scénario : Burt Kennedy

Photographie : William H. Clothier

Musique : Henry Vars

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 1956

LE FILM

L’ex-shérif Ben Stride est à recherche des sept meurtriers de sa femme lors d’un braquage de la Wells Fargo. Se culpabilisant de ce meurtre, il prend la route de la Californie sur la piste des bandits. Il croise le chemin d’un couple et de deux bras cassés qui le mènent vers les malfrats mais s’enfuient avec le butin. Dans ce périple, plus d’un est porteur de secrets… !

En 1956, débute le cycle Ranown, dont nous avons déjà parlé à quelques reprises, qui désigne les sept collaborations entre le réalisateur Budd Boetticher (1916-2001) et l’acteur Randolph Scott (1898-1987). Sept westerns tournés entre 1956 et 1960, sept films considérés comme faisant partie des meilleurs westerns de l’histoire du cinéma. Vont ainsi se succéder Sept hommes à abattre Seven Men From Now, L’Homme de l’Arizona The Tall T, Le Vengeur agit au crépuscule – Decision at Sundown, L’Aventurier du Texas Buchanan Rides Alone, La Chevauchée de la vengeance Ride Lonesome, Le Courrier de l’or Westbound et Comanche Station. Deux autres grands noms se distingueront également de ce cycle Ranown, celui de Burt Kennedy et celui de Charles Lang Jr, scénaristes qui se relaieront d’opus en opus, même si le premier a plus imprimé sa marque que le second. Si vous êtes néophytes, précipitez-vous immédiatement sur ce premier « volet », qui condense tout ce qui a fait la popularité et la pérennité de cette anthologie. Une durée ramassée (Sept hommes à abattre n’excède pas les 75 minutes et avait même été coupé pour son exploitation dans les salles françaises), un montage sec et nerveux, un sens inouï du cadre, un héros que l’on pourrait qualifier de minéral qui annonce quelque part l’Homme sans nom que campera Clint Eastwood dans la Trilogie du Dollar dix ans plus tard. Magistralement mis en scène par Budd Boetticher, que nous n’aurons de cesse de réhabiliter encore et toujours, porté par un Randolph Scott impérial (dans un rôle refusé par John Wayne, pris par La Prisonnière du désert, qui produit néanmoins le film et le propose à Boetticher et Scott) qui donne la réplique (ou le regard) à l’immense Lee Marvin, Seven Men From Now est une étape indispensable dans la vie d’un cinéphile.

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Test Blu-ray / Horizons lointains, réalisé par Rudolph Maté

HORIZONS LOINTAINS (The Far Horizons) réalisé par Rudolph Maté, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD depuis le 15 novembre 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Fred MacMurray, Charlton Heston, Donna Reed, Barbara Hale, William Demarest, Alan Reed, Eduardo Noriega, Larry Pennell.…

Scénario : Winston Miller & Edmund H. North, d’après le roman de Della Gould Emmons

Photographie : Daniel L. Fapp

Musique : Hans J. Salter

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Lewis et Clark se rendent en Louisiane peu après le rachat de la colonie française par les États-Unis. Leur expédition débarque sur des terres sur lesquelles aucun homme blanc n’a circulé… Sacajawea a toujours vécu ici et se révèle être une alliée de taille face au danger qu’encourent les nouveaux venus à cause des natifs.

Parmi les grands noms oubliés du western, celui de Rudolph Maté (1898-1964) est sans doute l’un de ceux à réhabiliter. Tout d’abord directeur de la photographie très convoité, ayant officié chez Carl Theodor Dreyer (La Passion de Jeanne d’Arc, Vampyr), René Clair (Le Dernier Milliardaire), Fritz Lang (Liliom), il débarque à Hollywood au milieu des années 1930 où il collabore là aussi avec les plus grands, de William Wyler à George Marshall, en passant par King Vidor, Leo McCarey, Alfred Hitchcock, Ernst Lubitsch et Orson Welles. Il passe naturellement derrière la caméra à la fin des années 1940 et signera une trentaine de longs-métrages, dont une poignée de westerns on ne peut plus conseillés, Les Années sauvages The Rawhide Years avec Tony Curtis, Le Souffle de la violence The Violent Men avec rien de moins que Glenn Ford, Barbara Stanwyck et Edward G. Robinson, Le Gentilhomme de la Louisiane The Mississippi Gambler avec Tyrone Power et Piper Laurie. Celui qui nous intéresse (beaucoup) aujourd’hui s’intitule Horizons lointains The Far Horizons et sort en 1955, quelques semaines après Le Souffle de la violence. Celui-ci se démarque par son sujet singulier, l’achat de la Louisiane à la France par les États-Unis et plonge les spectateurs au début du XIXe siècle. S’il n’est pas exempt de petits défauts, le film vaut non seulement pour la confrontation de ses deux stars, Charlton Heston et Fred MacMurray, mais aussi et surtout pour ses magnifiques décors naturels et costumes. Un très bon divertissement.

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Test Blu-ray / Big Jake, réalisé par George Sherman

BIG JAKE réalisé par George Sherman, disponible en DVD & Blu-ray, le 22 janvier 2025 chez BQHL Éditions.

Acteurs : John Wayne, Richard Boone, Patrick Wayne, Christopher Mitchum, Bruce Cabot, Bobby Vinton, John Agar, Harry Carey Jr., Maureen O’Hara…

Scénario : Harry Julian Fink & Rita M. Fink

Photographie : William H. Clothier

Musique : Elmer Bernstein

Durée : 1h50

Date de sortie initiale: 1971

LE FILM

En 1909, au Texas, le gang de John Fain s’introduit sur le domaine des McCandles et kidnappe contre rançon Jake, le petit-fils de Martha. Celle-ci, pressentant un échec des forces de police lancées à la poursuite du gang, appelle à l’aide son mari, Jacob, dont elle est séparée depuis presque 10 ans.

Nous avons déjà eu diverses occasions d’évoquer la carrière du prolifique réalisateur George Sherman (1908-1991), spécialiste du western américain, à qui l’on doit de formidables séries B comme Le Shérif d’El SolitoThe Hard Man (1957) avec Guy Madison, L’Étreinte du destin Count Three and Pray (1955) et le chef d’oeuvre Tomahawk (1951) avec le grand Van Heflin, ou bien encore le sympathique À l’assaut du Fort ClarkWar Arrow (1953) qui réunissait Jeff Chandler et Maureen O’Hara. Les plus grandes stars du western sont passées devant la caméra de George Sherman, comme Audie Murphy, Dana Andews, Victor Mature, Rory Calhoun, Joel McCrea et bien évidemment le Duke, John Wayne. Ce dernier collabore à de nombreuses reprises avec le metteur en scène dans les années 1930, alors que le comédien est âgé de trente ans, pour une série de films d’à peine une heure produits par Republic Pictures. Il faudra attendre 1971 pour que les deux hommes se retrouvent pour leur dernier film en commun, Big Jake. Alors que le western italien, pour ne pas dire européen a changé la donne dans la représentation de la violence au cinéma et en rendant poussiéreux le genre venu de l’autre côté de l’Atlantique, John Wayne persiste et signe, malgré la barre franchie des soixante balais. Cent Dollars pour un shérif True Grit de Henry Hathaway lui rapporte l’Oscar du meilleur acteur, ainsi que le Golden Globe. Il enchaîne ainsi Chisum d’Andrew V. McLaglen, Rio Lobo de Howard Hawks et envisage déjà Les Cowboys de Mark Rydell quand arrive le projet de Big Jake. Une affaire de famille, de potes aussi, puisque produit par Michael Wayne, le fils aîné du Duke (déjà à l’oeuvre sur Le Grand McLintock, L’Ombre d’un géant, Les Bérets Verts), aussi interprété par Patrick Wayne (également le fils de la star), Maureen O’Hara (qui partageait l’affiche pour la cinquième et dernière fois avec le Duke, après Rio Grande, L’Homme tranquille, L’aigle vole au soleil et Le Grand McLintock), le génial Richard Boone (Alamo, Le Dernier des géants), Christopher Mitchum (le fils du monstre Robert), sans oublier les tronches de Bruce Cabot, John Doucette, Harry Carey Jr….Nous sommes ici en terrain connu, mais Big Jake a l’air de prendre le train en marche du renouveau du western, surtout au cours du premier acte, particulièrement sanglant. Si l’intrigue s’avère plus classique par la suite, Big Jake demeure un western comme on les aime, brillamment porté par une solide distribution, solidement réalisé et surtout magnifiquement photographié par le maestro William H. Clothier (Les Feux de l’enfer, La Caravane de feu, La Route de l’Ouest, L’Homme qui tua Liberty Valance), sans oublier la partition d’Elmer Bernstein. Un grand spectacle.

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Test 4K Ultra HD / Horizon : une saga américaine, réalisé par Kevin Costner

HORIZON: UNE SAGA AMÉRICAINE (Horizon: An American Saga Chapter 1) réalisé par Kevin Costner, disponible en DVD, Blu-ray & 4K Ultra HD le 25 novembre 2024 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Kevin Costner, Sienna Miller, Sam Worthington, Abbey Lee, Dale Dickey, Jena Malone, Tom Payne, Isabelle Fuhrman…

Scénario : Kevin Costnet & Jon S. Baird

Photographie : J. Michael Muro

Musique : John Debney

Durée : 3h01

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Sur une période de 15 ans avant et après la Guerre de Sécession. L’expansion vers l’Ouest est semée d’embûches qu’il s’agisse des éléments naturels, des interactions avec les peuples indigènes qui vivaient sur ces terres et de la détermination impitoyable de ceux qui cherchaient à les coloniser…

C’est pour ainsi dire le projet de toute une vie qui se concrétise enfin pour Kevin Costner. Un pari aussi. Et qui malheureusement n’a pas été gagné par l’ancienne star des années 1990 et réalisateur porté aux nues pour Danse avec les loups Dances with Wolves (7 Oscars, 3 Golden Globes). Jamais Kevin Costner n’a jamais pu/su retrouver les mêmes faveurs des spectateurs et de la critique avec ses autres mises en scène, quand bien même Open Range avait très bien fonctionné en 2003. Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour Kevin Costner revienne derrière la caméra, avec Horizon : Une saga américaine, chapitre 1Horizon: An American Saga – Chapter 1, premier volet d’une saga pensée en trois épisodes (quatre étaient même prévus initialement), pour une durée totale de près de dix heures. Si les premiers échos entendus au Festival de Cannes, à l’occasion de sa présentation en avant-première (et hors-compétition), étaient très mitigés, rien n’attendait le réalisateur à la volée de bois vert reçue à la sortie d’Horizon dans les salles. Avec seulement 29 millions de recette sur le sol américain, 285.000 entrées en France et un rejet total dans le reste du monde, Horizon : Une saga américaine, chapitre 1 est un lourd échec en raison de son budget oscillant entre 75 et 100 millions de dollars (hors coût de promotion), dont le prologue devait donner le coup de départ pour les suites. Depuis, New Line Cinema a purement et simplement repoussé la sortie du chapitre 2 (qui devait être exploité dans la foulée du premier), tandis que Kevin Costner reprenait le tournage du troisième avant l’été. Pourquoi tant de haine ? Nous ne le saurons probablement jamais…la poisse semble accompagner le cinéaste, qui pour financer son projet longuement mûri (remontant apparemment à la fin des années 1980), a hypothéqué sa propriété, apportant ainsi 50 millions de sa poche. Horizon : Une saga américaine, chapitre 1 est une entreprise colossale, hors-norme, anachronique aussi sans doute, qui prend souvent l’allure d’une mini-série, mais pensée pour le grand écran, qui plongera mieux le public dans ces paysages monumentaux, comme le ferait un voyage dans le temps. Si les trois heures que durent le film demandent une concentration de chaque instant en raison d’une multitude de personnages, il serait franchement dommage de ne pas se laisser entrainer dans la fresque de Kevin Costner, qui convoque et communique avec l’esprit de John Ford et de Raoul Walsh, s’inscrit dans un classicisme volontaire que n’aurait pas renié Clint Eastwood, tout en plongeant ses personnages dans l’univers d’Anthony Mann et de Budd Boetticher, sans oublier la violence sèche d’un Sam Peckinpah. Un héritage lourd à porter, mais embrassé pleinement par un cinéaste qui a toujours revendiqué ces accointances et qui tôt ou tard devait revenir pleinement au genre qui lui a donné sa vocation, le western.

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Test Blu-ray / La Route de l’Ouest, réalisé par Andrew V. McLaglen

LA ROUTE DE L’OUEST (The Way West) réalisé par Andrew V. McLaglen, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 5 juillet 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Kirk Douglas, Robert Mitchum, Richard Widmark, Lola Albright, Sally Field, Katherine Justice, Jack Elam ,Stubby Kaye…

Scénario : Ben Maddow & Mitch Lindemann, d’après le roman « la Route de l’Ouest » de A.B. Guthrie Jr.

Photographie : William H. Clothier

Musique : Bronislau Kaper

Durée : 2h02

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

1843, le sénateur William J. Tadlock prend la tête d’un groupe de colons désireux de commencer une nouvelle vie dans l’Ouest. Tadlock est un homme de principes et travailleur exigeant tant envers lui-même qu’envers ceux qui se sont joint à la caravane. Il se heurte à Lije Evans, l’un des colons, qui n’apprécie guère ses méthodes. Lors du périple, les familles doivent faire face aux dangers et à un semblant de justice lorsque l’un d’entre eux abat accidentellement un jeune Indien.

Un western réunissant Kirk Douglas, Robert Mitchum et Richard Widmark ??? Oui ??? Mais non…non, car La Route de l’Ouest – The Way West n’est pas ce qu’on peut appeler un bon film et cela est d’autant plus frustrant quand on voit cette affiche. La faute au producteur et vice-président responsable de la production chez United Artists qui trouvant que le premier montage de près de 2h30 était beaucoup trop long, a purement et simplement demandé au réalisateur Andrew V. McLaglen (1920-2014), ancien assistant de John Ford sur L’Homme tranquille, de William A. Wellman et de Budd Boetticher, de tailler dans sa pellicule pour en retirer au moins vingt minutes. Le problème, c’est que ce dernier a visiblement préféré retirer l’exposition de ses personnages principaux et même de certains enjeux. Du coup, le spectateur aura l’impression de prendre le train en marche, ou le convoi plutôt, de faire comme s’il connaissait déjà le Sénateur William J. Tadlock, Dick Summers et Lije Evans. Par conséquent, on se désintéresse tout du long de tout ce beau monde, d’autant plus qu’Andrew V. McLaglen rajoute toute une tripotée de seconds et de troisièmes rôles qui n’ont là encore aucune consistance et qui comblent un vide qui subsiste pendant les deux longues heures du métrage. Reste le show Kirk Douglas, qui aurait mis en scène ses propres scènes histoire d’être mieux mis en valeur que ses camarades, tandis que Robert Mitchum traverse ce récit en se demandant ce qu’il fout là. Quant à Richard Widmark, cela fait beaucoup de peine à dire, à écrire plutôt, il est tout simplement transparent du début à la fin. Dommage…

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Test Blu-ray / Lanky, l’homme à la carabine, réalisé par Tonino Valerii

LANKY, L’HOMME À LA CARABINE (Per il gusto di uccidere) réalisé par Tonino Valerii, disponible en Blu-ray chez Frenezy.

Acteurs : Craig Hill, Jorge Martín, Piero Lulli, Fernando Sancho, Franco Ressel, George Wang, Diana Martín, Eugenio Galadini…

Scénario : Tonino Valerii & Victor Auz

Photographie : Stelvio Massi

Musique : Nico Fidenco

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Après avoir affronté la bande de hors-la-loi menée par Sanchez, le chasseur de primes Lanky Fellow est engagé par un riche propriétaire de mines pour escorter un transport d’or. Gus Kennebeck, l’ennemi juré de Lanky, a bien l’intention de s’en emparer…

Voilà un synopsis aussi sec d’un premier long-métrage qui ne l’est pas moins, celui du célèbre Tonino Valerii (1934-2016), réalisateur passé à la postérité avec un film en particulier, Mon nom est Personne Il mio nome è Nessuno, sorti en 1973, carton mondial qui réunissait Henry Fonda et Terence Hill, chant du cygne, oraison funèbre et chant mortuaire du western dit spaghetti. Mais avant l’enterrement de tout un genre, Tonino Valerii avait déjà une demi-douzaine de films à son actif, dont la moitié de westerns. C’est en 1966 que l’ancien assistant de Sergio Leone sur Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus de Sergio Leone s’émancipe en livrant son premier opus derrière la caméra avec Lanky, l’homme à la carabinePer il gusto di uccidere, d’après un scénario de Victor Auz, même s’il est indéniable que le metteur en scène lui-même a mis la main à la pâte, la coproduction hispano-italienne ayant préféré mettre en avant un nom ibérique histoire de bien respecter les quotas. Toujours est-il que ce Lanky, l’homme à la carabine est un savoureux tour de force, qui impose Tonino Valerii comme l’un des meilleurs auteurs de westerns venus de l’autre côté des Alpes (et des Pyrénées aussi, comme c’est le cas ici), qui parvient à transcender un récit somme toute standard, via une mise en scène sans cesse inspirée, élégante, stylisée, qui ne se contente pas de reprendre les ingrédients déjà utilisés par son maître, mais parvient à les combiner différemment, pour offrir sa propre version d’un genre alors en pleine explosion. Assurément, Per il gusto di uccidere (littéralement « pour le goût de tuer » ou « pour la saveur d’assassiner ») est l’une des plus belles (re)découvertes cinématographiques que vous ferez cette année.

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Test Blu-ray / Dead for a Dollar, réalisé par Walter Hill

DEAD FOR A DOLLAR réalisé par Walter Hill, disponible en DVD & Blu-ray le 7 août 2024 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christoph Waltz, Willem Dafoe, Rachel Brosnahan, Warren Burke, Brandon Scott, Benjamin Bratt, Luis Chávez, Hamish Linklater…

Scénario : Walter Hill & Matt Harris

Photographie : Lloyd Ahern II

Musique : Xander Rodzinski

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Chihuahua, Nouveau-Mexique en 1897. Max Borlund, un célèbre chasseur de primes, est engagé pour retrouver et ramener la femme d’un homme d’affaires de Santa Fe, apparemment kidnappée par un déserteur afro-américain. Au cours de son investigation au Mexique, il tombe sur son ennemi juré, l’expatrié américain Joe Cribbens que Max a envoyé en prison des années auparavant. Il retrouve également la femme et le déserteur, désormais amants, qui se cachent dans le désert mexicain pour échapper à son mari violent. Max la renverra-t-il ou l’aidera-t-il à combattre des tueurs à gages sans pitié et son rival de toujours ?

Tiens, revoilà ce bon vieux Walter Hill ! Nous étions sans nouvelle de l’auteur du Bagarreur, Driver, Les Guerriers de la nuit, 48 Heures, Double détente, Extrême préjudice, Comment claquer un million de dollars par jour depuis son lénifiant, mais sympathique Revenger The Assignment avec Michelle Rodriguez. Retour au western pour le metteur en scène du Gang des frères JamesThe Long Riders (1980), Geronimo (1993), Wild Bill (1995), Dernier Recours Last Man Standing (1996), sans oublier la série Deadwood (2004) et le téléfilm Broken Trails (2006), genre de prédilection du cinéaste, qui s’en est même toujours inspiré pour ses films contemporains. Six ans après son adaptation de la bande dessinée, publiée en France sous le titre Corps et Ame (chez Rue de Sèvres), cosignée par le réalisateur lui-même avec Matz et Jef, Walter Hill revient au grand Ouest Américain pour Dead for a Dollar, dont il a coécrit le scénario avec Matt Harris. Avec ce retour aux sources et un tel casting mené par Christoph Waltz et Willem Dafoe, on pouvait s’attendre à mieux que ce petit western finalement sans ambition, mené sur un rythme pépère, qui n’invente rien et qui déçoit également dans sa direction artistique sans grande envergure avec des décors cheaps, un montage paresseux (doublé d’une surabondance de fondus en noir), une photo sépia lisse et sans aspérité du chef opérateur Lloyd Ahern, déjà à l’oeuvre sur Wild Bill et Les Pilleurs. Avec Du plomb dans la têteBullet to the Head, Walter Hill avait démontré qu’il en avait encore sous le capot, mais désormais âgé de plus de 80 balais, il serait sans doute temps pour lui de prendre sa retraite (dites-le aussi à Ridley Scott au passage), car tout le monde n’est pas Clint Eastwood et Dead for a Dollar est clairement un « film de trop ».

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