Test Blu-ray / Le Masque de cire, réalisé par Sergio Stivaletti

LE MASQUE DE CIRE (Maschera di cera) réalisé par Sergio Stivaletti, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Robert Hossein, Valery Raymond, Romina Mondello, Riccardo Serventi Longhi, Aldo Massasso, Gabriella Giorgelli, Umberto Balli, Gianni Franco, Antonello Murru…

Scénario : Dario Argento, Lucio Fulci & Daniele Stroppa

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Maurizio Abeni

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1997

LE FILM

Au début des années 1910, d’étranges événements surviennent à Rome, dans un musée de cire. Après la mort suspecte d’un jeune homme dans l’établissement, toutes les personnes qui vont venir observer de trop près les statues de cire ultra-réalistes, commencent à disparaître sans jamais laisser de trace.

À la fin des années 1980, Lucio Fulci (1927-1996), gravement malade, doit s’éloigner des plateaux. Quand il se sent assez costaud pour reprendre la caméra, c’est pour réaliser des téléfilms ou diverses productions à petit budget, qui passent plus ou moins inaperçus. 1990, il joue, écrit et met en scène Nightmare Concert – Un gatto nel cervello, plongée dans les méandres de l’esprit du cinéaste, à voir comme un petit bonus sympathique pour ses très nombreux admirateurs. Quelques mois avant de passer de vie à trépas, Dario Argento, la même année que Le Syndrome de Stendhal – La Sindrome di Stendhal, propose à Lucio Fulci de produire son retour à la mise en scène, ce dernier n’ayant rien signé depuis Le Porte del silenzio en 1991. Ce sera une nouvelle approche du thème du musée de cire, qui a déjà inspiré le cinéma et ce dès 1924 avec Le Cabinet des figures de cire, classique de l’expressionnisme allemand signé Paul Leni, suivi des Masques de cire en 1933 par Michael Curtiz, ainsi que, le légendaire L’Homme au masque de cire – House of Wax (1953), remake du précédent, interprété par Vincent Price et réalisé par André de Toth, qui a pour particularité d’avoir été conçu en relief stéréoscopique. Ainsi, avant l’excellent House of Wax – La Maison de cire de Jaume Collet-Serra (2005), le cinéma italien revenait à ce « sous-genre ». Mais décédé avant d’avoir pu entamer les prises de vues, Lucio Fulci est finalement remplacé par Sergio Stivaletti, concepteur d’effets visuels (Dellamorte Dellamore de Michele Soavi, Atomic Cyborg de Sergio Martino), maquilleur (Phenomena de Dario Argento, Démons et la série La Caverne de la rose d’or de Lamberto Bava), qui avait plus que largement avancé sur la création des (horribles) images de synthèse. Le réalisateur improvisé s’en sort pas trop mal (l’amico Dario l’aurait tout de même largement épaulé) et son premier opus est un savoureux hommage au cinéma d’épouvante transalpin des années 1950 à 1980, et plus globalement au genre européen qui a fait le bonheur des salles durant plusieurs décennies. Si l’on est souvent pas loin du nanar, dans lequel le long-métrage se vautre plus que de raison dans le dernier acte, Le Masque de cire ravit les yeux et convainc avec ses couleurs baroques (très belle photo de Sergio Salvati, Les Quatre de l’apocalypse, L’Emmurée vivante, L’Enfer des zombies), le charisme de l’actrice Romina Mondello (peu avare de ses rondeurs dans la dernière partie) et la présence inattendue de Robert Hossein (Robert Englund aurait été envisagé, mais trop cher), qui prend un malin plaisir à jouer les savants fous. Conspué par la critique il y a trente ans, Le Masque de cire possède pourtant moult qualités, y compris celle d’aller au bout de son délire et de ses meurtres très gores (qui font penser à un roman graphique) et mérite pour cela d’être réhabilité.

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Test Blu-ray / Les Longs Jours de la vengeance, réalisé par Florestano Vancini

LES LONGS JOURS DE LA VENGEANCE (I lunghi giorni della vendetta (Faccia d’angelo)) réalisé par Florestano Vancini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 septembre 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Giuliano Gemma, Conrado San Martín, Francisco Rabal, Nieves Navarro, Gabriella Giorgelli, Manuel Muñiz, Pedro Basauri ‘Pedrucho’, Carlos Otero…

Scénario : Fernando Di Leo & Augusto Caminito

Photographie : Francisco Marín

Musique : Armando Trovajoli

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Injustement accusé de meurtre, Ted Barnett purge sa peine dans un bagne. Une nuit, il parvient à s’évader. Ils sont nombreux à trembler en apprenant la nouvelle de son évasion : le shérif Douglas, le trafiquant d’armes Cobb, et surtout sa fiancée, qui a épousé Douglas lors de la condamnation de Ted…

Que voilà un western de très grande classe ! Les Longs Jours de la vengeance ou I lunghi giorni della vendetta, un titre qui claque aussi bien en français qu’en italien, le seul film du genre mis en scène par Florestano Vancini (1926-2008). Ce dernier commence comme assistant de Mario Soldati (La Fille du fleuve – La Donna del fiume) et de Valeri Zurlini sur le somptueux Été violent – Estate violenta, avant de voler très vite lui-même de ses propres ailes. Après divers courts-métrages documentaires dans les années 1950, il réalise La Longue nuit de 43 – La lunga notte del ’43 (1960) et La Bande Casaroli (1962), dans lequel il dirige rien de moins que Renato Salvatori, Jean-Claude Brialy, Tomás Milián et Gabriele Tinti, puis deux drames La Vie ardente – La Calda vita (avec la sublime Catherine Spaak) et Les Saisons de notre amour – Le stagioni del nostro amore (Prix de la critique internationale FIPRESCI au Festival de Berlin). Puis, il accepte un projet moins personnel, en l’occurrence Les Longs Jours de la vengeance, qu’il signera d’ailleurs sous le pseudonyme de Stan Vance. Si le générique indique “une histoire originale de Mahnahén Velasco”, il s’agit en réalité d’un stratagème pour justifier la co-production italo-espagnole. Le scénario, inspiré par Le Comte de Monte-Cristo, est imputable à Augusto Caminito (futur producteur de The King of New York d’Abel Ferrara, auteur de La Victime désignée – La Vittima designata de Maurizio Lucidi) et Fernando Di Leo (Avoir vingt ans, Colère noire). Les Longs Jours de la vengeance est un divertissement haut de gamme doublé d’un très bel objet de cinéma, qui plus est très rare. Alors précipitez-vous dessus.

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