L’ÉTREINTE DU DESTIN (Count Three and Pray) réalisé par George Sherman, disponible en DVD et Blu-ray le 10 août 2020 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : Van Heflin, Joanne Woodward, Philip Carey, Raymond Burr, Allison Hayes, Myron Healey, Nancy Kulp, James Griffith, Richard Webb, etc.
Scénario : Herb Meadow
Photographie : Burnett Guffey
Musique : George Duning
Durée : 1h42
Date de sortie initiale : 1955
LE FILM
A l’issue de la Guerre de Sécession, Luke Fargo décide de changer de vie, d’oublier le joueur, bagarreur et coureur de jupons qu’il a été. S’il rentre chez lui, c’est désormais plein de bonnes intentions, dans les habits d’un pasteur pressé de reconstruire l’église locale. Mais son passé lui colle aux bottes et certains se chargent de le lui rappeler…
L’Étreinte du destin – Count Three and Pray restait jusqu’ici introuvable en DVD et Blu-ray en France. Il est réalisé par George Sherman (1908-1991), réalisateur d’une centaine de films de 1937 à 1971 et qui s’est spécialisé dans le western. D’ailleurs son dernier long-métrage est Big Jack avec John Wayne, en tant qu’acteur et co-réalisateur.
Dix-neuf sketches, souvent féroces, sur les petites bassesses de tous les jours interprétés avec vigueur par Vittorio Gassman et Hugo Tognazzi.
Les Monstres – I Mostri (1963) est l’un des films les plus célèbres de l’immense et prolifique réalisateur Dino Risi (1916-2008), le maître incontesté de la comédie italienne. Tour à tour médecin, psychiatre, journaliste, puis devenu metteur en scène presque par hasard, le mythique cinéaste du Fanfaron, Parfum de femme et Il Vedovo signe avec Les Monstres l’une des meilleures comédies italiennes de l’âge d’or du genre. Observateur implacable de ses contemporains, pourfendeur des travers de son époque, le réalisateur laisse libre cours à sa verve satirique. En une vingtaine de « tableaux », le cinéaste croque une humanité dont la bêtise n’a d’égale que la cruauté. Se défendant de faire du cinéma militant, le réalisateur transalpin n’épargne personne et toutes les couches sociales sont touchées, de gauche comme de droite, de la grande bourgeoisie au prolétariat. Cinéaste humaniste mais profondément ironique, considéré comme le plus pessimiste des réalisateurs italiens – « tout est grave mais rien n’est sérieux » disait-il – et qui se sert de la puissance du cinéma populaire pour lancer des débats après la projection, Dino Risi, doctorant en psychologique, donne à réfléchir sur les relations humaines dans la société italienne contemporaine, après le boom économique. Les Monstres reste l’une des plus grandes références du film à sketches (qui sont d’ailleurs de qualité et de durée inégales), genre que le cinéaste retrouvera en 1969 dans Une poule, un train… et quelques monstres, en 1971 dans Moi, la femme et en 1973 dans Le Sexe fou – Sessomatto. Enfin, le film est un véritable festival porté par deux autres « monstres », mais du cinéma cette fois, Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi.
THE ROOM réalisé par Christian Volckman, disponible en DVD et Blu-ray le 15 octobre 2020 chez Condor Entertainment.
Acteurs : Olga Kurylenko, Kevin Janssens, Joshua Wilson, John Flanders, Francis Chapman, Vince Drews, Marianne Bourg, Oscar Lesage…
Scénario : Christian Volckman, Eric Forestier, Gaia Guasti, Vincent Ravalec
Photographie : Reynald Capurro
Musique : Raf Keunen
Durée : 1h36
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Kate et Matt quittent la ville pour s’installer à la campagne dans une grande maison isolée et délabrée. Peu après leur déménagement, ils découvrent une chambre qui a le pouvoir d’exaucer tous leurs désirs…
Il aura fallu attendre 14 ans pour que Christian Volckman fasse son retour au cinéma, de longues années après son premier long métrage, l’ambitieux film d’animation Renaissance, réalisé en motion-capture, un projet qui lui aura demandé près de sept ans de travail et qui s’était malheureusement soldé par un échec commercial important (240.000 entrées pour un budget de 14 millions d’euros). Egalement animateur et peintre, Christian Volckman délaisse la science-fiction et le N&B, pour son deuxième film, The Room. Cette fois, le réalisateur s’attaque au genre fantastique mâtiné d’horreur et livre un petit coup de maître, très élégamment mis en scène et dans lequel on retrouve constamment son sens du cadre. S’il n’a jamais lâché la caméra (on lui doit quelques clips vidéos pour ChineseMan, Zaz, Alma, General Elektriks), on est heureux de le voir revenir au grand écran, surtout avec une œuvre aussi originale et maîtrisée, solidement interprétée par la divine Olga Kurylenko.
ÉCORCHÉS VIFS (Scorticateli vivi) réalisé par Mario Siciliano, disponible en DVD le 3 novembre 2020 chez Artus Films.
Acteurs : Bryan Rostron, Mario Novelli, Giuseppe Castellano, Pier Luigi Giorgio, Ettore Pecorari, Antonio Diana, Stefano Cedrati, Giulio Lucatelli…
Scénario : Amedeo Mellone, Mario Siciliano
Photographie : Gino Santini
Musique : Stelvio Cipriani
Durée : 1h32
Année de sortie : 1978
LE FILM
Rudy, un petit voyou sans envergure, part pour l’Afrique retrouver son frère. Celui-ci exploite une mine de diamants qui l’aiderait bien à éponger ses dettes. Rudy débarque en pleine révolution, son frère étant à la tête d’un commando de blancs contre les noirs.
Si vous avez déjà vu ou venez de voir (sur nos conseils) Les Sept Bérets rouges – Sette baschi rossi (1969) de Mario Siciliano, alors vous risquez d’être quelque peu décontenancés à la découverte d’Ecorchés vifs – Scorticateli vivi, réalisé en 1978 par le même cinéaste. Quasiment dix ans après son premier long-métrage, Mario Siciliano décide purement et simplement d’en recycler près d’une heure et de réutiliser ces images pour en construire un autre, suite au succès international des Oies sauvages – The Wild Geese d’Andrew V. McLaglen. Un récit et un casting principal différents, mais un décor identique, et pour cause…Dans Ecorchés vifs, le réalisateur se contente de filmer ses acteurs dans des décors dépouillés, parfois même sur un fond blanc, les images étant ensuite bidouillées au montage avec celles tirées des Sept Bérets rouges, souvent dans un simple champ-contrechamp. Les deux films semblent ainsi se répondre, et on ne peut s’empêcher de rire devant cette immense supercherie, surtout durant le dernier acte, celui du train, qui reprend presque tout l’affrontement de la population africaine avec les soldats. Une arnaque pareille il fallait oser. Et pourtant Ecorchés vifs apparaît plus sympathique que Les Sept Bérets rouges, et encore plus quand on connaît les conditions de tournage. Alors n’hésitez pas à vous faire les deux films dans la foulée, même si l’impression de déjà-vu est forcément inévitable, mais cet écho vaut le coup d’oeil.
LES SEPT BÉRETS ROUGES (Sette baschi rossi)réalisé par Mario Siciliano, disponible en DVD le 3 novembre 2020 chez Artus Films.
Acteurs : Ivan Rassimov, Sieghardt Rupp, Kirk Morris, Pamela Tudor, Dale Cummings, Serge Nubret, Arthur Brauss, Wilbert Gurley…
Scénario : Piero Regnoli, August Rieger
Photographie : Gino Santini
Musique : Gianni Marchetti
Durée : 1h33
Année de sortie : 1969
LE FILM
Au Congo, dans la région de Simba, des soldats sont sauvagement massacrés par des rebelles qui leur dérobent des documents précieux. Seul survivant, le capitaine De Brand rejoint le Quartier Général. Son colonel décide alors de former une troupe de 7 mercenaires, avec pour mission de récupérer les documents.
Inconnu au bataillon, du moins pour la plus grande partie des spectateurs, Mario Siciliano (1925-1987) aura pourtant réalisé une bonne vingtaine de longs-métrages. Il démarre sa carrière en 1964, en produisant un western allemand Les Chercheurs d’or de l’Arkansas de Paul Martin, et un western italien Les Terreurs de l’Ouest – I magnifici brutos del West de Marino Girolami. En 1966, il met les bouchées doubles en écrivant les polars germains Le Carnaval des barbouzes, à la réalisation indéterminée (quatre cinéastes sont crédités…), Baroud à Beyrouth pour F.B.I. 505 de Manfred R. Köhler et la comédie teutonne Go, go, play-boy, tout en produisant les deux derniers, ainsi que Le Commissaire X traque les chiens verts et surtout deux westerns réalisés par Alberto Cardone et avec Anthony Steffen, Gringo joue sur le rouge et Les Colts de la violence. Mario Siciliano est sur tous les fronts. Toutefois, il manque encore une corde à son arc, la mise en scène. Qu’à cela ne tienne, il se lance derrière la caméra en 1969 avec Sette baschi rossi ou littéralement Les Sept Bérets rouges en version française. Très à l’écoute des goûts du public et ayant déjà prouvé son attachement pour le polar ou le western, c’est toutefois avec un film de guerre que Mario Siciliano fait son entrée dans la réalisation, un pur film d’exploitation, entièrement tourné en Érythrée, alors plongé en pleine guerre d’indépendance, qui opposait le gouvernement éthiopien à des mouvements séparatistes érythréens depuis huit ans. Nous ne sommes pas là pour faire de la politique, mais pour parler des Sept Bérets rouges, une grosse série B comme il en fleurissait des tas à cette époque bénie du cinéma. Mario Siciliano, qui la même année emballait également le western Django ne prie pas – I vigliacchi non pregano, sous le pseudo de Marlon Sirko, avec Gianni Garko, s’en tire pas trop mal avec cette co-production italo-allemande, qui ne s’embarrasse pas de psychologie ou d’émotions en allant droit à l’essentiel : un spectacle brutal qui remplit son contrat, autrement dit divertir le spectateur, tout en remplissant au maximum le tiroir-caisses de lires et de Deutsche Mark. Et de ce point de vue, nous ne sommes pas déçus.
LE RELAIS DE L’OR MAUDIT (Hangman’s Knot)réalisé par Roy Huggins, disponible en DVD et Blu-ray le 10 août 2020 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : Randolph Scott, Donna Reed, Claude Jarman Jr., Frank Faylen, Glenn Langan, Richard Denning, Lee Marvin, Jeanette Nolan…
Scénario : Roy Huggins
Photographie : Charles Lawton Jr.
Musique : Mischa Bakaleinikoff
Durée : 1h21
Date de sortie initiale : 1952
LE FILM
Commandés par le major Matt Stewart, des soldats sudistes attaquent un convoi nordiste transportant de l’or. Si une de leurs victimes leur apprend que la guerre est terminée depuis un mois, il est trop tard. Désormais considérés comme des bandits, ils se rendent à l’évidence qu’ils ont été manipulés par leur officier supérieur. En gardant le butin pour eux, ils deviennent à leur tour des proies, prises en chasse par tous les hors la loi de l’état, ainsi que par les représentants de la loi…
Le Relais de l’or maudit – Hangman’s Knot (1952) est l’unique film écrit et réalisé par Roy Huggins, habituellement scénariste pour le cinéma et la télévision, qui a surtout fait une immense carrière en tant que producteur de séries télévisées. L’une d’elles connaît un grand succès dans les années 60 et sera adaptée au cinéma trente ans plus tard, Le Fugitif – The Fugitive (1993) avec Harrison Ford et Tommy Lee Jones, réalisé par Andrew Davis et toujours produit par Roy Huggins. Le Relais de l’or maudit est un western qui commence avec une scène époustouflante, celle de l’attaque d’un convoi rempli d’or par un groupe de soldats confédérés. Des explosions à la dynamite et des tirs de fusils entraînent la mort de plusieurs personnes. 70 ans après la sortie du film, la mise en scène et le montage de cette séquence d’ouverture n’ont pas pris une seule ride.
LA BELLE DE SAN FRANCISCO (Flame of Barbary Coast) réalisé par Joseph Kane, disponible en DVD et Blu-ray le 10 août 2020 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : John Wayne, Ann Dvorak, Joseph Schildkraut, William Frawley, Virginia Grey, Russell Hicks, Jack Norton, Paul Fix…
Scénario : Borden Chase
Photographie : Robert De Grasse
Musique : R. Dale Butts, Mort Glickman
Durée : 1h31
Date de sortie initiale : 1945
LE FILM
Cow-boy du Montana, Duke Fergus arrive à San Francisco où il se découvre une passion pour le jeu. Tandis qu’il bat les cartes, il tombe amoureux de la chanteuse Flaxen Terry, la petite amie du patron de saloon qui vient de le plumer. Pour la séduire et l’attirer à lui, il ouvre son propre établissement. C’est à ce moment qu’un tremblement de terre ravage la ville…
La Belle de San Francisco – Flame of Barbary Coast est un film réalisé par Joseph Kane (1894-1975). Ce metteur en scène a fait une carrière à Hollywood des années 1930 jusqu’aux années 1950, en signant plus d’une centaine de films. Il s’est spécialisé dans les westerns. L’un de ses acteurs fétiches était Gene Autry (1907-1998), un cow-boy chantant, qu’il dirige à de nombreuses reprises. Son chemin croise également la route de John Wayne qui joue dans plusieurs de ses films.
LES ADOLESCENTES (I Dolci inganni) réalisé par Alberto Lattuada, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 20 octobre 2020 chez Tamasa Diffusion.
Acteurs : Catherine Spaak, Jean Sorel, Christian Marquand, Juanita Faust, Marilù Tolo, Milly, Antonella Erspamer, Giovanna Pignatelli…
Scénario : Alberto Lattuada, Francesco Ghedini, Claude Brulé
Photographie : Gábor Pogány
Musique : Piero Piccioni
Durée : 1h28
Date de sortie initiale : 1960
LE FILM
Jeune fille de bonne famille, Francesca, dix-sept ans, découvre son attirance pour Enrico, un architecte de vingt ans plus âgé qu’elle. Une attirance qui va hanter cette journée d’été au cours de laquelle elle va décider de ne pas résister à l’appel de la vie adulte. Au risque de subir une désillusion…
Deuxième film que le cinéaste Alberto Lattuada (1914-2005) consacre aux jeunes filles, Les Adolescentes – I Dolci inganni sort en Italie en octobre 1960, accompagné d’un petit parfum de scandale, aussi bien de la part de la censure démocrate-chrétienne que des spectateurs. En effet, le film, dont le titre original – beaucoup plus évocateur – signifie « les douces déceptions », dresse le portrait d’une jeune fille/femme de 17 ans, qui découvre le désir et la sexualité, avec une rare frontalité pour l’époque. Dès l’extraordinaire introduction filmée en plan-séquence, Alberto Lattuada capte l’attention du spectateur. Celle que l’on va suivre toute une journée, se réveille en plein milieu de la nuit, visiblement sous le choc de ce dont elle vient de rêver. Un cauchemar ? Non. Parcourue de frissons, se caressant ou plutôt frôlant doucement ses très belles jambes et sa poitrine que l’on devine derrière la mince étoffe de sa chemise de nuit, Francesca ne sait pas ce qui lui arrive. L’éveil des sens n’a probablement jamais été aussi intense et explicite au cinéma en 1960, surtout concernant un personnage aussi jeune. Cette adolescente, c’est la sublime et fascinante Catherine Spaak, qui faisait ici ses débuts au cinéma, la même année que Le Trou de Jacques Becker. De tous les plans, la comédienne et fille du scénariste Charles Spaak (collaborateur de Jean Grémillon, Georges Lacombe, Julien Duvivier, Jacques Feyder, Marcel L’Herbier et bien d’autres), crève l’écran du haut de ses 15 ans et représente toutes les jeunes filles de son âge dans ce merveilleux drame passionnel et psychologique, prolongement naturel de Guendalina sorti trois ans auparavant, dans lequel Alberto Lattuada narrait une première passion amoureuse. Avec une sensualité encore plus appuyée, une délicatesse de tous les instants et une mise en scène qui effleure le visage et la peau de son héroïne, Les Adolescentes est une des autres réussites majeures de son auteur.
Scénario : Leonardo Benvenuti, Piero De Bernardi, Alberto Lattuada, Jean Blondel d’après une histoire originale de Valerio Zurlini
Photographie : Otello Martelli
Musique : Piero Piccioni
Durée : 1h41
Date de sortie initiale : 1957
LE FILM
Dans la station balnéaire de Viareggio, Guendalina, fille libre mais timide d’un couple de bourgeois, voit se prolonger indéfiniment ses vacances en compagnie de sa mère. Ses parents sont au bord de la séparation. Restée seule, elle fréquente Oberdan, un jeune homme d’humble origine sociale, issu d’une famille d’anarchistes locaux…
Méconnu dans nos contrées et personnalité atypique du cinéma transalpin, Alberto Lattuada (1914-2005), l’un des fondateurs de la cinémathèque de Milan, demeure un cinéaste éclectique et inclassable. S’il reste celui qui aura mis le pied à l’étrier à Federico Fellini avec Les Feux du music-hall (signé par les deux réalisateurs en 1950), le réalisateur aura également signé une superbe adaptation de la nouvelle de Gogol, Le Manteau – Il Cappotto (1952), et offrira aussi à l’immense Alberto Sordi l’un de ses plus grands rôles dans Mafioso (1962). Dans cette impressionnante filmographie qui compte une quarantaine de longs-métrages, de documentaires et de séries télévisées, se démarquent quelques portraits consacrés aux jeunes filles, notamment deux films qui forment comme qui dirait un diptyque, Guendalina (1957) et Les Adolescentes – I Dolci inganni (1960). Pour le premier, Alberto Lattuada sera récompensé par le Prix du meilleur scénario, décerné par le SNCCI à Rome en 1958. Ce film sensuel et languissant rappelle le chef d’oeuvre absolu de Colette, Le Blé en herbe, écrit en 1923. Comme dans ce roman, Guendalina raconte l’éducation sentimentale d’une jeune fille, le temps d’un été prolongé. Et c’est merveilleux. Dans le rôle-titre, Jacqueline Sassard (Accident de Joseph Losey, Les Biches de Claude Chabrol) subjugue par sa beauté, sa rage de vivre et sa sensibilité à fleur de peau. Souvent sous-estimé, voire complètement négligé quand on évoque le cinéma transalpin, Alberto Lattuada connaît heureusement un regain de popularité depuis quelques années dans l’Hexagone. Si vous désirez vous pencher sur sa carrière, démarrez immédiatement par Guendalina, très justement considéré comme l’un des plus grands films du cinéaste.
SHERLOCK HOLMES : JEU D’OMBRES (Sherlock Holmes: A Game of Shadows) réalisé par Guy Ritchie, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray le 16 septembre 2020 chez Warner Bros. Entertainment France.
Acteurs : Robert Downey Jr., Jude Law, Noomi Rapace, Rachel McAdams, Jared Harris, Stephen Fry…
Scénario : Michele Mulroney & Kieran Mulroney d’après les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle
Photographie : Philippe Rousselot
Musique : Hans Zimmer
Durée : 2h08
Année de sortie : 2011
LE FILM
Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir… Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty.
Avec plus de 200 millions de dollars récoltés sur le sol de l’Oncle Sam et plus de 300 millions dans le reste du monde, un second épisode des aventures de Sherlock Holmes était forcément attendu et ne s’est pas fait attendre. Deux ans plus tard, débarquait sur les écrans Sherlock Holmes : Jeu d’ombres – Sherlock Holmes: A Game of Shadows. On prend les mêmes – des deux côtés de la caméra – et on recommence ? Certes. Sauf que ce deuxième opus s’avère une franche réussite où l’humour complètement décalé fonctionne à plein régime, comme si Guy Ritchie, conforté par le succès du premier film, avait enfin pu y aller à fond dans le nawak et la relation gay friendly qui unit Holmes et Watson. Contrairement à Sherlock Holmes premier du nom, ce Jeu d’ombres voit les deux héros traverser l’Europe, ce qui donne à l’enquête un côté road movie très plaisant, d’autant plus qu’ils sont accompagnés cette fois par une certaine Madame Simza Heron, interprétée par la géniale Noomi Rapace, qui participe à l’action, complète parfaitement le tandem et qui ne sera pas de trop face au professeur Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes. Tout cela pour dire que Sherlock Holmes : Jeu d’ombres met réellement les bouchées doubles et une fois n’est pas coutume s’avère une suite qui surpasse (et de loin) le premier opus.