Test Blu-ray / Le Juge Thorne fait sa loi (Tu seras jugé), réalisé par Jacques Tourneur

LE JUGE THORNE FAIT SA LOI – TU SERAS JUGÉ (Stranger on Horseback) réalisé par Jacques Tourneur, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Miroslava, Kevin McCarthy, John McIntire, John Carradine, Nancy Gates, Emile Meyer, Robert Cornthwaite…

Scénario : Herb Meadow & Don Martin, d’après le roman de Louis L’Amour

Photographie : Ray Rennahan

Musique : Paul Dunlap

Durée : 1h06

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Rick Thorne est un juge itinérant dans le grand Ouest des États-Unis. En arrivant à Bannerman, il réalise qu’une puissante et dangereuse famille fait la loi en ville. Coupables de nombreux délits et crimes, ils n’ont jamais été poursuivis par la Justice ou envoyés en prison. Rick décide que cela ne peut plus durer car la loi s’applique pour tout le monde. Il va donc rouvrir une affaire classée trop rapidement sans suite selon lui…

Quand on lui demande quel réalisateur il souhaiterait à la barre du Juge Thorne fait sa loiStranger on Horseback, également connu en France sous le titre Tu seras jugé, le comédien et star de la MGM, Joel McCrea (1905-1990), qui s’est essentiellement tourné vers le western dès 1946, répond Jacques Tourneur. Les deux hommes avaient déjà collaboré cinq ans auparavant sur un autre western, Stars in My Crown, où ils s’étaient merveilleusement entendus. S’il est moins célèbre que Un jeu risqué Wichita, leur autre opus traitant de l’Ouest Américain, qui sortira aussi en 1955, Le Juge Thorne fait sa loi rend compte de la virtuosité discrète, mais indéniable du réalisateur formé à la RKO et metteur en scène légendaire de La Féline, Vaudou et L’Homme léopard, mais aussi de L’Enquête est close Circle of Danger et de NightfallPoursuites dans la nuit. À l’instar de Jack Arnold, de Richard Fleischer ou de Robert Wise, Jacques Tourneur avait le don de transformer en or tous les genres qu’il abordait. Le Juge Thorne fait sa loi est un opus rare du cinéaste, qui n’est jamais sorti en France et dont le négatif original semble avoir disparu. Tourné avec le procédé couleur AnscoColor, extrêmement fragile, ce qui n’a pas aidé à la conservation du film, Stranger on Horseback a néanmoins été sauvé via un contretype. Cela aurait été dommage de voir ce petit bijou disparaître corps et bien. Avec son intrigue resserrée (65 minutes, génériques compris), le charisme débordant de sa tête d’affiche, ses décors très réussis, sa superbe photographie signée Ray Rennahan (Le Sorcier du Rio Grande, Smith le taciturne, Les Rôdeurs de l’aube) et ses magnifiques paysages naturels (Sedona, en Arizona, dans le canyon de Placerita, à Newhall, en Californie), Stranger on Horseback fait indéniablement partie des films de Jacques Tourneur à redécouvrir et à se «refiler» entre cinéphiles.

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Test Blu-ray / Femme de feu, réalisé par André de Toth

FEMME DE FEU (Ramrod) réalisé par André de Toth, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Veronica Lake, Don DeFore, Donald Crisp, Preston Foster, Arleen Whelan, Charles Ruggles, Lloyd Bridges…

Scénario : Jack Moffitt, C. Graham Baker & Cecile Kramer, d’après le roman de Luke Short

Photographie : Russell Harlan

Musique : Adolph Deutsch

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Connie Dickason refuse d’obéir à son père Ben qui souhaite la marier à Frank Ivey, un rancher très puissant, autoritaire et irascible. Pour tenir tête à ce dernier, elle engage Dave Nash…

Premier western du cinéaste américain d’origine austro-hongroise André de Toth (1912-2002), au passage l’un des « cinq borgnes d’Hollywood » avec John Ford, Fritz Lang, Nicholas Ray et Raoul Walsh, Ramrod, plus connu dans nos contrées sous le titre Femme de feu, impose la maîtrise technique du réalisateur et pose les bases de ses grands classiques et chefs d’oeuvre à venir. Si la mise en scène demeure impressionnante, c’est surtout l’importance accordée au personnage féminin principal interprété par l’épouse du cinéaste, Veronica Lake, qui donne au film toute son originalité et ce bien avant Johnny Guitar de Nicholas Ray réalisé en 1954. Utilisée à contre-emploi, la blonde incendiaire des années 40 apporte toute sa force et sa fragilité à son personnage pour son unique incursion dans le genre. Rôle moteur de l’histoire, elle porte les plus lourdes responsabilités sur la vie et la mort des cowboys qui l’entourent, prêts à tout pour lui rendre service. D’ailleurs, elle n’hésite pas à user de ses charmes et de son oeil de biche pour arriver à ses fins et profiter des fines gâchettes avoisinantes. Adapté d’un roman de Luke Short, Femme de feu, au départ prévu pour John Ford, qui finalement pris par La Poursuite infernale demandera aux studios de confier le film à de Toth, peut également se voir comme un véritable film-noir. Son climat, la photographie, le cadre, tout donne au film une couleur particulière avec ses personnages mi-ange mi-démon, naviguant entre le bien et le mal. Au final, Femme de feu s’impose comme une série B à l’histoire classique (deux clans s’affrontent pour une parcelle de terrain), non dépourvue de longueurs (la traque finale) et qui croule parfois sous une musique grandiloquente, mais l’ensemble est transcendé par une mise en scène inventive qui abonde en défis techniques particulièrement réjouissants.

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Test Blu-ray / L’Homme de Kansas City, réalisé par Edwin L. Marin

L’HOMME DE KANSAS CITY (Fighting Man of the Plains) réalisé par Edwin L. Marin, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Bill Williams, Victor Jory, Jane Nigh, Douglas Kennedy, Joan Taylor, Berry Kroeger, Rhys Williams…

Scénario : Frank Gruber, d’après son roman Fighting Man

Photographie : Fred Jackman Jr.

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Lors d’un raid mené avec la troupe de Quantrill, Jim Dancer tue l’homme qu’il tient pour responsable de la mort de son frère. Mais celui-ci était innocent, et Dancer devient un fugitif. Quelques mois plus tard, il refait surface comme shérif d’une petite ville du Kansas, où il met en déroute une bande de malfrats avec l’aide d’un autre paria, Jesse James…

Du réalisateur américain Edwin L. Marin (1899 ou 1901-1951) on connaissait le formidable L’Agent invisible contre la Gestapo (1942), divertissement haut de gamme doublé d’un film de propagande, mais aussi deux westerns de série B à connaître absolument, Canadian Pacific (1949) et La Piste des CaribousThe Cariboo Trail (1950), interprétés par Randolph Scott. Ce dernier doit d’ailleurs beaucoup au réalisateur et ce bien avant ses collaborations avec André de Toth (6 films) et bien sûr Burt Boetticher (7 films). En effet, le comédien, considéré encore aujourd’hui par beaucoup comme étant le plus grand cowboy du cinéma et Edwin L. Marin ont tourné pas moins de huit longs-métrages de 1941 (Ici LondresLondon Calling) à 1951 (Sugarfoot). Un film d’espionnage, une comédie-romantique et surtout six westerns les réuniront durant dix ans, associations avec lesquelles le metteur en scène crée littéralement le « personnage » qui collera plus tard Randolph Scott à la peau tout le reste de sa vie. L’Homme de Kansas City Fighting Man of the Plains est leur second western. L’Ancien assistant opérateur à la MGM et à la RKO, devenu réalisateur au début des années 1930 et qui signera une œuvre aussi éclectique que prolifique (une soixantaine de longs métrages), composée entre autres de A Christmas Carol (1938) adapté de Charles Dickens, ou bien encore L’Amazone aux yeux verts (1944) avec John Wayne, montre son aisance à raconter des histoires traitant de l’Ouest Américain. L’Homme de Kansas City est certes un film modeste tourné dans un cadre restreint, le film d’Edwin L. Marin donne à son récit une ampleur digne des plus grandes productions. Randolph Scott crève l’écran et le héros qu’il incarne annonce étonnamment ceux qu’il interprétera dans le légendaire cycle Ranown. Autant dire que la découverte est plus que recommandée pour les passionnés du genre.

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Test Blu-ray / La Chevauchée fantastique, réalisé par John Ford

LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE (Stagecoach) réalisé par John Ford, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Claire Trevor, John Wayne, Andy Devine, John Carradine, Thomas Mitchell, Louise Platt, George Bancroft, Donald Meek, Berton Churchill, Tim Holt, Tom Tyler…

Scénario : Dudley Nichols, d’après une histoire originale de Ernest Haycox

Photographie : Bert Glennon

Musique : Gerard Carbonara

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1939

LE FILM

La diligence est le lieu de rencontre de neuf personnes qui font route, en Arizona, sur une piste menacée par les Indiens de Geronimo. Dallas, une prostituée, est chassée de la ville, tout comme Josiah Boone, un vieux médecin alcoolique. Mrs Mallory, enceinte, va rejoindre son mari, un officier, tandis que Hatfield, un joueur, décide de l’accompagner par galanterie. Gatewood, le banquier, s’enfuit avec l’or déposé chez lui. Mr Peacok, qui place du whisky dans les saloons, regagne sa famille à Kansas City. Curly Wilcox, le shérif, accompagne le conducteur Buck, sur cette route dangereuse. À la sortie de la ville, ils prennent un autre passager, Ringo Kid, qui souhaite exécuter les trois frères Plummer, assassins de son père et de son frère. Toutes ces personnes font le difficile apprentissage de la cohabitation dans un espace clos. Le voyage se poursuit dans une atmosphère de plus en plus tendue.

La Chevauchée fantastique Stagecoach, John Ford, 1939. Rien qu’à la lecture de ce titre, le cinéphile se sent pousser des ailes, sourit, pense à beaucoup de scènes, notamment l’apparition de John Wayne, capturée dans un travelling avant. Avec ce plan, le comédien âgé de 32 ans devient une star, alors qu’il bourlinguait depuis 1926, tournant parfois jusqu’à dix films par an. D’ailleurs, le cinéaste lui avait déjà donné sa chance à plusieurs reprises, au moins une demi-douzaine de fois. Mais c’est avec La Piste des géants The Big Trail (1930) de Raoul Walsh, que Marion Robert Morrison, de son vrai nom, commence à se faire une place dans le milieu et ce malgré l’échec commercial du film. Mais ce n’est qu’un faux départ en fait. La Chevauchée fantastique va le lancer définitivement sur le devant de la scène et ce durant quasiment durant les quarante années suivantes, jusqu’à son ultime long-métrage, Le Dernier des géants The Shootist de Don Siegel. Le film sera un triomphe international et recevra sept nominations aux Oscars. Le western fait son comeback dans les salles, le genre est réévalué par les critiques et John Wayne, dont le cachet égalise désormais celui de Clark Gable et de Gary Cooper, reçoit moult propositions de la part des grands cinéastes (George Sherman, Raoul Walsh de nouveau), mais signe encore avec John Ford pour Les Hommes de la mer The Long Voyage Home, qu’il tourne l’année suivante. Mais pour l’heure, La Chevauchée fantastique, d’après un scénario signé Dudley Nichols (Dieu est mort, La Rue rouge) et Ernest Haycox (Les Clairons sonnent la charge, Le Cavalier de la mort, Pacific Express), en collaboration (non créditée) avec Ben Hecht (Le Plus grand cirque du monde, Le Carrefour de la mort, Les Enchaînés), s’inspirent d’une nouvelle du second, elle-même adaptée de Boule de Suif de Guy de Maupassant. Et c’est un chef d’oeuvre incontesté du septième art qui se joue devant nos yeux.

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Test Blu-ray / La Horde sauvage, réalisé par Joseph Kane

LA HORDE SAUVAGE (The Maverick Queen) réalisé par Joseph Kane, disponible en DVD & Édition Collection Silver Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Barbara Stanwyck, Barry Sullivan, Scott Brady, Mary Murphy, Wallace Ford, Howard Petrie, Jim Davis, Emile Meyer…

Scénario : Kenneth Gamet & DeVallon Scott, d’après le roman de Zane Grey

Photographie : Jack A. Marta

Musique : Victor Young

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1956

LE FILM

Wyoming, les années 1890. Membre de l’agence Pinkerton, Jeff Young reçoit pour mission de démanteler une redoutable bande de hors-la-loi dirigée par Butch Cassidy et Sundance Kid. Sous le nom de Jeff Younger, il arrive en ville où il fait la connaissance de Kit Banion, officiellement propriétaire du saloon local, mais plus discrètement complice des bandits. S’il s’intègre à la bande, Young suscite en même temps la jalousie d’un Sundance Kid farouchement épris de Kit. Alors que se prépare l’attaque d’un train, la tension monte entre les deux hommes…

Joe Kane, de son vrai (pré)nom Joseph Kane (1894-1975) est un vieux briscard quand il entreprend La Horde sauvageThe Maverick Queen. La soixantaine installée, le réalisateur a déjà moult westerns, films noirs et autres serials à son palmarès et sa réputation n’est pas usurpée. Redoutablement efficace, l’énergie qu’il insuffle sur ses tournages (il tourne parfois jusqu’à dix films par an) se ressent dans ses films de série B et les grands acteurs se sont bousculés au portillon pour collaborer avec lui. Quelques titres ? La Rivière écarlateKing of the Pecos (1936), La Chevauchée solitaireThe Lonely Trail (1936), La Femme du pionnierDakota (1939) et La Belle de San Francisco Flame of Barbary Coast (1945) avec John Wayne, Le Retour de Billy the KidBilly The Kid Returns (1938) et À la poursuite de Jesse JamesDays of Jesse James (1939) avec Roy Rogers. Avant de terminer son illustre et prolifique carrière à la télévision avec les séries Rawhide, Bonanza et Laramie, il livre un parfait exemple de son savoir-faire avec ce western mettant en scène Barbara Stanwyck (dans un de ses derniers rôles au cinéma) et Barry Sullivan, dont le duo fonctionne parfaitement bien à l’écran. Poursuites, gunfights, histoire d’amour, infiltrations, trahisons, jalousie, attaque de train, il y a tout cela réuni en 90 minutes. Autant dire que le spectacle est garanti et que La Horde sauvage remplit toujours autant son contrat soixante-dix ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / La Poursuite sauvage, réalisé par Daniel Mann

LA POURSUITE SAUVAGE (The Revengers) réalisé par Daniel Mann, disponible en DVD & Édition Collection Silver Blu-ray + DVD + Livre le 14 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : William Holden, Ernest Borgnine, Woody Strode, Roger Hanin, Reinhard Kolldehoff, Jorge Luke, Jorge Martínez de Hoyos, Arthur Hunnicutt, Susan Hayward…

Scénario : Wendell Mayes, d’après une histoire originale de Steven W. Carabatsos

Photographie : Gabriel Torres

Musique : Pino Calvi

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

En rentrant de la chasse, le fermier John Benedict trouve toute sa famille massacrée. Dans un dernier souffle, son vacher lui indique que les meurtriers sont des Indiens voleurs de chevaux, commandés par deux Blancs, dont l’un, Tarp, est borgne. Fou de rage et de désespoir, Benedict vend ses biens et se lance sur leurs traces. Il se rend dans un pénitencier du Mexique pour y engager des hommes de main. Il en repart avec six forçats sans foi ni loi. Sans aucun scrupule, ceux-ci tentent de le dévaliser et l’abandonnent à son sort. L’un d’entre eux, Job, revient pourtant…

Daniel Chugerman, alias Daniel Mann (1912-1991) vient du théâtre. Il débarque dans le monde du cinéma au début des années 1950 en adaptant une pièce de William Inge, Come Back, Little Sheba, qui en France deviendra Reviens petite Sheba, avec Burt Lancaster et qui vaut à Shirley Booth d’être récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, ainsi que par le Prix d’interprétation au Festival de Cannes. Il adapte Tennessee Williams (La Rose tatouée, Oscar de la meilleure actrice pour Anna Magnani), puis dirige les plus grandes stars, de Marlon Brando à Glenn Ford, en passant par Shirley MacLaine, Anthony Quinn, James Stewart, Elizabeth Taylor, Dean Martin, Lana Turner, James Coburn, Sophie Loren, Sidney Poitier…Un C.V. qui ferait bien des envieux. Éclectique, passant d’un genre à l’autre (drame, comédie, film de guerre, tout y passe), Daniel Mann connaît un immense succès avec Willard, opus d’épouvante, qui entraînera une (mauvaise) suite (Ben, réalisé par Phil Karlson) et un remake en 2003. Après ce triomphe qui surfe sur l’engouement croissant des spectateurs pour le cinéma d’horreur, Daniel Mann enchaîne étrangement avec La Poursuite sauvage The Revengers, un western, qui périclitait alors à Hollywood, repris et modernisé en Italie, qui tentait alors de revenir sur le devant de la scène aux États-Unis. Indubitablement influencé par Les Sept MercenairesThe Magnificent Seven (1960) de John Sturges, Les Douze Salopards The Dirty Dozen (1967) de Robert Aldrich et La Horde sauvageThe Wild Bunch (1969) de Sam Peckinpah, La Poursuite sauvage n’a certes pas le prestige de ces trois immenses références, mais n’en reste pas moins une étonnante réussite. Daniel Mann rappelle les cinéastes comme Robert Fleischer et Robert Wise, capables de se fondre dans le moule du genre qu’ils abordaient, en y apportant leur griffe. Sur un scénario signé Wendell Mayes, auteur réputé de l’autre côté de l’Atlantique (Le Merdier de Ted Post, Un justicier dans la ville de Michael Winner, L’Aventure du Poséidon de Ronald Neame, Autopsie d’un meurtre d’Otto Preminger), produit par Martin Rackin (Les Cavaliers, Les Aventures du Capitaine Wyatt, La Femme à abattre), porté par un casting aussi brillant qu’hétéroclite mené par William Holden, La Poursuite sauvage est un western qui a très bien vieilli, qui épate par sa violence et qui propose des personnages fouillés, complexes et même passionnants. Une redécouverte s’impose.

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Test Blu-ray / Monte Walsh, réalisé par William A. Fraker

MONTE WALSH réalisé par William A. Fraker, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 18 septembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Lee Marvin, Jeanne Moreau, Jack Palance, Mitch Ryan, Jim Davis, G.D. Spradlin, John Hudkins, Raymond Guth…

Scénario : David Zelag Goodman & Lukas Heller, d’après le roman de Jack Schaefer

Photographie : David M. Walsh

Musique : John Barry

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Les temps changent dans l’Ouest américain. Monte Walsh et Chet Rollins, deux cow-boys au passé mouvementé, se retrouvent au chômage et seuls. Ils acceptent de petit jobs au gré de leur vagabondage. Ils épousent respectivement une prostituée et la veuve d’un quincaillier. Alors que plus personne n’a besoin du travail des cow-boys, ils vont devoir trouver leur place dans le monde…

C’est la fin d’un siècle, d’une ère, d’un monde. Monte Walsh est un western crépusculaire adapté d’un roman de Jack Schaefer (La Loi de la prairie de Robert Wise, L’Homme des vallées perdues de George Stevens) et réalisé par William A. Fraker (1923-2010). Sil s’agit de son premier long-métrage comme metteur en scène, celui-ci n’est pas un inconnu, puisqu’il est avant tout le directeur de la photographie de plusieurs classiques du cinéma comme Rosemary’s Baby de Roman Polanski, Bullitt de Peter Yates, et plus tard de 1941 de Steven Spielberg, Les Aventures d’un homme invisibleMemoirs of an Invisible Man de John Carpenter et même de – accrochez-vous – de Street Fighter – L’ultime combat de Steven E. de Souza. Autant dire que le bonhomme a un œil. En 1970, il devient donc réalisateur, s’empare d’un scénario en or coécrit par David Zelag Goodman (Les Yeux de Laura Mars, L’âge de cristal) et Lukas Heller (Les Douze Salopards, Le Vol du Phénix, Chut…chut, chère Charlotte) et livre un magnifique western (tardif), qui peut à la fois se voir comme une parabole sur la fin d’un genre à part entière, mais aussi sur celle d’un cinéma révolu, qui a alors laissé sa place au Nouvel Hollywood, avant l’arrivée du premier blockbuster représenté par Les Dents de la mer Jaws de Steven Spielberg qui pointera son museau cinq ans plus tard. Mais on peut aussi y déceler un fabuleux portrait de Lee Marvin, qui tient le rôle-titre, représentant, figure, gueule de tout un univers. Durant les années 1960, le comédien aura tout de même collaboré avec Michael Curtiz, John Ford (à plusieurs reprises), Don Siegel, Elliot Silverstein, Stanley Kramer, Richard Brooks, Robert Aldrich et John Boorman. Un C.V. qui ferait plus d’un envieux et dans lequel il n’y a absolument rien à jeter. La cinquantaine en ligne de mire, Lee Marvin commence à se diriger vers les rôles de vétérans et Monte Walsh est assurément un film pivot dans son illustre carrière. À ne rater sous aucun prétexte.

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Test Blu-ray / Le Passage de Santa Fe, réalisé par William Witney

LE PASSAGE DE SANTA FE (Santa Fe Passage) réalisé par William Witney, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 18 septembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Slim Pickens, John Payne, Anthony Caruso, Faith Domergue, Rod Cameron, Irene Tedrow, George Keymas, Leo Gordon…

Scénario : Lillie Hayward, d’après une nouvelle de Heck Allen

Photographie : Bud Thackery

Musique : R. Dale Butts

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Sa réputation d’éclaireur mise à mal par les conséquences tragiques de la trahison du chef indien Satank, Kirby Randolph bénéficie d’une seconde chance offerte par Jess Griswold. Sur des centaines de kilomètres en territoire hostile, il accepte d’escorter avec son ami Sam Beekman un convoi de munitions et d’armes destinées à des insurgés mexicains. Si sa haine des Indiens s’estompe progressivement au contact d’Aurélie, une jolie métisse d’abord très méfiante à son égard, elle renait dès qu’apparaissent Satank et sa tribu. Leur confrontation est inévitable…

Au cours de notre périple cinématographique, nous avons déjà eu affaire au réalisateur William Witney (1915-2002), spécialiste du western et du film de cape et d’épée, bien connu des amateurs des histoires du Far West sur grand écran. Méconnu en France, il demeure encore une véritable institution outre-Atlantique, notamment pour ses trois collaborations avec le légendaire Audie Murphy (La Fureur des Apaches, Représailles en Arizona, 40 fusils manquent à l’appel), mais pas que. Le cinéaste a contribué à rendre le genre extrêmement populaire dans le monde, grâce à un savoir-faire exceptionnel derrière la caméra, une direction d’acteurs toujours remarquable, des tournages qui privilégiaient les décors naturels, un sens inouï du montage, rendant les affrontements, les cascades, les gunfights, les poursuites aussi passionnants qu’extrêmement efficaces. C’est une fois le cas pour Le Passage de Santa FeSanta Fe Passage, production de la Republic Pictures qui sort en cette belle année 1955 pour le western, qui voit aussi se succéder dans les salles L’Homme de la plaine et La Charge des Tuniques Bleues d’Anthony Mann, L’Homme qui n’a pas d’étoile de King Vidor, Le Souffle de la violence de Rudolph Maté, Le Fleuve de la dernière chance de Jerry Hopper, À l’ombre des potences de Nicholas Ray, Le Bandit d’Edgar G. Ulmer et tellement d’autres. Le western est bel et bien toujours là et attire les plus grands metteurs en scène. Le Passage de Santa Fe peut se targuer d’avoir traversé 70 ans sans prendre de rides et le film de William Witney reste un très grand spectacle, qui condense action, émotion, humour en 90 minutes montre en main, en ne laissant aucun répit, tant aux personnages qu’aux spectateurs. Immanquable !

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Test Blu-ray / Les Clairons sonnent la charge, réalisé par Roy Rowland

LES CLAIRONS SONNENT LA CHARGE (Buggles in the Afternoon) réalisé par Roy Rowland, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 12 juillet 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Ray Milland, Helena Carter, Hugh Marlowe, Forrest Tucker, Barton MacLane, George Reeves, James Millican, Gertrude Michael…

Scénario : Daniel Mainwaring & Harry Brown, d’après le roman de Ernest Haycox

Photographie : Wilfrid M. Cline

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Dégradé pour avoir giflé sur supérieur pendant la guerre de Sécession, le capitaine Shafter se réengage dans le 7ème de cavalerie en tant que simple soldat. Il se rend vite compte qu’il se trouve sous le commandement de Garnett, l’officier à l’origine de tous ses malheurs. Désireux de se débarrasser définitivement de cette recrue encombrante, Garnett lui confie une mission de reconnaissance contre les Sioux et dont il n’a que très peu de chances de revenir indemne.

Parmi les très nombreux artisans qui ont fleuri et fait le bonheur des studios hollywoodiens durant son âge d’or, un nom est sans aucun doute à réhabiliter, celui de Roy Rowland (1910-1995). Ce réalisateur d’une bonne cinquantaine de films, la moitié étant des courts-métrages, signés entre 1936 et 1941, se spécialisera dans le film noir et le western. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de donner quelques titres liés à ce metteur en scène. En dehors d’une transposition du Dr. Seuss (Les 5000 doigts du Dr. TThe 5,000 Fingers of Dr. T.), ce sont étonnamment ses derniers opus qui demeurent les plus célèbres, Surcouf, le tigre des sept mers Surcouf, l’eroe dei sette mari (coréalisé par Sergio Bergonzelli), avec Gérard Barray, et surtout Solo pour une blondeThe Girl Hunters, qui a pour particularité d’être une adaptation des aventures de Mike Hammer, dont le personnage est incarné par l’écrivain qui l’a créé, Mickey Spillane. Les Clairons sonnent la chargeBugles in the Afternoon est donc l’un des westerns de Roy Rowland et l’un des rares à avoir été tourné par Ray Milland, qui s’est toujours diversifié au fil de sa prolifique carrière. Ainsi, après le drame Ma vie à moiA Life of Her Own de George Cukor, dans lequel il donne la réplique à Lana Turner, le polar L’Enquête est closeCircle of Danger de Jacques Tourneur et la comédie loufoque Rhubarb, le chat millionnaire d’Arthur Lubin, le comédien revient au western, genre qui lui sied à ravir, six ans après Californie terre promise California de John Farrow. Un divertissement soigné, rempli d’action, de poursuites, de gunfights et d’émotion qui tient encore sacrément bien la route et qui vaut le détour. L’art de la série B.

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Test Blu-ray / Les Cavaliers, réalisé par John Ford

LES CAVALIERS (The Horse Soldiers) réalisé par John Ford, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre depuis le 6 novembre 2024 chez Rimini Éditions.

Acteurs : John Wayne, William Holden, Constance Towers, Althea Gibson, Judson Pratt, Hoot Gibson, Ken Curtis, Willis Bouchey…

Scénario : John Lee Mahin & Martin Rackin, d’après le roman de Harold Sinclair

Photographie : William H. Clothier

Musique : David Buttolph

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Durant la guerre de Sécession, un détachement de cavalerie nordiste, sous les ordres du colonel Marlowe, est envoyé derrière les lignes ennemies, pour détruire les voies de chemin de fer. À ses côtés, le major Kendall. Les deux hommes, que tout oppose, sont contraints d’emmener avec eux Hannah Hunter, une aristocrate sudiste.

S’il n’est indubitablement pas le film le plus célèbre de John Ford, et pour cela dresser une liste serait sans doute non exhaustif, Les CavaliersThe Horse Soldiers restera toujours l’un de ceux que la critique et les spectateurs n’ont eu de cesse de réhabiliter. Oeuvre « malade », dans le sens où le cinéaste entreprit le film avec un scénario qu’il jugeait mauvais, voire inachevé, Les Cavaliers marque le retour au western de John Ford, genre qu’il avait « mis de côté » depuis trois ans et quatre films emballés depuis La Prisonnière du désert The Searchers. Juste après l’extraordinaire La Dernière fanfareThe Last Hurrah, son film le plus personnel (c’est dire son importance), le cinéaste retrouve John Wayne, qui de son côté paraît plus préoccupé par Alamo, qu’il s’apprête à produire, à réaliser et à interpréter. La star du western sort de Rio Bravo de Howard Hawks, alors tout va pour le mieux pour lui. Si John Ford accepte de récupérer Les Cavaliers, c’est que ce projet lui permet d’aborder frontalement un des sujets qui le passionnent le plus, la guerre de Sécession. Son expertise ne sera donc pas de trop, surtout pour rattraper l’écriture de John Lee Mahin (Le Grand Sam, Dieu seul le sait, Quo Vadis) et Martin Rackin (Les Aventures du Capitaine Wyatt, Violence à Jericho), également producteurs, basé sur un roman de Harold Sinclair, dont le travail restera vilipendé par le réalisateur. Bien sûr, Les Cavaliers ne saurait rivaliser avec les monuments de John Ford, d’autant plus que le western qui le liera à nouveau avec John Wayne sera L’Homme qui tua Liberty ValanceThe Man Who Shot Liberty Valance, néanmoins le divertissement est intact et total, tandis que le tandem John Wayne-William Holden crève l’écran.

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