Test Blu-ray / 99 femmes, réalisé par Jess Franco

99 femmes (Der heiße Tod) réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 17 mai 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Maria Schell, Herbert Lom, Mercedes McCambridge, Luciana Paluzzi, Maria Rohm, Rosalba Neri, Elisa Montés, Valentina Godoy…

Scénario : Jess Franco, Carlo Fadda, Milo G. Cuccia, Peter Welbeck & Javier Péres Grober

Photographie : Manuel Merino

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Des jeunes femmes sont envoyées au pénitencier Castillo de la muerte, au milieu du Pacifique, dirigé de main de fer par la directrice Diaz, qui n’hésite pas à abuser sexuellement des prisonnières. Marie, le numéro 99, est sa proie favorite. Mais devant la série de morts inexpliquées au sein de l’île, le gouvernement diligente une enquête. La jeune inspectrice Léonie est chargée de faire un rapport.

1969 est certes l’année érotique comme le chantaient Serge Gainsbourg et Jane Birkin, mais aussi celle où Jess Franco livrait quelques-uns de ses meilleurs crus comme Sumuru, la cité sans hommes, Le Trône de feu The Bloody Judge, tandis que certains pays pouvaient déjà découvrir Justine ou les Infortunes de la vertu. Un autre opus tourné à cette période sort également du lot, Les Brûlantes ou L’Amour dans les prisons de femmes (agrémenté d’inserts pornographiques en France), 99 Mujeres ou tout simplement 99 femmes pour l’exploitation vidéo-DVD du film, son premier long-métrage catégorisé Women In Prison. Le réalisateur espagnol y reviendra souvent, avec Des femmes pour le bloc 9 Frauen für Zellenblock 9 ou bien encore Quartier de femmes Los amantes de la isla del diablo. Pour ses débuts dans ce sous-genre du cinéma Bis, Jess Franco s’en sort formidablement et l’on suit avec autant de plaisir déviant qu’un réel intérêt cinéphile ces prisonnières qui subissent des sévices dégradants et qui décident à un moment donné de se rebeller, dans l’espoir de se sortir de leurs conditions. Évidemment, 99 femmes repose sur un casting essentiellement féminin composé de magnifiques créatures, Maria Schell (Le Trône de feu, Le Diable par la queue, Nuits blanches, Gervaise, La Ruée vers l’ouest), Maria Rohm (Venus in Furs, Justine ou les infortunes de la vertu, Les Inassouvies, L’Appel de la forêt), Elisa Montes (Django, ne prie pas, Texas Adios), Luciana Paluzzi (Opération Tonnerre, Le Vice et la vertu) et surtout Rosalba Neri. Cette dernière, comme elle l’avait précédemment fait dans Pas de roses pour O.S.S. 117 d’André Hunebelle, Furie au Missouri d’Alfonso Brescia, Opération Re Mida (Lucky l’intrépide) de Jess Franco, Hercule contre les vampires de Mario Bava, et le fera encore par la suite dans Les Vierges de la pleine lune de Luigi Batzella et A la recherche du plaisir de Silvio Amadio, crève l’écran de sa beauté animale et Jess Franco l’a bien compris en la mettant en valeur à chaque apparition. On ne s’en lasse pas.

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Test Blu-ray / Shock Waves, Le Commando des morts-vivants, réalisé par Ken Wiederhorn

LE COMMANDO DES MORTS-VIVANTS (Shock Waves) réalisé par Ken Wiederhorn, disponible en DVD et combo Blu-ray + DVD le 12 avril 2022 chez Elephant Films.

Acteurs : Peter Cushing, John Carradine, Brooke Adams, Fred Buch, Jack Davidson, Luke Halpin, D.J. Sidney, Don Stout…

Scénario : John Kent Harrison & Ken Wiederhorn

Photographie : Reuben Trane

Musique : Richard Einhorn

Durée : 1h25

Date de sortie initiale: 1977

LE FILM

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la haute autorité nazie a autorisé des expérimentations menant à créer un commando de morts-vivants. Indestructibles, soumis aux ordres et dénués de sentiments, ils étaient les soldats parfaits. Cette unité a mystérieusement disparu. Trente ans plus tard, sur une île au large de la Floride, des naufragés vont découvrir où se terrent les nazis morts-vivants…

Rétrospectivement, il existe un lien entre Revenge of the Zombies (1943) de Steve Sekely (la suite de King of the Zombies de Jean Yarbrough sorti deux ans avant) et Shock Waves (1977), aka Le Commando des morts-vivants dans nos contrées, réalisé par Ken Wiederhorn. Dans les deux cas, il s’agit de soldats du Troisième Reich devenus des zombies des suites des expériences survenues durant la Deuxième Guerre mondiale, mais il y a aussi la présence du même comédien, l’illustre John Carradine, le père de David, Robert et Keith, un des acteurs fétiches de John Ford, vu chez Fritz Lang, Henry Hathaway, Henry King, Edward Dmytryk, Nicholas Ray, Cecil B. DeMille…un des C.V. les plus impressionnants à Hollywood. Alors qu’il jouait le savant-fou à l’origine des nazis zombies dans Revenge of the Zombies, il n’est qu’un simple capitaine dans Shock Waves, mais le point commun est aussi évident qu’amusant. D’ailleurs, le film de Ken Wiederhorn est une sacrée comédie involontaire, une série Z, à mi-chemin entre le nanar et le navet, un narvet comme nous avons coutume de dire sur Homepopcorn. Car si en effet on se marre beaucoup devant cet opus complètement fauché et mis en scène à la one again, le film pâtit d’un rythme neurasthénique, là où l’on s’attendait à rire du début à la fin, comme devant Le Lac des morts vivants de Jean Rollin et Julian de Lasernarts, qui sortira quatre ans plus tard et qui s’inspirera visiblement énormément du Commando des morts-vivants. Mais pas de Promizoulin !, il faudra se contenter du charme de Brooke Adams, qui n’était apparue principalement que dans divers téléfilms et séries télévisées, et qui trouve son premier « vrai » rôle au cinéma, même si on se souviendra d’elle essentiellement en bikini. Nous ne savons pas si Terrence Malick et Philip Kaufman l’auront repérée ici pour lui offrir ensuite le haut de l’affiche des Moissons du cielDays of Heaven et de L’Invasion des profanateursInvasion of the Body Snatchers qui suivront immédiatement après, toujours est-il qu’elle s’en sort plutôt bien dans Shock Waves. En dépit des bâillements qu’il provoque à maintes reprises, Le Commando des morts-vivants propose tout de même de bonnes idées, notamment tout ce qui concerne et touche les zombies en question, leur représentation aquatique (ceci dit, il faut attendre près d’une demi-heure pour apercevoir des boots…), dont certaines images restent, quoi qu’on en dise, longtemps en tête. Preuve que Shock Waves mérite bien qu’on lui accorde un coup de projecteur, surtout que Peter Cushing y fait aussi une petite participation. Alors, convaincus ?

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Test Blu-ray / La Mort caresse à minuit, réalisé par Luciano Ercoli

LA MORT CARESSE À MINUIT (La Morte accarezza a mezzanotte) réalisé Luciano Ercoli, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 avril 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Nieves Navarro, Simón Andreu, Peter Martell, Carlo Gentili, Ivano Staccioli, Claudio Pellegrini, Fabrizio Moresco, Alessandro Perrella…

Scénario : Ernesto Gastaldi, Sergio Corbucci & Mahnahén Velasco

Photographie : Fernando Arribas

Musique : Gianni Ferrio

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Valentina, jeune et belle top model, essaye une nouvelle drogue expérimentale sous surveillance médicale, la HDS, drogue euphorisante et hallucinogène. Au cours de la nuit, elle assiste à un meurtre horrible, perpétré dans l’immeuble voisin par un tueur au gant d’acier pointé. Le lendemain, la jeune femme est persuadée que ce qu’elle a vu n’est pas le seul fruit de son délire. Elle va chercher ce qui s’est passé.

Luciano Ercoli (1929-2015) commence sa carrière au cinéma comme producteur, dès le début des années 1960, après avoir officié rapidement comme assistant-réalisateur chez Primo Zeglio (Le Capitaine fantastique), Pietro Francisci (Attila fléau de Dieu), Raffaello Matarazzo (La Fille de la rizière) et Hugo Fregonese (I girovaghi). Avant de passer lui-même derrière la caméra, il va ainsi s’associer avec André Hunebelle sur O.S.S. 117 se déchaîne !, Fantômas et Furia à Bahia pour OSS 117, produire trois « Totò movies » (Che fine ha fatto Totò baby?, Il comandante et Totò d’Arabia), retrouver Jean Marais sur Le Gentleman de Cocody de Christian-Jaque, collaborer avec Duccio Tessari sur Le Retour de Ringo et Très honorable correspondant. Puis, 1970, il se lance dans la mise en scène et va enchaîner trois gialli, genre alors en vogue en Italie et qui attire les spectateurs dans les salles du monde entier. Ce sera Photo interdite d’une bourgeoise Le Foto proibite di una signora per bene, Nuits d’amour et d’épouvante La Morte cammina con i tacchi alti et La Mort caresse à minuit La Morte accarezza a mezzanotte. Ces trois opus sont portés par la même comédienne, l’espagnole Nieves Navarro, plus connue sous le pseudonyme de Susan Scott, qui retrouvera d’ailleurs le cinéaste (son époux à la ville) pour Dérapage contrôlé Troppo rischio per un uomo solo (1973) et La Bidonata (1977). La Mort caresse à minuit vaut essentiellement pour elle, pour sa beauté, son charisme et son talent. Quasiment de tous les plans ou de toutes les scènes, elle éclipse les quelques facilités de scénario ou les invraisemblances, certes récurrentes dans le giallo, aidée en cela par un humour souvent inattendu et bienvenu.

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Test Blu-ray / La Victime désignée, réalisé par Maurizio Lucidi

LA VICTIME DÉSIGNÉE (La Vittima designata) réalisé par Maurizio Lucidi, disponible en DVD et Blu-ray chez Frenezy.

Acteurs : Tomás Milián, Pierre Clémenti, Katia Christine, Luigi Casellato, Marisa Bartoli, Ottavio Alessi, Alessandra Cardini, Christina Müller, Enzo Tarascio, Carla Mancini, Bruno Boschetti…

Scénario : Augusto Caminito, Fulvio Gicca, Maurizio Lucidi, Fabio Carpi, Luigi Malerba, Aldo Lado & Antonio Troiso

Photographie : Aldo Tonti

Musique : Luis Bacalov & New Trolls

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Publicitaire à la tête d’une entreprise lucrative, Stefano Argenti serait un homme heureux si sa femme, Louisa, dépressive et possessive, ne l’empêchait de réaliser une excellente opération en vendant sa société contre une forte somme d’argent. Cette dernière est en effet enregistrée au seul nom de Louisa. Stefano se console dans les bras de sa maîtresse, la modèle Fabienne. En escapade amoureuse à Venise, le couple d’amants rencontre un étrange dandy, le comte Matteo Tiepolo, qui devient rapidement un ami très proche et intime de Stefano. Un jour, Matteo lui propose un marché : il tue Luisa si celui-ci assassine son frère, une brute qui le tyrannise. Effrayé, Stefano refuse son offre. Mais Matteo révèle à Luisa que son mari la trompe mais qu’il détourne également l’argent de son entreprise. Après une dispute avec Stefano, Luisa est retrouvée morte. Matteo, qui l’a tuée, demande à Stefano de bien vouloir remplir sa part du marché, à savoir tuer son frère…

Voilà un giallo, ou plus précisément un thriller psychologique dont nous n’avions jamais entendu parler ! Nous devons cette résurrection à un nouvel éditeur vidéo indépendant, qui vient de s’installer sur la scène française, Frenezy. Pour l’une de ses deux premières sorties, l’éditeur a misé sur La Victime désignée La Vittima designata, réalisé par un certain Maurizio Lucidi durant l’hiver 1970-71. Et autant le dire immédiatement, c’est une belle baffe. Très largement inspiré par L’Inconnu du Nord-Express Strangers on a Train d’Alfred Hitchcock, sorti vingt ans auparavant, lui-même tiré en partie du premier roman policier de Patricia Highsmith, La Victime désignée compte pas moins de sept scénaristes, parmi lesquels se distinguent forcément le mythique Aldo Lado (Je suis vivant !, La Bête tue de sang froid), Augusto Caminito (Qui a tué le chat ? de Luigi Comencini, qui produira The King of New York d’Abel Ferrara), Antonio Troiso (Le Couteau de glace d’Umberto Lenzi, Les Sorcières du bord du lac de Tonino Cervi), ainsi que Fulvio Gicca Palli (Confession d’un commissaire de police au procureur de la République de Damiano Damiani). Cette impressionnante somme de talents débouche sur une histoire passionnante et anxiogène, qui tient en haleine du début à la fin et plonge les spectateurs dans une atmosphère poisseuse et pessimiste, renforcée par une magistrale utilisation des décors naturels, de Milan à Venise, en passant par le Lac de Côme. Et puis La Victime désignée réunit aussi deux immenses comédiens, qui venaient alors de se croiser l’année précédente sur Les Cannibales I Cannibali de Liliana Cavani, Tomás Quintín Rodríguez alias Tomás Milián (qui pousse également la chansonnette dans le générique de fin) et Pierre Clémenti, qui livrent deux prestations extrêmement troublantes, magnétiques et exceptionnelles. N’attendez plus et jetez-vous sur ce joyau « jaune ».

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Test Blu-ray / L’Oeil du labyrinthe, réalisé par Mario Caiano

L’OEIL DU LABYRINTHE (L’Occhio nel labirinto) réalisé par Mario Caiano, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 avril 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Rosemary Dexter, Adolfo Celi, Horst Frank, Sybil Danning, Franco Ressel, Michael Maien, Benjamin Lev, Gigi Rizzi…

Scénario : Mario Caiano, Antonio Saguera & Horst Hächler

Photographie : Giovanni Ciarlo

Musique : Roberto Nicolosi

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

La jeune et jolie Julie suit une thérapie auprès de Luca, son psychiatre qui est aussi son amant. Une nuit, elle rêve qu’il se fait assassiner dans d’étranges conditions. Voulant lui faire le récit de son rêve, elle se rend chez Luca, qui demeure introuvable. A l’aide de l’agenda de son amant, elle se met à sa recherche, et va atterrir, après deux agressions, dans une villa luxueuse, parmi des gens troubles et excentriques.

Nous n’aurons jamais de cesse de nous replonger dans quelques filmographies d’artisans du septième art qui auront oeuvré toute leur vie pour le cinéma d’exploitation. C’est le cas de Mario Caiano (1933-2015), réalisateur de près d’une cinquantaine de longs-métrages, téléfilms et séries télévisées en quarante ans de carrière, parmi lesquels on peut citer en vrac : Mon nom est Shangaï Joe Il Mio nome è Shanghai Joe (1972), Un train pour Durango Un treno per Durango (1968), Les Amants d’outre-tombe Amanti d’oltretomba (1965), Ulysse contre Hercule Ulisse contro Ercole (1962), Le Signe de Zorro Il segno di Zorro (1963), Maciste et les 100 gladiateurs Maciste, gladiatore di Sparta (1964), Milano violenta (1976), Erik, le Viking Erik il vichingo (1965) ou bien encore Hold-up au centre nucléaire L’assalto al centro nucleare (1967). Retracer tous les opus de Mario Caiano, c’est faire un beau tour d’horizon des goûts des spectateurs au cinéma selon les époques, puisque le metteur en scène aura tout aussi bien abordé le péplum que le film d’aventures, le western, l’épouvante, l’Eurospy, le drame érotique et le poliziottesco. Et le giallo dans tout ça ? Évidemment ! Il s’agit de L’Oeil du labyrinthe L’occhio nel labirinto, sorti sur les écrans en 1972, coproduit par l’Italie et l’Allemagne de l’Ouest, que Mario Caiano coécrit avec Antonio Saguera et Horst Hächler. Un véritable fleuron du genre, qui compile tous les ingrédients espérés, qui les mélange, les cuisine, les mitonne avec un réel savoir-faire et qui tient en haleine du début à la fin. Concernant le dénouement, si nous ne le dévoilerons pas, il pourra sembler nawak à beaucoup encore aujourd’hui, mais cela fonctionne bien, car la révélation tant attendue est complètement assumée. Excellemment réalisé, L’Oeil du labyrinthe est un ride à la fois cruel et sensuel dans lequel on se perd volontiers et qui demeure une vraie référence.

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Test Blu-ray / Ultime violence, réalisé par Sergio Grieco

ULTIME VIOLENCE (La Belva col mitra) réalisé par Sergio Grieco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er mars 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Helmut Berger, Marisa Mell, Richard Harrison, Marina Giordana, Luigi Bonos, Vittorio Duse, Ezio Marano, Claudio Gora…

Scénario : Sergio Grieco

Photographie : Vittorio Bernini

Musique : Umberto Smaila

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Le tueur Nanni Vitali s’évade de prison avec trois complices. Il se lance dans une folie meurtrière, remplie de vols, viols, assassinats, et prises d’otages. L’inspecteur Giulio Santini se met à sa poursuite avec force moyens. Mais Vitali va séquestrer son père et sa soeur.

Sergio Grieco (1917-1982) fait partie de ces innombrables artisans du cinéma Bis transalpin. Si son nom reste méconnu, en France tout du moins, les titres de ses films fleurent bon l’exploitation et demeurent toujours appréciés des aficionados du genre, ou plutôt des genres, puisque le metteur en scène aura suivi les modes et surfé sur le goût des spectateurs, qui n’aura de cesse d’évoluer des années 1950 à la fin des années 1970. On peut citer pêle-mêle Le Chevalier de la violence Giovanni dalle Bande Nere, Le Pirate de l’épervier noir Il pirata dello sparviero nero, Les Nuits de Lucrèce Borgia Le notti di Lucrezia Borgia, L’Esclave de Rome La schiava di Roma, Jules César contre les pirates Giulio Cesare contro i pirati, Mission spéciale… Lady Chaplin Missione speciale Lady Chaplin, Superman le diabolique Come rubare la corona d’Inghilterra, L’Homme qui défia l’Organisation L’uomo che sfidò l’organizzazione et Une Suédoise sans culotte La nipote del prete. L’ancien assistant de René Clément sur le sublime Au-delà des grilles (1949) aura réalisé quarante longs-métrages en près de trente ans de carrière, vouée quasiment entièrement au cinéma commercial. Il tire sa révérence à l’âge de soixante ans avec Ultime violence La Belva col mitra, célèbre aussi sous le titre Le Fauve à la mitraillette, ainsi que Mad Dog Killer et Beast with a Gun pour son exportation internationale, thriller agressif, néo-polar et donc plus précisément poliziottesco pur et dur, à ne pas mettre devant tous les yeux en raison de certaines scènes très cruelles, dans lequel Helmut Berger s’avère complètement déchaîné. Un très bon cru.

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Test Blu-ray / Les Nuits brûlantes de Linda, réalisé par Jess Franco

LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Alice Arno, Lina Romay, Verónica Llimerá, Paul Muller, Monica Swinn, James Harris, Catherine Lafferière, Angelo Bassi…

Scénario : Jess Franco & Nicole Guettard

Photographie : Gérard Brisseau

Musique : Daniel White

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Marie-France trouve un emploi comme nurse dans une famille française et puritaine résidant en Grèce, les Radek. Le père a assassiné autrefois son épouse adultère et vit dans le remords. A ses côtés, sa fille Linda, paralytique, et Olivia, sa nièce nymphomane. Et enfin, Abdul, l’homme à tout faire simple d’esprit. Les frustrations de la famille vont être chamboulées par l’arrivée de Marie-France…

Retour en arrière, il en est où l’ami Jess Franco en cette bonne année 1975 ? Tout va pour le mieux pour le réalisateur de 45 ans. Ce sera même un bon cru puisqu’il sortira sur les écrans plus d’une demi-douzaine de longs-métrages (oui oui, imaginez la cata si Christopher Nolan en faisant autant, ah vous avez peur hein), Les Gloutonnes (aka Les Exploits érotiques de Maciste dans l’Atlantide ou Maciste et les Gloutonnes), Les Chatouilleuses (ou Les Nonnes en folie), Exorcisme (Exorcisme et messes noires, L’Éventreur de Notre-Dame ou Expériences sexuelles au château des jouisseuses), sa version hardcore Sexorcismes, La Comtesse perverse (Les Croqueuses) et Les Nuits brûlantes de Linda, même si tourné deux ans auparavant, entre Le Journal intime d’une nymphomane et Le Miroir obscène. Ce dernier, également connu sous le titre Mais qui donc a violé Linda ? n’est pas le meilleur du cinéaste évidemment et s’avère même noyé dans la masse colossale de ses 200 mises en scène, mais comme toujours il y a du bon à prendre dans cet opus rapide de 75 minutes, notamment la présence de la sublime Lina Romay, alors âgée de 20 ans, qui en était encore au début de sa carrière et qui vole la vedette à ses partenaires, la rigide Alice Arno (L’Arrière-train sifflera 3 fois et Règlements de femmes à OQ Corral de Jean-Marie Pallardy) et Monica Swinn (Les Gardiennes du pénitencier d’Alain Deruelle, Train spécial pour Hitler d’Alain Payet, Draguse ou le manoir infernal de Patrice Rhomm). Si l’on devine immédiatement le pseudo-twist final, passer 1h15 en compagnie d’actrices aussi délicieuses et généreuses n’est pas ce qu’on peut qualifier de plus déplaisant, d’autant plus que Jess Franco et sa coscénariste Nicole Guettard (Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, Célestine, bonne à tout faire, Les Possédées du diable) les plongent dans une histoire sordide teintée d’inceste. Bref, le metteur en scène ne prend pas forcément les spectateurs par la main pour ensuite les caresser dans le sens du poil (bien fourni), ce qui montre bien l’ambition jamais démentie de Jess Franco.

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Test Blu-ray / Folie meurtrière, réalisé par Tonino Valerii

FOLIE MEURTRIÈRE (Mio caro assassino) réalisé par Tonino Valerii, disponible en Blu-ray + CD-audio le 15 février 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : George Hilton, Salvo Randone, William Berger, Marilù Tolo, Manuel Zarzo, Patty Shepard, Piero Lulli, Helga Liné…

Scénario : Roberto Leoni, Tonino Valerii, Franco Bucceri & José Gutiérrez Maesso

Photographie : Manuel Rojas

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

L’inspecteur Peretti enquête sur la mystérieuse décapitation d’un agent d’assurances. Au fur et à mesure, d’autres corps sont retrouvés… Un homme est supposé s’être suicidé, une femme est étranglée, une autre attaquée dans son appartement… Tous les indices convergent vers une affaire non résolue, concernant un enlèvement et un meurtre. La seule piste de Peretti sont les dessins d’une petite fille…

Le cinéphile se souvient essentiellement de Tonino Valerii (1934-2016) pour un film, un chef d’oeuvre incontesté, Mon nom est Personne Il mio nome è Nessuno, chant du cygne, oraison funèbre ou chant mortuaire du western spaghetti, l’enterrement de tout un genre, qui confrontait un personnage à la Sergio Leone (producteur et initiateur du projet) à celui tiré de son pastiche. Ancien assistant de Camillo Mastrocinque et là aussi de Sergio Leone sur Pour une poignée de dollars, ainsi que sur …et pour quelques dollars de plus, Tonino Valerii fait ses propres débuts derrière la caméra immédiatement après le second volet de la Trilogie des Dollars, avec quelques westerns. Il dirige notamment Giuliano Gemma et Lee Van Cleef dans Le Dernier jour de la colère I Giorni dell’ira, avant d’offrir le rôle de sa vie à Silvia Dionisio dans le drame psychologique Une jeune fille nommée Julien La ragazza di nome Giulio, adapté du roman à scandale de Milena Milani. En 1972, le metteur en scène désire changer de registre et de surfer sur le succès rencontré par les gialli dans les cinémas du monde entier. Ce sera Folie meurtrière Mio caro assassino, connu également sous son titre français Mon cher assassin, traduction littérale du titre original. Remarquable opus du genre, ce thriller prend aux tripes du début à la fin, happe l’audience dès sa première séquence, qui a très largement contribué au statut culte du film avec cette excavatrice qui attrape un homme par la tête pour ensuite le décapiter, avant de terrasser définitivement le spectateur au cours d’un final éprouvant pour les nerfs et dont l’image ultime glace les sangs à jamais. Assurément l’un des plus grands fleurons du giallo.

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Test Blu-ray / La Maison de la terreur, réalisé par Lamberto Bava

LA MAISON DE LA TERREUR (La Casa con la scala nel buio) réalisé par Lamberto Bava, disponible en Blu-ray + CD-audio le 15 février 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Andrea Occhipinti, Anny Papa, Fabiola Toledo, Michele Soavi, Valeria Cavalli, Stanko Molnar, Lara Lamberti…

Scénario : Dardano Sacchetti & Elisa Briganti

Photographie : Gianlorenzo Battaglia

Musique : Guido De Angelis & Maurizio De Angelis

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Un compositeur de musiques de films se rend dans une villa de Rome pour trouver la concentration dont il a besoin pour composer. C’est là que les homicides et les disparitions impensables commencent l’un après l’autre. Ils mèneront à une vieille histoire ambiguë et dérangeante, mise à jour par un film.

Fils du légendaire Mario Bava (1914-1980), Lamberto Bava (né en 1944) a su se faire un prénom dans le milieu du cinéma, et Dieu sait que cela n’a pas dû être facile…Tout d’abord assistant sur les films de son père (Opération peur, Danger : Diabolik !, Une hache pour la lune de miel, Roy Colt et Winchester Jack, La Maison de l’exorcisme, La Baie sanglante, Baron vampire) ainsi que de Ruggero Deodato (Le Dernier monde Cannibale, Le Dernier souffle et Cannibal Holocaust) et de Dario Argento sur Inferno et Ténèbres, Lamberto Bava commence sa carrière en tant que scénariste. Il fait ses armes sur Une ondata di piacere (1975) de Ruggero Deodato, puis enchaîne avec Les Démons de la nuit (1977) de Mario Bava, sur lequel il officie également comme metteur en scène, même s’il n’est pas crédité. Il signe son premier long-métrage (officiel) en tant que réalisateur en 1980 avec Baiser macabre Macabro, coécrit avec Pupi Avati. La Maison de la terreur La Casa con la scala nel buio est son deuxième long-métrage, coécrit cette fois par le grand Dardano Sacchetti (L’Éventreur de New York, L’Enfer des zombies et L’Au-delà de Lucio Fulci, Pulsions cannibales d’Antonio Margheriti, Le Cynique, l’infâme, le violent d’Umberto Lenzi, Le Chat à neuf queues de Dario Argento) et Elisa Briganti (L’Exécuteur vous salue bien… de Stelvio Massi, La Maison près du cimetière de Lucio Fulci). Autant dire que le film part sur de très bonnes bases et le résultat final tient justement toutes ses promesses. En dépit d’un budget qu’on imagine dérisoire, Lamberto Bava fait preuve d’une imagination constante pour maintenir l’intérêt des spectateurs, en exploitant à merveille le décor principal mis à sa disposition. Comme moult films d’épouvante, l’ombre d’Alfred Hitchcock, et plus particulièrement de Psychose plane sur La Maison de la terreur (ou A Blade in the Dark en anglais), ainsi que celle de Blow Up de Michelangelo Antonioni, et donc celle de Blow Out de Brian De Palma. Un vrai coup de coeur !

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Test Blu-ray / La Petite soeur du diable, réalisé par Giulio Berruti

LA PETITE SOEUR DU DIABLE (Suor Omicidi) réalisé par Giulio Berruti, disponible en Blu-ray + CD-audio bande originale du film le 15 février 2022 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Anita Ekberg, Alida Valli, Massimo Serato, Daniele Dublino, Laura Nucci, Lou Castel, Paola Morra, Alice Gherardi, Ileana Fraia, Lee De Barriault…

Scénario : Giulio Berruti & Alberto Tarallo, d’après une histoire originale d’Enzo Gallo

Photographie : Antonio Maccoppi

Musique : Alessandro Alessandroni

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

Dans la région de Lugano, Soeur Gertrude travaille au sein d’un hôpital prenant en charge des personnes âgées. Après une récente opération d’une tumeur au cerveau, la religieuse a développé une addiction à la morphine, ainsi qu’au sexe, la plongeant peu à peu dans la paranoïa. Et, pour couronner le tout, des patients sont bientôt assassinés dans l’établissement. Très vite, une partie du personnel suspecte Soeur Gertrude d’être la criminelle.

Vous n’aimez pas Le Jour du Seigneur sur France 2 le dimanche matin ? Si comme nous vous n’en savez rien, car qui a pu regarder une fois ce programme dans sa vie, et si vous désirez en savoir plus sur ce qui peut tournebouler une nonne, nous ne saurons que trop vous conseiller de jeter un œil sur La Petite sœur du diable, aka La Nonne qui tue, ou bien encore Suor Omicidi en version originale, et même The Killer Non en anglais ! Il s’agit du deuxième et dernier long-métrage de fiction réalisé par Giulio Berruti (né en 1937), qui aura essentiellement consacré sa vie professionnelle à monter les films des autres, à l’instar du Baba Yaga (1973) de Corrado Farina, ou à assister d’autres cinéastes, comme Mario Amendola sur Mes ennemis, je m’en garde! Dai nemici mi guardo io! (1968), Bruno Corbucci sur I 2 pompieri (1970), quand il ne participait pas lui-même à l’écriture (Croc Blanc et le chasseur solitaire Zanna Bianca e il cacciatore solitario d’Alfonso Brescia), avant de s’adonner au documentaire. La Petite sœur du diable est un film d’exploitation tardif, 1979, dans lequel Anita Ekberg, approchant la cinquantaine, devient une religieuse maquillée comme une voiture volée, qui serait quelque peu dépassée par certains problèmes psychologiques, au point d’être accusée de meurtres. Près de vingt ans après La Dolce vita, la comédienne suédoise alors en pleine traversée du désert, apparaît bien fatiguée et même fracassée dans La Petite sœur du diable, qui peine à maintenir l’intérêt du spectateur du début à la fin, en dépit de bonnes idées de scénario et de mise en scène éparpillées ici et là pendant 1h30. Une curiosité, pas mémorable, mais qui saura tout de même plaire aux aficionados de cinéma Bis.

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