Test Blu-ray / Caltiki – Le Monstre immortel, réalisé par Riccardo Freda & Mario Bava

CALTIKI – LE MONSTRE IMMORTEL (Caltiki, il mostro immortale) réalisé par Riccardo Freda & Mario Bava, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 19 avril 2022 chez Artus Films.

Acteurs : John Merivale, Didi Perego, Daniela Rocca, Gérard Herter, Giacomo Rossi-Stuart, Daniele Vargas, Vittorio André, Arturo Dominici, Nerio Bernardi…

Scénario : Filippo Sanjust

Photographie : Mario Bava

Musique : Roberto Nicolosi

Durée : 1h16

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Lors d’une expédition dans un ancien temple Maya, des archéologues découvrent la statue millénaire de Caltiki, la déesse de la mort. Un monstre surgit et s’en prend à un membre de l’équipe, lui greffant une substance gélatineuse. Au même moment, la comète Arsinoé passe près de la Terre, augmentant la radioactivité. La masse informe grossit progressivement, ravageant tout sur son passage.

Beware! Caltiki !!! En effet, un an après Danger planétaire The Blob (1958) d’Irvin S. Yeaworth Jr., l’Italie s’emparait aussi d’une « créature » flasque et visqueuse, un être unicellulaire qui grossit et s’étend en absorbant tout ce qui passe à proximité, Caltiki, le monstre immortelCaltiki – il mostro immortale. A la tête de cette entreprise, deux réalisateurs et non des moindres, Riccardo Freda (sous le pseudonyme anglo-saxon de Robert Hampton) et Mario Bava, le premier ayant quitté le tournage avant la fin des prises de vue, avant d’être remplacé par le second, alors directeur de la photographie et créateur des effets spéciaux. Sur un scénario de Filippo Sanjust, qui pour Riccardo Freda avait déjà signé Le Château des amants maudits Beatrice Cenci et les futurs 7 épées pour le roi Le sette spade del vendicatore et L’aigle de Florence Il magnifico avventuriero, le récit compile les morceaux de bravoure avec des plans étonnamment gores pour l’époque, sur un rythme soutenu du début à la fin et bénéficie d’effets visuels particulièrement réussis encore aujourd’hui. N’hésitez plus et entrez dans cette pyramide sacrée située à Tikal, grande cité maya des basses terres, ville morte située à 500 kilomètres au sud de Mexico, afin de comprendre pourquoi celle-ci a été abandonnée par ses habitants au début du septième siècle. Mais vous n’en reviendrez peut-être pas…

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Test Blu-ray / La Mort caresse à minuit, réalisé par Luciano Ercoli

LA MORT CARESSE À MINUIT (La Morte accarezza a mezzanotte) réalisé Luciano Ercoli, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 avril 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Nieves Navarro, Simón Andreu, Peter Martell, Carlo Gentili, Ivano Staccioli, Claudio Pellegrini, Fabrizio Moresco, Alessandro Perrella…

Scénario : Ernesto Gastaldi, Sergio Corbucci & Mahnahén Velasco

Photographie : Fernando Arribas

Musique : Gianni Ferrio

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Valentina, jeune et belle top model, essaye une nouvelle drogue expérimentale sous surveillance médicale, la HDS, drogue euphorisante et hallucinogène. Au cours de la nuit, elle assiste à un meurtre horrible, perpétré dans l’immeuble voisin par un tueur au gant d’acier pointé. Le lendemain, la jeune femme est persuadée que ce qu’elle a vu n’est pas le seul fruit de son délire. Elle va chercher ce qui s’est passé.

Luciano Ercoli (1929-2015) commence sa carrière au cinéma comme producteur, dès le début des années 1960, après avoir officié rapidement comme assistant-réalisateur chez Primo Zeglio (Le Capitaine fantastique), Pietro Francisci (Attila fléau de Dieu), Raffaello Matarazzo (La Fille de la rizière) et Hugo Fregonese (I girovaghi). Avant de passer lui-même derrière la caméra, il va ainsi s’associer avec André Hunebelle sur O.S.S. 117 se déchaîne !, Fantômas et Furia à Bahia pour OSS 117, produire trois « Totò movies » (Che fine ha fatto Totò baby?, Il comandante et Totò d’Arabia), retrouver Jean Marais sur Le Gentleman de Cocody de Christian-Jaque, collaborer avec Duccio Tessari sur Le Retour de Ringo et Très honorable correspondant. Puis, 1970, il se lance dans la mise en scène et va enchaîner trois gialli, genre alors en vogue en Italie et qui attire les spectateurs dans les salles du monde entier. Ce sera Photo interdite d’une bourgeoise Le Foto proibite di una signora per bene, Nuits d’amour et d’épouvante La Morte cammina con i tacchi alti et La Mort caresse à minuit La Morte accarezza a mezzanotte. Ces trois opus sont portés par la même comédienne, l’espagnole Nieves Navarro, plus connue sous le pseudonyme de Susan Scott, qui retrouvera d’ailleurs le cinéaste (son époux à la ville) pour Dérapage contrôlé Troppo rischio per un uomo solo (1973) et La Bidonata (1977). La Mort caresse à minuit vaut essentiellement pour elle, pour sa beauté, son charisme et son talent. Quasiment de tous les plans ou de toutes les scènes, elle éclipse les quelques facilités de scénario ou les invraisemblances, certes récurrentes dans le giallo, aidée en cela par un humour souvent inattendu et bienvenu.

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Test Blu-ray / L’Oeil du labyrinthe, réalisé par Mario Caiano

L’OEIL DU LABYRINTHE (L’Occhio nel labirinto) réalisé par Mario Caiano, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 avril 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Rosemary Dexter, Adolfo Celi, Horst Frank, Sybil Danning, Franco Ressel, Michael Maien, Benjamin Lev, Gigi Rizzi…

Scénario : Mario Caiano, Antonio Saguera & Horst Hächler

Photographie : Giovanni Ciarlo

Musique : Roberto Nicolosi

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

La jeune et jolie Julie suit une thérapie auprès de Luca, son psychiatre qui est aussi son amant. Une nuit, elle rêve qu’il se fait assassiner dans d’étranges conditions. Voulant lui faire le récit de son rêve, elle se rend chez Luca, qui demeure introuvable. A l’aide de l’agenda de son amant, elle se met à sa recherche, et va atterrir, après deux agressions, dans une villa luxueuse, parmi des gens troubles et excentriques.

Nous n’aurons jamais de cesse de nous replonger dans quelques filmographies d’artisans du septième art qui auront oeuvré toute leur vie pour le cinéma d’exploitation. C’est le cas de Mario Caiano (1933-2015), réalisateur de près d’une cinquantaine de longs-métrages, téléfilms et séries télévisées en quarante ans de carrière, parmi lesquels on peut citer en vrac : Mon nom est Shangaï Joe Il Mio nome è Shanghai Joe (1972), Un train pour Durango Un treno per Durango (1968), Les Amants d’outre-tombe Amanti d’oltretomba (1965), Ulysse contre Hercule Ulisse contro Ercole (1962), Le Signe de Zorro Il segno di Zorro (1963), Maciste et les 100 gladiateurs Maciste, gladiatore di Sparta (1964), Milano violenta (1976), Erik, le Viking Erik il vichingo (1965) ou bien encore Hold-up au centre nucléaire L’assalto al centro nucleare (1967). Retracer tous les opus de Mario Caiano, c’est faire un beau tour d’horizon des goûts des spectateurs au cinéma selon les époques, puisque le metteur en scène aura tout aussi bien abordé le péplum que le film d’aventures, le western, l’épouvante, l’Eurospy, le drame érotique et le poliziottesco. Et le giallo dans tout ça ? Évidemment ! Il s’agit de L’Oeil du labyrinthe L’occhio nel labirinto, sorti sur les écrans en 1972, coproduit par l’Italie et l’Allemagne de l’Ouest, que Mario Caiano coécrit avec Antonio Saguera et Horst Hächler. Un véritable fleuron du genre, qui compile tous les ingrédients espérés, qui les mélange, les cuisine, les mitonne avec un réel savoir-faire et qui tient en haleine du début à la fin. Concernant le dénouement, si nous ne le dévoilerons pas, il pourra sembler nawak à beaucoup encore aujourd’hui, mais cela fonctionne bien, car la révélation tant attendue est complètement assumée. Excellemment réalisé, L’Oeil du labyrinthe est un ride à la fois cruel et sensuel dans lequel on se perd volontiers et qui demeure une vraie référence.

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Test Blu-ray / Exécutions, réalisé par Romolo Guerrieri

EXÉCUTIONS (Un detective) réalisé par Romolo Guerrieri, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er mars 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Franco Nero, Florinda Bolkan, Adolfo Celi, Delia Boccardo, Susanna Martinková, Renzo Palmer, Roberto Bisacco, Maurizio Bonuglia…

Scénario : Franco Verucci, Alberto Silvestri & Massimo D’Avak, d’après le roman de Ludovico Dentice

Photographie : Roberto Gerardi

Musique : Fred Bongusto

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

L’inspecteur Belli est mandaté par le célèbre avocat Fontana de faire expulser une cover-girl dont son fils Mino est tombé amoureux, et d’enquêter sur un certain Romanis, le directeur d’une maison de disques, qui avait promis un poste important à Mino. Il trouve ce dernier assassiné de deux balles de revolver.

Le metteur en scène Romolo Guerrieri (né en 1931), de son vrai nom Romolo Girolami, est connu des cinéphiles amateurs de Bis, pour son western Le Temps des vautours 10.000 dollari per un massacro (1967), avec Gianni Garko, sans aucun doute un des meilleurs westerns transalpins produit, réalisé et interprété à cette époque bénie du cinéma. Dans sa filmographie, se distingue aussi et surtout L’Adorable Corps de Deborah Il dolce corpo di Deborah, giallo de l’année 1968 avec Carroll Baker, Jean Sorel et George Hilton. Juste après ce dernier, Romolo Guerrieri adapte un roman de Ludovico Dentice (Macchie di belletto Des taches de peinture), avec l’aide de Franco Verucci (Big Guns Les Grands fusils de Duccio Tessari, Le Cogneur de Steno avec Bud Spencer), Alberto Silvestri (Trinita voit rouge de Mario Camus, La Prof d’éducation sexuelle de Mariano Laurenti) et Massimo D’Avak (Le Labyrinthe du sexe d’Alfonso Brescia, Si douces, si perverses d’Umberto Lenzi, Qui l’a vue mourir ? d’Aldo Lado). Il fallait au moins autant de scénaristes pour venir à bout de cette histoire tarabiscotée, qui lorgne bien évidemment sur les récits tortueux, hermétiques (pour ne pas dire chiants) de Raymond Chandler. Car si Franco Nero, ultra-classe, est aussi inattendu que formidable dans ce rôle de flic corrompu, animé par l’argent facile et mauvais comme une teigne, on finit par s’ennuyer rapidement devant Exécutions (Un detective, ou tout simplement Detective Belli aux Etats-Unis), en raison d’une multitude de personnages qui dissimulent en réalité une intrigue finalement peu emballante et trop bavarde.

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Test Blu-ray / Ultime violence, réalisé par Sergio Grieco

ULTIME VIOLENCE (La Belva col mitra) réalisé par Sergio Grieco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er mars 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Helmut Berger, Marisa Mell, Richard Harrison, Marina Giordana, Luigi Bonos, Vittorio Duse, Ezio Marano, Claudio Gora…

Scénario : Sergio Grieco

Photographie : Vittorio Bernini

Musique : Umberto Smaila

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Le tueur Nanni Vitali s’évade de prison avec trois complices. Il se lance dans une folie meurtrière, remplie de vols, viols, assassinats, et prises d’otages. L’inspecteur Giulio Santini se met à sa poursuite avec force moyens. Mais Vitali va séquestrer son père et sa soeur.

Sergio Grieco (1917-1982) fait partie de ces innombrables artisans du cinéma Bis transalpin. Si son nom reste méconnu, en France tout du moins, les titres de ses films fleurent bon l’exploitation et demeurent toujours appréciés des aficionados du genre, ou plutôt des genres, puisque le metteur en scène aura suivi les modes et surfé sur le goût des spectateurs, qui n’aura de cesse d’évoluer des années 1950 à la fin des années 1970. On peut citer pêle-mêle Le Chevalier de la violence Giovanni dalle Bande Nere, Le Pirate de l’épervier noir Il pirata dello sparviero nero, Les Nuits de Lucrèce Borgia Le notti di Lucrezia Borgia, L’Esclave de Rome La schiava di Roma, Jules César contre les pirates Giulio Cesare contro i pirati, Mission spéciale… Lady Chaplin Missione speciale Lady Chaplin, Superman le diabolique Come rubare la corona d’Inghilterra, L’Homme qui défia l’Organisation L’uomo che sfidò l’organizzazione et Une Suédoise sans culotte La nipote del prete. L’ancien assistant de René Clément sur le sublime Au-delà des grilles (1949) aura réalisé quarante longs-métrages en près de trente ans de carrière, vouée quasiment entièrement au cinéma commercial. Il tire sa révérence à l’âge de soixante ans avec Ultime violence La Belva col mitra, célèbre aussi sous le titre Le Fauve à la mitraillette, ainsi que Mad Dog Killer et Beast with a Gun pour son exportation internationale, thriller agressif, néo-polar et donc plus précisément poliziottesco pur et dur, à ne pas mettre devant tous les yeux en raison de certaines scènes très cruelles, dans lequel Helmut Berger s’avère complètement déchaîné. Un très bon cru.

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Test Blu-ray / Le Vampire et le Sang des Vierges, réalisé par Harald Reinl

LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES (Die Schlangengrube und das Pendel) réalisé par Harald Reinl, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 4 janvier 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lex Barker, Karin Dor, Christopher Lee, Carl Lange, Christiane Rücker, Vladimir Medar, Dieter Eppler…

Scénario : Manfred R. Köhler, d’après la nouvelle Le Puits et le Pendule d’Edgar Allan Poe

Photographie : Ernest W. Kalinke

Musique : Peter Thomas

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

En 1801, pour avoir assassiné douze jeunes femmes, la treizième, Béatrice de Brabant s’étant échappée, le comte Regula est condamné à être écartelé en place publique. Avant son supplice, il promet de revenir se venger. 35 ans plus tard, l’avocat Roger de Mont-Elise reçoit une invitation au château d’Andomai, demeure de la famille Regula. En chemin, il sauve une jeune femme d’une attaque de bandits : Lilian de Brabant, elle aussi invitée au château.

Si vous souhaitez en savoir plus – et je vous le conseille – sur le réalisateur Harald Reinl (1908-1986), reportez-vous à la chronique consacrée à La Vengeance de Siegfried Die Nibelungen (1966), fresque grandiose et variation cinématographique sur la légendaire épopée médiévale composée au XIIIe siècle, narrant entre autres la construction de l’Allemagne, qui avait inspiré Fritz Lang en 1924 pour son diptyque La Mort de Siegfried / La Vengeance de Kriemhilde. On reprend là où l’on s’était arrêté, puisque le film qui nous concerne aujourd’hui, a été tourné juste après par Harald Reinl. Et pour cet opus, le cinéaste s’inspire rien de moins que des grands films d’horreur gothiques de la Hammer, qui influençaient déjà les transalpins, où les gialli commençaient à se multiplier, tandis qu’en Espagne Paul Naschy s’apprêtait à pousser ses premiers cris rigolos de loup-garou. Comme ses confrères italiens, le metteur en scène, toujours à l’affût de ce qui plaisait aux spectateurs, décide de tenter sa chance dans le genre. Ce sera donc Le Vampire et le Sang des Vierges Die Schlangengrube und das Pendel, présenté comme étant l’adaptation de la nouvelle écrite par Edgar Allan Poe, Le Puits et le Pendule – The Pit and the Pendulum, publiée pour la première fois en 1842 dans la revue littéraire annuelle The Gift : A Christmas and New Year’s Present et en France dans le recueil Nouvelles histoires extraordinaires, transposée en 1909 par Henri Desfontaines, mais également en 1961 par Roger Corman avec La Chambre des tortures. A l’instar de ce dernier, tout comme ce sera le cas dans la version signée Stuart Gordon en 1991, la scène de torture qui donne son titre à la nouvelle n’apparaît que dans la dernière partie du film qui nous intéresse, qui se transforme momentanément comme une séquence de Fort Boyard, où l’héroïne doit alors éviter de multiples pièges. Il fallait broder un scénario autour de cet élément central. Manfred R. Köhler, scénariste des Lèvres rouges d’Harry Kümel et d’une poignée de krimis (Du grisbi pour Hongkong, Espionnage à Bangkok pour U-92, Baroud à Beyrouth pour F.B.I. 505, Enigme à Central Park) s’en tire fort bien et compile tous les ingrédients du genre, savamment pris en charge par Harald Reinl, qui soigne chacun de ses plans et l’atmosphère pesante du début à la fin. S’il n’a pas réussi à donner l’impulsion désirée au départ, autrement dit lancer le cinéma d’épouvante teuton, Le Vampire et le Sang des Vierges demeure non seulement une curiosité, mais aussi et surtout un brillant film de genre, bien plus qu’un simple ersatz, mené sur un rythme endiablé, dans lequel l’immense Christopher Lee se mêle au casting.

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Test DVD / La Brune de mes rêves, réalisé par Elliott Nugent

LA BRUNE DE MES RÊVES (My Favorite Brunette) réalisé par Elliott Nugent, disponible en DVD le 7 décembre 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Bob Hope, Dorothy Lamour, Lon Chaney Jr., Peter Lorre, John Hoyte, Charles Dingle, Reginald Denny, Alan Ladd…

Scénario : Edmund Beloin & Jack Rose

Photographie : Lionel Lindon

Musique : Robert Emmett Dolan

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Un photographe pour bambins, Ronnie Jackson, rêve de devenir détective privé comme son voisin de palier. Ce dernier absent, Ronnie prend sa place, et se retrouve engagé sur une affaire d’espionnage concernant une mine d’uranium.

Vous cherchez une comédie vintage hilarante, qui conserve son charme rétro et qui fait toujours son effet (comique) près de 75 ans après sa sortie ? Alors n’hésitez plus et partez à la découverte de La Brune de mes rêves My Favorite Brunette, réalisé par un certain Elliott Nugent. Ce dernier aura commencé sa carrière en tant que comédien à la fin des années 1920, et même s’il continuera de se produire devant la caméra jusqu’à la fin des années 1950, Elliott Nugent (1896-1980) restera surtout connu pour avoir mis en scène une trentaine de longs-métrages de 1932 à 1952, en dirigeant les plus grands comédiens de l’époque, Irene Dunne, Bing Crosby, Cary Grant, Mary Astor, Madeleine Carroll, Harold Lloyd, Paulette Godard, Henry Fonda, Ray Milland et Danny Kaye. Mais l’une de ses plus grandes collaborations demeure celle avec le comédien Bob Hope, avec lequel il s’associera à cinq reprises, Give Me A Sailor (1938), Never Say Die (1939), Le Mystère de la Maison Norman The Cat and the Canary (1939), Rien que la vérité Nothing But the Truth (1941) et enfin La Brune de mes rêves en 1947. Dans cette comédie-policière, merveilleuse parodie de film noir, Bob Hope retrouve sa partenaire Dorothy Lamour, avec laquelle il tournera la saga des « Road to », très célèbre saga outre-Atlantique et qui comptera sept épisodes réalisés entre 1940 et 1962. Les deux complices joueront aussi ensemble dans They Got Me Covered (1943) de David Butler et dans La Brune de mes rêves. Autant dire que la complicité et l’alchimie des deux fonctionnent à plein régime dans My Favorite Brunette, dans lequel Dorothy Lamour s’amuse à incarner la femme fatale pour laquelle notre héros Ronnie prendra tous les risques. Il y a indéniablement du Frank Drebin et du Jacques Clouseau avant l’heure dans la personnalité de Ronnie Jackson, un type bien déjanté et maladroit, formidablement incarné par Bob Hope, au top de sa forme et dont la modernité du jeu laisse encore pantois aujourd’hui.

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Test DVD / L’Évadée, réalisé par Arthur D. Ripley

L’ÉVADÉE (The Chase) réalisé par Arthur D. Ripley, disponible en DVD le 7 décembre 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Robert Cummings, Michèle Morgan, Steve Cochran, Jack Holt, Lloyd Corrigan, Don Wilson…

Scénario : Philip Yordan, d’après le roman de Cornell Woolrich

Photographie : Franz Planer

Musique : Michel Michelet

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1946

LE FILM

Chuck Scott, vétéran de guerre, tombe amoureux de Lorna, la femme d’un gangster. Ils décident de s’enfuir ensemble, provoquant la colère sadique du truand.

Il arrive parfois, souvent même, qu’un film dont on n’attendait pas forcément grand-chose, vous cueille au point de vous laisser une grande et insoupçonnée impression. C’est le cas de L’Évadée The Chase, réalisé en 1946 par un certain Arthur fD. Ripley, dans lequel Robert Cummings donne la réplique à notre Michèle Morgan nationale. C’est un petit thriller étrange, qui lorgne un peu vers le fantastique, en bifurquant à mi-chemin vers un rêve pour ainsi dire d’opium, le personnage principal, atteint de troubles du stress post-traumatique, se gavant de médicaments l’aidant à aller de l’avant. Mais c’était sans compter sur la propriété des calmants, qui entraînent Chuck Scott dans un cauchemar prémonitoire. Si à l’époque la structure avait pu troubler les spectateurs, au point d’en perdre certains, qui ne comprenaient pas pourquoi le récit prenait une autre dimension à mi-parcours, aujourd’hui les codes sont mieux assimilés par une audience abreuvée d’histoires du même acabit. Toutefois, L’Évadée demeure un film noir particulier et singulier, classique dans sa mise en scène, mais qui reste ponctué par quelques éléments originaux et encore très modernes. Une belle découverte donc.

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Test DVD / Le Livre Noir, réalisé par Anthony Mann

LE LIVRE NOIR (The Black Book) réalisé par Anthony Mann, disponible en DVD le 7 décembre 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Robert Cummings, Richard Basehart, Richard Hart, Arlene Dahl, Arnold Moss, Norman Lloyd…

Scénario : Aeneas MacKenzie & Philip Yordan

Photographie : John Alton

Musique : Sol Kaplan

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

A Paris, en 1794, cinq ans après la Révolution française, le règne de la Terreur est instauré. Robespierre use de toutes les ficelles pour éradiquer ses rivaux et conserver les grâces de la Convention. Il consigne, dans un petit livre noir, les noms de ses ennemis, prochaines victimes de la cruauté révolutionnaire. Mais ce livre noir disparaît. Afin de confondre Robespierre et le destituer, Charles d’Aubigny est chargé de le retrouver, par tous les moyens…

Sur Homepopcorn.fr, nous avons déjà longuement parlé d’Anthony Mann, de sa virtuosité, de sa légende, de son éclectisme, de La Charge des Tuniques Bleues, en passant par Les Affameurs, Je suis un aventurier, Marché de brutes et La Brigade du suicide. Le film que nous évoquerons aujourd’hui s’intitule Le Livre Noir The Black Book et se situe entre Raw Deal et La Porte du diable Devil’s Doorway. A la fin des années 1940, le réalisateur se spécialise dans le film noir à petit budget, avec parfois quelques ingrédients issus du documentaire afin de renforcer le réalisme de l’histoire, à l’instar d’Il marchait dans la nuit He Walked by Night sorti en 1948. Le Livre Noir se démarque, car il s’agit d’un drame historique et d’aventures en costume, mais aussi un thriller d’espionnage, le tout teinté d’humour noir. Deux choses concernant ce film. Premièrement, si vous souhaitez faire connaître la période de la Terreur à l’une de vos connaissances ou à l’un de vos bambins, ne lui montrez surtout pas Le Livre Noir, qui arrange à sa sauce cette période spécifique de la Révolution française, avec moult anachronismes et rencontres improbables de personnages historiques. Deuxièmement, si vous cherchez un super divertissement, magistralement mis en scène, interprété et photographié, ponctué de poursuites en calèche, de bagarres, de faux-semblants, de trahisons, de suspense alors précipitez-vous sur The Black Book, aussi connu sous le titre Reign of Terror, merveilleux spectacle qui en met plein la vue, mené sans aucun temps mort, sans un pet de gras durant 85 minutes, une vraie leçon de cinéma et de montage. Le génie d’Anthony Mann explose à chaque plan pour le plus grand bonheur de ses très nombreux aficionados, qui se laisseront facilement emporter par le souffle de ce méconnu Livre Noir.

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Test DVD / La Femme déshonorée, réalisé par Robert Stevenson

LA FEMME DÉSHONORÉE (Dishonored Lady) réalisé par Robert Stevenson, disponible en DVD le 7 décembre 2021 chez Artus Films.

Acteurs : Hedy Lamarr, Dennis O’Keefe, John Loder, William Lundigan, Morris Carnovsky, Natalie Schafer, Paul Cavanagh, Douglass Dumbrille…

Scénario : Edmund H. North, d’après une pièce de Edward Sheldon et Margaret Ayer Barnes

Photographie : Lucien N. Andriot

Musique : Carmen Dragon

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Directrice de presse, Madeleine Damien fait une tentative de suicide. Le docteur Caleb la prend en charge et la convainc de changer de vie. Elle emménage alors à Greenwich Village et se met à la peinture. Elle rencontre David, un scientifique, qui va lui redonner peu à peu goût à la vie. Un soir, elle retrouve Félix, un ancien amant.

La dernière fois que nous évoquions Hedy Lamarr, c’était pour parler du Démon de la chair The Strange Woman (1946) d’Edgar G. Ulmer, thriller viscéral adapté d’un roman de Ben Ames Williams, produit et interprété par la sublimissime Hedy Lamarr (1914-2000), femme fatale, vénéneuse et à se damner dans un rôle taillé sur mesure, dans lequel elle enflammait l’écran et les sens. Si vous désirez en savoir plus sur la comédienne, ainsi que sur sa vie et son parcours atypiques, vous saurez retrouver notre chronique. Nous reprendrons donc où nous en étions, puisque le film qui nous intéresse aujourd’hui, La Femme déshonoréeDishonored Lady (1947) est le long-métrage tourné dans la continuité par Hedy Lamarr. Également productrice sur cet opus, cette dernière est toujours aussi magnétique et foudroie par la modernité de son jeu, sur lequel le temps semble ne pas avoir d’emprise. Confié au légendaire Robert Stevenson (1905-1986), réalisateur des mythiques productions Disney Un Amour de coccinelle et Un Nouvel amour de coccinelle, L’Apprentie sorcière, Mary Poppins,L’Espion aux pattes de velours, L’Île sur le toit du monde, Le Fantôme de Barbe-Noire et Professeur tête en l’air, La Femme déshonorée est un drame psychologique saupoudré de quelques petites touches de film noir, qui conserve un charme fou. Et c’est encore une fois l’occasion d’admirer l’une des plus belles actrices de l’histoire du cinéma.

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