Test Blu-ray / Ace Ventura, détective pour chiens et chats, réalisé par Tom Shadyac

ACE VENTURA, DÉTECTIVE POUR CHIENS ET CHAT (Ace Ventura, Pet Detective) réalisé par Tom Shadyac, disponible en Blu-ray le 6 mai 2026 chez ESC Films.

Acteurs : Jim Carrey, Courteney Cox, Sean Young, Tone Loc, Dan Marino, Noble Willingham, Troy Evans, Raynor Scheine, Udo Kier…

Scénario : Jack Bernstein, Tom Shadyac & Jim Carrey

Photographie : Julio Macat

Musique : Ira Newborn

Durée : 1h26

Année de sortie : 1994

LE FILM

Ace Ventura, un jeune homme décontracté à la banane arrogante et à la démarche élastique, est le Sherlock Holmes de la gent canine. Le voici à nouveau sur les dents quand le dauphin Flocon de neige, la mascotte de l’équipe de football américain de Miami, manque à l’appel.

Avant d’exploser littéralement au cinéma en 1994 avec les hits successifs (sur le sol américain déjà) de Ace Ventura, détective pour chiens et chats de Tom Shadyac, The Mask de Chuck Russell et Dumb and Dumber des frères Farrelly, Jim Carrey multipliait les apparitions depuis une dizaine d’années. On retiendra avant sa mise sur orbite sa participation à Peggy Sue s’est mariée de Francis Ford Coppola, mais aussi celles, plus rapides, dans deux films avec Clint Eastwood, La Dernière cible, dernière enquête de l’Inspecteur Harry (un nanar signé Buddy Van Horn) et Pink Cadillac, du même réalisateur, dans lequel le comédien apparaît brièvement sur scène dans une imitation d’Elvis Presley, devant le regard pincé du grand Clint. La série In Living Color de Keenen Ivory Wayans va changer la donne dans un premier temps, puisqu’il y incarne plusieurs rôles au fil de cinq saisons. Mais c’est bel et bien avec Ace Ventura, détective pour chiens et chats que sa carrière va réellement décoller. Produit pour un peu moins de 15 millions de dollars, le film rapporte cinq fois sa mise aux États-Unis. Comédie quasi-inclassable et survoltée, déjantée, hilarante, branchée sur 100.000 volts (directement sur son acteur principal donc), Ace Ventura détonne dans le paysage cinématographique d’alors et parvient à se frayer une place au milieu de Forrest Gump, Le Roi Lion, True Lies, Danger immédiat, Speed, Pulp Fiction, Entretien avec un vampire, La Liste de Schindler, Philadelphia…En 1994, la comédie américaine appartient à Jim Carrey, qui place ses trois films dans le top 20 US. En France, il faudra attendre encore un peu. C’est The Mask qui débarque en premier dans les salles au mois d’octobre. Résultat, presque 4 millions d’entrées chez nous ! Ace Ventura arrive en mars 1995 dans les cinémas hexagonaux. Porté par le triomphe de The Mask, le film de Tom Shadyac parvient à attirer 650.000 spectateurs. Une star internationale est née.

Spécialisé dans la recherche des animaux perdus, Ace Ventura habite un appartement devenu une véritable arche de Noé où se côtoient caméléon, perroquet, canari et mouffette. Lorsque l’équipe de football américain de Miami perd sa mascotte, le dauphin Flocon de Neige, c’est à Ace Ventura que la charmante Melissa Robinson fait appel. Dès les premiers instants de l’enquête, Ace trouve un indice, une pierre précieuse qui appartenait à une chevalière mémoire du Super Bowl de 1984, que les Dolphins n’avaient pas gagné. Il s’attire très vite les foudres du lieutenant Einhorn, chef de la police. Ace Ventura part à la recherche de tous ceux qui possèdent la fameuse bague et tente de découvrir celle dont il manque une pierre précieuse. Après des recherches infructueuses, Ace Ventura et Melissa se rendent sur les lieux où l’entraîneur de l’équipe de football vient de se suicider, selon l’avis de tous. Mais Ace est persuadé qu’il y a plutôt eu meurtre. Sur une vieille photo de l’équipe de football, Ace Ventura aperçoit un joueur dénommé Ray Finkle qui ne figure pas sur sa propre photo. Celui-ci n’est plus dans l’équipe depuis qu’il a manqué son coup de pied légendaire au Super Bowl de 1984 et qu’il a fait perdre son équipe. Depuis, personne ne l’a plus jamais vu.

Une coupe de cheveux improbable, un pantalon rouge et noir à rayures, une chemise à fleur ouverte sur un marcel, une tête montée sur ressort, Ace Ventura est immédiatement reconnaissable. Comme un alien qui tenterait de se fondre dans la masse sans rien connaître des êtres humains (ou bien ne veut-il tout simplement pas, afin de préserver son « originalité »), Ace Ventura préfère consacrer sa vie aux animaux. Quand il se retrouve face à aux autres, ceux-ci le regardent comme un cinglé, un inadapté, un être immature, incapable de se concentrer, d’être à l’écoute…Et pourtant, comme l’indique la tagline de l’affiche « Il est le meilleur dans sa spécialité (En fait, il est le seul !) », raison pour laquelle il se retrouve sur la piste d’un dauphin, la mascotte de l’équipe de football des Dolphins de Miami. Avec ses méthodes originales, sa bagnole au pare-brise pété qui l’oblige à conduire la tête à l’extérieur, sa capacité à stopper les balles entre les dents (ce qui appuie cette hypothèse qu’il s’agit bien d’un extraterrestre) et l’aide de la belle Melissa (Courteney Cox, quelques mois avant de décrocher le rôle de Monica dans la série Friends), Ace Ventura va retrouver la trace de Flocon de Neige…Mais ce n’est qu’un début.

Car Ace Ventura, détective pour chiens et chats emmène son personnage, tout comme les spectateurs, là où il s’y attendait le moins. Ce qu’on oublie peut-être parfois, c’est que Tom Shadyac est loin d’être un manchot derrière la caméra et qu’il insuffle non seulement beaucoup d’énergie à sa mise en scène, en se mettant au service de sa tête d’affiche, mais pas seulement. Si l’ensemble fait peut-être penser aujourd’hui à un épisode de série télé, les séquences s’enchaînent à vitesse grand V, la photo est loin d’être dégueu (Julio Macat, chef opérateur des deux premiers Home Alone, de The Borrower), les idées sont nombreuses et idéalement exploitées. Mais il est vrai que, plus de trente ans après sa sortie, nous n’avons encore d’yeux que pour Jim Carrey, typhon humain, unique, qui crève, brûle, pulvérise l’écran et, soyons honnêtes, celui-ci fait encore plus de dégâts au niveau des zygomatiques grâce à Emmanuel Curtil, comédien et doubleur français qui lui prête sa voix depuis The Mask.

Après ses trois hits successifs, le comédien rejoint l’impressionnant casting de Batman Forever de Joel Schumacher, enfile le costume vert à points d’interrogation de l’Homme-Mystère, avant de reprendre le futal d’Ace Ventura pour Ace Ventura en Afrique, dont le succès dépassera celui du premier volet. Puis viendra aussi en 1996 une série animée d’une quarante d’épisodes. Signalons aussi, ceci est moins connu, qu’un « troisième » volet existe, intitulé Ace Ventura Jr., détective chiens et chats, téléfilm qui suit les aventures du fils d’Ace Ventura et de Melissa. Là en revanche, il n’est pas utile de s’y attarder.

LE BLU-RAY

Après une première édition en DVD chez Warner (et ce dès 1999), Ace Ventura a refait une apparition dans les bacs en juin 2023 sous les couleurs de ESC Films, en édition limitée Blu-ray + DVD, ainsi qu’en Édition Collector limitée ESC VHS-BOX – Blu-ray + DVD + Goodies. Mai 2026, Ace Ventura (ainsi qu’Ace Ventura en Afrique, dont nous parlerons prochainement) sort en édition HD classique, que nous avons la chance d’avoir entre les mains. Le disque, à la sérigraphie très sympa, repose dans un boîtier classique de couleur bleue. La jaquette reprend heureusement le célèbre visuel de l’affiche originale d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Jacques Demange, auteur du livre Les mille et un visages de Jim Carrey (chez ROUGE PROFOND), critique à la revue Positif, docteur en études cinématographiques, nous présente royalement Ace Ventura, détectives pour chiens et chats (21’30). Cela aurait fait grincer des dents la critique « élitiste » des années 1990, puisque le comédien, présenté ici comme un acteur-auteur, se voit dérouler le tapis rouge. Jacques Demange connaît son sujet par coeur et replace tout d’abord le film qui nous intéresse aujourd’hui dans la carrière de Jim Carrey, ainsi que dans la comédie US. La singularité, l’expression du corps, le talent de ce dernier sont très largement disséqués, tandis que l’ambivalence, le caractère subversif et transgressif du personnage principal sont aussi mis en avant, ce qui rend Ace Ventura forcément passionnant, puisque le héros est loin d’être lisse et monolithique comme la critique a bien voulu le faire croire. On apprend également qu’en 2019, qu’en raison du sort réservé au personnage incarné par Sean Young, le film a été taxé de transphobe et d’homophobe, qu’un hashtag a même été lancé sur Twitter en France, afin de demander à Netflix la suppression d’Ace Ventura de leur catalogue. 6000 tweets ahurissants, qui n’obtiendront évidemment (et heureusement) pas gain de cause, Netflix allant même jusqu’à proposer le film de nouveau il y a quelques années.

L’autre bonus était très attendu par les fans français de Jim Carrey, puisqu’il donne la parole à Emmanuel Curtil (13’35). Le comédien qui prête ta voix inimitable à l’acteur depuis The Mask, aborde sa propre carrière. Ancien enfant-acteur dans Les Misérables de Robert Hossein, Emmanuel Curtil démarre dans le domaine du doublage à la fin des années 1980, avant de devenir un professionnel que tout le monde s’arrache en 1994. Jim Carrey, Mike Myers, Matthew Perry et bien d’autres auront tous la voix d’Emmanuel Curtil. Celui-ci évoque sa propre découverte de Jim Carrey au moment du doublage de The Mask, la postsynchronisation ayant duré une seule journée. Il s’exprime sur l’acteur qu’il n’a jamais cessé de suivre et surtout d’accompagner tout au long de ces trois dernières décennies.

L’Image et le son

Ce nouveau master HD de Ace Ventura, premier du nom, s’avère très réussi. D’une propreté absolue, l’image met en valeur la palette chromatique, ravivée pour l’occasion et offre un rendu plutôt impressionnant des séquences en extérieur avec un relief appréciable. Si la définition n’est pas optimale avec quelques très légers fourmillements constatés ainsi que des visages tirant sensiblement sur le rosé dans les scènes diurnes, on apprécie le niveau des détails, l’affûtage du piqué, le niveau des contrastes, le respect du grain argentique et l’aplomb de la compression numérique qui consolide les scènes plus agitées. On attendait peut-être des noirs un peu plus fermes. Clair et net, ce Blu-ray de Ace Ventura offre une deuxième jeunesse au film de Tom Shadyac.


Le mixage français DTS-HD Master Audio 2.0 et la piste anglaise 5.1 sont tout aussi propres et distillent parfaitement la musique d’Ira Newborn (La Folle journée de Ferris Buller, la trilogie Y a-t-il un flic pour sauver?). La piste anglaise (avec les sous-titres français non imposés) est la plus équilibrée du lot avec une homogénéité entre les dialogues et les bruitages et au jeu des différences, la version française (au doublage excellent, pour ne pas dire mythique) s’avère un peu plus «  bordélique  », mais ne manque pas d’ardeur, surtout en ce qui concerne le rendu musical ! Le changement de langue n’est pas verrouillé à la volée.

Crédits images : © ESC Films/ Morgan Creek Productions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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