Test Blu-ray / Le Monstre qui vient de l’espace, réalisé par William Sachs

LE MONSTRE QUI VIENT DE L’ESPACE (The Incredible Melting Man) réalisé par William Sachs, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 19 août 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Alex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny, Lisle Wilson, Cheryl Smith, Julie Drazen…

Scénario : William Sachs

Photographie : Willy Kurant

Musique : Arlon Ober

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Des astronautes en mission d’exploration des anneaux de Saturne sont victimes de fortes radiations. Seul Steve West parvient à rester vivant. Hospitalisé dans le plus grand secret dans la clinique du docteur Ted Nelson, il s’échappe après avoir découvert les ravages provoqués par les radiations sur son corps. Devenu un monstre hideux qui se désagrège lentement, Steve West déambule dans la nature et massacre tous ceux qui ont le malheur de croiser sa route. Le docteur Nelson, accompagné par le général Perry, va tenter de trouver Steve West afin qu’il ne commette d’autres meurtres…

Alors celui-là il est beau. Un nanar, un grand, un vrai. Celui qui tâche, aussi bien en version originale que dans cette chère langue de Molière avec ses comédiens qui en rajoutent comme si cela ne suffisait jamais. Le Monstre qui vient de l’espace ou The Incredible Melting Man (quel titre merveilleux) est une production Samuel W. Gelfman, celui qui aura donné sa chance à Jonathan Demme (5 femmes à abattre Caged Heat, 1974), financé en grande partie le génial Cockfighter (1974) de Monte Hellman, ainsi que le célèbre Cannonball (1976) de Paul Bartel avec David Carradine. L’ancien vice-président de la United Artists (rien que ça) confie au réalisateur William Sachs, lui-même futur producteur d’Exterminator 2 et Le Leprechaun, un budget dérisoire pour tenter d’emballer Le Monstre qui vient de l’espace, qui est en fait trompeur puisqu’il s’agit d’un astronaute irradié (et donc devenu radioactif), seul rescapé d’une mission (ses moustaches l’ont peut-être protégé un temps) ayant conduit son équipe près des anneaux de Saturne. L’ensemble est prétexte pour montrer l’ancien voyageur et scientifique de l’espace se décomposer petit à petit, tandis qu’il tente de prendre la fuite pour échapper à ceux qui voudraient le cloîtrer, sans doute pour faire de lui un cobaye, et qui le poursuivent avec…un compteur Geiger. The Incredible Melting Man est une série Z où tous les acteurs rivalisent de médiocrité, pour ne pas dire de non-jeu éhonté. Mais c’est en cela que le film est très drôle, avec ses dialogues qui n’ont souvent aucun sens, ses pauvres décors redondants et son absence d’enjeux. Restent les effets spéciaux de maquillage concoctés par le maître Rick Baker (qui inspireront Rob Bottin, assistant de Baker sur le film, pour la scène du type à la peau fondue dans RoboCop), qui venait de débuter avec Schlock de John Landis et qui avait très vite enchaîné avec La Nuit des vers géants, King Kong et Star Wars. La même année que le space opera de George Lucas, le génie du latex confectionnait cet être dégoulinant et repoussant. De ce point de vue-là, cela fonctionne encore très bien, le final est d’ailleurs particulièrement dégueulasse et semble avoir inspiré Street Trash sous certains aspects. Quant à savoir si cela sauve Le Monstre qui vient de l’espace du marasme…même si la photographie de Willy Kurant, oui oui, le chef opérateur de Je t’aime, moi non plus de Serge Gainsbourg, de Masculin féminin de Jean-Luc Godard, de Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat et Le Départ de Jerzy Skolimowski est loin d’être mauvaise.

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Test Blu-ray / Les Tueurs de l’éclipse, réalisé par Ed Hunt

LES TUEURS DE L’ÉCLIPSE (Bloody Birthday) réalisé par Ed Hunt, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 19 août 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Lori Lethin, Melinda Cordell, Julie Brown, Joe Penny, Bert Kramer, K.C. Martel, Elizabeth Hoy, Billy Jayne

Scénario : Ed Hunt & Barry Pearson

Photographie : Stephen L. Posey

Musique : Arlon Ober

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1981

LE FILM

Une nuit d’éclipse, trois femmes de la même localité de Californie accouchent simultanément de trois bébés en pleine forme. Baptisés Debbie, Curtis et Steven, ils se préparent à fêter leur dixième anniversaire à leur manière. Comme poussés par une force aussi puissante que maléfique, ils éliminent méthodiquement ceux qui ont le tort de leur déplaire. Entre notamment une flèche dans l’œil, une balle dans le coeur et des coups de pelle, ils s’en prennent surtout aux adultes…

Les thrillers avec des enfants tueurs sont plutôt rares. Surtout les bons. Quand on évoque ce sous-genre horrifique, on pense en premier lieu à La Malédiction (1976) de Richard Donner, chef d’oeuvre qui permettra au réalisateur de se voir offrir Superman deux ans plus tard. Citons aussi en vrac Les Enfants du maïs (1994), Dorothy (2008), We Need to Talk About Kevin (2011), Le Village des damnés (1960 et le remake de John Carpenter en 1995), Les Révoltés de l’an 2000 (1976), Les Innocents (1961), The Children (2009) et le méconnu, mais remarquable Attention, les enfants regardent (1978) de Serge Leroy, avec Alain Delon, chasseur devenant la proie de gamins froids comme la mort. Les Tueurs de l’éclipse est un film d’épouvante à la frontière du fantastique, où deux garçons et une fille nés au même moment durant une éclipse solaire, se retrouvent dépourvus de conscience en raison d’un alignement spécifique des planètes et se mettent à tuer leur entourage, ainsi que ceux qu’ils trouvent tout simplement indésirable. Réalisé par un certain Ed Hunt, qui avait signé L’Invasion des soucoupes volantesStarship Invasions en 1977, avec Christopher Lee et Robert Vaughn, Les Tueurs de l’éclipseBloody Birthday surfe sur la vague du slasher alors à la mode, s’avère un opus qui fait froid dans le dos et ce grâce à une très solide distribution menée par trois jeunes acteurs épatants qui campent les effrayants assassins du film. La tension est maintenue du début à la fin, la mise en scène est élégante et prouve qu’Ed Hunt en avait sous le capot, la photographie de Stephen L. Posey (Vendredi 13 – Chapitre 5 : Une nouvelle terreur, Slumber Party Massacre), ainsi que la composition d’Arlon Ober (Le Monstre qui vient de l’espace, le génial Eating Raoul de Paul Bartel) sont très inspirées (même si le second n’hésite pas à piocher chez John Williams et Bernard Herrmann), bref, c’est du tout bon et cela a étonnamment bien vieilli.

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Test Blu-ray / Les Anges du mal 2 – Reform School Girls, réalisé par Tom DeSimone

LES ANGES DU MAL 2 (Reform School Girls) réalisé par Tom DeSimone, disponible en Blu-ray le 14 juin 2023 chez Extralucid Films.

Acteurs : Linda Carol, Wendy O. Williams, Pat Ast, Sybil Danning, Charlotte McGinnis, Sherri Stoner, Denise Gordy, Laurie Schwartz, Tiffany Helm, Darcy DeMoss…

Scénario : Tom DeSimone, Daniel Arthur Wray & Jack Cummins

Photographie : Howard Wexler

Musique : Dan Siegel

Durée : 1h34

Année de sortie : 1986

LE FILM

Jennifer Williams qui a raté un hold-up vient de faire connaissance, dans le fourgon qui la conduit dans une maison de redressement, de deux futures co-détenues. Condamnée à tort, il y a la claustrophobe et fragile Lisa et une récidiviste, Nicky. À Pridemore, Charlie, une détenue belliqueuse, règne en maître en propageant la terreur par ses méthodes…

WIP, ou Women In Prison, sous-genre qui fait appel aux bas instincts des spectateurs mâles. Le cinéaste Jess Franco aura bien exploité cette recette à travers des films comme 99 femmes, Des femmes pour le bloc 9 Frauen für Zellenblock 9 ou bien encore Quartier de femmes Los amantes de la isla del diablo. La trame de Reform School Girls de Tom DeSimone (Hell Night) reprend les mêmes ingrédients, à savoir des prisonnières qui subissent des sévices dégradants et qui décident à un moment donné de se rebeller, dans l’espoir de se sortir de leurs conditions grâce au soutien d’une psychologue compréhensive, prête à affronter l’institution. D’ailleurs, le film qui nous intéresse aujourd’hui paraît s’être grandement inspiré de l’oeuvre de l’ami Jesús. Tom DeSimone avait déjà « tâté » du WIP avec Prison Girls, film classé X emballé en relief en 1972, sur lequel il avait débarqué une semaine avant le début des prises de vue pour remplacer celui qui devait à la base le mettre en scène. S’il reniera ce premier coup d’essai dans le genre, cela ne sera pas le cas pour Quartier de femmesThe Concrete Jungle (1982), avec l’ex-Bond Girl Jill St. John (Les Diamants sont éternels) et surtout Reform School Girls, étrangement édité en France sous le titre Les Anges du mal 2 ou Very Bad Girls, qui restera le film préféré de sa carrière. Hautement divertissant, celui-ci vaut le coup d’oeil pour sa distribution quasiment intégralement féminine, menée par la magnifique Linda Carol, qui partage l’affiche avec Wendy O. Williams, la chanteuse frappadingue du groupe The Plasmatics. Complètement survoltée, elle vole facilement la vedette dans Reform School Girls dans le rôle de Charlie, qui dirige un groupe de filles qui lui sont fidèles et à qui elle offre une protection contre quelques câlins et léchouilles. Les fans de cinéma d’exploitation vont adorer !

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Test Blu-ray / Cop Secret, réalisé par Hannes Þór Halldórsson

COP SECRET (Leynilögga) réalisé par Hannes Þór Halldórsson, disponible en Blu-ray le 10 mai 2023 chez Extralucid Films.

Acteurs : Auðunn Blöndal, Egill Einarsson, Sverrir Þór Sverrisson, Steinunn Ólína Þorsteinsdóttir, Björn Hlynur Haraldsson, Vivian Ólafsdóttir, Rúrik Gíslason, Steinþór Hróar Steinþórsson…

Scénario : Nína Petersen, Hannes Þór Halldórsson & Sverrir Þór Sverrisson, d’après une histoire originale d’Auðunn Blöndal, Egill Einarsson & Hannes Þór Halldórsson

Photographie : Elli Cassata

Musique : Kristján Sturla Bjarnason

Durée : 1h35

Année de sortie : 2021

LE FILM

Pour élucider une curieuse série de braquages où rien n’est dérobé, un « super flic » de Reykjavik, téméraire mais en pleine remise en question, se retrouve à devoir faire équipe avec un nouveau partenaire, un mec stylé, aisé et particulièrement libéré.

Le nom de Hannes Þór Halldórsson pourrait éventuellement dire quelque chose à certains d’entre vous, du moins aux passionnés de football. En effet, le réalisateur de Cop Secret n’est autre que l’ancien gardien de l’équipe nationale d’Islande, sélectionné près de 80 fois et qui a participé à l’Euro 2016, ainsi qu’à la Coupe du Monde de 2018 durant laquelle il avait arrêté un penalty de Lionel Messi. Avant de devenir sportif professionnel, Hannes Þór Halldórsson, passionné par le cinéma, se prédestinait à devenir cinéaste. Son rêve devient enfin réalité, puisqu’en 2021 il met en scène son premier long-métrage Leynilögga, que l’on peut traduire par « Flic Infiltré », que la distribution internationale aura finalement rebaptisé Cop Secret. Un buddy movie qui rend hommage au genre des années 1980-90, le tout largement influencé par le Hot Fuzz d’Edgar Wright et Bad Boys de Michael Bay. On imagine que le budget n’était pas énorme (apparemment, cela équivaudrait à 0,03 % de la production de Fast & Furious 9), surtout vu la qualité des effets spéciaux avec ses explosions et le sang confectionnés en mauvaises images numériques, mais il se dégage une vraie énergie contagieuse de ce Cop Secret, qui s’amuse à prendre tous les clichés attendus, à les triturer, au point de faire de son tandem de flics burnés, deux mecs qui tombent amoureux l’un de l’autre dans le feu de l’action. C’est barré, pas franchement original, mais l’ensemble est prometteur et les acteurs assurent le spectacle du début à la fin.

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Test Blu-ray / Voeux sanglants, réalisé par Larry Stewart

VOEUX SANGLANTS (The Initiation) réalisé par Larry Stewart, disponible en Blu-ray le 10 mai 2023 chez Extralucid Films.

Acteurs : Vera Miles, Clu Gulager, Daphne Zuniga, James Read, Marilyn Kagan, Robert Dowdell, Patti Heider, Frances Peterson, Hunter Tylo…

Scénario : Charles Pratt Jr.

Photographie : George Tirl

Musique : Gabriel Black & Lance Ong

Durée : 1h37

Année de sortie : 1984

LE FILM

La jeune Kelly, qui appartient à une confrérie à l’université, est soumise à un rite d’initiation : avec d’autres membres, elle doit pénétrer de nuit dans un magasin mais, entrés illégalement, ils réalisent qu’ils ne peuvent plus en sortir. Un tueur commence alors à les éliminer un par un…

Novembre 1984, Les Griffes de la nuitA Nightmare on Elm Street de Wes Craven est un événement planétaire. Les slashers sortis la même année avant ou après auront du mal à retenir l’attention des spectateurs, de la critique et à passer à la postérité, à part peut-être Vendredi 13 : Chapitre final de Joseph Zito, le quatrième épisode de la saga. Pourtant, six mois auparavant, sortait un digne représentant du genre, un certain The Initiation, édité en France sous le titre Voeux sanglants, réalisé par Larry Stewart. Celui-ci aura passé son temps sur les plateaux hollywoodiens à jouer le figurant de service (comme dans Alerte aux marines d’Edward Ludwig) dans les années 1940-50, avant de travailler comme superviseur des dialogues, puis en tant que metteur en scène, officiant à la télévision sur de multiples séries comme Super Jaimie, L’Incroyable Hulk, Drôles de dames, L’île fantastique et Buck Rogers. Voeux sanglants sera sa seule et unique incursion cinématographique, sur laquelle il atterrit d’ailleurs suite au renvoi du premier réalisateur, Peter Crane, qui après avoir emballé les séquences se déroulant dans l’hôpital psychiatrique, est remercié par les producteurs, qui trouvent que monsieur joue trop à l’artiste et ne va pas assez vite à leur goût. Voeux sanglants est un divertissement aux effets sans doute attendus, mais qui vaut sacrément le détour, d’une part pour sa solide distribution (cela fait du bien de voir des jeunes acteurs inconnus bien jouer, ce qui n’était pas le cas dans tous les slashers qui pullulaient sur les écrans), d’autre part pour ses idées visuelles ou scénaristiques, qui nous font nous accrocher à notre siège jusqu’au twist. Une sympathique découverte.

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Test Blu-ray / Vaincre ou mourir, réalisé par Paul Mignot & Vincent Mottez

VAINCRE OU MOURIR réalisé par Paul Mignot & Vincent Mottez, disponible en DVD & Blu-ray le 25 mai 2023 chez Puy du Fou Films.

Acteurs : Hugo Becker, Rod Paradot, Gilles Cohen, Grégory Fitoussi, Constance Gay, Jean-Hugues Anglade, Francis Renaud, Dorcas Coppin…

Scénario : Vincent Mottez

Photographie : Alexandre Jamin

Musique : Nathan Stornetta

Durée : 1h39

Année de sortie : 2023

LE FILM

1793. Voilà trois ans que Charette, ancien officier de la Marine Royale, s’est retiré́ chez lui en Vendée. Dans le pays, la colère des paysans gronde : ils font appel au jeune retraité pour prendre le commandement de la rébellion. En quelques mois, le marin désœuvré devient un chef charismatique et un fin stratège, entraînant à sa suite paysans, déserteurs, femmes, vieillards et enfants, dont il fait une armée redoutable car insaisissable. Le combat pour la liberté ne fait que commencer…

On en entendu des vertes et des pas mûres sur Vaincre ou mourir, la première production cinématographique du Puy du Fou, inspirée par le spectacle Le Dernier Panache, triomphe du parc vendéen en 2016, tirée du combat de François-Athanase Charette de La Contrie, figure majeure de la guerre de Vendée. La presse de gauche s’est délectée à le traîner dans la boue, tandis que Cnews, Valeurs actuelles et consorts se pâmaient devant. Il en faut pour tous les goûts et loin de nous l’idée de nous prétendre historien pour parler oui ou non de respect des faits réels. Nous ne jugerons Vaincre ou mourir qu’en tant que long-métrage à part entière et donc comme divertissement. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le résultat est très mauvais…Si l’on devait faire une critique rapide du style Reader’s Digest, on pourrait résumer ainsi « Félicitations à Hugo Becker, qui a réussi ses scènes a cheval malgré son balai bien enfoncé dans le fondement dans Vaincre ou mourir. Nous ne sommes pas loin de Vercingétorix avec Cri-Cri Lambert et c’est la première fois que nous avons eu l’impression de visionner un film réalisé en Audiodescription. Il s’agit d’un reportage XL France 3 région au montage épileptique avec des beaux costumes piétinés dans la boue, le tout sur fond de musique de Fort Boyard ». C’est assez clair ? On peut en parler un peu plus longuement plus bas si vous le désirez, mais l’essentiel est dit.

Vendéens, Vendéennes !

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Test Blu-ray / Le Drapeau noir flotte sur la marmite, réalisé par Michel Audiard

LE DRAPEAU NOIR FLOTTE SUR LA MARMITE réalisé par Michel Audiard, disponible en DVD et Blu-ray le 12 juin 2023 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Jacques Marin, André Pousse, Jean Carmet, Raymond Meunier, Micheline Luccioni, Yves Barsacq, Jacqueline Doyen, Roger Lumont, Michel Pilorgé, Ginette Garcin, Gilberte Géniat, Eric Damain, Ginette Leclerc, Claude Piéplu…

Scénario : Michel Audiard & Jean-Marie Poiré, d’après le roman de René Fallet

Photographie : Pierre Petit

Musique : Georges Brassens

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Victor, épicier et patron tyrannique ne cesse de parler à sa famille de son passé de marin, bien que ceux-ci ne l’ont jamais cru. Lorsque son neveu gagne un concours de maquette de bateau et est chargé d’en construire un à échelle réelle, Victor va tenter de s’imposer comme le patron de la petite équipe…

Invisible pendant près d’un demi-siècle en raison de droits partagés entre Paramount et Universal, Le Drapeau noir flotte sur la marmite réapparaît dans une copie intégralement restaurée. Unique opus dans lequel Michel Audiard « dirige » Jean Gabin, cette bizarrerie que le Vieux tourne entre Le Chat de Pierre Granier-Deferre et Le Tueur de Denys de La Patellière est bien plus une curiosité qu’une comédie disons-le d’emblée réussie. Né en 1920, Michel Audiard commence sa longue, mythique et éclectique carrière de scénariste à la fin des années 1940. En 1968, il passe pour la première fois derrière la caméra avec Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Suite à ce grand succès avec plus de 2 millions d’entrées, il enchaîne l’année suivante avec Une Veuve en or avec Michèle Mercier, puis connaît son plus grand triomphe dans les salles avec Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !. En ce qui concerne Le Drapeau noir flotte sur la marmite, nous retrouvons ce qui pouvait faire la qualité, mais aussi malheureusement les défauts de Michel Audiard placé lui-même à la tête d’un long-métrage. Certes celui-ci n’a jamais brillé avec ses mises en scène, mais demeure une sympathique distraction, une fantaisie où les acteurs livrent de merveilleux numéros, tout en se délectant des dialogues truculents signés bien sûr Audiard lui-même. Derrière ce titre à rallonge comme les affectionnait Michel Audiard, nous trouvons une comédie aux scènes lâchement reliées entre elles, prétextes à une poilade entre amis, coécrite avec Jean-Marie Poiré, d’après un roman de René Fallet (La Soupe aux choux, Un idiot à Paris, Les Vieux de la vieille, Le Triporteur, Porte des Lilas). Ainsi, Jean Gabin s’avère comme toujours remarquable dans la peau d’un mythomane, qui va se retrouver confronter au mensonge qui entoure son existence, pour épater ce qui lui reste de famille, y compris son jeune neveu, qui l’admire et le prend pour un grand aventurier. Moins foutraque qu’à son habitude, probablement en raison d’un casting sur lequel trône le Vieux, Michel Audiard peine toutefois à maintenir l’intérêt du début à la fin, à trouver un rythme sur la durée et met un peu de tout dans sa tambouille, ou la marmite ici, au risque de frôler souvent l’indigestion. Néanmoins, découvrir ce Drapeau noir… fait indéniablement plaisir pour les complétistes que nous sommes.

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Test Blu-ray / La Vierge du Rhin, réalisé par Gilles Grangier

LA VIERGE DU RHIN réalisé par Gilles Grangier, disponible en DVD et Blu-ray le 12 juin 2023 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Élina Labourdette, Andrée Clément, Olivier Hussenot, Albert Dinan, Claude Vernier, Renaud Mary, Nadia Gray…

Scénario : Jacques Sigurd, d’après le roman de Pierre Nord

Photographie : Marc Fossard

Musique : Joseph Kosma

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

Blessé en Allemagne en 1940, Jacques Ledru, propriétaire d’une compagnie de navigation à Strasbourg, a été porté disparu. Sa femme Geneviève, s’est remariée avec Maurice Labbé, un de ses collaborateurs. Mais huit ans plus tard, il revient.

Quand il tourne La Vierge du Rhin, Jean Gabin n’est plus la star de Pépé le Moko, La Grande illusion, Le Quai des brumes et de La Bête humaine. Après la guerre, le comédien retrouve le succès, mais de façon mitigée, La Vérité sur Bébé Donge, Le Plaisir, Fille dangereuse et Leur dernière nuit ayant été des semi-échecs au box-office. Juste avant de connaître son second sacre inespéré qui viendra avec Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, avec lequel il reprendra sa place sur le trône du cinéma français et ce jusqu’à sa mort, Jean Gabin tourne pour la première fois sous la direction de Gilles Grangier. Les deux hommes collaboreront à douze reprises, de La Vierge du Rhin en 1953 à Sous le signe du taureau en 1969, en passant par Gas-oil (1955), Le Sang à la tête (1956), Archimède le clochard (1959, leur plus gros hit avec plus de 4 millions d’entrées), Maigret voit rouge (1963)…Rétrospectivement, La Vierge du Rhin semble n’avoir jamais eu la même aura que les titres cités précédemment et demeure méconnu. S’il n’est pas autant percutant que l’ensemble des opus signés par le tandem, il n’en reste pas moins une réussite, que l’on doit évidemment à la prestation impériale de sa tête d’affiche, mais aussi à Gilles Grangier lui-même, qui privilégie des prises de vue en extérieur, caractéristique récurrente de son œuvre, donnant à La Vierge du Rhin un aspect témoignage d’un temps révolu. Il y a un côté Comte de Monte-Cristo dans cette histoire qui démarre comme un drame pour muter ensuite en film noir. Une redécouverte s’impose.

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Test Blu-ray / La Piste des Caribous, réalisé par Edwin L. Marin

LA PISTE DES CARIBOUS (The Cariboo Trail) réalisé par Edwin L. Marin, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 22 juillet 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, George ‘Gabby’ Hayes, Bill Williams, Karin Booth, Victor Jory, Douglas Kennedy, Jim Davis, Dale Robertson, Mary Stuart, James Griffith, Lee Tong Foo…

Scénario : Frank Gruber, d’après une histoire originale de John Rhodes Sturdy

Photographie : Fred Jackman Jr.

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Au Canada, en Colombie-Britannique, Jim Redfern et ses associés Mike Evans et Ling suivent la « piste des caribous » avec leur bétail, souhaitant s’établir pour créer leur ranch. Une ruée vers l’or amène le prospecteur « Grizzly » Winters à les rejoindre. Frank Walsh, un riche propriétaire ayant mainmise sur la ville locale, s’oppose bientôt avec ses hommes de main à Jim. En ville, ce dernier rencontre Frances Harrison dont il s’éprend…

Nous revoilà avec Randolph Scott et le réalisateur Edwin L. Marin, qui nous avaient enchantés avec l’excellent Canadian Pacific. Ils remettent le couvert immédiatement après avec La Piste des CaribousThe Cariboo Trail, qui reprend plus ou moins le même canevas et en apparence les lieux de l’action, mais qui parvient à trouver son identité propre, ne serait-ce qu’avec le personnage interprété par la tête d’affiche, toujours aussi décontractée et impliquée dans cette production modeste. L’élément central de La Piste des Caribous est la ruée vers l’or, le précieux minerai étant découvert en Colombie-Britannique, nombreux sont ceux qui viennent des États-Unis et du Canada pour espérer trouver le bon filon. Mais les prospecteurs découvrent essentiellement une terre recouverte de forêts, parsemées de torrents, le long des pistes tortueuses suivant le fleuve, seules portes d’entrée vers l’or. C’est là que nous rencontrons le personnage principal, qui est finalement peu intéressé par cet événement et qui rêve surtout d’élever du bétail. La Piste des Caribous est un western aussi original que Canadian Pacific, cette fois encore joliment photographié par Fred Jackman Jr. en Cinecolor (Les Soucoupes volantes attaquent), remplit de confrontations, de bons sentiments et d’humour, notamment avec la présence du vétéran George « Gabby » Hayes, ici dans son dernier film, gueule reconnaissable du genre vue une bonne quinzaine de fois aux côtés de John Wayne et à six reprises avec Randolph Scott. Il est comme qui dirait l’équivalent de Stumpy dans Rio Bravo, que jouait l’immense Walter Brennan, le vieux briscard bien agité qui en a encore sous le capot et qui ferait tout pour venir en aide à notre héros. Très bon cru donc que La Piste des Caribous !

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Test Blu-ray / Violence à Jericho, réalisé par Arnold Laven

VIOLENCE À JERICHO (Rough Night in Jericho) réalisé par Arnold Laven, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 25 mai 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Dean Martin, George Peppard, Jean Simmons, John McIntire, Slim Pickens, Don Galloway, Brad Weston, Richard O’Brien, Carol Andreson, Steve Sandor, Warren Vanders, John Napier…

Scénario : Sydney Boehm, d’après le roman Marvin H. Albert

Photographie : Russell Metty

Musique : Don Costa

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Aux États-Unis, sur le chemin qui mène à la petite ville de Jericho, Alex Flood attaque la diligence en blessant son conducteur Ben Hickman et s’enfuit sans être identifié. En arrivant en ville, Dolan (un shérif reconverti en joueur professionnel de poker), passager de la diligence, apprend que Flood, ex-policier devenu chef de gang, veut prendre le contrôle du service de transport dirigé par Hickman et son associée Molly Lang. Celle-ci s’oppose à Flood et, essayant de rallier les habitants à sa cause, trouve un volontaire en la personne de Dolan qui s’est épris d’elle. Avec l’aide d’une petite troupe, Dolan défie Flood en s’emparant de son bétail et en dynamitant son ranch. S’ensuit une violente fusillade.

Chers cinéphiles amateurs de westerns, nous avons là une petite pépite insoupçonnée avec Violence à JerichoRough Night in Jericho, réalisé par Arnold Laven (1922-2009) et sorti en 1967, à l’heure où le genre américain rendait son dernier souffle et renaissait en Europe, principalement en Italie. L’influence transalpine se ressent d’ailleurs dans Violence à Jericho, film très violent, à tel point que la censure s’en est mêlée. Disons-le, cet opus est immense, dans le sens où nous sommes dans un western pur et dur, interprété par des acteurs aussi charismatiques que bad-ass et talentueux, que l’action est savamment soutenue du début à la fin, que le développement des personnages demeure constamment intéressant. Arnold Laven, qui aura fait la deuxième partie de sa carrière à la télévision en écumant toutes les séries possibles et imaginables (Gunsmoke, L’Homme de fer, Le Magicien, Mannix, L’Homme qui valait 3 milliards), était un réalisateur courtisé par le cinéma, pour son efficacité et son professionnalisme. Il enchaînait les séries B de luxe pour les studios, en dirigeant parfois de grands noms (Edward G. Robinson, Paulette Goddard, Paul Newman, Walter Pidgeon, Dan Duryea et plus tard Burt Reynolds) et signe probablement son meilleur film avec Violence à Jericho, très largement recommandé.

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