Test Blu-ray / Les Anges du mal 2 – Reform School Girls, réalisé par Tom DeSimone

LES ANGES DU MAL 2 (Reform School Girls) réalisé par Tom DeSimone, disponible en Blu-ray le 14 juin 2023 chez Extralucid Films.

Acteurs : Linda Carol, Wendy O. Williams, Pat Ast, Sybil Danning, Charlotte McGinnis, Sherri Stoner, Denise Gordy, Laurie Schwartz, Tiffany Helm, Darcy DeMoss…

Scénario : Tom DeSimone, Daniel Arthur Wray & Jack Cummins

Photographie : Howard Wexler

Musique : Dan Siegel

Durée : 1h34

Année de sortie : 1986

LE FILM

Jennifer Williams qui a raté un hold-up vient de faire connaissance, dans le fourgon qui la conduit dans une maison de redressement, de deux futures co-détenues. Condamnée à tort, il y a la claustrophobe et fragile Lisa et une récidiviste, Nicky. À Pridemore, Charlie, une détenue belliqueuse, règne en maître en propageant la terreur par ses méthodes…

WIP, ou Women In Prison, sous-genre qui fait appel aux bas instincts des spectateurs mâles. Le cinéaste Jess Franco aura bien exploité cette recette à travers des films comme 99 femmes, Des femmes pour le bloc 9 Frauen für Zellenblock 9 ou bien encore Quartier de femmes Los amantes de la isla del diablo. La trame de Reform School Girls de Tom DeSimone (Hell Night) reprend les mêmes ingrédients, à savoir des prisonnières qui subissent des sévices dégradants et qui décident à un moment donné de se rebeller, dans l’espoir de se sortir de leurs conditions grâce au soutien d’une psychologue compréhensive, prête à affronter l’institution. D’ailleurs, le film qui nous intéresse aujourd’hui paraît s’être grandement inspiré de l’oeuvre de l’ami Jesús. Tom DeSimone avait déjà « tâté » du WIP avec Prison Girls, film classé X emballé en relief en 1972, sur lequel il avait débarqué une semaine avant le début des prises de vue pour remplacer celui qui devait à la base le mettre en scène. S’il reniera ce premier coup d’essai dans le genre, cela ne sera pas le cas pour Quartier de femmesThe Concrete Jungle (1982), avec l’ex-Bond Girl Jill St. John (Les Diamants sont éternels) et surtout Reform School Girls, étrangement édité en France sous le titre Les Anges du mal 2 ou Very Bad Girls, qui restera le film préféré de sa carrière. Hautement divertissant, celui-ci vaut le coup d’oeil pour sa distribution quasiment intégralement féminine, menée par la magnifique Linda Carol, qui partage l’affiche avec Wendy O. Williams, la chanteuse frappadingue du groupe The Plasmatics. Complètement survoltée, elle vole facilement la vedette dans Reform School Girls dans le rôle de Charlie, qui dirige un groupe de filles qui lui sont fidèles et à qui elle offre une protection contre quelques câlins et léchouilles. Les fans de cinéma d’exploitation vont adorer !

Elles sont sexy, elles sont belles, et elles sont dangereuses… Suffisamment dangereuses pour être enfermées dans la maison de détention pour jeunes délinquantes de Pridemore ; là où il n’y a ni fenêtres, ni possibilités d’évasion, ni espoir…Lorsque Jenny débarque à Pridemore, elle ne pense qu’à s’échapper. Mais elle va devoir affronter ses terribles geôlières Sutter et Edna, ainsi que sa codétenue tyrannique, l’implacable et sexy Charlie.

So young, so bad, so what ?

En fait, si le film a été intitulé Les Anges du mal 2 dans nos contrées, c’est pour surfer sur le succès de Chained Heat, WIP réalisé par Paul Nicholas en 1983, avec Linda Blair. S’il y aura un Chained Heat 2 en 1993, qui sera d’ailleurs baptisé en France Chained Heat : Enchaînées, le seul point commun avec Reform School Girls est la présence de la mythique Sybil Danning (La Dame rouge tua sept fois, L’Oeil du labyrinthe), qui joue ici la redoutable Sutter, la responsable de ce camp de redressement, dont l’uniforme renvoie au nazisme. Tout un programme. Cette dernière devait jouer le rôle d’Edna, mais Tom DeSimone, venu du milieu pornographique où il officiait alors sous le pseudonyme de Lancer Brooks, s’opposa aux producteurs et préféra lui confier celui de Sutter, à l’origine écrit pour un acteur. On n’y perd pas au change, puisque l’ogresse Edna est quant à elle incarnée par l’incroyable Pat Ast, qui bouffe l’écran et campe une matonne obèse, libidineuse et malade du ciboulot, qui aime torturer et abuser des belles et jeunes nanas dont elle a la garde. Le scénario réserve peu de surprises, l’énergie déployée par Tom DeSimone derrière sa caméra (on excuse l’apparition du micro ou les reflets de l’équipe) et par ses comédiennes emporte rapidement l’adhésion.

Complete Control ! COMPLETE CONTROL !

On se délecte des scènes « hénaurmes » qui se succèdent, on se rince l’oeil gentiment avec les très attendues séquences de douche collective, ces plans boobs ou ces gros plans sur des beaux petits culs entièrement gratos, jusqu’au dénouement particulièrement épique et explosif, à l’instar de la bande originale heavy qui compte quatre titres de Wendy O. Williams. Reform School Girls est une œuvre qui ne se prend pas au sérieux, d’ailleurs le réalisateur aura toujours affirmé qu’il avait voulu faire une parodie du WIP. L’humour, même noir, est omniprésent, les actrices sont sexy, superbes et déambulent souvent en petite tenue, se bastonnent même ainsi (dé)vêtues à plusieurs reprises, tandis qu’une pincée saphique imprègne évidemment l’ensemble, rythmé du début à la fin. Un très bon spectacle.

LE BLU-RAY

Extralucid Films frappe fort une fois de plus avec la sortie en HD de Reform School Girls ! Le disque repose dans un slim Digipack à deux volets, magnifiquement illustré, glissé dans un fourreau cartonné qui donne furieusement envie de posséder cet objet de collection, qui est par ailleurs le numéro 17 de l’anthologie ExtraCulte de l’éditeur. Le menu principal est animé et musical. À la vente ici sur le site de l’éditeur.

On démarre les bonus par un entretien fort sympathique avec le réalisateur Tom DeSimone (19’). Ce dernier partage ses souvenirs liés à ses débuts, à sa passion du cinéma (qui remonte à un cartoon avec Donald Duck), à sa fascination pour l’image et l’écran. Il retrace son parcours (assistant-monteur), parle de sa renommée dans le sous-genre Women In Prison, avant d’en venir plus précisément au film qui nous intéresse aujourd’hui. Sur Reform School Girls, Tom DeSimone évoque ses intentions (« pousser les clichés dans leurs extrémités »), sa cible (« les adolescents et les vieux satyres, ainsi que les lesbiennes »), le casting, les conditions de tournage et la pérennité du film.

Nous retrouvons l’excellente Clara Sebastiao, qui durant 25 minutes propose un très large tour d’horizon du sous-genre Women In Prison et sa place dans l’histoire du cinéma (d’exploitation). La coordinatrice programmation et événementiel dresse la liste de tous les ingrédients propres au WIP, donne de nombreux titres de classiques ou d’opus moins célèbres, dissèque l’évolution du genre à travers le vingtième siècle, puis parle de Tom DeSimone, de sa carrière dans le porno, du casting du film, de son accueil (« mitigé, mais pas un bide »), indiquant aussi que Reform School Girls est le long-métrage que le réalisateur a préféré faire dans sa carrière.

Avant de conclure sur la bande-annonce, on termine par l’intervention de Xavier Bonnet, journaliste musical, qui s’occupe de son côté d’un beau portrait de Wendy O. Williams, chanteuse (The Plasmatics) et donc actrice (qui joue la frappadingue Charlie dans Reform School Girls), ex-égérie de la culture Punk, surnommée La Reine du Rock Choc, qui s’est suicidée en 1998 à l’âge de 48 ans après de longues années passées à lutter contre la dépression.

L’Image et le son

Reform School Girls arrive dans les bacs français dans une superbe édition HD (1080p) entièrement restaurée. Le travail est impressionnant et l’image est très propre, même si des poussières et des griffures subsistent. Un soin particulier a été apporté afin que la texture originale du film, les détails, la structure du grain ne soient pas affectés par le traitement numérique. Ce nouveau transfert Haute Définition permet de (re)découvrir le film de Tom DeSimone sous toutes ses coutures avec une magnifique patine argentique. Cette élévation HD offre à la colorimétrie un nouveau lifting, qui retrouve un nouvel éclat. La gestion des contrastes demeure solide, y compris sur les scènes sombres. Pas de réduction de bruit à l’horizon et le piqué est très élégant. N’oublions pas la stabilité de la copie soutenue par un codec AVC exigeant.

En anglais et en français, les deux mixages DTS-HD Master Audio 2.0 contenteront les puristes. Ces deux options acoustiques s’avèrent dynamiques et limpides, avec une belle restitution des dialogues et de la tonitruante musique du film. Les effets sont solides et le confort assuré. Pas de souffle constaté. Net avantage pour la VO tout de même.

Crédits images : © Extralucid Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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