Test Blu-ray / Le Maître du Monde, réalisé par William Witney

LE MAÎTRE DU MONDE (Master of the World) réalisé par William Witney, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Master haute définition le 15 juin 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Vincent Price, Charles Bronson, Henry Hull, Mary Webster, David Frankham, Richard Harrison, Vito Scotti, Wally Campo…

Scénario : Richard Matheson, d’après les romans Robur le Conquérant et Maître du Monde de Jules Verne

Photographie : Gilbert Warrenton

Musique : Les Baxter

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Un savant fou prénommé Robur entreprend un terrifiant plan : détruire les armées afin de régner sur la planète. L’un de ses quatre otages, membre du gouvernement, parviendra à empêcher ce funeste objectif.

Dès les débuts du cinéma, l’oeuvre de Jules Verne a inspiré les réalisateurs du monde entier. C’est évidemment Georges Méliès qui est le premier à transposer l’écrivain nantais, avec Le Voyage dans la Lune (1920), avec son satellite recevant dans l’oeil l’obus du professeur Barbenfouillis, suivi de près par Le Voyage à travers l’impossible (1904), Vingt Mille Lieues sous les mers (1907) et plus tard par l’extraordinaire À la conquête du Pôle (1912). Parmi les films les plus célèbres on peut aussi citer Cinq semaines en ballon (1962) d’Irwin Allen, L’Île mystérieuse (1961) de Cy Endfield, Voyage au centre de la Terre (1959) de Henry Levin, Les Enfants du capitaine Grant (1962) de Robert Stevenson, Michel Strogoff (1956) de Carmine Gallone (mais pas sa suite foirée), Le Tour du monde en 80 jours (1956) de Michael Anderson et bien sûr 20 000 lieues sous les mers (1954) de Richard Fleischer. D’autres opus demeurent moins connus comme Le Phare du bout du monde (1971) de Kevin Billington, pourtant avec Kirk Douglas et Yul Brynner et le film qui nous intéresse (ou non) aujourd’hui, Le Maître du mondeMaster of the World, transposition de deux romans de Jules Verne, Robur le Conquérant (1886) et Maître du monde (1904). Réalisé par William Witney, renommé pour avoir signé trois très bons westerns avec Audie Murphy, 40 fusils manquent à l’appel, Représailles en Arizona, La Fureur des Apaches, Le Maître du monde resterait complètement anecdotique s’il n’était pas interprété par Vincent Price et Charles Bronson. Mais il faut bien avouer que ce film d’aventures n’arrive pas à la cheville de ceux susmentionnés et ce en raison d’un budget vraisemblablement modeste pour ses ambitions. Néanmoins, avec ses pauvres effets spéciaux, il se dégage une poésie du Maître du monde, même s’il ne vous en restera pas grand-chose après, à part Charles Bronson qui semble n’avoir jamais eu autant de dialogues dans un long-métrage.

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Test Blu-ray / Les Anges sauvages, réalisé par Roger Corman

LES ANGES SAUVAGES (The Wild Angels) réalisé par Roger Corman, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Master haute définition le 15 juin 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Peter Fonda, Nancy Sinatra, Bruce Dern, Diane Ladd, Buck Taylor, Norman Alden, Michael J. Pollard, Lou Procopio…

Scénario : Charles B. Griffith & Peter Bogdanovich

Photographie : Richard Moore

Musique : Mike Curb

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

La bande de motards des Hells Angels part au Mexique pour récupérer la moto de l’un des leurs, volée par un gang rival. Une bagarre éclate entre les deux clans mais la police intervient. Dans la précipitation, Joey s’enfuit avec la moto d’un policier et finit dans le décor. Il est sorti de l’hôpital par ses camarades mais décède peu après. Ses compagnons décident d’organiser un enterrement digne de ce nom afin de lui rendre hommage…

Contrairement à ce que l’on peut souvent penser, Easy Rider n’est pas le premier long-métrage à s’intéresser aux bikers…Outre L’Équipée sauvage The Wild One (1953) de László Benedek, avec Marlon Brando en chef du gang de motards Black Rebels, celui que l’on retiendra est aussi Les Anges sauvages The Wild Angels, qui est pour ainsi dire le film d’où tout est parti. Tout y est dans cet opus mis en scène en 1966 par le légendaire Roger Corman, la même année que La Tombe de Ligeia et juste avant L’Affaire Al Capone The St. Valentine’s Day Massacre. Pour cette histoire qu’il a imaginée avec Charles B. Griffith (La Course à la mort de l’an 2000, La Petite Boutique des horreurs, The Undead, Les Monstres viennent de l’espace) et Peter Bogdanovich (La Dernière séance, Nickelodeon), le réalisateur obtient le concours de véritables Hells Angels du quartier de Venice à Los Angeles et propose une plongée dans le quotidien de ce club, après les avoir découverts dans le magazine Life, à l’occasion des funérailles d’un motard. À cette époque, la presse se délectait de faits divers croustillants qui s’y rapportaient, souvent liés au sexe et à la drogue. Mais Roger Corman et ses scénaristes présentent les Hells Angels avec une certaine mélancolie, comme s’il s’agissait de la fin d’une ère, que cette liberté qu’ils s’octroyaient ne pouvait perdurer. Le personnage incarné par Peter Fonda perd progressivement ses idéaux et se rend à l’évidence. En dépit de son discours proclamé lors de la veillée funèbre de celui qu’il considérait comme son frère, durant lequel il exprime son désir d’être libre de faire qu’il veut, de rouler, de s’amuser, de se défoncer, de faire la fête, on sent que Heavenly Blues n’y croit plus. Trois ans avant Easy Rider, que Roger Corman déclinera après la proposition de Peter Fonda, le cinéaste éclectique et prolifique signe un film passionnant, à la limite du documentaire, merveilleusement photographié par Richard Moore (Virages de James Goldstone, Les Chasseurs de scalps de Sydney Pollack, Le Clan des irréductibles de Paul Newman) et dont le caractère précurseur est à réhabiliter.

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Test Blu-ray / Le Déserteur de Fort Alamo, réalisé par Budd Boetticher

LE DÉSERTEUR DE FORT ALAMO (The Man from the Alamo) réalisé par Budd Boetticher, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 25 mai 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, Julie Adams, Chill Wills, Victor Jory, Hugh O’Brian, Jeanne Cooper, Neville Brand, John Daheim…

Scénario : D.D. Beauchamp & Steve Fisher, d’après une histoire originale de Niven Busch & Oliver Crawford

Photographie : Russell Metty

Musique : Frank Skinner

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1953

LE FILM

1836. Le Texas lutte pour son indépendance. Le Fort Alamo résiste face aux attaques de l’armée mexicaine de Santa Anna. John Stroud est chargé de quitter le fort pour prévenir les familles des environs du danger des envahisseurs mexicains. Il arrive trop tard. Sa femme et son fils ont été tués par des hors-la-loi. Le Fort Alamo tombe. Stroud gagne Franklin où le lieutenant Lamar le fait arrêter pour désertion…

Les sorties en DVD et Blu-ray de L’Homme de l’Arizona, L’Aventurier du Texas et À feu et à sang nous ont déjà permis d’évoquer la carrière d’Oscar Boetticher Jr. Alias Budd Boetticher. Nul besoin d’y revenir donc et comme le disait Gérard Depardieu dans Tenue de soirée, « Nous voilà débarrasser du superflu on va pouvoir aborder l’essentiel ! ». Avant de réaliser Le Déserteur de Fort Alamo, Budd Boetticher avait derrière lui quelques drames, films noirs, polars et avait bien sûr signé des westerns (The Wolf Hunters, Les Rois du rodéo, Le Traître du Texas, L’Expédition du Fort King). Sous contrat avec Universal Pictures, le cinéaste livrera cinq longs-métrages en cette année 1953, dont The Man from the Alamo, d’après un scénario des talentueux D.D. Beauchamp (Un Colt nommé Gannon, Le Bagarreur du Tennessee, L’Homme qui n’a pas d’étoile, Seul contre tous) et Steve Fisher (Feu sans sommation, La Ville de la vengeance, Tokyo Joe, En marge de l’enquête), sur une histoire originale du non moins inspiré Niven Busch (Les Aventures du Capitaine Wyatt, Duel au soleil, L’Incendie de Chicago). Le film prend pour toile de fond le siège de Fort Alamo, événement majeur de la révolution texane, qui avait déjà engendré Quand le clairon sonneraThe Last Command de Frank Lloyd en 1950 et John Wayne en 1960 (Alamo The Alamo). À l’instar de ce dernier, Le Déserteur de Fort Alamo n’a pas pas la prétention de respecter les faits réels, mais s’en empare à des buts divertissants, ici afin de dresser le portrait d’un antihéros, merveilleusement incarné par l’impérial Glenn Ford. Rapide et resserré (79 minutes, montre en main), marqué par de superbes chevauchées et des affrontements secs et brutaux, The Man from the Alamo est un spectacle qui annonce, tant sur le fond que sur la forme, le légendaire cycle Ranown.

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Test Blu-ray / Le Cavalier de la mort, réalisé par André De Toth

LE CAVALIER DE LA MORT (Man in the Saddle) réalisé par André De Toth, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD + Livret le 7 avril 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Joan Leslie, Ellen Drew, Alexander Knox, Richard Rober, John Russell, Alfonso Bedoya, Guinn ‘Big Boy’ Williams…

Scénario : Kenneth Gamet, d’après une nouvelle d’Ernest Haycox

Photographie : Charles Lawton Jr.

Musique : George Duning

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Owen Merritt, petit propriétaire d’un ranch, se fait voler la femme qu’il aime par un important propriétaire terrien, Will Isham. Mais quand celui-ci apprend que c’est un mariage d’intérêt, il décide de se débarrasser définitivement de celui qui reste son rival. Merritt ne réagit pas, jusqu’au jour où ses deux amis et associés sont assassinés par l’homme de main de Isham.

Le comédien Randolph Scott et le réalisateur André de Toth auront collaboré à six reprises, entre 1951 et 1954. Six westerns, Le Cavalier de la mortMan in the Saddle, Les Conquérants de Carson CityCarson City, Les Massacreurs du Texas The Stranger Wore a Gun, La Trahison du capitaine Porter Thunder Over the Plains, Le Cavalier traqué‘Riding Shotgun et Terreur à l’Ouest The Bounty Hunter. Nous avons déjà passé en revue ce corpus à travers les chroniques du quatrième et de l’avant-dernier opus, nul besoin d’épiloguer, vous savez ce qui vous reste à faire pour en savoir plus. Nous pourrons aller droit au but en disant que cette première association, Le Cavalier de la mort donc, est un formidable divertissement, qui sous ses allures de série B, est en fait un spectacle ambitieux, merveilleusement mis en scène, tendu, à la fois pur western et histoire d’amour contrariée, qui a pour particularité de se dérouler essentiellement de nuit (un gunfight se passe même dans un saloon plongé dans le noir total), du moins une très grande partie du film. Randolph Scott a peu à faire pour s’imposer, son charisme fonctionne et l’acteur se permet même de n’apparaître qu’en pointillés dans le premier acte, en laissant à ses camarades l’occasion de briller, à l’instar de la magnifique Joan Leslie et l’excellent Richard Rober, qui campe un génial salaud habile de la gâchette. Avec son scénario simple, mais recherché et qui exploite toutes ses idées, allié à la virtuosité d’un cinéaste de renom (le final dans la tempête et la poussière est à se damner, tout comme la bagarre au pied des cascades), Le Cavalier de la mort est un western – pas dénué d’humour au passage – qui contentera encore et toujours les amateurs du genre.

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Test DVD / El Mercenario, réalisé par Sergio Corbucci

EL MERCENARIO (Il Mercenario) réalisé par Sergio Corbucci, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD + Livret le 7 avril 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Franco Nero, Jack Palance, Tony Musante, Giovanna Ralli, Eduardo Fajardo, Álvaro de Luna, Raf Baldassarre, Joe Kamel…

Scénario : Sergio Spina, Adriano Bolzoni, Sergio Corbucci & Luciano Vincenzoni, d’après une histoire originale de Giorgio Arlorio, Franco Solinas & Luciano Vincenzoni

Photographie : Alejandro Ulloa

Musique : Ennio Morricone & Bruno Nicolai

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Dans un Mexique en révolte, les frères Garcia, propriétaires d’une mine d’argent, souhaitent mettre leur magot à l’abri. Désireux de trouver du renfort, ils recrutent un mercenaire redouté : Sergeï Kowalski, dit « le Polack ». Mais celui-ci est surveillé et suivi comme son ombre par un voleur de grand chemin, qui voit ici l’opportunité de se saisir d’un formidable butin. Mais la partie s’annonce difficile car, sous l’impulsion de Paco Roman, les ouvriers révoltés de la mine se sont emparés de l’argent…

Ça c’est du spectacle. C’est même du très grand spectacle, vous savez du genre à vous coller un sourire jusqu’aux oreilles du début à la fin ! La même année que Le Grand silenceIl Grande silenzio, échec au box-office, Sergio Corbucci se lance dans le western zapata avec El Mercenario, immense film du genre, qui annonce alors la mutation de la représentation à l’écran du Far West telle que nous la connaissions, et l’amorce vers la parodie qui sera définitivement installée avec On l’appelle Trinita Lo chiamavano Trinità… d’Enzo Barboni, qui sortira deux ans plus tard. Le réalisateur du Justicier du MinnessotaMinnesota Clay, Django, Ringo au pistolet d’orJohnny d’oro et de Navajo Joe rempile pour un merveilleux récit couché sur celluloïd (ils se sont mis à quatre pour le scénario, dont le célèbre Luciano Vincenzoni, collaborateur de Sergio Leone), dans lequel il fait à nouveau preuve de sa virtuosité. Pas un seul moment de répit durant ces cent minutes, au cours desquelles on ne cesse d’admirer évidemment la composition et l’exploitation du cadre large, mais aussi la confrontation entre Franco Nero et Tony Musante, qui ont l’air de prendre autant de plaisir à se donner la réplique que nous à les regarder jouer au chat et à la souris. On en redemande, c’est du cinoche, du vrai, comme on l’aime.

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Test DVD / Navajo Joe, réalisé par Sergio Corbucci

NAVAJO JOE réalisé par Sergio Corbucci, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD + Livret le 7 avril 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Burt Reynolds, Aldo Sambrell, Nicoletta Machiavelli, Fernando Rey, Tanya Lopert, Franca Polesello, Lucia Modugno, Pierre Cressoy…

Scénario : Piero Regnoli & Fernando Di Leo, d’après une histoire originale d’Ugo Pirro

Photographie : Silvano Ippoliti

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h29

Date de sortie initiale: 1966

LE FILM

Navajo Joe est un indien solitaire dont toute la tribu a été massacrée par une bande de chasseurs d’indiens. Il les poursuit sans relâche, jusqu’à ce qu’il les retrouve en train de piller un train transportant une grosse somme d’argent. Il tue un à un les bandits et achemine le train jusqu’à sa destination initiale : Esperanza. Après avoir convaincu les habitants du petit village Esperanza de lui confier l’argent pour que les bandits restants ne s’en emparent pas, il le cache et le protège au péril de sa vie…

Auteur éclectique d’une soixantaine de longs métrages, Sergio Corbucci (1927-1990) signe un de ses westerns les plus célèbres avec Navajo Joe. Sorti en 1966, la même année que Django et Ringo au pistolet d’orJohnny Oro, alors que le western européen, et plus particulièrement transalpin venait d’exploser avec Pour une poignée de dollars de Sergio Leone, Navajo Joe demeure un fleuron du genre. S’il reste un grand nom du cinéma bis italien, c’est avec le péplum que Sergio Corbucci se fait un nom. Production hispano-italienne principalement tournée en Espagne, Navajo Joe, western pur et dur, dispose d’un budget confortable confié par Dino De Laurentiis et impose une fois de plus le talent d’un cinéaste qui laissera définitivement son empreinte. Le scénario de Piero Regnoli (Les Contrebandiers de Santa Lucia, Les Sept bérets rouges, Comme des chiens enragés) et Fernando Di Leo (Avoir vingt ans, Le Retour de Ringo) n’est sans doute pas une réussite totale, mais le réalisateur s’intéresse davantage aux personnages, tout en offrant aux spectateurs ce pour quoi ils sont venus avec des fusillades rondement menées, des trahisons fatales, des réglements de comptes. Cette fois, Sergio Corbucci a délaissé le copier-coller du western américain, a vraiment trouvé ses propres marques, avec son style parfois baroque et le caractère pittoresque de certains tueurs, notamment celui interprété par Aldo Sambrell, complexe à souhait. Un western qui continue de ravir les cinéphiles, d’autant plus que Burt Reynolds, qui jouait déjà un Indien dans la série Gunsmoke, dans l’un de ses premiers rôles au cinéma, crève aussi l’écran dans le rôle-titre.

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Test DVD / Bataille sans merci, réalisé par Raoul Walsh

BATAILLE SANS MERCI (Gun Fury) réalisé par Raoul Walsh, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD + Livret le 7 avril 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Rock Hudson, Donna Reed, Philip Carey, Roberta Haynes, Leo Gordon, Lee Marvin, Neville Brand, Ray Thomas…

Scénario : Irving Wallace & Roy Huggins, d’après le roman de Kathleen B., George et Robert A. Granger

Photographie : Lester White

Musique : Mischa Bakaleinikoff & Arthur Morton

Durée : 1h19

Date de sortie initiale: 1953

LE FILM

Au lendemain de la guerre de Sécession, en Arizona. Ancien militaire, Ben Warren et sa fiancée Jennifer Ballard font route vers la Californie où ils voudraient s’établir. Chemin faisant, leur diligence est attaquée par les soldats supposés la convoyer et protéger l’or qu’elle transporte. Des bandits en réalité, membres de la bande de Frank Slayton. Laissé pour mort, Warren n’a dès lors plus qu’une idée en tête : retrouver sa compagne que les hors-la-loi enlèvent pour couvrir leur fuite…

C’est un « petit » Raoul Walsh, mais bien divertissant tout de même. S’il ne paye pas de mine, Bataille sans merciGun Fury, production Columbia, condense en 79 minutes ce que certains films ne parviennent même pas à faire sur 2h30. Rétrospectivement, ce western se situe entre Un lion dans les ruesA Lion Is in the Streets et La Brigade héroïqueSaskatchewan et a pour particularité d’avoir été tourné en 3D (rappelons au passage que le cinéaste était borgne), afin d’essayer de rameuter un public qui désertait alors les salles, au profit de la télévision trônant fièrement dans le salon. Un procédé qu’utiliseront également André de Toth pour L’Homme au masque de cire et Jack Arnold pour Lé Météore de la nuit la même année. Mais pour l’heure, Bataille sans merci manque justement de relief, même si encore une fois, le spectacle est assuré du début à la fin. C’est juste que l’ensemble paraît parfois redondant et que le cowboy non-violent incarné par Rock Hudson, dans sa quatrième et dernière collaboration avec le réalisateur après Les Géants du ciel Fighter Squadron (le premier long-métrage du comédien, pour lequel il n’est même pas crédité), Victime du destinThe Lawless Breed et La Belle EspionneSea Devils, manque cruellement de chair. L’essentiel est donc ailleurs, dans une mise en scène dynamique, des décors naturels fantastiques et la participation toujours impeccable de Leo Gordon.

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Test Blu-ray / Cité de la violence, réalisé par Sergio Sollima

CITÉ DE LA VIOLENCE (Città violenta) réalisé par Sergio Sollima, disponible en DVD et Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 février 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Charles Bronson, Telly Savalas, Jill Ireland, Michel Constantin, Umberto Orsini, George Savalas, Ray Saunders, Benjamin Lev, Peter Dane…

Scénario : Sauro Scavolini, Gianfranco Calligarich, Lina Wertmüller & Sergio Sollima, d’après une histoire originale de Dino Maiuri & Massimo De Rita

Photographie : Aldo Tonti

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h44

Date de sortie initiale: 1970

LE FILM

Tandis qu’il circule en voiture avec sa compagne Vanessa, le tueur à gages Jeff Heston tombe dans un piège. Blessé, il échoue en prison. Libéré, il ne poursuit désormais plus qu’un double objectif : se venger de ceux qui l’ont trahi et retrouver celle qu’il aime. Sa croisade sanglante débute à la Nouvelle Orléans où la mafia locale l’attend de pied ferme…

Quand on évoque le nom du cinéaste romain Sergio Sollima (1921-2015), le spectateur se souvient d’un cinéma carré, brutal, violent, sec, nerveux, qui a toujours su concilier le divertissement populaire et le cinéma dit d’auteur. Troisième Sergio aux côtés de Leone et Corbucci, Sollima est à la base journaliste et critique de cinéma, profession qu’il exerce en sortant de la Seconde Guerre mondiale, après ses études au mythique Centro sperimentale di cinematografia. En même temps, il commence à écrire pour le théâtre, puis devient scénariste (ainsi que script doctor) pour les plus grands « faiseurs » du moment de Luigi Capuano à Domenico Paolella (Le Secret de l’Épervier Noir), en passant par Gianfranco Parolini, avec une prédilection pour le péplum, qui remplit alors les salles. 1962, il passe lui-même derrière la caméra aux côtés de Nino Manfredi, pour un segment du film à sketches Les Amours difficiles. Sergio Sollima enchaîne rapidement en surfant sur la mode de l’Eurospy (Agent 3S3, passeport pour l’enfer, Agent 3S3, massacre au soleil, Un certain Monsieur Bingo), puis sur celle du western (Colorado, Le Dernier Face à face, Saludos hombre). Ce qui nous amène au début des années 1970 et Cité de la violenceCittà violenta, un des monuments de la filmographie de Sergio Sollima, dans lequel il dirige Charles Bronson et sa compagne Jill Ireland, mais aussi Telly Savalas, qui venait de camper Ernst Stavro Blofeld (et ses oreilles sans lobes) dans le fabuleux Au service secret de Sa Majesté de Peter Hunt. Contrairement à ce que certains ont tendance à penser, Cité de la violence n’est pas un poliziottesco, mais une œuvre qui condense toutes les influences du réalisateur, américaines surtout (il avait d’ailleurs écrit un ouvrage sur le cinéma US à la fin des années 1940), qui prend des allures de polar, analyse, dissèque et à la fois explose les codes du genre en vigueur, ainsi que le film noir traditionnel. Aussi passionnant sur le fond que sur la forme, Cité de la violence offre à Charles Bronson le rôle d’un tueur à gages, qui non seulement annonce Le FlingueurThe Mechanic de Michael Winner, qui sortira deux ans plus tard, mais se révèle être clairement l’une des pierres fondatrices de la carrière à venir du comédien. Un film remarquable, qui réussit à trouver cet équilibre souvent recherché en vain entre le spectacle et le contemplatif.

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Test DVD / Les Piliers du ciel, réalisé par George Marshall

LES PILIERS DU CIEL (Pillars of the Sky) réalisé par George Marshall, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 16 février 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Jeff Chandler, Dorothy Malone, Ward Bond, Keith Andes, Lee Marvin, Sydney Chaplin, Willis Bouchey, Michael Ansara…

Scénario : Sam Rolfe, d’après le roman de Will Henry

Photographie : Harold Lipstein

Musique : William Lava & Heinz Roemheld

Durée : 1h31

Date de sortie initiale: 1956

LE FILM

Des Indiens évangélisés vivent en paix avec les autorités. Pourtant, ils viennent à découvrir que l’armée a l’intention de construire un fort et une route en plein cœur de leur territoire. Or, cette décision constitue une véritable violation des traités en vigueur. Aussi les Indiens décident-ils de se révolter…

Les Piliers du cielPillars of the Sky est un western de l’année 1956 réalisé par le vétéran George Marshall. Alors que La Prisonnière du désert de John Ford, La Loi de la prairie de Robert Wise, Bandido Caballero de Richard Fleischer, L’Homme de nulle part de Delmer Daves, Le Roi et quatre reines de Raoul Walsh, La Dernière chasse de Richard Brooks, Sept hommes à abattre de Budd Boetticher, se bousculent sur les écrans, George Marshall se voit confier un gros budget de la part des studios Universal pour Les Piliers du ciel. Ceux qui voudront en savoir plus sur ce réalisateur très prolifique et éclectique pourront se reporter aux articles consacrés à Houdini le grand magicien, Le Fort de la dernière chance et Texas, largement représentatifs de son talent, un « faiseur » très convoité et formidable artisan dans le sens noble du terme. Le western qui nous intéresse actuellement met en scène l’un des meilleurs comédiens du cinéma américain des années 1950, Jeff Chandler (1918-1961). Le mythique acteur d’À l’assaut du Fort Clark de George Sherman, du Salaire du diable de Jack Arnold, de Violence au Kansas de Melvin Frank, de La Flèche brisée de Delmer Daves aura illuminé le grand écran toute une décennie avant de disparaître prématurément à l’âge de 42 ans après le tournage des Maraudeurs attaquentMerrill’s Marauders de Samuel Fuller. Dans Pillars of the Sky, on ne peut s’empêcher de l’admirer une fois de plus dans la peau du bienveillant sergent Emmett Bell, personnage à qu’il apporte une ambiguïté (le type est porté sur la boisson et s’avère fort en gueule, même face à sa hiérarchie) doublée d’une réelle humanité. C’est là toute la virtuosité de Jeff Chandler, ne jamais forcer le trait et transmettre une impressionnante palette de sentiments rien qu’à travers son regard, son élégance, sa voix toujours bien placée et son charisme hors normes. Sur un sujet très rare (l’évangélisation des amérindiens), Les Piliers du ciel est un très grand spectacle tourné en CinémaScope et Technicolor, remplit d’action, d’affrontements et d’émotion, à redécouvrir absolument.

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Test Blu-ray / Dix hommes à abattre, réalisé par H. Bruce Humberstone

DIX HOMMES À ABATTRE (Ten Wanted Men) réalisé par H. Bruce Humberstone, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 2 mars 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Jocelyn Brando, Richard Boone, Alfonso Bedoya, Donna Martell, Skip Homeier, Clem Bevans, Leo Gordon, Minor Watson, Lester Matthews, Tom Powers, Dennis Weaver, Lee Van Cleef…

Scénario : Kenneth Gamet, d’après une histoire originale d’Irving Ravetch & Harriet Frank Jr.

Photographie : Wilfrid M. Cline

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h20

Date de sortie initiale: 1955

LE FILM

John Stewart s’installe dans un immense domaine en Arizona. Campbell, un éleveur, aimerait épouser sa fille adoptive, Maria. Devant ses menaces, Maria se cache chez John. Furieux, Campbell engage dix hommes pour se débarrasser de John, dont il convoite la ferme, et récupérer Maria…

Inconnu au bataillon, du moins en ce qui nous concerne, le réalisateur H. Bruce Humberstone (1901-1984), malgré près de soixante mises en scène à son actif, ne possède qu’une infime partie de son œuvre disponible en DVD-Blu-ray dans nos contrées. On peut ainsi trouver Le Cavalier au masqueThe Purple Mask (1955) avec Tony Curtis, un western avec Victor Mature, Massacre à Furnace CreekFury at Furnace Creek (1948), un film de guerre avec John Payne et Maureen O’Hara, Les Rivages de TripoliTo the Shores of Tripoli (1942), une comédie-musicale avec Glenn Miller, Tu seras mon mari Sun Valley Serenade (1941). les cinéphiles les plus pointus sauront qu’il est aussi celui qui aura signé trois opus de Tarzan avec Gordon Scott dans le rôle-titre, Tarzan et le Safari perdu (1957), Le Combat mortel de Tarzan (1958) et le téléfilm Tarzan et les trappeurs (1960), même s’il n’est pas crédité pour ce dernier. Sorti en 1955, Dix hommes à abattre Ten Wanted Men est l’un des ultimes ouvrage de H. Bruce Humberstone pour le cinéma, puisqu’il se consacrera essentiellement au petit écran par la suite, sur beaucoup de séries comme The Survivors, Daniel Boone et Colt.45. Plus de dix ans après Les Rivages de Tripoli il retrouve Randolph Scott, alors dans la dernière partie de sa carrière, juste avant que celui-ci n’entame le légendaire cycle Ranown avec Budd Boetticher. Dix hommes à abattre, à ne pas confondre avec Sept hommes à abattre, justement le premier film du cycle susmentionné, est un petit western que l’on pourrait qualifier d’anecdotique, clairement divisé en deux parties. Si la première, en gros jusqu’à la quarantième minute, soit à mi-temps du film, s’avère redondante et peu enthousiasmante, la seconde vaut le coup d’oeil avec ses règlements de comptes qui ont tardé à venir, mais qui ne déçoivent pas, tout comme l’interprétation toujours inspirée de Randolph Scott. Les fans apprécieront sans doute, les autres pourraient trouver le temps long…

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