Test 4K UHD / Le Train sifflera trois fois, réalisé par Fred Zinnemann

LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS (High Noon) réalisé par Fred Zinnemann, disponible en Combo 4K UHD + Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Gary Cooper, Grace Kelly, Thomas Mitchell, Lloyd Bridges, Katy Jurado, Lon Chaney Jr., Otto Kruger, Harry Morgan, Ian MacDonald, Lee Van Cleef…

Scénario : Carl Foreman, d’après une nouvelle de John W. Cunningham

Photographie : Floyd Crosby

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

À peine marié, le shérif Will Kane apprend que Frank Miller, un homme qu’il a fait arrêter et condamner cinq ans plus tôt, arrivera en ville par le train de midi. Déjà, trois de ses complices l’y attendent. Le sens du devoir l’emportant sur la démission qu’il avait l’intention de donner, Kane espère cependant que quelques-uns de ses concitoyens prennent les armes avec lui. Aucun ne le suit. Bien que le combat s’annonce perdu d’avance, le shérif se dresse contre les bandits.

Peut-on faire plus culte que Le Train sifflera trois fois – High Noon, l’un des rares westerns à être connu aussi bien sous son titre français qu’anglais, qui dès qu’on l’évoque fait surgir en mémoire moult images emblématiques, ainsi qu’une chanson, là encore dans la langue de Molière comme dans celle de Shakespeare ? C’est toujours impressionnant de s’attaquer à un mythe, cela peut coincer, car on a peur de trop en faire, d’oublier des éléments, de ne pas être à la hauteur…et puis finalement ce qu’il y a de mieux à faire dans ces cas-là, c’est de prendre le film comme si on le découvrait pour la première fois, en faisant abstraction de tout ce qui a pu être dit dessus, histoire de ne pas être parasité ou influencé. Le Train sifflera trois fois, qui a eu ses défenseurs, comme ses détracteurs et ce depuis sa sortie, est un tour de force dans le sens où l’(in)action se déroule en quasi-temps réel, l’intrigue se situant entre 10h30 et midi, durée durant laquelle le personnage principal erre à la recherche de soutien physique et moral, en attendant l’arrivée de quelques sbires qui pourraient bien le faire passer de vie à trépas. Masterclass, leçon de cinéma, sobre et pourtant virtuose, Le Train sifflera trois fois épate sur tous les plans et offre à John Wayne l’un des plus grands rôles de son illustre carrière, et l’on se souviendra toujours de cette scène où celui s’éloigne vers le soleil couchant avec Grace Kelly. Ah oui, c’est Gary Cooper connard.

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Test Blu-ray / La Cité des dangers, réalisé par Robert Aldrich

LA CITÉ DES DANGERS (Hustle) réalisé par Robert Aldrich, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Burt Reynolds, Catherine Deneuve, Ben Johnson, Paul Winfield, Eileen Brennan, Eddie Albert, Ernest Borgnine, Catherine Bach…

Scénario : Steve Shagan, d’après son roman City of Angels

Photographie : Joseph F. Biroc

Musique : Frank De Vol

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Gloria Hollinger est retrouvée morte sur une plage de Los Angeles. La police conclut rapidement à un suicide et le père de cette dernière ne l’accepte pas. Poussé par ce dernier, le lieutenant Phil Gaines, flic cynique et désabusé, décide de creuser l’affaire. Ses investigations le font remonter aux intouchables de la ville, dont le puissant avocat qui emploie la call-girl de luxe avec qui Gaines entretient une liaison passionnée. Pris au piège entre un père assoiffé de vengeance et une élite corrompue et ses propres contradictions morales, Gaines s’enfonce dans les ténèbres du rêve californien.

Au début des années 1970, Robert Aldrich cumule les échecs cuisants au box-office (Trop tard pour les héros, Pas d’orchidées pour miss Blandish, Fureur apache, L’Empereur du Nord), ce qui contrarie son désir d’indépendance. Il doit donc se refaire au niveau des studios et accepte de réaliser Plein la gueule – The Longest Yard (1974) avec la star Burt Reynolds, qui lui vient d’enchaîner les triomphes de Délivrance de John Boorman et Les Bootleggers – White Lightning de Joseph Sargent. C’est un immense succès pour le réalisateur, son plus gros depuis Les 12 Salopards – The Dirty Dozen, puisque produit pour 3 millions de dollars, le film en rapporte près de 45 millions uniquement sur le sol américain. Cette affaire très lucrative va donner envie au cinéaste et au comédien de renouveler immédiatement leur collaboration et pour cela ils créent leur société de production, la RoBurt Productions. Si celle-ci sera éphémère, leur deuxième long-métrage, La Cité des dangers – Hustle est une nouvelle réussite commerciale, certes moins conséquente que Plein la gueule avec « seulement » dix millions de dollars de recette aux États-Unis, mais cela conforte encore la position de Robert Aldrich dans l’industrie. Le tandem délaisse la comédie sportive et plonge cette fois dans le polar néo-noir, sombre, désabusé, cynique, dont le tournage a été marqué par de vives frictions, mais aussi par des désaccords artistiques entre le metteur en scène et Burt Reynolds. À l’écran, La Cité des dangers est un quasi-chant du cygne, puisque Robert Aldrich ne tournera plus que quatre longs-métrages, qui ne rencontreront pas le public. Hustle est un très grand film pessimiste où les personnages semblent englués dans la fange, celle de Los Angeles, un monde à part entière, pourri jusqu’à l’os. Un mirage d’espoir apparaît à travers un calendrier décoré des monuments de Rome, mais la réalité rattrape toujours les personnages déjà condamnés. Le personnage de Catherine Deneuve, que Burt Reynolds était allé convaincre lui-même d’aller tourner de l’autre côté de l’Atlantique, rappelle celui qu’elle campait chez Jean-Pierre Melville dans Un flic. Une beauté solaire qui contraste avec le monde dans lequel elle évolue et qui représente également une possibilité de rédemption. Et Burt Reynolds est somptueux. On pense à un chaînon manquant entre Les Flics ne dorment pas la nuit – The New Centurions de Richard Fleischer et The Offence de Sidney Lumet. C’est dire si La Cité des dangers est une œuvre importante dans la carrière de Robert Aldrich, le dernier sommet d’une impressionnante chaîne de hautes montagnes.

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Test Blu-ray / Le Destin du fugitif – 3000$ mort ou vif, réalisé par Alfred E. Green

LE DESTIN DU FUGITIF- 3000$ MORT OU VIF (Four Faces West) réalisé par Alfred E. Green, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Frances Dee, Charles Bickford, Joseph Calleia, William Conrad, Martin Garralaga, Raymond Largay, John Parrish…

Scénario : C. Graham Baker, Teddi Sherman, William Brent & Milarde Brent, d’après la nouvelle d’Eugene Manlove Rhodes

Photographie : Russell Harlan

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Ross McEwen arrive à Santa Maria, petite ville du Sud au Nouveau-Mexique. À ce moment l’on fête l’installation du nouveau quartier général du célèbre Marshall Pat Garrett. Ross se rend à la banque où il demande à se faire prêter la somme de 2 000 dollars. Le banquier refuse. Ross sort alors son arme et l’oblige à lui donner les billets en lui promettant de les lui rembourser. Il s’enfuit, poursuivi par Pat Garrett et la milice que ce dernier vient de lever.

La carrière du réalisateur Alfred E. Green (1889-1960) est inégale. Néanmoins, parmi la centaine de titres répertoriés sur IMDB, celle-ci contient quelques bons titres à réhabiliter, ce que les historiens du cinéma n’ont pas manqué de faire depuis plusieurs décennies. On pourra citer Badlands of Dakota (1941) avec Robert Stack, Baby Face (1933), drame percutant se déroulant durant la Prohibition et l’un des grands rôles de Barbara Stanwyck, mais aussi le film qui nous intéresse aujourd’hui, Le Destin du fugitif (1948), connu sous un autre titre 3000$ mort ou vif, ou bien encore sous son titre original sous lequel il est le plus souvent répertorié, Four Faces West. Un western étrange, original, unique peut-être, qui doit sa renommée en raison de l’absence totale de coups de feu. Loué par la critique des deux côtés de l’Atlantique, Bertrand Tavernier et Patrick Brion ayant été dithyrambiques sur cet opus après leur découverte tardive (le film n’ayant pas été distribué dans nos contrées), Le Destin du fugitif (nous utiliserons ce titre, lié à sa dernière sortie en Blu-ray) rappelle quelque part Le Bandit – The Naked Dawn (1955) d’Edgar G. Ulmer par sa simplicité (apparente), ses fulgurances, son humanisme. On est captivé par cette histoire de rédemption, magistralement écrite par C. Graham Baker (Femme de feu d’André de Toth, J’ai le droit de vivre de Fritz Lang) et Teddi Sherman (Tout près de Satan de Robert Aldrich, Tornade sur la ville de Jack Arnold), par ailleurs auteur du formidable Le Mariage est pour demain (ou Le Bagarreur du Tennessee) d’Allan Dwan, un des meilleurs westerns de ce dernier. Mais de cette adaptation du roman Pasó por aquí de Eugene Mallove Rhodes, on retiendra aussi et surtout la prestation du souvent oublié Joel McCrea (Le Juge Thorne fait sa loi, Coups de feu dans la Sierra, Le Shérif aux mains rouges, Pacific Express), qui apporte à son personnage une sensibilité inattendue. Difficile à voir dans les années 1950-70 en France, Le Destin du fugitif s’offre enfin aux spectateurs dans les meilleures conditions techniques à ce jour.

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Test Blu-ray / Le Masque de cire, réalisé par Sergio Stivaletti

LE MASQUE DE CIRE (Maschera di cera) réalisé par Sergio Stivaletti, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Robert Hossein, Valery Raymond, Romina Mondello, Riccardo Serventi Longhi, Aldo Massasso, Gabriella Giorgelli, Umberto Balli, Gianni Franco, Antonello Murru…

Scénario : Dario Argento, Lucio Fulci & Daniele Stroppa

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Maurizio Abeni

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1997

LE FILM

Au début des années 1910, d’étranges événements surviennent à Rome, dans un musée de cire. Après la mort suspecte d’un jeune homme dans l’établissement, toutes les personnes qui vont venir observer de trop près les statues de cire ultra-réalistes, commencent à disparaître sans jamais laisser de trace.

À la fin des années 1980, Lucio Fulci (1927-1996), gravement malade, doit s’éloigner des plateaux. Quand il se sent assez costaud pour reprendre la caméra, c’est pour réaliser des téléfilms ou diverses productions à petit budget, qui passent plus ou moins inaperçus. 1990, il joue, écrit et met en scène Nightmare Concert – Un gatto nel cervello, plongée dans les méandres de l’esprit du cinéaste, à voir comme un petit bonus sympathique pour ses très nombreux admirateurs. Quelques mois avant de passer de vie à trépas, Dario Argento, la même année que Le Syndrome de Stendhal – La Sindrome di Stendhal, propose à Lucio Fulci de produire son retour à la mise en scène, ce dernier n’ayant rien signé depuis Le Porte del silenzio en 1991. Ce sera une nouvelle approche du thème du musée de cire, qui a déjà inspiré le cinéma et ce dès 1924 avec Le Cabinet des figures de cire, classique de l’expressionnisme allemand signé Paul Leni, suivi des Masques de cire en 1933 par Michael Curtiz, ainsi que, le légendaire L’Homme au masque de cire – House of Wax (1953), remake du précédent, interprété par Vincent Price et réalisé par André de Toth, qui a pour particularité d’avoir été conçu en relief stéréoscopique. Ainsi, avant l’excellent House of Wax – La Maison de cire de Jaume Collet-Serra (2005), le cinéma italien revenait à ce « sous-genre ». Mais décédé avant d’avoir pu entamer les prises de vues, Lucio Fulci est finalement remplacé par Sergio Stivaletti, concepteur d’effets visuels (Dellamorte Dellamore de Michele Soavi, Atomic Cyborg de Sergio Martino), maquilleur (Phenomena de Dario Argento, Démons et la série La Caverne de la rose d’or de Lamberto Bava), qui avait plus que largement avancé sur la création des (horribles) images de synthèse. Le réalisateur improvisé s’en sort pas trop mal (l’amico Dario l’aurait tout de même largement épaulé) et son premier opus est un savoureux hommage au cinéma d’épouvante transalpin des années 1950 à 1980, et plus globalement au genre européen qui a fait le bonheur des salles durant plusieurs décennies. Si l’on est souvent pas loin du nanar, dans lequel le long-métrage se vautre plus que de raison dans le dernier acte, Le Masque de cire ravit les yeux et convainc avec ses couleurs baroques (très belle photo de Sergio Salvati, Les Quatre de l’apocalypse, L’Emmurée vivante, L’Enfer des zombies), le charisme de l’actrice Romina Mondello (peu avare de ses rondeurs dans la dernière partie) et la présence inattendue de Robert Hossein (Robert Englund aurait été envisagé, mais trop cher), qui prend un malin plaisir à jouer les savants fous. Conspué par la critique il y a trente ans, Le Masque de cire possède pourtant moult qualités, y compris celle d’aller au bout de son délire et de ses meurtres très gores (qui font penser à un roman graphique) et mérite pour cela d’être réhabilité.

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Test Blu-ray / Othello, Double vie (A Double Life), réalisé par George Cukor

OTHELLO, DOUBLE VIE (A Double Life) réalisé par George Cukor, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 mai 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Ronald Colman, Signe Hasso, Edmond O’Brien, Shelley Winters, Ray Collins, Philip Loeb, Millard Mitchell, Joe Sawyer…

Scénario : Ruth Gordon & Garson Kanin

Photographie : Milton R. Krasner

Musique : Miklós Rózsa

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Anthony John est l’un des comédiens les plus réputés de Broadway, à l’aise aussi bien dans la comédie que dans le drame. Mais lorsque son agent lui propose de monter Othello, Tony se montre réticent. Il sait que ses rôles ont tendance à influencer sa vie privée ; c’est d’ailleurs ce qui a causé l’échec de son mariage avec Brita, sa partenaire attitrée. Cependant, poussé par le désir de briller dans un rôle difficile, Tony finit par se laisser convaincre. Avec Brita en Desdémone, le spectacle triomphe mais bientôt le comédien se sent dominé par la jalousie meurtrière de son personnage.

Quelle leçon ! C’est étonnant mais, on a souvent tendance à oublier l’immense George Cukor (1899-1983). Non pas ses films les plus célèbres – Une heure près de toi – One Hour with You (1932), What Price Hollywood? (1932), Sylvia Scarlett (1935), Femmes – The Women (1939), Indiscrétions – The Philadelphia Story (1940), Une étoile est née – A Star Is Born (1954), My Fair Lady (1964), pour ne citer qu’une infime partie de son illustre carrière – mais qui était aux manettes de ces monuments. Bien que plusieurs fois nommé à l’Oscar du meilleur réalisateur et ce dès 1934, il faudra attendre 1965 et le triomphe mondial de My Fair Lady pour que George Cukor soit enfin récompensé par cette statuette convoitée. Au mitan des années 1940, le cinéaste enchaîne deux films à la suite, Hantise – Gaslight, thriller dramatique et psychologique qui vaut à Ingrid Bergman l’Oscar de la meilleure actrice, et le film de guerre La Victoire des ailes – Winged Victory qui sort pour Noël 1944. Ensuite, George Cukor démarre le tournage de La Femme de l’autre – Desire Me, mais quitte la production en cours de route en raison de réécritures et de conditions de travail déplorables. C’est là qu’intervient Othello, Double vie – A Double Life, l’un des trésors cachés de la filmographie du metteur en scène, coécrit par Ruth Gordon (scénariste de Madame porte la culotte et Mademoiselle Gagne-Tout, actrice vue dans le diptyque Doux, Dur et Dingue/Ça va cogner avec Clint Eastwood) et Garson Kanin (aussi réalisateur de Mademoiselle et son bébé et Mon épouse favorite), époux à la ville. Ce drame sombre et thriller psychologique se penche sur la psyché d’un artiste, un comédien qui va comme qui dirait « ramener le rôle » à la maison et se laisser envahir, bouffer par son personnage, en l’occurrence Othello, qui va finir par prendre le dessus. Furieusement moderne, A Double Life demeure percutant et s’avère désormais considéré comme l’une des inspirations de Black Swan de Darren Aronofsky.

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Test Blu-ray / Le Brave et la Belle, réalisé par Budd Boetticher

LE BRAVE ET LA BELLE (The Magnificent Matador) réalisé par Budd Boetticher, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 mai 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Maureen O’Hara, Anthony Quinn, Manuel Rojas, Richard Denning, Thomas Gomez, Lola Albright, William Ching, Eduardo Noriega…

Scénario : Charles Lang, d’après une histoire originale de Budd Boetticher

Photographie : Lucien Ballard

Musique : Raoul Kraushaar

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Toréador célèbre au Mexique, capable de surmonter sa peur en dépit du mauvais pressentiment d’un grave accident, Luis Santos accepte de suivre le débutant Rafael Reyes pour ses premiers pas dans l’arène. Le secret de sa prémonition, Luis Santos le garde cependant pour lui. Il est de plus en plus attiré par Karen Harrison, une riche américaine, qui paraît fascinée par cet homme qui met sa vie en danger pour le plus grand bonheur de ses aficionados, depuis qu’elle l’a remarqué à Madrid en train de terrasser un impressionnant taureau. Malgré cette passion dévorante, le jour de la corrida, celui de tous les dangers arrive et avec lui son lot de révélations.

C’est par amitié pour Anthony Quinn, que Budd Boetticher (1916-2001) écrit Le Brave et la Belle –The Magnificent Matador, voyant qu’en dépit de ses deux Oscars (ceux du meilleur acteur dans un second rôle pour Viva Zapata! et La Vie passionnée de Vincent van Gogh) le comédien peinait à trouver un rôle digne de ce nom et était même quelque peu oublié par les studios. S’il se voit imposer le titre The Magnificent Matador (qu’il jugeait lamentable) par la Twentieth Century-Fox, Budd Boetticher était fier de ce film qui sortait alors Anthony Quinn – avec lequel il avait déjà tourné à trois reprises – de ses personnages habituels, dans lesquels le monde du cinéma semblait vouloir l’enfermer. Ainsi, après La Cité sous la mer –City Beneath the Sea, L’Expédition du Fort King –Seminole et À l’est de Sumatra –East of Sumatra, Anthony Quinn accède au haut de l’affiche grâce à Budd Boetticher (les deux hommes se connaissaient depuis le tournage d’Arènes sanglantes – Blood and Sand – 1941 de Rouben Mamoulian, sur lequel le second était conseiller sur la corrida), quasiment au même moment que La Strada de Federico Fellini. Après avoir triomphé dans les seconds rôles, l’acteur devient une star internationale. Dans Le Brave et la Belle, il dévoile une nouvelle facette de son jeu, une sensibilité qu’on lui a rarement demandée d’exprimer, des fêlures, des larmes aussi. Son face-à-face avec la magnifique Maureen O’Hara subjugue et on se prend rapidement d’affection pour ces deux êtres solitaires, auxquels il ne manque pourtant rien ou pas grand-chose pour être heureux, qui n’auraient sans doute jamais dû se rencontrer car ne faisant pas partie du même monde, mais que le destin va pourtant réunir. Et c’est superbe.

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Test Blu-ray / Siège, réalisé par Paul Donovan & Maura O’Connell

SIÈGE (Self-Defense) réalisé par Paul Donovan & Maura O’Connell, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Tom Nardini, Brenda Bazinet, Daryl Haney, Terry-David Després, Jack Blum, Keith Knight, Doug Lennox, Jeff Pustil…

Scénario : Paul Donovan, d’après une histoire originale de Paul Vautour

Photographie : Les Kriszan

Musique : Peter Jermyn & Drew King

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Lors d’une grève de la police, un groupuscule tente d’imposer de nouvelles règles aux habitants d’Halifax (Nouvelle-Écosse). Ils tentent d’effrayer des gays et des lesbiennes dans un bar, mais ils tuent accidentellement le propriétaire de l’établissement, et le leader du groupe décide d’exécuter tous les témoins du drame. Cependant un homme réussit à échapper à l’hécatombe et se réfugie dans un quartier résidentiel…

C’est l’histoire d’un petit film réalisé en deux semaines avec de l’huile de coude, du système D et de vraies armes. Siège ou Self Defense en version originale est coréalisé par le couple Paul Donovan et Maura O’Connell. Le point de départ est une véritable grève de la police – le film s’ouvre d’ailleurs sur les vraies images d’actualités de l’époque – survenue à Halifax en 1981, qui aura impliqué près de 200 agents et duré plus de cinquante jours. Il s’agissait de la première grève de la police de la ville. Suite à cet événement, les deux jeunes metteurs en scène et scénaristes imaginent, et ce bien avant la saga American Nightmare, ce qu’une ville pourrait devenir sans la présence des forces de l’ordre. Là-dessus, les deux réalisateurs s’inspirent visiblement d’Assaut – Assault on Precinct 13 (1976) de John Carpenter, et donc par extension de Rio Bravo de Howard Hawks, pour livrer un thriller urbain violent, radical, sec, épuré, brutal, maladroit aussi bien évidemment et ce en raison d’un budget qu’on imagine anémique, mais qui s’en sort haut la main. Siège est un vrai film d’exploitation, qui en a sous le capot, même si Paul Donovan ne confirmera jamais vraiment par la suite. Avec son unité de lieu (principalement un immeuble, deux appartements voisins), de temps (une nuit) et d’action (deux clans opposés), Siège parvient à retenir l’attention du spectateur durant 80 minutes et certaines scènes, notamment le premier acte se déroulant dans le bar gay, étonnent par leur dureté et leur sadisme, d’autant plus qu’il n’y a aucune tête connue dans cette distribution, ce qui ajoute un réalisme à l’entreprise. Si le rythme est sans doute un peu lent et que les dialogues laissent souvent à désirer, Siège n’a pas volé son statut de petit classique et même d’oeuvre culte auprès des aficionados de films de genre.

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Test Blu-ray / Le Juge Thorne fait sa loi (Tu seras jugé), réalisé par Jacques Tourneur

LE JUGE THORNE FAIT SA LOI – TU SERAS JUGÉ (Stranger on Horseback) réalisé par Jacques Tourneur, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Miroslava, Kevin McCarthy, John McIntire, John Carradine, Nancy Gates, Emile Meyer, Robert Cornthwaite…

Scénario : Herb Meadow & Don Martin, d’après le roman de Louis L’Amour

Photographie : Ray Rennahan

Musique : Paul Dunlap

Durée : 1h06

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Rick Thorne est un juge itinérant dans le grand Ouest des États-Unis. En arrivant à Bannerman, il réalise qu’une puissante et dangereuse famille fait la loi en ville. Coupables de nombreux délits et crimes, ils n’ont jamais été poursuivis par la Justice ou envoyés en prison. Rick décide que cela ne peut plus durer car la loi s’applique pour tout le monde. Il va donc rouvrir une affaire classée trop rapidement sans suite selon lui…

Quand on lui demande quel réalisateur il souhaiterait à la barre du Juge Thorne fait sa loi – Stranger on Horseback, également connu en France sous le titre Tu seras jugé, le comédien et star de la MGM, Joel McCrea (1905-1990), qui s’est essentiellement tourné vers le western dès 1946, répond Jacques Tourneur. Les deux hommes avaient déjà collaboré cinq ans auparavant sur un autre western, Stars in My Crown, où ils s’étaient merveilleusement entendus. S’il est moins célèbre que Un jeu risqué – Wichita, leur autre opus traitant de l’Ouest Américain, qui sortira aussi en 1955, Le Juge Thorne fait sa loi rend compte de la virtuosité discrète, mais indéniable du réalisateur formé à la RKO et metteur en scène légendaire de La Féline, Vaudou et L’Homme léopard, mais aussi de L’Enquête est close – Circle of Danger et de Nightfall – Poursuites dans la nuit. À l’instar de Jack Arnold, de Richard Fleischer ou de Robert Wise, Jacques Tourneur avait le don de transformer en or tous les genres qu’il abordait. Le Juge Thorne fait sa loi est un opus rare du cinéaste, qui n’est jamais sorti en France et dont le négatif original semble avoir disparu. Tourné avec le procédé couleur AnscoColor, extrêmement fragile, ce qui n’a pas aidé à la conservation du film, Stranger on Horseback a néanmoins été sauvé via un contretype. Cela aurait été dommage de voir ce petit bijou disparaître corps et bien. Avec son intrigue resserrée (65 minutes, génériques compris), le charisme débordant de sa tête d’affiche, ses décors très réussis, sa superbe photographie signée Ray Rennahan (Le Sorcier du Rio Grande, Smith le taciturne, Les Rôdeurs de l’aube) et ses magnifiques paysages naturels (Sedona, en Arizona, dans le canyon de Placerita, à Newhall, en Californie), Stranger on Horseback fait indéniablement partie des films de Jacques Tourneur à redécouvrir et à se «refiler» entre cinéphiles.

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Test Blu-ray / Femme de feu, réalisé par André de Toth

FEMME DE FEU (Ramrod) réalisé par André de Toth, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Veronica Lake, Don DeFore, Donald Crisp, Preston Foster, Arleen Whelan, Charles Ruggles, Lloyd Bridges…

Scénario : Jack Moffitt, C. Graham Baker & Cecile Kramer, d’après le roman de Luke Short

Photographie : Russell Harlan

Musique : Adolph Deutsch

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Connie Dickason refuse d’obéir à son père Ben qui souhaite la marier à Frank Ivey, un rancher très puissant, autoritaire et irascible. Pour tenir tête à ce dernier, elle engage Dave Nash…

Premier western du cinéaste américain d’origine austro-hongroise André de Toth (1912-2002), au passage l’un des « cinq borgnes d’Hollywood » avec John Ford, Fritz Lang, Nicholas Ray et Raoul Walsh, Ramrod, plus connu dans nos contrées sous le titre Femme de feu, impose la maîtrise technique du réalisateur et pose les bases de ses grands classiques et chefs d’oeuvre à venir. Si la mise en scène demeure impressionnante, c’est surtout l’importance accordée au personnage féminin principal interprété par l’épouse du cinéaste, Veronica Lake, qui donne au film toute son originalité et ce bien avant Johnny Guitar de Nicholas Ray réalisé en 1954. Utilisée à contre-emploi, la blonde incendiaire des années 40 apporte toute sa force et sa fragilité à son personnage pour son unique incursion dans le genre. Rôle moteur de l’histoire, elle porte les plus lourdes responsabilités sur la vie et la mort des cowboys qui l’entourent, prêts à tout pour lui rendre service. D’ailleurs, elle n’hésite pas à user de ses charmes et de son oeil de biche pour arriver à ses fins et profiter des fines gâchettes avoisinantes. Adapté d’un roman de Luke Short, Femme de feu, au départ prévu pour John Ford, qui finalement pris par La Poursuite infernale demandera aux studios de confier le film à de Toth, peut également se voir comme un véritable film-noir. Son climat, la photographie, le cadre, tout donne au film une couleur particulière avec ses personnages mi-ange mi-démon, naviguant entre le bien et le mal. Au final, Femme de feu s’impose comme une série B à l’histoire classique (deux clans s’affrontent pour une parcelle de terrain), non dépourvue de longueurs (la traque finale) et qui croule parfois sous une musique grandiloquente, mais l’ensemble est transcendé par une mise en scène inventive qui abonde en défis techniques particulièrement réjouissants.

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Test Blu-ray / L’Homme de Kansas City, réalisé par Edwin L. Marin

L’HOMME DE KANSAS CITY (Fighting Man of the Plains) réalisé par Edwin L. Marin, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 12 mars 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Bill Williams, Victor Jory, Jane Nigh, Douglas Kennedy, Joan Taylor, Berry Kroeger, Rhys Williams…

Scénario : Frank Gruber, d’après son roman Fighting Man

Photographie : Fred Jackman Jr.

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Lors d’un raid mené avec la troupe de Quantrill, Jim Dancer tue l’homme qu’il tient pour responsable de la mort de son frère. Mais celui-ci était innocent, et Dancer devient un fugitif. Quelques mois plus tard, il refait surface comme shérif d’une petite ville du Kansas, où il met en déroute une bande de malfrats avec l’aide d’un autre paria, Jesse James…

Du réalisateur américain Edwin L. Marin (1899 ou 1901-1951) on connaissait le formidable L’Agent invisible contre la Gestapo (1942), divertissement haut de gamme doublé d’un film de propagande, mais aussi deux westerns de série B à connaître absolument, Canadian Pacific (1949) et La Piste des Caribous – The Cariboo Trail (1950), interprétés par Randolph Scott. Ce dernier doit d’ailleurs beaucoup au réalisateur et ce bien avant ses collaborations avec André de Toth (6 films) et bien sûr Burt Boetticher (7 films). En effet, le comédien, considéré encore aujourd’hui par beaucoup comme étant le plus grand cowboy du cinéma et Edwin L. Marin ont tourné pas moins de huit longs-métrages de 1941 (Ici Londres – London Calling) à 1951 (Sugarfoot). Un film d’espionnage, une comédie-romantique et surtout six westerns les réuniront durant dix ans, associations avec lesquelles le metteur en scène crée littéralement le « personnage » qui collera plus tard Randolph Scott à la peau tout le reste de sa vie. L’Homme de Kansas City – Fighting Man of the Plains est leur second western. L’Ancien assistant opérateur à la MGM et à la RKO, devenu réalisateur au début des années 1930 et qui signera une œuvre aussi éclectique que prolifique (une soixantaine de longs métrages), composée entre autres de A Christmas Carol (1938) adapté de Charles Dickens, ou bien encore L’Amazone aux yeux verts (1944) avec John Wayne, montre son aisance à raconter des histoires traitant de l’Ouest Américain. L’Homme de Kansas City est certes un film modeste tourné dans un cadre restreint, le film d’Edwin L. Marin donne à son récit une ampleur digne des plus grandes productions. Randolph Scott crève l’écran et le héros qu’il incarne annonce étonnamment ceux qu’il interprétera dans le légendaire cycle Ranown. Autant dire que la découverte est plus que recommandée pour les passionnés du genre.

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