SHINING SEX réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.
Acteurs : Lina Romay, Evelyne Scott, Monica Swinn, Olivier Mathot, Pierre Taylou, Claude Boisson, Raymond Hardy, Simon Berger…
Scénario : Daniel Lesoeur & Pierre-Claude Garnier, d’après une histoire originale de Jess Franco
Photographie : Gérard Brisseau
Musique : Daniel White
Durée : 1h41
Date de sortie initiale : 1976
LE FILM
Une danseuse de cabaret est manipulée par un couple d’extra-terrestres qui empoisonnent son sexe et la transforment en prédatrice d’hommes.
Oui oui, vous avez bien lu le pitch de Shining Sex aka La Fille au sexe brillant, l’un des huit films tournés par Jess Franco, sous le nom de Dan L. Simon, en cette bonne année 1976 ! Le cinéaste pose ses bagages à La Grande-Motte, un nom de ville qui sied habituellement à ses magnifiques actrices, pour y tourner deux films avec le même casting, dans les mêmes décors. Outre Shining Sex, ce cher Jesús Franco Manera en profitera pour emballer Midnight Party, aka Lady Porno, aka aussi La Partouze de minuit. Production Eurociné tournée en une dizaine de jours, La Fille au sexe brillant est peut-être l’un des opus les plus expérimentaux de son auteur. Tendant à l’abstraction, limite pornographique, Shining Sex compile les séquences de coït ou saphiques, les gros plans sur les organes génitaux féminins, les zooms incessants qui collent au rythme de la respiration saccadée de plaisir de ses personnages, le tout dans des décors dépouillés et sur une intrigue resserrée. Ce qui est complètement dingue avec Shining Sex, c’est que ce long-métrage dure 101 minutes, qui s’apparentent parfois à une séance d’hypnose pour le spectateur. Si certains rejetteront le « concept », tant sur le fond que sur la forme, et que d’autres se marreront sûrement, les autres, les plus pointus, trouveront de belles qualités stylistiques à ce qu’on peut indéniablement qualifier de bel objet de cinéma, où la muse de Jess Franco, Lina Romay, est filmée sous tous les angles.
DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP ÀFLEURS(Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo) réalisé par Jess Franco, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er février 2022 chez Artus Films.
Acteurs : Lina Romay, Nadine Pascal, Olivier Mathot, Joëlle Le Quément, Mel Rodrigo, Claude Boisson, Albino Graziani, Susan Hemingway, Muriel Montossé…
Scénario : Jess Franco & Evelyne Scott
Photographie : Gérard Brisseau
Musique : Daniel White
Durée : 1h31
Date de sortie initiale : 1980
LE FILM
Une traite de blanches est organisée pour de riches clients. Le sénateur Connoly propose la mission à Cécile et Brigitte en échange de leur libération de prison. Sous de faux noms, elles se font engager dans un cabaret pour débuter leurs investigations.
Nous avons déjà parlé à maintes reprises de Jesús Franco Manera (1930-2013), alias Jess Franco, à travers nos articles sur Opération Re Mida (Lucky l’intrépide), Les Possédées du diable, Le Journal intime d’une nymphomane et La Fille de Dracula. Le réalisateur entre de plain-pied dans les années 1980 avec Deux espionnes avec un petit slip à fleurs, qui sort juste après Le Sadique de Notre-Dame (L’Éventreur de Notre-Dame, Exorcismes et messes noires ou Sexorcismes) et qui s’avère le premier de ses sept opus qui sortiront la même année, avec Eugenie (Historia de una perversión), Mondo cannibale, Terreur cannibale, Chasseur de l’enfer, Vaya luna de miel et Symphonie érotique. Désormais âgé de cinquante ans, Jess Franco est loin de vouloir raccrocher les gants et fait d’ailleurs du bon ouvrage avec cet Ópalo de fuego: Mercaderes del sexo, ou bien encore Two Female Spies with Flowered Panties, ou enfin Opal of Fire: Sex Merchants, ce dernier titre faisant référence à la bague sertie d’une pierre d’opale qui hypnotise celle qui aura le malheur de la fixer. Comme souvent chez le metteur en scène, c’est un fourre-tout (ou un fourre-nanas, c’est selon), qui part dans tous les sens, mais avec une vision unique, où les séquences les plus gênantes laissent place à des scènes visuellement chiadées et même élégantes, le tout saupoudré d’humour et d’un érotisme omniprésent, où le charme de Lina Romay crève l’écran du début à la fin.
Mara, une jeune et jolie danseuse de cabaret est le témoin indirect d’un meurtre brutal commis par un tueur ganté et vêtu de noir. Pensant que la jeune fille détient inconsciemment des informations qui pourraient amener la police à découvrir son identité, l’assassin décide de retrouver sa trace afin de tenter de l’éliminer. De son côté Mara, terrorisée et ne souhaitant pas apporter son témoignage à la police, se confie à son fiancé Lukas sur sa mésaventure afin qu’il essaie de remonter la piste du meurtrier sadique. Une piste qui va vite s’avérer jalonnée de cadavres et où chaque nouvelle victime de l’assassin constitue une pièce supplémentaire du puzzle qui permettra à Lukas de reconstituer le profil du meurtrier. Parviendra-t-il à découvrir les sanglantes motivations du tueur et son identité avant que celui-ci ne s’attaque à la jolie Mara ?
Les débuts de Homepopcorn.fr ont été marqués par la chronique de Terreur sur la lagune – Solamente Nero (1978) d’Antonio Bido (né en 1949), sorti chez Le Chat qui fume. Le réalisateur, qui a peu tourné depuis ses débuts il y a plus de cinquante ans (un court, un moyen et cinq longs-métrages + un documentaire), est arrivé au moment où le giallo entamait son chant du cygne. Ou comment un metteur en scène émerge en Italie quand son cinéma connaît ses dernières heures de gloire, y compris le thriller aux tueurs masqués et gantés de cuir. Aujourd’hui, l’oeuvre d’Antonio Bido est reconnue pour son caractère ambitieux et libre, à l’époque où la télévision commençait à avoir la mainmise sur le cinéma. Avec son premier long-métrage, Il gatto dagli occhi di giada (en français, « le chat aux yeux de jade »), ou bien encore Watch Me When I Kill pour sa sortie internationale, sorti en 1977, s’inscrit dans la continuité de la tradition du giallo, une œuvre dans laquelle Antonio Bido exprime son admiration pour Dario Argento et Mario Bava. Pourtant le cinéaste aura toujours avoué ne pas avoir beaucoup d’affection pour le slasher, la violence et le sang au cinéma, et aura toujours cherché à instaurer la peur aux spectateurs en jouant sur les effets suggérés et la montée de tension grâce à des effets de mise en scène recherchés et stylisés. Coup d’essai et coup de maître pour Antonio Bido, dont la virtuosité crève l’écran dès la première séquence et donc le meurtre inaugural. Un diamant noir éclaboussé de rouge-sang, le tout sur un fond jaune, un « capolovoro ».
FAUT PAS JOUER AVEC LES VIERGES (Zenabel) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.
Acteurs : Lucretia Love, John Ireland, Lionel Stander, Nicola Mauro Parenti, Fiorenzo Fiorentini, Elisa Mainardi, Luigi Leoni, Ignazio Leone…
Scénario : Gino Capone, Ruggero Deodato & Antonio Racioppi
Photographie : Roberto Reale
Musique : Bruno Nicolai
Durée : 1h28
Date de sortie initiale : 1969
LE FILM
Une jeune femme nommée Zenabel découvre que son père a été un riche Espagnol tué par l’impitoyable don Alonso qui lui a volé son titre de noblesse. Elle décide alors de réunir ses amis pour réclamer son titre et combattre l’imposteur.
Zenabel – Davanti a lei tremavano tutti gli uomini ou plus connu en France sous le titre Faut pas jouer avec les vierges, est le sixième long-métrage réalisé par Ruggero Deodato (né en 1939). Agé de 29 ans, le jeune homme affichait alors un palmarès impressionnant en tant qu’assistant-réalisateur auprès de Roberto Rossellini, Sergio Corbucci, Antonio Margheriti, Riccardo Freda et Mauro Bolognini. Un C.V. spectaculaire qui a permis à Ruggero Deodato de passer lui-même derrière la caméra pour Gungala, la panthère nue – Gungala la pantera nuda, en remplacement de Romano Ferrara. Utilisant à cette époque le pseudo de Roger Rockfeller, Ruggero Deodato fait preuve d’un réel savoir-faire derrière la caméra pour Zenabel, comme il le fera pour ses six longs-métrages mis en scène en l’espace d’à peine deux ans, dont Phénoménal et le trésor de Toutânkhamon – Fenomenal e il tesoro di Tutankamen. Si l’on devait résumer Zenabel en un mot, ce serait bordélique. Mais n’y voyez rien de péjoratif, bien au contraire, car l’oeuvre de Ruggero Deodato transpire d’amour pour le cinéma et le divertissement populaire. Si « tous les hommes tremblaient devant elle » comme l’indique le sous-titre original, les spectateurs se laisseront volontiers embarquer aux côtés de cette héroïne aux cheveux flamboyants, interprétée par Lucretia Love (L’Assassin a réservé 9 fauteuilsde Giuseppe Bennati, Les Amazones font l’amour et la guerre d’Alfonson Brescia), bad-ass, sexy et qui en fait voir de toutes les couleurs à la gent masculine.
LA DAME ROUGE TUA SEPT FOIS (La Dama rossa uccide sette volte) réalisé par Emilio Biraglia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 septembre 2021 chez Artus Films.
Acteurs : Barbara Bouchet, Ugo Pagliai, Marina Malfatti, Marino Masé, Pia Giancaro, Sybil Danning, Nino Korda, Fabrizio Moresco…
Scénario : Fabio Pittorru & Massimo Felisatti
Photographie : Alberto Spagnoli
Musique : Bruno Nicolai
Durée : 1h35
Date de sortie initiale : 1972
LE FILM
Au cours d’une dispute dans le jardin du château familial, Kathy Wildenbrück tue sa soeur Evelyne. Peu après, un étrange personnage vêtu de rouge assassine des proches de Kathy. Des témoins affirment avoir reconnu Evelyne qui est pourtant morte. Ceci serait la continuation de la malédiction qui touche la dynastie des Wildenbrück : tous les cent ans, la « Dame rouge » posséderait le corps d’un membre de la famille, l’obligeant ainsi à tuer sept personnes…
Nous parlions dernièrement d’Emilio Miraglia à travers notre chronique de L’Appel de la chair. Cette étoile filante du cinéma italien n’aura réalisé que six longs-métrages de 1967 à 1972. La Dame rouge tua sept fois – La dama rossa uccide sette volte est l’ultime long-métrage du cinéaste. Après La Notte che Evelyn uscì dalla tomba, il signe son unique western avec Joe Dakota – Spara Joe… e così sia!, dans lequel il dirige Richard Harrison (Scalps). Puis, comme s’ils n’étaient pas satisfaits de leur première mouture rendue de L’Appel de la chair, Emilio Miraglia et son scénariste Fabio Pittorru reprennent quasiment les mêmes motifs et les éléments du récit précédent, pour repousser les limites. Ce sera La Dame rouge tua sept fois, une référence du giallo, considéré comme l’un des fleurons du genre, dans lequel brille l’un de ses astres emblématiques, la divine Barbara Bouchet. Damnation, héritage, faux-semblants, développement kafkaïen, meurtres sanglants, personnages troubles, ambiguïté à tous les étages, psyché perturbée, crypte secrète, château aux pièces sentant le renfermé, couleurs primaires aveuglantes, on en prend plein la vue et le spectacle est garanti.
L’APPEL DE LA CHAIR (La Notte che Evelyn uscì dalla tomba) réalisé par Emilio Biraglia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 septembre 2021 chez Artus Films.
Acteurs : Anthony Steffen, Marina Malfatti, Enzo Tarascio, Giacomo Rossi Stuart, Umberto Raho, Roberto Maldera, Joan C. Davis, Erika Blanc…
Scénario : Fabio Pittorru & Massimo Felisatti
Photographie : Gastone Di Giovanni
Musique : Bruno Nicolai
Durée : 1h39
Date de sortie initiale : 1971
LE FILM
Depuis la mort de son épouse Evelyn, Alan Cunningham, un lord anglais, voit sa santé mentale s’effondrer. Il passe son temps à se livrer à des jeux sadomasochistes avec des prostituées dans son château en ruines. Un jour, il rencontre la belle Gladys, sosie parfait d’Evelyn. Il la demande en mariage et la fait venir vivre au château. Peu à peu, il devient alors victime d’hallucinations, hanté par le fantôme de sa première femme.
Il y a de fortes chances que le nom d’Emilio Miraglia (1924-1982, même si son décès reste incertain) ne vous dise rien, à moins d’être calé dans le domaine du giallo, il y en a forcément, mais néanmoins ce cinéaste n’aura réalisé que six longs-métrages en l’espace de cinq années, de 1967 à 1972, L’Appel de la chair – La Notte che Evelyn uscì dalla tomba, sorti en France en VHS sous le titre Holocauste pour une vierge ou bien encore La Crypte du fou, étant son quatrième film. Dans celui-ci, le metteur en scène reprend quelques motifs apparus dans ses précédents opus, dont une histoire d’héritage qui était déjà au centre de son premier coup d’essai La Peur aux tripes – Assassination avec Henry Silva, qui tenait par ailleurs le rôle titre de Ce salaud d’inspecteur Sterling – Quella carogna dell’ispettore Sterling (1969). L’Appel de la chair est un giallo pour ainsi dire gothique, empreint de fantastique, qui se démarque du tout venant à l’époque où fleurissaient les thrillers transalpins, qui envahissaient les salles du monde entier. Produit par Antonio Sarno (Parlons femmes et Drame de la jalousie d’Ettore Scola), ce film demeure aujourd’hui l’un des parfaits représentants du genre, à la fois psychologique, tendu, rempli de rebondissements, de faux-semblants et de magnifiques poitrines dénudées.
LES CONTREBANDIERS DE SANTA LUCIA (I contrabbandieri di Santa Lucia)réalisé par Alfonso Brescia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 septembre 2021 chez Artus Films.
Acteurs : Mario Merola, Antonio Sabàto, Gianni Garko, Jeff Blynn, Edmund Purdom, Sabrina Siani, Lorraine De Selle, Marco Girondino…
Scénario : Ciro Ippolito & Piero Regnoli
Photographie : Silvio Fraschetti
Musique : Eduardo Alfieri
Durée : 1h30
Date de sortie initiale : 1979
LE FILM
Le capitaine Ivano Radevic enquête sur un trafic international d’héroïne. Pour cela, il n’hésite pas à infiltrer le milieu des contrebandiers napolitains, et se lie avec Don Autiero, un trafiquant de cigarettes. Celui-ci le mènera à Don Vizzini, un parrain de la mafia.
Au cours de nos chroniques, nous avons déjà parlé d’Alfonso Brescia (1930-2001), parfois connu sous son pseudonyme Al Bradley, ancien assistant de Roberto Bianchi Montero, Giuseppe Vari, Mario Amendola, Silvio Amadio, Mario Caiano, grâce auxquels il apprend son boulot de metteur en scène sur leurs comédies, péplums et films d’aventures. En 1964, il passe lui-même derrière la caméra avec La Révolte des prétoriens – La rivolta dei pretoriani, très vite suivi du Gladiateur magnifique – Il magnifico gladiatore (1964), avec Mark Forest. Le réalisateur signera une cinquantaine de longs-métrages, en passant par tous les genres possibles et imaginables, dont les titres demeurent emblématiques du cinéma Bis et reflètent l’évolution des goûts du public, Goldocrack à la conquête de l’Atlantide – Il conquistatore di Atlantide (1965), Furie au Missouri – Il Giorni della violenza (1967). Tête de pont pour huit implacables – Testa di sbarco per otto implacabili (1968), Le Labyrinthe du sexe – Nel labirinto del sesso (1969), Un joli corps qu’il faut tuer – Il tuo dolce corpo da uccidere (1970), Le Manoir aux filles – Ragazza tutta nuda assassinata nel parco (1972), Supermen contre les Amazones – Superuomini, superdonne, superbotte (1975), La Bataille des étoiles – Cosmo 2000 – Battaglie negli spazi stellari (1978) et bien d’autres. A la fin des années 1970, Alfonso Brescia délaisse la science-fiction, il venait d’emballer quatre « space opera » et revient au polar mafieux avec Napoli serenata calibro 9, L’Ultimo guappo, Il mammasantissima et Les Contrebandiers de Santa Lucia – I contrabbandieri di Santa Lucia, les quatre films ayant pour particularité d’avoir été tournés à Naples. S’il retrouvera le polizziotescho et cette ville encore après, le film qui nous intéresse est donc Les Contrebandiers de Santa Lucia, formidable thriller qui propose à la fois une intrigue policière solide doublée d’une dimension documentaire puisqu’Alfonso Brescia y plonge sa caméra dans les rues, dans les us et coutumes de Naples, au milieu de ses habitants, de leur quotidien et de leurs magouilles.
FLICS EN JEANS (Squadra Antiscippo) réalisé par Bruno Corbucci, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 septembre 2021 chez Artus Films.
Acteurs : Tomas Milian, Jack Palance, Maria Rosaria Omaggio, Guido Mannari, Jack La Cayenne, Raf Luca, Benito Stefanelli, Toni Ucci…
Scénario : Mario Amendola & Bruno Corbucci
Photographie : Sebastiano Celeste
Musique : Guido & Maurizio De Angelis
Durée : 1h29
Date de sortie initiale : 1976
LE FILM
Mal rasé et mal fringué, l’inspecteur Nico Giraldi, à la tête de son équipe de motards, fait la chasse aux truands de la ville en employant des méthodes peu orthodoxes. Alors qu’il est sur le point d’arrêter un voyou, celui-ci dérobe une mallette pleine d’argent à un gangster américain. Les voyous se font alors éliminer l’un après l’autre, ce qui va mener Giraldi à s’occuper de l’affaire.
Nous avons déjà longuement parlé du mythe Tomás Milián (1933-2017) à travers nos chroniques sur Les Tueurs de l’Ouest – El precio de un hombre(1966) d’Eugenio Martín, Tire encore si tu peux – Se sei vivo, spara (1967) de Giulio Questi, Liens d’amour et de sang – Beatrice Cenci(1969) et La Longue nuit de l’exorcisme – Non si sevizia un paperino (1972) de Lucio Fulci, Le Conseiller –Il Consigliori (1973) d’Alberto De Martino, Folle à tuer(1975) d’Yves Boisset, Le Cynique, l’Infâme et le Violent –Il Cinico, l’infame, il violento (1977) d’Umberto Lenzi et Les Magnats du pouvoir – Winter Kills(1979) de William Richert. Un phénomène international, l’acteur se prêtant alors à tous les genres et voyageant dans tous les pays du monde. En 1975, alors qu’il est bien installé en Italie, le comédien interprète pour la première fois le rôle le plus emblématique de toute sa carrière, Nico Giraldi, un ancien voleur devenu flic, plus précisément maréchal des logis de la Brigade anti-fauche (il deviendra inspecteur au début des années 1980), officiant à Rome. Fils d’une prostituée, il décide de se ranger après plusieurs arrestations et d’utiliser ses connaissances du milieu romain et du terrain, qu’il explore avec sa bécane. Très largement inspiré par le Serpico de Sidney Lumet, dont l’affiche et les photos d’exploitation ornent d’ailleurs l’habitation du personnage et qui possède un rat baptisé du même nom, Nico Giraldi arbore un vieux bonnet de laine élimé (aux couleurs du drapeau italien), une barbe pouilleuse, les cheveux longs et gras, plusieurs pulls rongés par les mites, des pantalons crasseux et des chaussettes montantes aux couleurs de l’arc-en-ciel. Cette apparence peut faire rire, mais les résultats sont là, Giraldi est le policier le plus efficace de la capitale transalpine. Au total, Tomás Milián incarnera ce personnage à onze reprises au cours de sa prolifique et éclectique carrière, autrement dit dans Flics en jeans – Squadra antiscippo (1976), Un flic très spécial – Squadra antifurto (1977), Nico l’arnaqueur – Squadra antitruffa (1977), Brigade antimafia – Squadra antimafia (1978), Brigade antigang – Squadra antigangsters (1979), Meurtre sur le Tibre – Assassinio sul Tevere (1979), Crime à Milan – Delitto a Porta Romana (1980), Delitto al ristorante cinese (1981), Delitto sull’autostrada (1982), Crime en Formule 1 – Delitto in Formula Uno (1984) et Pas folle, le flic – Delitto al Blue Gay (1985). Les épisodes de cette saga de néo-polars sont tous mis en scène par Bruno Corbucci (Tire, Django, tire !) et écrits par le scénariste Mario Amendola (Furie au Missouri, Pair & impair, Salut l’ami, adieu le trésor !). Tout ce beau petit monde a donc trouvé une recette qui marche, qu’ils n’auront de cesse d’épuiser au fil des épisodes et durant une dizaine d’années. Dans Flics en jeans, nous faisons connaissance avec ce fameux Nico Giraldi, auquel l’acteur cubain prête ses traits, tandis que Ferruccio Amendola, qui doublait habituellement Tomás Milián, participe également à la création du personnage avec ce dialecte romain si particulier. Rétrospectivement, Squadra antiscippo (ou The Cop in Blue Jeans pour son exploitation internationale) est un opus bien sage de la franchise, mais vaut assurément pour la folie et l’énergie contagieuses de Tomás Milián, qui mine de rien crée un personnage iconique, ainsi que pour la participation inattendue de Jack Palance.
LE LION DE SAINT MARC (Il leone di San Marco) réalisé par Luigi Capuano, disponible en DVD le 6 juillet 2021 chez Artus Films.
Acteurs : Gordon Scott, Gianna Maria Canale, Rik Battaglia, Alberto Farnese, Giulio Marchetti, Franca Bettoia, Feodor Chaliapin Jr., Mirko Ellis…
Scénario : Luigi Capuano, Arpad DeRiso & Ottavio Poggi
Photographie : Alvaro Mancori
Musique : Carlo Rustichelli
Durée : 1h24
Date de sortie initiale : 1963
LE FILM
Au XVIIe siècle, Venise est la proie des pirates. Le fils du Doge, Manrico, est fiancé à Isabelle et son père veut le lancer dans la carrière diplomatique, mais celui-ci n’a qu’un désir : libérer Venise du joug des pirates. Il réunit secrètement quelques amis dans une taverne et décide de suppléer les mercenaires commandés par le capitaine Ostemberg…
Alors qu’il vient de tourner un cross-over pour le moins inattendu, Zorro et les 3 Mousquetaires – Zorro e i tre moschettieri, le réalisateur Luigi Capuano décide de surfer sur cette mouvance du « Renard rusé qui fait sa loi », même si la série avec Guy Williams n’arrivera pas en Italie avant 1966, et renoue avec le film de pirates en y intégrant un héros justicier épéiste, dont l’identité est dissimulée sous un masque. Pour cela, il engage à nouveau le comédien américain Gordon Scott (1926-2007), qui venait d’interpréter Zorro, et le confronte à la divine Gianna Maria Canale, dans son antépénultième apparition au cinéma et un an avant de mettre fin définitivement à sa carrière à l’âge de 37 ans. Contrairement au Tigre des mers – La Tigre dei sette mari, du même cinéaste et mis en scène un an auparavant, Le Lion de Saint Marc ne se déroule pas sur l’eau et les affrontements ne sont pas maritimes. L’intrigue se passe principalement à Venise, très bien filmée d’ailleurs, sublime décor merveilleusement bien exploité par un Luigi Capuano en pleine forme derrière la caméra, qui compile les séquences d’action, les conspirations et une histoire d’amour, sur un rythme soutenu et sans aucun temps mort durant 1h25.
LE TIGRE DES MERS (La Tigre dei sette mari) réalisé par Luigi Capuano, disponible en DVD le 6 juillet 2021 chez Artus Films.
Acteurs : Gianna Maria Canale, Anthony Steel, Maria Grazia Spina, Andrea Aureli, Carlo Ninchi, John Kitzmiller, Ernesto Calindri, Carlo Pisacane…
Scénario : Luigi Capuano, Arpad DeRiso & Ottavio Poggi, d’après une histoire originale de Nino Battiferri
Photographie : Alvaro Mancori
Musique : Carlo Rustichelli
Durée : 1h25
Date de sortie initiale : 1962
LE FILM
Le Tigre, un vieux pirate, organise un combat pour désigner celui qui prendra sa suite. Le lieutenant William sort vainqueur, mais est ensuite défié par Consuelo, qui termine victorieuse. La nuit suivante, le Tigre est retrouvé mort, le poignard de William planté dans le dos…
Laissons momentanément de côté les cowboys, les vampires, les tueurs à l’arme blanche et les flics pourris et concentrons-nous un petit peu aujourd’hui sur les pirates, qui eux aussi ont eu leur heure de gloire durant l’âge d’or du cinéma d’exploitation italien ! Alors que les flibustiers paraissaient déjà dans le cinéma hollywoodien depuis plus de quarante ans, on peut citer en vrac L’Île au trésor – Treasure Island de Maurice Tourneur, Le Pirate noir – The Black Pirate d’Albert Parker, Le Corsaire masqué – The Eagle of the Sea et Les Révoltés du Bounty – Mutiny of The Bounty de Frank Lloyd, L’Île au trésor – Treasure Island de Victor Fleming, L’Aigle des mers – The Sea Hawk de Michael Curtiz, le genre explose véritablement dans les années 1950, durant lesquelles les grosses productions s’enchaînent et remplissent les salles du monde entier. Les films de Raoul Walsh (Capitaine sans peur, Barbe-Noire le pirate), Jacques Tourneur (La Flibustière des Antilles), Robert Siodmak (Le Corsaire Rouge) et Fritz Lang (Les Contrebandiers de Moonfleet) donnent évidemment envie aux investisseurs italiens de réaliser des films mettant en scène des pirates ! Les transalpins s’y attaquent dès 1957 avec des ersatz comme La Belle et le Corsaire – Il Corsaro della mezzaluna de Giuseppe Maria Scotese, Le Pirate de l’épervier noir – Il Pirata dello sparviero nero de Sergio Grieco, Le Fils du corsaire rouge – Il Figlio del corsaro rosso de Primo Zeglio, et consorts. La décennie suivante, les italiens mettent les bouchées doubles et les plus grands représentants du cinéma Bis s’y collent comme Umberto Lenzi (Mary la rousse, femme pirate – Le Avventure di Mary Read, Les Pirates de la Malaisie – I Pirati della Malesia). Méconnu en France, Luigi Capuano (1904-1979) prend lui aussi le train en marche. Le réalisateur de La Terreur du masque rouge – Il terrore della maschera rossa, La Vengeance d’Ursus – La vendetta di Ursus et de Zorro l’intrépide – Zorro alla corte di Spagna se voit confier les manettes du Tigre des mers – La tigre dei sette mari, également connu sous le titre Le Tigre des Caraïbes, film d’aventures et donc de pirates, entièrement tourné dans les Alpes italiennes, sur le lac de Garde. Si à première vue rien ne distingue cet opus du tout-venant, celui-ci n’en demeure pas moins bourré de charme, mené sur un rythme soutenu, joli à regarder et surtout porté par Gianna Maria Canale, divine créature au regard félin, que l’on suivrait aveuglement dans chacun de ses abordages.