Avec l’aide de deux soeurs chasseuses de démons, Howard doit apprendre à maîtriser les pouvoirs dont il a hérités pour détruire des hordes de créatures démoniaques. Entre les rafales d’armes automatiques, les attaques de zombies hystériques, les chairs explosées, les éclairs de plasma et les assauts de sa mère qui essaie de manger son âme immortelle, Howard va vivre une véritable journée en enfer.
Arrêtez tout et plongez dans ce délire tout droit venu d’Australie ! Nekrotronic, un titre aussi nawak que chiant à écrire, est un film fourre-tout mais ô combien jubilatoire concocté par les deux frangins Roache-Turner (Road of the Dead), Kiah à la mise en scène et au scénario, Tristan coauteur et producteur. Passionnés par le cinéma et plus particulièrement du genre fantastique, les frères signent un premier long métrage complètement survolté, bourré de références, de couleurs psychédéliques, d’effets visuels et de créatures surnaturelles, le tout passé à la centrifugeuse pendant près de cent minutes qui ne laissent aucun répit au spectateur. Assurément l’une des découvertes les plus sympas du moment.
SCARY STORIES (Scary Stories to Tell in the Dark) réalisé par André Øvredal, disponible en DVD et Blu-ray le 4 janvier 2020 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush, Austin Abrams, Dean Norris, Gil Bellows, Austin Zajur, Natalie Ganzhorn, Lorraine Toussaint, Kathleen Pollard
Scénario : Dan Hageman, Kevin Hageman, Guillermo del Toro d’après le roman d’Alvin Schwartz
Photographie : Roman Osin
Musique : Marco Beltrami, Anna Drubich
Durée : 1h48
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Dans un manoir abandonné, un groupe de jeunes trouve un livre qui raconte des histoires terrifiantes. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… La petite ville va alors faire face à une vague de morts particulièrement atroces, et chacun devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage.
« Du producteur visionnaire Guillermo del Toro » scandait l’affiche. C’est vrai que l’on préfère le Guillermo del Toro producteur plutôt que le réalisateur de ces dix dernières années, car on ne peut pas dire que Pacific Rim (2013), Crimson Peak (2015) et La Forme de l’eau (2017) aient été de franches réussites. En revanche, Mama (2013) d’Andres Muschietti et La Légende de Manolo (2014) de Jorge R. Gutierrez ont été de très belles surprises. Même chose pour Scary Stories, dont le titre original Scary Stories to Tell in the Dark renvoie à la série de livres pour enfants d’Alvin Schwartz, qui porte la griffe du cinéaste mexicain, mais dans le bon sens du terme. Guillermo del Toro a misé sur le réalisateur norvégien André Øvredal, très remarqué en 2016 avec le formidable The Jane Doe Identity – The Autopsy of Jane Doe. S’il s’inspire de romans pour jeune public (qui en ont effrayé plus d’un), Scary Stories s’avère un divertissement pour les parents et leurs ados, qui contient son lot d’émotions fortes avec notamment quelques créatures fantastiques qui foutent bien les jetons. Non seulement ça, les personnages, l’ambiance, les rebondissements, la direction artistique et la mort qui rôde autour des personnages font penser à un mélange de Ça de Stephen King (et donc ses deux adaptations à l’écran) et de Destination Finale. C’est du tout bon, cela fait son effet et on en redemande.
THE BOAT réalisé par Winston Azzopardi, disponible en DVD et Blu-ray le 25 janvier 2020 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Joe Azzopardi
Scénario : Winston Azzopardi, Joe Azzopardi
Photographie : Marek Traskowski
Musique : Lachlan Anderson
Durée : 1h29
Date de sortie initiale : 2018
LE FILM
Un marin est prisonnier d’un vaisseau fantôme perdu au milieu de la Méditerranée.
Voilà. C’est ça The Boat. Non, en réalité le premier long métrage du réalisateur maltais Winston Azzopardi est bien plus complexe que cela et mérite surtout qu’on s’y attarde. Scénariste, directeur de production sur World War Z, 13 Hours et Assassin’s Creed, producteur (Troie de Wolfgang Petersen, Le Crime de l’Orient-Express de Kenneth Branagh), Winston Azzopardi avait jusqu’à maintenant signé quelques téléfilms, courts-métrages et documentaires. L’histoire de The Boat se déroule au large de Malte et le casting se compose uniquement de Joe Azzopardi, fils de Winston, également co-producteur et co-scénariste. Véritable petit tour de force, The Boat est une série B très efficace, qui suinte d’amour pour le genre, pas forcément convaincante de bout en bout, mais suffisamment maline, prenante, mystérieuse et techniquement aboutie pour retenir l’attention du spectateur.
ANDY réalisé par Julien Weill, disponible en DVD le 4 janvier 2020 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Vincent Elbaz, Alice Taglioni, Jacques Weber, Philippe Cura, Brigitte Roüan, Yannick Samot, Nicolas Wanczycki, Alysson Paradis, Anne Caillon, Manöelle Gaillard…
Scénario : Grégory Boutboul, Vincent Elbaz, Julien Weill, Bernard Jeanjean
Photographie : Rémy Chevrin
Musique : Marco Beltrami, Anna Drubich
Durée : 1h28
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Thomas, un doux oisif, a toujours réussi à mener sa vie sans faire le moindre effort ; jusqu’au jour où il se retrouve à la rue contraint de vivre dans un foyer. C’est là qu’il rencontre Margaux, qui y travaille mais surtout s’y réfugie après une histoire d’amour douloureuse. Obligé de travailler, Thomas pense avoir trouvé le job idéal : escort boy. Or, même ça il ne peut le faire comme tout le monde. Il va alors entraîner Margaux dans un partenariat aux rebondissements aussi drôles qu’inattendus.
Il y a plus de dix ans, le cinéma français, ou plutôt la comédie française se focalisait sur les personnages de jeunes trentenaires immatures, qui peinaient à entrer dans l’âge adulte. Les films se bousculaient alors dans les salles avec des titres aussi évocateurs que L’Âge d’homme, maintenant ou jamais, Tel père, telle fille, Notre univers impitoyable, Ma vie en l’air, Dépression et des potes, Situation amoureuse : C’est compliqué, La Stratégie de la poussette, J’me sens pas belle, sans compter les films avec Alexandra Lamy, Clovis Cornillac, Julien Boisselier et bien d’autres. Parmi ces films se trouvent un élément récurrent, le comédien Vincent Elbaz. Révélé en 1994 par Cédric Klapisch dans Le Péril jeune, l’acteur a alors 26 ans quand il enchaîne deux hits en 1997, Les Randonneurs de Philippe Harrel et La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou. Depuis, Vincent Elbaz a très peu côtoyé les sommets du box-office, mais n’a jamais chômé, apparaissant dans des œuvres variées chez Michel Spinoza, Gabriel Aghion, Michel Deville, Patrice Leconte, Michel Blanc, Rémi Bezançon, Bruno Podalydès, Ariel Zeitoun, Eric Toledano et Olivier Nakache. S’il a évidemment pris de la bouteille comme tout le monde, l’acteur aujourd’hui âgé de 48 ans parvient à conserver cette énergie juvénile qui le caractérise. Contrairement à son rôle dans l’excellent Ma vie en l’air de Rémi Bezançon, mais comme dernièrement dans Daddy Cool de Maxime Govare, Vincent Elbaz devient dans Andy celui qui squatte l’appartement, le type qui n’a pas vu passer les années et qui se retrouve à l’âge de 45 ans confronté à la dure réalité de la vie.
DOMINO: LA GUERRE SILENCIEUSE (Domino) réalisé par Brian De Palma, disponible en DVD et Blu-ray le 12 octobre 2019 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Nikolaj Coster-Waldau, Guy Pearce, Carice van Houten, Eriq Ebouaney, Younes Bachir, Søren Malling, Paprika Steen, Nicolas Bro…
Scénario : Petter Skavlan
Photographie : José Luis Alcaine
Musique : Pino Donaggio
Durée : 1h29
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Lors d’une intervention de routine, un policier assiste impuissant à l’agression de son co-équipier. Son enquête pour retrouver le coupable va l’amener à parcourir l’Europe pour retrouver la trace d’un mystérieux terroriste qui entretient des relations ambiguës avec la CIA. Dans l’ombre des démocraties, une guerre silencieuse fait rage.
Houlà…ah oui d’accord…c’est ça donc le fameux Domino : La Guerre silencieuse, le retour du légendaire Brian De Palma derrière la caméra six ans après le mal-aimé et pourtant pas si mal Passion, remake du Crime d’amour d’Alain Corneau sorti en 2013. De l’aveu même du réalisateur, son dernier bébé s’est fait dans la douleur (« Le film était très mal financé. J’ai passé beaucoup de temps dans des chambres d’hôtel à attendre que l’argent pour qu’on puisse continuer à tourner arrive. J’ai passé 100 jours en Europe et on n’a pu tourner que 30 jours » a-t-il lâché à la Cinémathèque française en 2018)et l’a d’ailleurs pour ainsi dire renié en raison des conditions de tournage catastrophiques et après s’être fait confisquer le final cut. Un peu le même syndrome que La Sentinelle – Dying of the Light de Paul Schrader en 2014. Soyons honnêtes, même si certaines séquences témoignent de la présence du cinéaste derrière la caméra, l’ensemble laisse sérieusement à désirer et fait penser à un épisode de série télé des années 1990, à l’esthétique bâclée, au rythme inexistant et à l’interprétation neurasthénique. Bon d’accord, son premier roman, Les Serpents sont-ils nécessaires ?, écrit avec sa compagne Susan Lehman n’était franchement pas une réussite non plus, alors peut-on espérer un jour le grand retour de Brian De Palma ?
TRAÎNÉ SUR LE BITUME (Dragged Across Concrete) réalisé par S. Craig Zahler, disponible en DVD et Blu-ray le 3 août 2019 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Mel Gibson, Vince Vaughn, Tory Kittles, Michael Jai White, Jennifer Carpenter, Laurie Holden, Fred Melamed, Thomas Kretschmann, Don Johnson, Udo Kier…
Scénario : S. Craig Zahler
Photographie : Benji Bakshi
Musique : Jeff Herriott, The O’Jays, S. Craig Zahler
Durée : 2h38
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Deux policiers sont suspendus pour usage abusif de la force après une arrestation musclée. A court d’argent, ces deux représentants de l’ordre basculent de l’autre côté de la loi pour s’arroger une compensation. Ils prennent en filature de dangereux braqueurs de banque afin de s’emparer de leur futur butin.
Amateurs de polars, précipitez-vous sur Traîné sur le bitume – Dragged Across Concrete, le troisième long métrage de réalisateur S. Craig Zahler. Après sa révélation avec Bone Tomahawk (Grand Prix au Festival international du film fantastique de Gérardmer en 2016) et sa confirmation avec Section 99 – Brawl in Cell Block 99, le cinéaste signe un polar hors-norme, par sa durée (2h40), mais aussi et surtout par sa densité, sa mise en scène, son interprétation, son casting (Mel Gibson et Vince Vaughn, sublimes), sa photographie, sa violence, son rythme languissant, sa sécheresse, bref autant le dire immédiatement, Traîné sur le bitume est un putain de chef d’oeuvre anxiogène qui se place déjà en lice pour être le meilleur film de l’année 2019.
STAN & OLLIE réalisé par Jon S. Baird, disponible en DVD le 17 juillet 2019 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Steve Coogan, John C. Reilly, Shirley Henderson, Nina Arianda, Danny Huston, Rufus Jones, Susy Kane, Bentley Kalu…
Scénario : Jeff Pope
Photographie : Laurie Rose
Musique : Rolfe Kent
Durée : 1h34
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
1953. Laurel et Hardy, le plus grand duo comique de tous les temps, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre. Désormais vieillissants et oubliés des plus jeunes, ils peinent à faire salle comble. Mais leurs capacités à se faire rire mutuellement et à se réinventer vont leur permettre de reconquérir le public, et renouer avec le succès.
Il fallait s’y attendre. D’ailleurs, cela faisait un bon bout de temps qu’on en entendait parler. Stan et Ollie ou Stan & Ollie est le biopic consacré au duo comique Laurel et Hardy constitué en 1927 et formé par les comédiens Stan Laurel (1890-1965) et Oliver Hardy (1892-1957). Comme son titre l’indique, ce film se focalise sur les deux individus, artistes certes, mais avant tout deux êtres humains qui ne se seront pour ainsi dire jamais quittés pendant trente ans. S’il ne révolutionne en rien un genre désormais ultra-balisé, Stan & Ollie est une très grande et heureuse surprise. Pour deux raisons. Tout d’abord, on ne s’attendait pas à être cueillis de la sorte par l’émotion distillée durant 1h40. Deuxièmement, on reste bluffés par la performance des deux têtes d’affiche, les merveilleux Steve Coogan et John C. Reilly, sublimes, incroyables de mimétisme, drôles, bouleversants, qui font littéralement revivre à l’écran le mythique tandem.
EXFILTRÉS réalisé par Emmanuel Hamon, disponible en DVD le 17 juillet 2019 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Swann Arlaud, Finnegan Oldfield, Jisca Kalvanda, Charles Berling, Kassem Al Khoja, Ethan Palisson, Sophie Cattani, Andrino Mpioso, Driss Ramdi, Mathieu Lourdel…
Scénario : Emmanuel Hamon, Benjamin Dupas
Photographie : Thomas Bataille
Musique : Armand Amar
Durée : 1h38
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
A Paris, deux jeunes activistes montent une opération d’exfiltration à hauts risques pour ramener en France une mère et son jeune fils pris au piège dans l’enfer de Daech.
Ancien assistant de Régis Wargnier sur Indochine (1991), de Diane Kurys sur Après l’amour (1991), de Patrice Chéreau sur La Reine Margot (1994), de Robert Altman sur Prêt-à-porter (1994) et de Philippe Lioret sur Tenue correcte exigée (1996), Emmanuel Hamon possède un C.V. fort recommandable. Il se tourne vers le documentaire politique, social et historique. Fort de cette expérience, le réalisateur signe un premier long métrage, Exfiltrés, qui reflète ses préoccupations, sa connaissance du terrain, des enjeux politiques, du terrorisme. Véritable tour de force, Exfiltrés est un thriller haut de gamme inspiré par une histoire vraie, merveilleusement interprété, couillu, tendu, passionnant et qui fait froid dans le dos.
ÉVASION 3 : THE EXTRACTORS(Escape Plan: The Extractors) réalisé par John Herzfeld, disponible en DVD et Blu-ray le 17 juillet 2019 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Sylvester Stallone, Dave Bautista, 50 Cent, Jaime King, Jin Zhang, Devon Sawa, Harry Shum Jr., Russell Wong, Daniel Bernhardt…
Scénario : Miles Chapman
Photographie : Jacques Jouffret
Musique : Victor Reyes
Durée : 1h37
Année de sortie : 2019
LE FILM
Cette fois, c’est personnel : la compagne de Ray Breslin a été kidnappée. Ray, le spécialiste des systèmes haute sécurité, peut compter sur ses complices experts, l’informaticien Hush et le mercenaire Trent de Rosa, pour s’attaquer au pénitencier imprenable où elle est enfermée. Ensemble, ils vont élaborer l’extraction la plus délicate de leur prestigieuse carrière.
LAST FLAG FLYING – LA DERNIÈRE TOURNÉE (Last Flag Flying) réalisé par Richard Linklater, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 8 février 2019 chez Metropolitan Vidéo
Acteurs : Bryan Cranston, Laurence Fishburne, Steve Carell, J. Quinton Johnson, Deanna Reed-Foster, Yul Vazquez, Graham Wolfe, Jeff Monahan…
Scénario : Richard Linklater, Darryl Ponicsan
Photographie : Shane F. Kelly
Musique : Graham Reynolds
Durée : 2h05
Date de sortie initiale : 2018
LE FILM
30 ans après avoir servi ensemble durant la guerre du Vietnam, Larry Shepherd, un ancien de la Navy, retrouve ses vieux camarades, Sal Nealon et le révérend Richard Mueller, pour les funérailles de son fils également Marine, tué au combat en Irak. Refusant qu’il soit enterré au cimetière militaire d’Arlington, Larry demande à ses amis de l’aider à emmener le corps pour un voyage le long de la côte Est jusqu’au New Hampshire.
Richard Linklater est un des réalisateurs indépendants américains les plus prolifiques et éclectiques du cinéma contemporain. On lui doit notamment un des plus beaux triptyques de ces quinze dernières années Before Sunrise – Before Sunset – Before Midnight (1995-2004-2013) et dernièrement Boyhood, oeuvre exceptionnelle tournée par intermittence sur une période de douze ans, de 2002 à 2013, avec la même distribution et la même équipe technique. Après Everybody Wants Some !! que l’on pouvait voir comme une suite spirituelle à Génération rebelle (Dazed and Confused, 1993), le cinéaste revient avec un film centré sur des personnages plus âgés et matures. Avec sa mélancolie habituelle, Richard Linklater dresse le portrait de trois hommes arrivés à l’automne de leur existence. Last Flag Flying – La Dernière Tournée est un road-movie tragicomique sur le deuil, l’amour et l’amitié au coeur de l’Amérique, merveilleusement interprété par trois comédiens, parfaits de complicité. S’il n’est pas aussi émouvant que ses films précédents, ce projet intimiste mûri par le cinéaste pendant près de quinze ans, n’en est pas moins très attachant et marque les esprits.
En 2003, Larry « Doc » Sheperd, un ancien médecin de la Navy, retrouve Sal Nealon, un gérant de bar et le révérend Richard Mueller. Tous les trois ont combattu ensemble au Vietnam mais ils ne s’étaient pas revus depuis trente ans. Larry est venu leur demander de l’accompagner aux funérailles de son fils, mort au combat en Irak et dont le corps vient d’être rapatrié aux Etats-Unis. Sur la route, l’émotion se mêle aux fous-rires car les trois hommes voient leurs souvenirs remonter et ils retrouvent leur camaraderie.
Comme souvent chez Richard Linklater, Last Flag Flying – La Dernière Tournée, adapté du roman éponyme de Darryl Ponicsan (The Last Detail, transposé au cinéma en 1973 par Hal Ashby, sous le titre La Dernière Corvée), agit en deux temps. C’est tout d’abord l’excellence de ses acteurs qui subjugue. Bryan Cranston, Steve Carell et Laurence Fishburne crèvent l’écran et se complètent avec une alchimie non feinte. Derrière des dialogues très abondants et des séquences que le réalisateur n’hésite pas à étirer (parfois trop sans doute) en voiture et en train, le film et les personnages se dévoilent progressivement. Habituellement, Richard Linklater s’interroge sur la signification de grandir et sur la façon de devenir adulte. Ici, changement de génération, puisque ses trois protagonistes quinquagénaires, vétérans du Vietnam, ont vu leur jeunesse s’évaporer. S’ils se sont perdus de vue durant trente ans, leur passé commun les relie à nouveau et les rattrape dans un contexte de guerre, puisque l’action se déroule en 2003, lors de la capture de Saddam Hussein.
Richard Linklater nous renvoie à notre propre vie, au temps qui passe, sujet alors récurrent chez le cinéaste. A travers la mort du fils d’un des personnages, tué durant la guerre en Irak, le réalisateur montre que quels que soient l’âge et les expériences, tout le monde est logé à la même enseigne car tous sont dans la même galère, avec les mêmes peurs. La mise en scène apparaît cependant trop sage, Richard Linklater préférant se concentrer sur ses trois têtes d’affiche, sur leurs traits marqués, sur les non-dits ou au contraire sur leur bagou qui dissimule en réalité moult blessures. Ce que l’on retient surtout de Last Flag Flying – La Dernière Tournée, c’est surtout la puissance de tous les comédiens, brillants, drôles, complices, spontanés, bouleversants, merveilleusement dirigés.
L’oeuvre de Richard Linklater peut paraître simple, mais comme toujours chez le cinéaste, la sensibilité, la délicatesse et la nostalgie y sont universelles, même quand la notion de patriotisme est abordée, et la réussite est encore une fois au rendez-vous. C’est cette pudeur et cette retenue qui font la force du cinéma de Richard Linklater, jusqu’à ce que les larmes coulent enfin durant l’ultime scène du film, avant de laisser le trio s’évanouir dans un fondu au noir.
LE BLU-RAY
Le test du Blu-ray de Last Flag Flying – La Dernière Tournée, disponible chez Metroplitan Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et musical, sobre.
On sait Richard Linklater très généreux, donc la petite poignée de scènes coupées (5’30) ne donne sûrement qu’un bref aperçu des séquences abandonnées au montage. Celles présentées ici sont très belles, notamment quand Sal et Richard s’entraident pour enfiler leur uniforme avant de se rendre aux funérailles.
Un montage de « prises en plus » fait office de petit bêtisier (9’) où les trois comédiens principaux apparaissent très complices.
Le making of (16’) fait son office en compilant les propos des acteurs, du réalisateur et d’autres intervenants mystérieux (leurs noms ne sont pas indiqués), avec des images du plateau. Les thèmes, l’évolution des personnages, le roman original et les conditions de tournage sont abordés.
Le module intitulé Le Jour des vétérans (6’) donne la parole à quelques membres de l’équipe du film, aux comédiens, au réalisateur et à bien d’autres, qui donnent leur impression sur le tournage de la scène où Larry vient se recueillir sur le cercueil de son fils rapatrié d’Irak.
L’interactivité se clôt
sur un lot de bandes annonces et des liens internet.
L’Image et le son
Le master HD dépasse toutes les attentes et restitue merveilleusement les partis-pris esthétiques stylisés du chef opérateur Shane F. Kell, complice de Richard Linklater (A Scanner Darkly, Boyhood). Le piqué demeure constamment vif et acéré. La colorimétrie se révèle joliment glacée, les contrastes denses, la compression solide comme un roc. Toutefois, le rendu n’est pas optimal et certaines séquences posent quelques problèmes avec une gestion aléatoire des noirs, ainsi qu’une perte des détails. Rien de bien rédhibitoire ceci dit.
Last Flag Flying – La Dernière Tournée n’est pas un film à effets et les mixages français et anglais DTS-HD Master Audio 5.1 ne font pas d’esbroufe inutile. L’essentiel de l’action est canalisé sur les enceintes avant, même si chacune des séquences en extérieur s’accompagne inévitablement de petites ambiances naturelles sur les latérales. Il en est de même pour la musique du film, systématiquement mise en valeur par l’ensemble des enceintes. Les voix demeurent claires, limpides, solidement délivrées par la centrale, bien que la version française (horrible, il faut bien le dire) demeure nettement moins ardente que son homologue.