Test Blu-ray / Domino: La Guerre silencieuse, réalisé par Brian De Palma

DOMINO: LA GUERRE SILENCIEUSE (Domino) réalisé par Brian De Palma, disponible en DVD et Blu-ray le 12 octobre 2019 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs : Nikolaj Coster-Waldau, Guy Pearce, Carice van Houten, Eriq Ebouaney, Younes Bachir, Søren Malling, Paprika Steen, Nicolas Bro…

Scénario : Petter Skavlan

Photographie : José Luis Alcaine

Musique : Pino Donaggio

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Lors d’une intervention de routine, un policier assiste impuissant à l’agression de son co-équipier. Son enquête pour retrouver le coupable va l’amener à parcourir l’Europe pour retrouver la trace d’un mystérieux terroriste qui entretient des relations ambiguës avec la CIA. Dans l’ombre des démocraties, une guerre silencieuse fait rage.

Houlà…ah oui d’accord…c’est ça donc le fameux Domino : La Guerre silencieuse, le retour du légendaire Brian De Palma derrière la caméra six ans après le mal-aimé et pourtant pas si mal Passion, remake du Crime d’amour d’Alain Corneau sorti en 2013. De l’aveu même du réalisateur, son dernier bébé s’est fait dans la douleur (« Le film était très mal financé. J’ai passé beaucoup de temps dans des chambres d’hôtel à attendre que l’argent pour qu’on puisse continuer à tourner arrive. J’ai passé 100 jours en Europe et on n’a pu tourner que 30 jours » a-t-il lâché à la Cinémathèque française en 2018) et l’a d’ailleurs pour ainsi dire renié en raison des conditions de tournage catastrophiques et après s’être fait confisquer le final cut. Un peu le même syndrome que La SentinelleDying of the Light de Paul Schrader en 2014. Soyons honnêtes, même si certaines séquences témoignent de la présence du cinéaste derrière la caméra, l’ensemble laisse sérieusement à désirer et fait penser à un épisode de série télé des années 1990, à l’esthétique bâclée, au rythme inexistant et à l’interprétation neurasthénique. Bon d’accord, son premier roman, Les Serpents sont-ils nécessaires ?, écrit avec sa compagne Susan Lehman n’était franchement pas une réussite non plus, alors peut-on espérer un jour le grand retour de Brian De Palma ?

Christian est un policier de Copenhague. Son coéquipier Lars Hansen est tué par un terroriste membre de l’ISIS, Ezra Tarzi. Avec la maîtresse de son défunt collègue, il part alors à la recherche du meurtrier. Leur enquête les mène de la Scandinavie à l’Espagne, au cœur d’une Europe menacée par le terrorisme, où ils côtoient l’agent de la CIA Joe Martin.

Domino: La Guerre silencieuse c’est en quelque sorte la continuité de l’indispensable et puissant Redacted (Lion d’Argent à la Mostra de Venise 2007), dernier grand film de son auteur, faux documentaire qui traitait de la guerre en Irak et qui revenait sur des faits réels tels que les enlèvements, les attentats-suicides et le viol d’une fillette irakienne en mars 2006 par des soldats américains. Le récit de Domino (titre original) se déroule en 2020 et se focalise sur les attentats perpétrés en Europe par l’État islamique, ainsi que sur les méthodes utilisées par la CIA pour pouvoir mettre la main sur les terroristes. Une histoire qui convient parfaitement à Brian De Palma, qui aurait pu lui permettre d’explorer quelques-unes de ses thématiques favorites comme la paranoïa, l’obsession et l’angoisse, la jalousie, les faux-semblants, la manipulation. Cependant, contrairement à Passion, dans lequel BdeP revenait aux sources de son cinéma et faisait encore preuve d’une virtuosité confondante, rien ne fonctionne d’entrée de jeu dans Domino. La faute à un budget sans doute anémique, des décors foireux, une photographie décevante de José Luis Alcaine (pourtant déjà à l’oeuvre sur Passion), une intrigue qui sonne creux et des personnages transparents.

Pourtant, le casting est affriolant et l’on se réjouissait de retrouver Nikolaj Coster-Waldau et Carice van Houten après la dernière saison de Game of Thrones. Si le premier s’en sort pas trop mal, sans se forcer, même s’il a l’air de trouver le temps long, Carice van Houten a vraiment l’air de s’endormir durant ses répliques et n’est guère soutenue par une caméra qui ne parvient jamais à mettre son charisme en valeur. Egalement au générique, Guy Pearce, dont le rôle complètement sacrifié ne laisse aucun souvenir après le film. Ajoutez à cela des comédiens à la tronche patibulaire qui crient « Allah Akbar » du début à la fin (faites gaffe si vous avez des voisins bizarres) et vous obtenez un cocktail déjà faisandé et dépassé par l’actualité, ou plutôt devenu « trop » d’actualité et déjà repris par moult films et séries télévisées.

Limité dans sa création, Brian De Palma n’a aucun moyen d’imposer son style, même si quelques séquences, à l’instar du final dans une arène d’Almería rappelle évidemment les grandes heures du réalisateur comme Blow Out et L’Esprit de Caïn. Mais il s’agit en réalité d’un spectre, d’un écho lointain, d’une réminiscence, avec une double-focale par ci, un split-screen par là, une caméra subjective rapide. Même chose pour la composition de Pino Donaggio, qui se contente de reprendre quelques éléments épars de ses anciennes compositions réalisées jadis pour le maître.

Domino : La Guerre silencieuse est un thriller politique qui fait pschitt, un film sérieusement malade et qui pourtant démontre parfois que Brian De Palma en a encore sous le capot.

LE BLU-RAY

Metropolitan Vidéo annonce Domino : La Guerre silencieuse pour le 12 octobre 20149 en DVD et Blu-ray. Sortie technique pour l’éditeur qui livre le minimum syndical. Le menu principal est d’ailleurs pauvre, très légèrement animé et musical.

Un lot de bandes-annonces pour bonus..

L’Image et le son

Même ici, une fois n’est pas coutume, le master HD est paresseux. D’accord la photographie de José Luis Alcaine laisse à désirer, mais les partis pris ne sont même pas relevés par ce Blu-ray aux couleurs tristes et à la définition aléatoire. Certains plans sortent du lot, en extérieur jour surtout, mais les détails manquent à l’appel, les contrastes sont parfois décevants et la profondeur de champ guère exploitée. Il s’agit d’un DVD sensiblement amélioré, mais le piqué demeure médiocre tout du long.

Vous pouvez compter sur les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 anglais et français pour vous plonger délicatement mais sûrement dans l’ambiance du film, bien que l’action demeure souvent réduite. La bande originale est la mieux lotie. Toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, ainsi que les enceintes latérales qui distillent quelques effets naturels. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus naturelle et homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale.

Crédits images : © Metropolitan Vidéo / Saban Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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