Test Blu-ray / Comment se débarrasser de son patron, réalisé par Colin Higgins

COMMENT SE DÉBARRASSER DE SON PATRON (Nine to Five) réalisé par Colin Higgins, disponible en Blu-ray le 9 juillet 2019 chez BQHL Editions

Acteurs : Jane Fonda, Lily Tomlin, Dolly Parton, Dabney Coleman, Sterling Hayden, Elizabeth Wilson, Henry Jones, Lawrence Pressman…

Scénario : Colin Higgins, Patricia Resnick

Photographie : Reynaldo Villalobos

Musique : Charles Fox

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Judy, Violet et Doralee travaillent dans une importante société et toutes trois ont eu des problèmes avec Franklin, leur chef. Elles ne pensent qu’à se venger. Elles concluent un pacte et unissent leurs forces afin de prendre une revanche sur les hommes et leur domination.

Si vous aimez les grandes comédies américaines des années 1970-80, celles où les acteurs et actrices portent des costumes improbables et arborent des coupes de cheveux concoctées par des ingénieurs, mais surtout celles où les dialogues sont sublimes de finesse et d’intelligence, celles où les numéros d’acteurs s’enchaînent comme des perles sur un collier et surtout celles qui ont des choses à dire tout en faisant rire les spectateurs, alors Comment se débarrasser de son patron – rien à voir avec les récents Comment tuer son boss – est fait pour vous ! Réalisé en 1980 par Colin Higgins (1941-1988), scénariste et producteur d’Harold et Maude, Nine to Five, titre original, est rapidement devenu un film culte, décliné depuis en comédie-musicale. Sur un vrai bijou de scénario, les trois comédiennes, Jane Fonda, Lily Tomlin et Dolly Parton (qui interprète également la chanson-titre) s’en donnent à coeur joie et livrent l’une de leurs meilleures prestations. Explosives, sublimes, hilarantes, les actrices portent cette comédie sociale, qui rend hommage aux femmes du Baby Boom, qui ont su concilier leur vie de mère de famille et leur vie professionnelle. Une œuvre féministe, dans le bon sens du terme, qui délivre son message sans marteler les consciences, tout en divertissant une audience alors en totale empathie avec ces remarquables personnages féminins.

Le « sexiste, égotiste, sectaire, hypocrite et menteur » Franklin Hart Jr. règne en maître absolu sur le service comptabilité/clientèle de la puissante société Consolidated dont le riche et aventureux Russel Tinsworthy est Président. Il est secondé par sa fidèle assistante Roz qui n’hésite pas à se cacher dans les toilettes pour surprendre les conversations personnelles de ses collègues, majoritairement des femmes, et lui en remettre des comptes-rendus détaillés. Fraîchement divorcée et nouvellement embauchée à Consolidated, où son inexpérience la conduit à multiplier les maladresses, Judy Bernly se révolte quand les dénonciations de Roz permettent à Frank Hart de licencier une employée. Presque simultanément, Hart provoque l’ire de deux autres employées. Il refuse à Violet Newstead, sa plus ancienne collaboratrice, une promotion méritée au profit d’un collègue moins ancien qu’elle mais qui a le mérite, à ses yeux, d’être un homme. Enfin, il répète sans cesse que Doralee Rhodes, sa sculpturale secrétaire, se donne à lui alors, qu’en épouse fidèle, elle repousse constamment ses avances. Déprimées et abattues, Judy, Violet et Doralee se retrouvent au comptoir du bar « Charly ». L’alcool et la marijuana aidant, elles retrouvent ensemble leur gaité au cours d’une soirée durant laquelle chacune expose son plan pour les débarrasser de leur patron : chasse à l’homme pour l’aventurière Judy, capture au lasso et cuisson au feu de bois, à la mode Western pour la cow-girl Doralee et poison pour Violet muée en une Blanche-Neige qui renverse le cours du conte. La réalité les rattrape lorsque Violet assaisonne de mort-au-rat le café que lui a réclamé Hart en confondant la boîte jaune du pesticide avec celle, tout aussi jaune, de la saccharine.

Le reste ? On vous laisse le (re)découvrir car Comment se débarrasser de son patron multiplie les morceaux de bravoure et les scènes cultes du début à la fin. Nine to Five est ainsi divisé en plusieurs parties. La présentation classique des personnages, leur environnement qui rappelle celui de La Garçonnière de Billy Wilder (comme quoi, rien n’a changé), le noyau central avec le boss merveilleusement incarné par Dabney Coleman et les trois employées qui nous intéressent, s’agitant comme des électrons dans cet atome placé sous le signe du billet vert. Après la séquence où les trois nanas fantasment, aidées en cela par un joint partagé, Comment se débarrasser de son patron bifurque vers le burlesque avec l’épisode de l’hôpital. Enfin, le dernier tiers est consacré à la reprise en main de l’entreprise, ou de son mode de fonctionnement plutôt, par nos trois protagonistes, qui tout en séquestrant leur patron,  « empruntent » sa signature pour revaloriser les employés, aménager leurs horaires de travail, repenser le mobilier, créer une garderie dans un bureau voisin, augmenter les salaires, etc. Tout cela dans l’intérêt de leurs collègues et au bénéfice de la société. Une utopie certes, mais traitée sur un mode slapstick savoureux, jubilatoire, qui titille autant la cervelle que les zygomatiques.

Chaînon manquant entre Mike Nichols et Blake Edwards, Comment se débarrasser de son patron est ni plus ni moins un chef d’oeuvre de la comédie américaine, immense succès à sa sortie aux Etats-Unis (plus de cent millions de dollars de recette pour un budget de dix), à réhabiliter de toute urgence.

LE BLU-RAY

Comment se débarrasser de son patron fait partie de la vague de Blu-ray éditée par BQHL en juillet 2019. La jaquette reprend le visuel de l’affiche originale du film. Cette édition comprend à la fois le Blu-ray et le DVD. Le menu principal est animé et musical.

Aucun supplément sur cette édition. D’ailleurs, nous ne trouvons pas non plus de chapitrage. Seul le lancement du film est disponible.

L’Image et le son

BQHL Editions nous propose un nouveau master Haute-Définition de Comment se débarrasser de son patron. Nous ne sommes pas déçus ! Dès le générique, la colorimétrie s’impose par sa vivacité, le relief des rues de New York est très appréciable et le piqué est agréable sur les séquences diurnes. Le chef-opérateur Reynaldo Villalobos (Risky Business, Il était une fois le Bronx , Loin du paradis) voit sa photo merveilleusement restituée et offre un lot de détails conséquents, dignes du support HD, sur les costumes. Si la profondeur de champ n’est guère exploitée, certains gros plans étonnent par leur précision, la clarté est de mise, les contrastes probants (y compris sur la séquence « animée »), la copie stable et les noirs denses. N’oublions pas non plus la vertueuse propreté de la copie, débarrassée de toutes les scories. La texture argentique est flatteuse et revoir Comment se débarrasser de son patron dans ces belles conditions est très réjouissant.

La version originale est présentée en LPCM 2.0 et la piste française en Dolby Digital 2.0. Le confort acoustique est largement assuré par ces deux options. Ecoute propre, dynamique, sans aucun souffle. Signalons l’excellence du doublage français. Les sous-titres ne sont pas imposés.

Crédits images : © 20th Century Fox / BQHL Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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