Test Blu-ray / Le Chat, réalisé par Pierre Granier-Deferre

LE CHAT réalisé par Pierre Granier-Deferre, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 décembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Simone Signoret, Annie Cordy, Jacques Rispal, Yves Barsacq, Nicole Desailly, Harry-Max, André Rouyer…

Scénario : Pascal Jardin & Pierre Granier-Deferre, d’après le roman de Georges Simenon

Photographie : Walter Wottitz

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Dans leur petit pavillon de banlieue épargné par la démolition, un vieux couple sans enfants se déchire. Lui, Julien Bouin, ouvrier à la retraite, ne l’aime plus, elle, Clémence Bouin, ancienne trapéziste qui a dû abandonner sa carrière suite à une chute. Lorsque Julien recueille un chat à qui il donne toute son affection, la jalousie commence à s’emparer de Clémence.

C’est un chef d’oeuvre d’une noirceur inégalée dans le cinéma français. Le Chat, réalisé par Pierre Granier-Deferre demeure une des plus grandes références du drame psychologique et sans doute le meilleur film du réalisateur. Immédiatement après La Horse (2,1 millions d’entrées), le cinéaste est quelque peu poussé par son scénariste Pascal Jardin pour enchaîner immédiatement après avec l’adaptation du roman éponyme de Georges Simenon, Le Chat (publié en 1967). Ils parviennent à convaincre Jean Gabin de participer à ce projet. S’il était tout d’abord réticent, le comédien considérera ce long-métrage comme son meilleur film de l’après-guerre, qui lui vaudra d’ailleurs l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival de Berlin, récompense qu’il avait déjà obtenu en 1959 pour le mythique Archimède le clochard, et qu’il partagera d’ailleurs avec sa partenaire à l’écran, l’immense Simone Signoret. Le Chat est un film extrêmement difficile, redoutable, vachard, percutant et surtout bouleversant, dans lequel deux êtres qui se sont aimés, n’arrivent même plus ou à peine à se regarder. Comme du sel versé sur une plaie, Le Chat fait mal, physiquement avec certaines séquences et répliques qui agissent comme un direct à l’estomac, mais aussi à l’âme avec ces deux monstres que l’on a aimés séparément au cinéma et que l’on aurait voulu sans doute se voir s’aimer à l’écran, qui s’affrontent durement pendant un peu plus d’une heure vingt est une expérience que l’on pourrait qualifier de traumatisante. Si ce huis clos affiche un demi-siècle au compteur, il n’a absolument rien perdu de son fiel et prend encore le spectateur à la gorge.

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Test Blu-ray / Le Soleil des voyous, réalisé par Jean Delannoy

LE SOLEIL DES VOYOUS réalisé par Jean Delannoy, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 décembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Robert Stack, Margaret Lee, Jean Topart, Suzanne Flon, Walter Giller, Lucienne Bogaert, Albert Michel…

Scénario : Alphonse Boudard & Jean Delannoy, d’après le roman de J.M. Flynn

Photographie : Walter Wottitz

Musique : Francis Lai

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Denis Ferrand est un homme tranquille et riche, propriétaire d’un café, d’un garage et d’une auberge luxueuse. Il jouit de la considération générale de la ville. Pourtant dans sa jeunesse, il était Denis « le fignoleur », un truand rusé et audacieux. Pour l’amour de Marie-Jeanne qu’il a épousée, il s’est rangé définitivement. En face de son bar, se trouve une banque. Toutes les fins de mois, lorsque Denis reste pour faire ses comptes, il peut voir le convoi qui vient chercher la paye du centre nucléaire de Farville. Alors Denis rêve… petit à petit il échafaude le coup qu’il aurait monté dans sa jeunesse…

L’une des collaborations les plus fructueuses et prolifiques de Jean Gabin reste celle entamée en 1952 avec le cinéaste Jean Delannoy (1908-2008). Six longs métrages en commun, six énormes succès populaires avec La Minute de vérité (1952), Chiens perdus sans collier (1955), Maigret tend un piège (1958), Maigret et l’Affaire Saint-Fiacre (1959), Le Baron de l’écluse (1960) et Le Soleil des voyous (1967), qui auront attiré plus de 18 millions de français dans les salles ! Ce dernier permet à Jean Gabin de se refaire une santé au box-office, après l’échec du Jardinier d’Argenteuil de Jean-Paul Le Chanois. Mais le « Vieux » n’a rien à craindre, puisque près de 35 millions de spectateurs se sont rués au cinéma pour voir ses films, rien que depuis le début des années 1960 ! Le Soleil des voyous est étrangement méconnu dans la carrière de Jean Gabin et pourtant le film possède plusieurs atouts non négligeables. Il y a surtout l’association inattendue du comédien avec l’américain Robert Stack, le légendaire Eliot Ness de la série télévisée Les Incorruptibles, rôle qui l’a rendu mondialement célèbre et qu’il campera dans près de 120 épisodes tournés entre 1959 et 1963. Le duo fonctionne très bien et reste la plus grande curiosité du Soleil des voyous, à ce jour l’unique adaptation d’un roman de J.M. Flynn, qui reste également un polar carré, propre, un film de casse au charme inaltérable.

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Test Blu-ray / Le Jardinier d’Argenteuil, réalisé par Jean-Paul Le Chanois

LE JARDINIER D’ARGENTEUIL réalisé par Jean-Paul Le Chanois, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 décembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Liselotte Pulver, Pierre Vernier, Curd Jurgens, Alfred Adam, Mary Marquet, Jeanne Fusier-Gir, Serge Gainsbourg, Claude Nicot, Henri Rellys, Katrin Schaake, Noël Roquevert, Jean Tissier…

Scénario : Jean-Paul Le Chanois, François Boyer & Alphonse Boudard, d’après le roman de René Jouglet

Photographie : Walter Wottitz

Musique : Serge Gainsbourg

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Jardinier-artiste, M. Tulipe est un clochard sentimental. Dans le wagon désaffecté et entouré de fleurs où il demeure, il peint des naïvetés pour les vendre à Montmartre et cultive son jardin. Mais il dessine, imprime et vieillit aussi des billets de banque. Des petites coupures pour finir ses fins de mois qu’il écoule très prudemment. Un jour, son filleul Noël, depuis peu au courant des agissements de son parrain et son complice, rencontre Hilda, une ambitieuse nurse étrangère qui les pousse à voir plus grand…

Le réalisateur Jean-Paul Dreyfus, plus connu sous le nom de Jean-Paul Le Chanois (1909-1985) aura offert à Jean Gabin son plus grand succès au cinéma avec Les Misérables (1958). Le comédien et le cinéaste s’associeront sur quatre longs métrages, l’adaptation de l’oeuvre de Victor Hugo donc, Le Cas du docteur Laurent (leur première collaboration, moins diffusée à la télévision que les autres) en 1957, puis Monsieur en 1964, et enfin, Le Jardinier d’Argenteuil en 1966. Plus de 15 millions de français iront se régaler en allant voir ces quatre films au cinéma, même si pour le coup, le dernier opus est un des rares revers de l’acteur au box-office dans les années 1960 avec Sous le signe du taureau de Gilles Grangier. Mais Le Jardinier d’Argenteuil n’a rien à voir avec ce dernier puisqu’il s’agit d’une comédie dans laquelle Jean Gabin fait merveille, même s’il peine quelque peu à relever le niveau de ce qui s’avère avant tout une récréation pour le monstre du cinéma, qui venait d’enchaîner deux films avec Denys de La Patellière, Le Tonnerre de Dieu (1965) et Du rififi à Paname (1966). Rétrospectivement, il y a des films qui seraient sans doute tombés dans l’oubli s’ils n’avaient pas été portés par Jean Gabin et Le Jardinier d’Argenteuil en aurait sûrement fait partie, car même s’il n’est pas déplaisant, le film reste certainement l’un des plus anecdotiques du « Vieux ».

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Test Blu-ray / La Veuve Couderc, réalisé par Pierre Granier-Deferre

LA VEUVE COUDERC réalisé par Pierre Granier-Deferre, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 décembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Alain Delon, Simone Signoret, Ottavia Piccolo, Jean Tissier, Monique Chaumette, Boby Lapointe, Jean-Pierre Castaldi…

Scénario : Pascal Jardin, d’après le roman de Georges Simenon

Photographie : Walter Wottitz

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Dans le car qui longe le canal du Centre, Jean, fuyant la police et muni de faux papiers, fait la connaissance d’une paysanne, la veuve Couderc. C’est une femme qui vieillit seule et s’acharne à conserver sa ferme, possession que la famille de son mari lui conteste. Dans la ferme d’en face, vit une fille-mère de 16 ans. Jean va les prendre comme maîtresses. Entre ces deux femmes, aux antipodes l’une de l’autre, il va connaître un bonheur condamné d’avance…

Ancien assistant de Marcel Carné, Jean-Paul le Chanois et Denys de La Patellière, Pierre Granier-Deferre (1927-2007), fait ses débuts derrière la caméra au début des années 1960 avec Le Petit Garçon de l’ascenseur. Le premier succès arrive avec le succulent La Métamorphose des cloportes (1965), dans lequel Lino Ventura, Charles Aznavour, Pierre Brasseur et Maurice Biraud se régalent (et nous aussi) avec les dialogues de Michel Audiard. En 1970, La Horse marque un grand tournant dans sa carrière et installe définitivement Pierre Granier-Deferre comme l’un des réalisateurs les plus importants du cinéma français de la décennie, avec lequel les grands noms du septième art voudront collaborer. Après Le Chat sorti en avril 1971, Simone Signoret, emballée par leur collaboration, demande au cinéaste de trouver un sujet qui pourrait les réunir à nouveau. Pierre Granier-Deferre jette alors son dévolu sur un autre roman de Georges Simenon, La Veuve Couderc, sorti en 1942, adapté ici par son complice Pascal Jardin. La comédienne est ravie et donne immédiatement son accord, mais il faut lui trouver un partenaire, forcément plus jeune, puisque le livre évoque deux personnages profondément éloignés l’un de l’autre par l’origine, l’âge et le caractère. Le metteur en scène parvient à convaincre Alain Delon, même si seulement quatorze ans séparent les monstres du cinéma hexagonal, ce dernier demandant à Pierre Granier-Deferre de redoubler de direction d’acteur au moment des scènes intimistes, au point de lui ordonner de lui indiquer les gestes et intentions pendant les prises. Quasiment cinquante ans après sa sortie, La Veuve Couderc reste l’un des sommets de la carrière du réalisateur, qui conduit son récit de la même main de maître avec laquelle il avait dirigé Le Chat l’année précédente. Le couple star est époustouflant, crevant l’écran une fois de plus par leur talent et leur charisme hors du commun, tandis que Pierre Granier-Deferre s’approprie la sève du roman original puisqu’il y retrouve quelques-uns de ses thèmes de prédilection, la nostalgie, le temps qui passe et les relations éphémères. Chef d’oeuvre absolu.

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Test Blu-ray / Le Diable et les 10 commandements, réalisé par Julien Duvivier

LE DIABLE ET LES 10 COMMANDEMENTS réalisé par Julien Duvivier, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Françoise Arnoul, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Mireille Darc, Danielle Darrieux, Claude Dauphin, Alain Delon, Fernandel, Mel Ferrer, Louis de Funes, Micheline Presle, Madeleine Robinson, Dany Saval, Michel Simon, Henri Tisot, Lino Ventura, Georges Wilson…

Scénario : Julien Duvivier, Maurice Bessy, René Barjavel, Henri Jeanson, Michel Audiard, Pascal Jardin

Photographie : Roger Fellous

Musique : Michel Magne, Georges Garvarentz, Guy Magenta

Durée : 2h20 (version intégrale)

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Si le diable n’existait pas, les Dix commandements n’auraient aucune raison d’être… Puisque la tentation n’existerait pas… Mais le mensonge et les vices se glissent partout dans les âmes humaines, surtout là où il ne faudrait pas, ce qui amuse beaucoup le Diable, grand meneur de jeu au sein de ces huit tranches de vie…

Imaginez un peu cette affiche : Louis de Funès, Jean-Claude Brialy, Noël Roquevert, Michel Simon, Micheline Presle, Françoise Arnoul, Mel Ferrer, Marcel Dalio, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Lino Ventura, Fernandel, Alain Delon, Danielle Darrieux, Georges Wilson, Jean Carmet, et même Claude Rich, qui n’apparaît pas à l’écran et qui n’est d’ailleurs pas crédité, mais qui prête sa voix magnifique au diable, représenté par un serpent qui fait le lien entre tous les segments du film, Le Diable et les 10 commandements. En 1937, Julien Duvivier (1896-1967) devient comme qui dirait le créateur du film à sketches français avec Un carnet de bal, qui réunissait déjà toute la crème du cinéma hexagonal avec Françoise Rosay, Louis Jouvet, Raimu, Harry Baur et Fernandel. Durant sa période américaine, Julien Duvivier signera également deux films à sketches, Six destinsTales of Manhattan (1942) avec Charles Boyer, Rita Hayworth, Gingers Rogers, Henry Fonda, Charles Laughton, Edward G. Robinson, Cesar Romero, puis ObsessionsFlesh and Fantasy (1943), reprenant une partie du casting précédent avec en plus la grande Barbara Stanwyck. Vingt-cinq après Un carnet de bal, le cinéaste revient au genre et réunit un ébouriffant panel de stars pour un succulent film constitué de vignettes qui une fois n’est pas coutume sont quasiment toutes réussies, aussi bien dans le registre de la comédie que du drame. S’il est le metteur en scène de tous les sketches, Julien Duvivier s’est vu épauler au(x) scénario(s) par les illustres Henri Jeanson, René Barjavel, Michel Audiard et Pascal Jardin. Du beau monde aussi bien devant que derrière la caméra !

1er épisode : Tu ne jureras point.

Jérôme Chambard (Michel Simon), un retraité que les religieuses de Saint-Vincent de Paul ont recueilli et qui assure la maintenance du couvent, jure comme un charretier à leur grand effroi. N’obtenant aucune amélioration de sa part, elles s’apprêtent à s’en séparer. Mais lorsque l’évêque (Lucien Baroux) leur rend visite, Jérôme reconnaît en lui son ami d’enfance. Ce dernier lui donne l’absolution à condition qu’en pénitence, Jérôme apprenne les dix commandements.

On les retrouve dans le 7e épisode, épilogue du film.

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Test Blu-ray / Maxime, réalisé par Henri Verneuil

MAXIME réalisé par Henri Verneuil, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Michèle Morgan, Charles Boyer, Arletty, Felix Marten, Jane Marken, Micheline Luccioni, Meg Lemonnier, André Brunot, Geneviève Morel, Jacques Dufilho, Fernand Fabre, Van Doude, Jean-Marie Proslier…

Scénario : Henri Jeanson, Albert Valentin, Henri Verneuil d’après le roman d’Henri Duvernois

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h58

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Jacqueline Monneron, une riche et élégante célibataire, mène une vie brillante et mondaine dans ce Paris de la fin de la Belle Epoque. Elle est courtisée par Hubert, un jeune homme mal élevé qu’elle rejette et évite. Celui-ci charge Maxime, son homme à tout faire, de lui « arranger » une entrevue avec Jacqueline.

Après six films avec Fernandel tournés en trois ans, La Table-aux-crevés, Le Fruit défendu, Le Boulanger de Valorgue, Carnaval, L’Ennemi public numéro un et Le Mouton à cinq pattes et après autant de succès dans les salles avec près de 21 millions de spectateurs cumulés, sans compter le film à sketches Brelan d’as en 1952 (1,7 million d’entrées), Henri Verneuil connaît un premier virage avec Les Amants du Tage, adapté de Joseph Kessel. Un coup d’essai dramatique que le cinéaste transformera en coup de maître dès l’année suivante avec Des gens sans importance, tourné dans la foulée et avec lequel Henri Verneuil prendra définitivement son envol. Le réalisateur revient à la comédie avec Paris, Palace Hôtel, puis aborde le registre policier avec Une manche et la belle. En 1958, Henri Verneuil décide d’adapter un roman d’Henri Duvernois, Maxime (publié en 1927), avec le scénariste Albert Valentin, mais aussi et surtout avec Henri Jeanson. Et c’est un festival. Toujours à mi-chemin entre la comédie caustique (aux dialogues étincelants) et le drame social, Maxime se déguste comme une pâtisserie de grand luxe, un macaron de chez Dalloyau, composé de plusieurs couches, certaines douces, d’autres beaucoup plus amères, mais qui prises ensemble laissent un goût inimitable en bouche. Merveilleusement réalisé par l’un des plus grands metteurs en scène français du vingtième siècle, Maxime reste une de ses œuvres les plus méconnues, qui mérite largement d’être redécouvert.

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Test Blu-ray / Les Evadés, réalisé par Jean-Paul Le Chanois

LES ÉVADÉS réalisé par Jean-Paul Le Chanois, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Pierre Fresnay, François Perier, Michel André, Sylvia Monfort, Jacques Marin, Luc Andrieux, Georgette Anys, Robert Rollis, Alain Bouvette, Albert Michel, Pierre Ferval, Max Tréjean, Jean Clarieux, Bernard Musson…

Scénario : Jean-Paul Le Chanois & Michel André, d’après l’histoire vécue par Michel André

Photographie : Marc Fossard

Musique : Joseph Kosma

Durée : 1h57

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

1943, Michel et François, deux prisonniers de guerre, s’évadent d’un camp allemand. En chemin, ils rencontrent Pierre, un lieutenant français dont le plan d’évasion a échoué. Une amitié naît entre ces trois hommes aux caractères très différents et qui exercent dans la vie des professions très dissemblables. Mais ils ont un objectif commun : gagner la Suède en traversant le nord de l’Allemagne et le Danemark.

Les films se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale et racontant une histoire vraie ne sont pas rares. En revanche, les longs métrages écrits et surtout interprétés par ceux qui ont réellement vécu les événements le sont beaucoup plus. Les Evadés de Jean-Paul Le Chanois est un exemple. Sorti en mai 1955 et récompensé par le Grand Prix du cinéma français, le dixième film du réalisateur demeure étrangement méconnu et dissimulé entre deux des plus gros succès de sa carrière, Papa, maman, la Bonne et moi (1954) et sa suite Papa, maman, ma femme et moi (1955). Pourtant, Les Evadés a été un triomphe avec près de quatre millions d’entrées au cinéma. Il s’agit d’un drame de guerre sensationnel, un quasi-huis clos de près de deux heures dans lequel brillent l’immense Pierre Fresnay, le génial François Périer et Michel André, comédien aujourd’hui oublié et qui interprète ici son propre rôle puisqu’il s’agit ici de ses souvenirs de guerre. Plus célèbre pour avoir offert à Jean Gabin son plus grand succès au cinéma avec Les Misérables (1958), le cinéaste Jean-Paul Dreyfus, plus connu sous le nom de Jean-Paul Le Chanois (1909-1985), qui a fait le bonheur des cinéphiles à l’heure où les chaînes de télévision diffusaient encore ses grands classiques – également avec Gabin – comme Le Cas du docteur Laurent (1957), Monsieur (1964) et Le Jardinier d’Argenteuil (1966), signe l’un de ses plus films avec Les Evadés, qui mérite d’être réhabilité soixante-cinq ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / Maigret voit rouge, réalisé par Gilles Grangier

MAIGRET VOIT ROUGE réalisé par Gilles Grangier, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Françoise Fabian, Marcel Bozzufi, Paul Carpenter, Michel Constantin, Guy Decomble, Edward Meeks, Ricky Cooper, Vittorio Sanipoli, Paul Frankeur, Paulette Dubost, Jacques Dynam…

Scénario : Jacques Robert & Gilles Grangier, d’après le roman de Georges Simenon.

Photographie : Louis Page

Musique : Michel Legrand & Francis Lemarque

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Trois hommes à bord d’une Chevrolet tirent sur un Américain en plein Pigalle. Lorsqu’un témoin s’approche pour secourir la victime, celle-ci a disparu, emportée par une mystérieuse DS blanche. Le commissaire Maigret se rend d’abord à l’ambassade des Etats-Unis où un diplomate lui conseille de ne pas s’occuper de l’affaire. Il n’en faut pas plus pour que Maigret voit rouge.

Même s’il avait déclaré qu’on ne l’y reprendrait plus et qu’il ferait ses adieux au personnage dans Maigret et l’affaire Saint-Fiacre, Jean Gabin se laisse convaincre une dernière fois et reprend la pipe de Jules Maigret pour Maigret voit rouge. Si L’Affaire Saint-Fiacre déboule un peu plus d’un an après Maigret tend un piège, Maigret voit rouge sort quasiment quatre ans jour pour jour après le précédent épisode. Cette fois, Jean Delannoy et même Michel Audiard ont refusé poliment ce troisième et dernier round, préférant laisser la place au réalisateur Gilles Grangier et au scénariste Jacques Robert. N’y allons pas par quatre chemins, si Maigret voit rouge vaut le coup d’oeil, c’est uniquement et une fois de plus pour Jean Gabin, qui semble toutefois fatigué par le commissaire divisionnaire qu’il interprète, comme s’il ne savait plus où l’emmener ou quoi lui apporter. Il y a une envie d’ancrer le personnage de Georges Simenon dans son époque moderne et contemporaine, cela se sent dès l’orchestration composée par les illustres Michel Legrand et Francis Lemarque, mais il se crée un décalage qui ne sied guère à Maigret, d’autant plus que l’histoire manque cruellement d’intérêt. Mais Gabin reste Gabin et la magie opère dès qu’il apparaît à l’écran, qu’il ne se gêne pas de bouffer à chaque apparition et c’est entre autres pour cela qu’on l’aime et qu’on l’aimera toujours.

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Test Blu-ray / Maigret et l’affaire Saint-Fiacre, réalisé par Jean Delannoy

MAIGRET ET L’AFFAIRE SAINT-FIACRE réalisé par Jean Delannoy, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Michel Auclair, Valentine Tessier, Jacques Morel, Paul Frankeur, Robert Hirsch, Jacques Marin, Michel Vitold, Armande Navarre, Gabrielle Fontan, Jacques Hilling, Micheline Luccioni…

Scénario : Rodolphe-Maurice Arlaud, Michel Audiard & Jean Delannoy, d’après le roman de Georges Simenon.

Photographie : Louis Page

Musique : Jean Prodromidès

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Le commissaire Maigret revient à Saint-Fiacre, village où il a passé son enfance, à l’invitation de la comtesse de Saint-Fiacre. Celle-ci connaît le « petit Jules » devenu commissaire, car le père de Maigret fut régisseur du domaine du château des Saint-Fiacre. La comtesse a reçu une lettre anonyme lui annonçant sa mort le mercredi des Cendres (premier jour du Carême). Le lendemain, Maigret la retrouve morte à l’église, victime d’une crise cardiaque. Toutefois, le commissaire est convaincu que cette crise cardiaque n’est pas due au hasard et commence son enquête…

Même s’ils n’étaient pas réellement enthousiasmés à l’idée de remettre le couvert et ce malgré le triomphe international de Maigret tend un piège, Jean Gabin et Jean Delannoy acceptent finalement cette nouvelle adaptation des aventures de Jules Maigret, Maigret et l’affaire Saint-Fiacre. La même année qu’Archimède le clochard de Gilles Grangier et de Rue des prairies de Denys de La Patellière, Jean Gabin reprend la pipe et le chapeau du commissaire divisionnaire créé par Georges Simenon, pour le plus grand plaisir des spectateurs, qui se sont rués en masse à nouveau dans les salles de cinéma en septembre 1959, même si le succès a été moindre que pour le premier opus. Malgré tout, le film attire 2,9 millions de français au cinéma. Maigret et l’affaire Saint-Fiacre délaisse les rues sombres et poisseuses de la capitale, pour emmener le personnage en province, là où il est né et a grandi. L’enquête touchera tout particulièrement Maigret de façon personnelle et le commissaire redoublera de malice pour mettre la main sur l’esprit tordu et malfaisant responsable de la mort de la comtesse de Saint-Fiacre, probablement son premier émoi. Plus aéré, mais toujours aussi passionnant, Maigret et l’affaire Saint-Fiacre est une immense réussite, un chef d’oeuvre qui se permet de surpasser le précédent opus, en y incorporant une émotion inattendue, une nostalgie universelle et une mélancolie troublante, le tout sur fond d’enquête où les suspects sont multiples et les coupables imprévisibles. N’oublions pas le final, absolument extraordinaire, qui fait penser aux célèbres réunions organisées par Hercule Poirot dans l’oeuvre d’Agatha Christie, et qui offre à Jean Gabin l’occasion de livrer l’une des plus grandes performances de sa carrière. Maigret et l’affaire Saint-Fiacre est un film exceptionnel.

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Test Blu-ray / Maigret tend un piège, réalisé par Jean Delannoy

MAIGRET TEND UN PIÈGE réalisé par Jean Delannoy, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean Gabin, Annie Girardot, Jean Desailly, Gérard Sety, André Valmy, Olivier Hussenot, Lucienne Bogaert, Lino Ventura, Jean Tissier, Jeanne Boitel, Jean Debucourt, Paulette Dubost…

Scénario : Rodolphe-Maurice Arlaud, Michel Audiard & Jean Delannoy, d’après le roman de Georges Simenon.

Photographie : Louis Page

Musique : Paul Misraki

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Paris, 1957. Une série de meurtres met la police judiciaire en échec : quatre femmes ont déjà été retrouvées poignardées, leurs vêtements lacérés. Certain de la susceptibilité du coupable, le commissaire Maigret fait croire à son arrestation pour le pousser à se manifester.

En dehors de Jean Richard et de Bruno Cremer qui ont su marquer l’esprit des téléspectateurs en l’incarnant respectivement 23 ans et 14 ans, le Commissaire divisionnaire Maigret prend immédiatement les traits de Jean Gabin dans l’inconscient collectif concernant l’adaptation cinématographique des aventures du célèbre personnage créé par Georges Simenon. Le comédien l’aura en effet interprété à trois reprises dans Maigret tend un piège (Jean Delannoy, 1958), Maigret et l’Affaire Saint-Fiacre (Jean Delannoy, 1959) et Maigret voit rouge (Gilles Grangier, 1963). Pourtant, Pierre Renoir (le premier Maigret du cinéma dans La Nuit du Carrefour de Jean Renoir, 1932), Harry Baur (La Tête d’un homme, 1932, de Julien Duvivier), Charles Laughton (L’Homme de la tour Eiffel, 1949, de Burgess Meredith) et même Michel Simon (Brelan d’as, 1952, d’Henri Verneuil), s’étaient entre autres déjà emparés de ce rôle mythique. A la fin des années 1950, Jean Gabin est la plus grande star du cinéma français depuis son retour en grâce avec Touchez pas au grisbi (1954) de Jacques Becker. Le comédien multiplie les projets et les rôles divers, de French Cancan (1955) de Jean Renoir à Razzia sur la chnouf (1955) de Henri Decoin, en passant par ses collaborations avec Gilles Grangier (Gas-oil, 1955, Le Sang à la tête, 1956, Le Rouge est mis, 1957), sans oublier les merveilleux Des gens sans importance (1956) de Henri Verneuil, Voici le temps des assassins (1956) de Julien Duvivier et La Traversée de Paris (1956) de Claude Autant-Lara. Outre les deux films qu’il tourne avec Jean-Paul Le Chanois (Le Cas du docteur Laurent, 1957 et Les Misérables, 1958), Jean Gabin retrouve Jean Delannoy avec lequel il avait déjà tourné Chiens perdus sans collier en 1955, pour interpréter cette fois le commissaire Jules Maigret dans Maigret tend un piège, le premier de ses cinq triomphes au box-office en 1958 puisque le comédien attirera plus de 22 millions de français dans les salles cette année-là.

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