Test Blu-ray / Les Hussards, réalisé par Alex Joffé

LES HUSSARDS réalisé par Alex Joffé, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bourvil, Bernard Blier, Georges Wilson, Louis de Funès, Alberto Bonucci, Giovanna Ralli, Carlo Campanini, Giani Esposito, Virna Lisi…

Scénario : Pierre-Aristide Bréal, Alex Joffé & Gabriel Arout, d’après la pièce de Pierre-Aristide Bréal

Photographie : Jean-Serge Bourgoin

Musique : Georges Auric

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Au cours de la campagne d’Italie, le brigadier Le Gouce et le soldat Flicot perdent leurs montures aux abords d’un village. Pour se justifier devant leurs supérieurs, les deux hommes prétendent avoir été attaqués par un franc-tireur. Cet événement provoque l’arrestation de plusieurs otages, le prétendu franc-tireur étant en fuite. L’un des otages doit être fusillé le soir même si le coupable n’est pas retrouvé. Les deux hussards – bons bougres – sont désespérés des conséquences de leur mensonge et tentent, par un audacieux stratagème, de sauver les Italiens. Mais dans l’intervalle, les chevaux rejoignent le bivouac. Le capitaine condamne les deux hussards à la peine capitale pour leur coupable négligence en campagne. En vain, les Italiens reconnaissants font leur possible pour sauver Le Gouce et Flicot.

La carrière du réalisateur Alex Joffé (1919-1995) tourne essentiellement autour de Bourvil, avec lequel il collaborera à six reprises : Les Hussards (1955, 2,9 millions d’entrées), Fortunat (1960, 3,3 millions), Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville (1961, 1,8 million), Les Culottes rouges (1962, 2 millions), La Grosse Caisse (1965, 1,8 million) et Les Cracks (1968, 2,9 millions). Tous de grands succès populaires, tout comme le reste de la filmographie du metteur en scène, à qui l’on doit également Les Fanatiques (1957) avec Pierre Fresnay et Du rififi chez les femmes (1959) avec Robert Hossein et Roger Hanin. Pour leur première association, le cinéaste et Bourvil se lancent dans la comédie de guerre, qui n’est pas sans annoncer La Grande guerre La Grande guerra (1959) de Mario Monicelli, avec Alberto Sordi Vittorio Gassman. En effet, Alex Joffé livre une œuvre antimilitariste adaptée de la pièce éponyme de Pierre-Aristide Bréal, créée en 1953, manie avec dextérité l’humour noir et l’ironie qui seront souvent liées à la comédie italienne. On y retrouve un côté grinçant plutôt rare de ce côté des Alpes, ce qui a pu déconcerter quelque peu une partie des spectateurs à la sortie du film. En dehors de quelques extérieurs, par ailleurs très beau, qui plantent le décor principal de l’action, le tournage s’est essentiellement déroulé à Lagny-sur-Marne (en Seine-et-Marne) et dans les studios de Boulogne, où le village a été reconstitué. Les Hussards se révèle être un quasi-huis clos à ciel ouvert, puisque le récit ne sortira plus de cette petite bourgade « italienne » une fois nos deux trublions débarqués. Mais ce n’est pas pour autant que la réalisation demeure statique, bien au contraire. Les Hussards est une comédie parfois sombre, menée tambour battant (et trompette), qui ne s’arrête pas une seconde, qui passe d’un quiproquo à l’autre, alors que la situation change sans arrêt pour Le Gouce (Bernard Blier) et Flicot (Bourvil), qui se retrouvent en fâcheuse posture parce que le second était pris d’une envie pressante. Assez mal connu, peu diffusé à la télévision (en raison de son côté « historique » peut-être), Les Hussards est un spectacle étonnant, dans lequel les deux monstres du cinéma français s’affrontent, s’engueulent, se battent même, mais s’allient et deviennent même amis (ce qui n’était apparemment pas le cas sur le plateau) devant l’idiotie de l’armée. Un divertissement humaniste, drôle, beau à regarder, que demander de plus ?

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Test Blu-ray / Une souris chez les hommes (Un drôle de caïd), réalisé par Jacques Poitrenaud

UNE SOURIS CHEZ LES HOMMES (UN DRÔLE DE CAÏD) réalisé par Jacques Poitrenaud, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis de Funès, Maurice Biraud, Dany Saval, Dany Carrel, Maria Pacôme, Robert Manuel, Dora Doll, Claude Piéplu, Jacques Legras, Bernard Musson, Jean Lefebvre…

Scénario : Albert Simonin & Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck

Photographie : Marcel Grignon

Musique : Guy Béart & Michel Colombier

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Francis et Marcel, cambrioleurs « à la petite semaine », sont surpris en pleine action par Lucille, une jeune fille de bonne famille. Désœuvrée, en mal de sensations fortes, elle monnaie son silence et les oblige à l’accepter comme associée. Lucille va alors s’employer à planifier les larcins et autres fric-fracs du trio, lesquels se terminent invariablement en catastrophe et sans le moindre butin.

Le 17 juillet 1964, Une souris chez les hommes, réalisé par Jacques Poitrenaud, sort sur les écrans. L’affiche réunit Maurice Biraud, Louis de Funès et surtout l’exquise Dany Saval, ancienne danseuse au Moulin Rouge, que les producteurs essayent de propulser comme nouvelle vedette de cinéma. Elle passe ainsi devant la caméra des plus grands, André Cayatte (Le Miroir à deux faces), Marcel Carné (Les Tricheurs, Du mouron pour les petits oiseaux), Henri Decoin (Nathalie, agent secret), Georges Franju (Pleins feux sur l’assassin), Julien Duvivier (pour son sketch du Diable et les Dix Commandements). Pour Une souris chez les hommes, c’est la comédienne qui est mise en avant et elle retrouve à cette occasion le cinéaste Jacques Poitrenaud, avec lequel elle avait déjà tourné Les Parisiennes et Strip tease. Le film fonctionne correctement durant cet été 1964, où la concurrence n’est pas trop rude. Mais un événement va changer la donne. En septembre de la même année, Le Gendarme de Saint Tropez crée l’événement et attire près de huit millions de spectateurs, devenant le plus grand succès de 1964. Deux mois plus tard, Fantômas d’André Hunebelle cumule 4,5 millions de tickets vendus. Pendant ce temps, Une souris chez les hommes, toujours dans quelques salles, continue d’attirer quelques spectateurs. 1965, Louis de Funès, désormais star en son pays à l’âge de 50 ans, sort trois hits, que l’on appellerait aujourd’hui des blockbusters : Le Corniaud (près de 12 millions d’entrées), Le Gendarme à New York (5,5 millions) et Fantômas se déchaîne (4,2 millions), sans compter la participation de l’acteur au film à sketches Les Bons vivants (ou Un grand seigneur) coréalisé par Gilles Grangier et Georges Lautner, qui plafonne à 1,4 million d’entrées. Et n’oublions pas qu’Une souris chez les hommes, toujours exploité ici et là en France, engrange encore plus de 320.000 entrées en 1965 ! On fait un bond jusqu’à l’été 1968. Entre temps, Le Grand restaurant, La Grande vadrouille, Fantômas contre Scotland Yard, Oscar, Les Grandes vacances et Le Petit Baigneur sont sortis sur les écrans. Résultat : ces six films représentent plus de 38 millions d’entrées cumulées. Un chiffre qui laisse rêveur, encore aujourd’hui. C’est alors que certains distributeurs et producteurs peu scrupuleux décident de ressortir d’anciens films avec Fufu, en changeant « discrètement » le titre, histoire de faire croire qu’il s’agit de nouveaux opus avec l’acteur le plus populaire de l’Hexagone. Une souris chez les hommes est donc rebaptisé Un drôle de caïd et l’affiche est cette fois centrée sur Louis de Funès. Cela fonctionnera, puisque le film de Jacques Poitrenaud, si l’on tient compte des entrées de 1964 et 1965, atteindra finalement 1,4 millions d’entrées. Quand on (re)découvre Une souris chez les hommes, on est étonné de voir comment Fufu est différent dans cette comédie loufoque. Il y joue un braqueur, prêt à « buter » (cela revient du début à la fin) celles et ceux qui se mettraient sur sa route, un emploi quelque peu singulier dans son œuvre prolifique. Deuxièmement, Jacques Poitrenaud, Albert Simonin et Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck (Effraction, Le Silencieux), offrent à Louis de Funès un personnage on va dire sexué, qui drague ouvertement une caissière, afin de récolter quelques précieuses informations sur le magasin où celle-ci officie. La jeune femme (Dora Doll, bien allumée), chaude comme la braise, est prête à dévorer tout cru Marcel. Et cela fonctionne très bien. Qui plus est l’alchimie est bien présente entre les trois acteurs principaux, les comédiens s’amusent (cela se voit et le résultat est contagieux) et le reste de la distribution fait penser à un Expendables avant l’heure, puisqu’on y retrouve entre autres Jean Lefebvre, Dany Carrel, Maria Pacôme, Claude Piéplu, Jacques Legras, Jacques Dynam, Philippe Castelli…Du beau monde pour un spectacle mené à cent à l’heure, excellemment écrit, sans temps mort, malin et qui vieillit très bien. Assurément à redécouvrir.

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Test Blu-ray / Dans l’eau… qui fait des bulles !, réalisé par Maurice Delbez

DANS L’EAU…QUI FAIT DES BULLES ! réalisé par Maurice Delbez, disponible en DVD et Blu-ray le 29 septembre 2023 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis de Funès, Pierre Dudan, Marthe Mercadier, María Riquelme, Philippe Lemaire, Jacques Castelot, Pierre Doris, Claudine Coster, Serge Davri…

Scénario : Michel Lebrun & Maurice Delbez, d’après le roman La Chair à poissons de Marcel Prêtre

Photographie : Jacques Ledoux

Musique : Pierre Dudan

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Jean-Louis Preminger a disparu, ou plutôt, il fait des bulles au fond du lac de Morat. Le destin s’acharne à ne pas le laisser en paix. Il continue à« gamberger off » sur sa vie tumultueuse, et sur les personnes qui découvrent malencontreusement son cadavre mais tentent de s’en débarrasser pour ne pas être compromis. Il faut dire qu’ils avaient tous un certain intérêt à le faire disparaître…

Dans l’eau… qui fait des bulles ! ou Le garde-champêtre mène l’enquête…ou bien encore Le poisson sifflera…deux fois ! Pourquoi trois titres pour un seul et même film ? Bien que sorti en 1961, celui-ci profitera de l’explosion au box-office de Louis de Funès trois ans plus tard avec les triomphes de Faites sauter la banque (1,9 million d’entrées), Le Gendarme de Saint Tropez (7,8 millions) et Fantômas (4,5 millions), pour ressortir dans les salles, en essayant de faire croire aux spectateurs qu’il s’agissait d’une nouvelle comédie de celui qui était alors consacré star à l’âge de 50 ans. Quand il tourne Dans l’eau… qui fait des bulles !, Louis de Funès a déjà plus de 120 courts et longs-métrages à son actif. Tout le monde dans le métier le connaît et les réalisateurs, bien que frileux à l’idée de lui faire porter tout un film sur ses épaules, se bousculent pour l’engager comme second ou troisième rôle. Pourtant, à la fin des années 1950, cela commence à bouger pour le comédien, surtout depuis sa prestation remarquée dans La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara. S’enchaînent ainsi Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Régamey, Ni vu, ni connu d’Yves Robert et Taxi, Roulotte et Corrida d’André Hunebelle, trois beaux hits successifs dans lesquels Louis de Funès tient le haut de l’affiche. S’il n’est pas seul en piste dans Dans l’eau… qui fait des bulles !, celui qui trônera sur le cinéma français jusqu’à sa mort en 1982 crève l’écran une fois de plus dans cette comédie étonnante, marquée par un humour noir presque anglo-saxon, réalisée par Maurice Delbez (1922-2020). S’il a finalement peu tourné, cet excellent metteur en scène compte de sacrées réussites à son actif dont le superbe La Roue (1957), sur lequel il remplaçait son confrère André Haguet, deux jours avant le début prévu des prises de vues, le très sympathique À pied, à cheval et en voiture (1957), énorme succès avec Noël-Noël et un jeune quasi-figurant (mais déjà bondissant) du nom de Jean-Paul Belmondo. Avant son délicat Un gosse de la butte (Rue des Cascades), Maurice Delbez se voit proposer l’adaptation du roman de Marcel-Georges Prêtre (qui aurait été écrit en fait par son nègre et ami Frédéric Dard), La Chair à poissons, qu’il transpose avec Michel Lebrun (Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause, Estouffade à la Caraïbe, L’Homme qui valait des milliards), ce qui lui permet de laisser libre cours à sa fantaisie. Comédie « sombre », toutes proportions gardées bien sûr, qui annonce Des pissenlits par la racine (1964) de Georges Lautner et Jo (1971) de Jean Girault, dans lesquels Fufu sera là aussi confronté à un cadavre encombrant, Dans l’eau… qui fait des bulles ! demeure un divertissement populaire, drôle, grinçant, qui ne manque pas d’élégance et qui compile de savoureux numéros d’acteurs.

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Test Blu-ray / La Belle Américaine, réalisé par Robert Dhéry

LA BELLE AMÉRICAINE réalisé par Robert Dhéry, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 12 janvier 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Louis de Funès, Robert Dhéry, Colette Brosset, Jean Richard, Jean Lefebvre, Michel Serrault, Jean-Marc Thibault, Roger Pierre, Jean Carmet…

Scénario : Pierre Tchernia, Robert Dhéry & Alfred Adam

Photographie : Ghislain Cloquet

Musique : Gérard Calvi

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

En achetant pour une somme dérisoire une superbe voiture, un petit ouvrier a fait l’affaire de sa vie. Cette « belle américaine » va néanmoins lui causer de nombreux déboires.

La Belle Américaine est le quatrième long métrage de Robert Fourrey, alias Robert Dhéry (1921-2004) en tant que scénariste et réalisateur. Sorti en 1961, soit dix ans après Bertrand coeur de lion (que Dhéry avait mis en scène) et sept ans après Ah! les belles bacchantes… (réalisé par Jean Loubignac), cette fantaisie se hisse à la neuvième place du box-office cette année-là, dominée entre autres par les dix millions d’entrées des Canons de Navarone, les sept millions des Sept Mercenaires, les cinq millions d’Un Taxi pour Tobrouk ou les 4,3 millions de Don Camillon Monseigneur. 4,1 millions de spectateurs sont venus rire et applaudir ce qui demeure un des meilleurs films de la troupe des Branquignols (fondée en 1948), et encore plus à l’étranger puisque La Belle Américaine aura connu un triomphe international. Robert Dhéry a toujours mis ses amis en avant, sans jamais tirer la couverture. Acteur, metteur en scène, dramaturge et réalisateur, cet homme de théâtre accompagné de Colette Brosset, son épouse, aura fait le bonheur des français aux côtés de Louis de Funès, Jean Lefebvre, Jean Carmet, Jacqueline Maillan, Michel Serrault, Micheline Dax, Pierre Olaf, Jacques Legras, Robert Rollis et bien d’autres encore. On en retrouve d’ailleurs une bonne partie dans La Belle Américaine, dont Louis de Funès, déchaîné dans un double-rôle magnifique et qui annonce en grande pompe Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), notamment quand ce dernier, contremaître d’une usine, se retrouve face à un chef comptable dépassé par les évènements incarné par Jean Lefebvre. Ou comment ne pas voir le maréchal des logis-chef Cruchot face à Fougasse. Soixante ans plus tard, La Belle Américaine a vieilli, mais doucement, sagement. Si sa structure que l’on pourrait comparer à celle des œuvres de Jacques Tati sera reprise par Robert Dhéry dans Allez France! en 1964 et dans Vos gueules les mouettes! en 1974, autrement dit une succession de vignettes qui tiennent sur un fil rouge, ou une réaction en chaîne, un effet papillon qui sera la marque de fabrique de son cinéaste, La Belle Américaine est un grand classique de la comédie hexagonale, que l’on a toujours beaucoup de plaisir à revoir.

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Test Blu-ray / Le Mouton à cinq pattes, réalisé par Henri Verneuil

LE MOUTON À 5 PATTES réalisé par Henri Verneuil, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 décembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Fernandel, Françoise Arnoul, Andrex, Georges Chamarat, Paulette Dubost, Louis de Funes, René Genin, Denise Grey, Dario Moreno, Noël Roquevert, Albert Michel, Edouard Delmont, Michel Ardan, Edmond Ardisson, Ky Duyen, Tony Jacquot…

Scénario : Albert Valentin, René Barjavel & Henri Verneuil

Photographie : Armand Thirard

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Il y a 40 ans, le village de Trézignan a accueilli parmi ses habitants des quintuplés nés de l’union d’un couple de la bourgade. Aujourd’hui, une grande fête est organisée en l’honneur des cinq enfants, devenus adultes, afin de relancer le tourisme. C’est leur parrain qui est chargé de tous les retrouver et réunir pour l’occasion, au grand désarroi de leur père…

On a peut-être tendance à l’oublier, mais la carrière d’Henri Verneuil (1920-2002) a démarré avec ses fructueuses collaborations avec Fernandel (1903-1971). Au total, un court-métrage intitulé Escale au soleil (1947), mais aussi et surtout huit longs-métrages au succès fulgurant, La Table-aux-crevés (1952, 3,1 millions d’entrées), Le Fruit défendu (1952, 4 millions d’entrées), Le Boulanger de Valorgue (1953, 3,7 millions d’entrées), Carnaval (1953, 2,1 millions d’entrées), L’Ennemi public numéro un (1954, 3,8 millions d’entrées), Le Mouton à cinq pattes (1954, 4,1 millions d’entrées), Le Grand Chef (1959, 2,3 millions d’entrées) et La Vache et le Prisonnier (1959, 8,8 millions d’entrées). Antépénultième association du tandem, Le Mouton a cinq pattes est donc leur deuxième plus grand triomphe au box-office, ce qui permet à Fernandel de placer quatre de ses films dans le top 15 en 1954 avec Ali Baba et les 40 voleurs de Jacques Becker, Mam’zelle Nitouche d’Yves Allégret et L’Ennemi public numéro un du même Verneuil. Comédie souvent succulente et dont le charme rétro fonctionne toujours autant, Le Mouton à cinq pattes est comme qui dirait un film à sketches déguisé, dans le sens où chaque partie consacrée à l’un des frères Saint-Forget se trouve reliée l’une à l’autre par un fil conducteur, jusqu’à l’acte final où un plan truqué très bien fait montre 5 Fernandel réunis à l’écran, tandis qu’un sixième (le père) les observe. Le rythme est quelque peu en dents de scie et certains segments sont moins inspirés que d’autres, mais Le Mouton à cinq pattes bénéficie du talent multiple de Fernandel, qui s’en donne à coeur joie, aussi à l’aise en bourgeois guindé qui règne sur un empire de cosmétiques que dans les guêtres d’un simple laveur de carreaux, d’un marin crasseux, d’un journaliste spécialisé dans le courrier du coeur et même dans la soutane d’un abbé dont toute la commune se moque parce-qu’il ressemble à…Don Camillo ! Ajoutez à cela la belle musique de Georges Van Parys, la superbe photographie d’Armand Thirard et surtout la participation dantesque d’un Louis de Funès, qui du haut de ses 40 ans (et de ses cheveux) tient la dragée haute à son partenaire et parvient même à lui voler la vedette dès son apparition, et vous obtenez une comédie simple et efficace (nommée à l’Oscar pour le scénario et pour le meilleur film étranger !), récompensée par le Léopard d’or au Festival de Locarno, qui fait mouche encore près de 70 ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / Le Diable et les 10 commandements, réalisé par Julien Duvivier

LE DIABLE ET LES 10 COMMANDEMENTS réalisé par Julien Duvivier, disponible en édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret le 4 septembre 2020 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Françoise Arnoul, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Mireille Darc, Danielle Darrieux, Claude Dauphin, Alain Delon, Fernandel, Mel Ferrer, Louis de Funes, Micheline Presle, Madeleine Robinson, Dany Saval, Michel Simon, Henri Tisot, Lino Ventura, Georges Wilson…

Scénario : Julien Duvivier, Maurice Bessy, René Barjavel, Henri Jeanson, Michel Audiard, Pascal Jardin

Photographie : Roger Fellous

Musique : Michel Magne, Georges Garvarentz, Guy Magenta

Durée : 2h20 (version intégrale)

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Si le diable n’existait pas, les Dix commandements n’auraient aucune raison d’être… Puisque la tentation n’existerait pas… Mais le mensonge et les vices se glissent partout dans les âmes humaines, surtout là où il ne faudrait pas, ce qui amuse beaucoup le Diable, grand meneur de jeu au sein de ces huit tranches de vie…

Imaginez un peu cette affiche : Louis de Funès, Jean-Claude Brialy, Noël Roquevert, Michel Simon, Micheline Presle, Françoise Arnoul, Mel Ferrer, Marcel Dalio, Charles Aznavour, Maurice Biraud, Lino Ventura, Fernandel, Alain Delon, Danielle Darrieux, Georges Wilson, Jean Carmet, et même Claude Rich, qui n’apparaît pas à l’écran et qui n’est d’ailleurs pas crédité, mais qui prête sa voix magnifique au diable, représenté par un serpent qui fait le lien entre tous les segments du film, Le Diable et les 10 commandements. En 1937, Julien Duvivier (1896-1967) devient comme qui dirait le créateur du film à sketches français avec Un carnet de bal, qui réunissait déjà toute la crème du cinéma hexagonal avec Françoise Rosay, Louis Jouvet, Raimu, Harry Baur et Fernandel. Durant sa période américaine, Julien Duvivier signera également deux films à sketches, Six destinsTales of Manhattan (1942) avec Charles Boyer, Rita Hayworth, Gingers Rogers, Henry Fonda, Charles Laughton, Edward G. Robinson, Cesar Romero, puis ObsessionsFlesh and Fantasy (1943), reprenant une partie du casting précédent avec en plus la grande Barbara Stanwyck. Vingt-cinq après Un carnet de bal, le cinéaste revient au genre et réunit un ébouriffant panel de stars pour un succulent film constitué de vignettes qui une fois n’est pas coutume sont quasiment toutes réussies, aussi bien dans le registre de la comédie que du drame. S’il est le metteur en scène de tous les sketches, Julien Duvivier s’est vu épauler au(x) scénario(s) par les illustres Henri Jeanson, René Barjavel, Michel Audiard et Pascal Jardin. Du beau monde aussi bien devant que derrière la caméra !

1er épisode : Tu ne jureras point.

Jérôme Chambard (Michel Simon), un retraité que les religieuses de Saint-Vincent de Paul ont recueilli et qui assure la maintenance du couvent, jure comme un charretier à leur grand effroi. N’obtenant aucune amélioration de sa part, elles s’apprêtent à s’en séparer. Mais lorsque l’évêque (Lucien Baroux) leur rend visite, Jérôme reconnaît en lui son ami d’enfance. Ce dernier lui donne l’absolution à condition qu’en pénitence, Jérôme apprenne les dix commandements.

On les retrouve dans le 7e épisode, épilogue du film.

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Test Blu-ray / Des pissenlits par la racine, réalisé par Georges Lautner

DES PISSENLITS PAR LA RACINE réalisé par Georges Lautner, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Louis de Funes, Michel Serrault, Mireille Darc, Maurice Biraud, Francis Blanche, Venantino Venantini, Darry Cowl, Hubert Deschamps, Raymond Meunier, Gianni Musy, Guy Grosso, Philippe Castelli…

Scénario : Clarence Weff, Georges Lautner, Albert Kantof, d’après le roman Y avait un macchabée de Clarence Weff

Photographie : Maurice Fellous

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Un mauvais garçon vient de trépasser. Ceux qui l’avaient rendu à une vie meilleure, le cachèrent dans une contrebasse. Quand on apprit, dans le “milieu” que le truand possédait le ticket gagnant 100 millions au tiercé, et que ce ticket se trouvait dans la veste du “macchabée”, donc dans la contrebasse, ce fut le début d’une sacrée course au trésor…

Sans être un hôte abusif, j’aimerais savoir à qui est ce cadavre ?”.

A l’automne 1963, alors qu’il est en plein montage des Tontons flingueurs, Georges Lautner a déjà deux autres films sur le feu, dont le troisième et dernier volet de la trilogie du Monocle, qu’il se prépare à tourner à Hong Kong. Mais avant cela, il décide d’entamer les prises de vue d’une nouvelle comédie, Des pissenlits par la racine, l’adaptation du roman Y’avait un macchabée de Clarence Weff, pseudonyme d’Alexandre Valletti, coécrite par ce dernier avec le cinéaste lui-même, le tout supervisé par Michel Audiard et très largement inspiré du scénario de Three Strangers (1946) de Jean Negulesco, écrit par John Huston, avec Sydney Greenstreet et Peter Lorre. Tourné dans la précipitation en 10 jours, ce petit film permettait ainsi à Georges Lautner de “se couvrir” au cas où Les Tontons flingueurs se planterait au box-office. Rétrospectivement, Des pissenlits par la racine est une récréation pour le réalisateur et vaut essentiellement pour son casting quatre étoiles digne d’un Expendables à la française puisque Michel Serrault, Maurice Biraud, Mireille Darc, Louis de Funès, Francis Blanche, Venantino Venantini, Darry Cowl et Guy Grosso s’y donnent la (formidable) réplique, dans un délire complètement assumé et où l’humour noir très anglo-saxon coule à flots. Une vraie friandise acidulée comme le grand Georges Lautner en avait le secret.

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Test Blu-ray / La Soupe aux choux, réalisé par Jean Girault

LA SOUPE AUX CHOUX réalisé par Jean Girault, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 1er juillet 2014 chez Studiocanal

Acteurs : Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Claude Gensac, Henri Genès, Christine Dejoux, Marco Perrin…

Scénario : Louis de Funès, Jean Halain d’après le roman de René Fallet

Photographie : Edmond Richard

Musique : Raymond Lefebvre

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1981

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