Test 4K UHD / Greenland 2 – Migration, réalisé par Ric Roman Waugh

GREENLAND 2 – MIGRATION (Greenland 2: Migration) réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 15 mai 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis, Sophie Thompson, Amber Rose Revah, Rachael Evelyn, Tommie Earl Jenkins, William Abadie…

Scénario : Mitchell LaFortune & Chris Sparling

Photographie : Martin Ahlgren

Musique : David Buckley

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

5 ans après qu’un astéroïde ait frappé la Terre, les survivants essayent de continuer à vivre. La famille Garrity est dans un bunker souterrain de l’armée, au Groenland, avec une centaine d’autres personnes. Mais suite à un tremblement de terre qui détruit le bunker, ils sont contraints de fuir et décident de rejoindre le cratère Clark, au sud de la France qui offrirait un environnement naturel propice à un nouveau départ pour l’humanité…

Franchement, on ne s’attendait pas à se retrouver devant une suite de Greenland – Le Dernier refuge, qui était pour nous le blockbuster de cette fâcheuse année 2020, dans lequel Gerard Butler (qui remplaçait alors Chris Evans) livrait une solide performance et trouvait incontestablement ici l’un de ses plus beaux rôles. Privé d’une sortie dans les salles aux États-Unis en raison de la pandémie, Greenland – Le Dernier refuge avait remporté pas loin de 35 millions de dollars grâce à la VOD sur le marché américain, tandis que le reste du monde pouvait l’accueillir dans les cinémas, où il allait réaliser un score très honorable et ce en dépit des restrictions, pass-sanitaires et autres autorisations à remplir. La France était d’ailleurs le pays où le film avait été le mieux accueilli avec pas loin de 600.000 entrées. Cinq ans plus tard, le metteur en scène Ric Roman Waugh, Gerard Butler et Morena Baccarin remettent le couvert avec Greenland 2 – Migration, qui apparemment avait été annoncé dès 2021. Avec un budget bien plus conséquent que pour le premier volet (on parle ici de 90 millions de dollars, hors frais promotionnels), le film s’est planté partout où il est passé, ne récoltant en tout et pour tout que 45 millions de dollars dans le monde…Pour faire simple et direct, Greenland 2 – Migration n’arrive pas à la cheville du premier épisode et s’avère complètement anecdotique. Néanmoins, le film existe, les acteurs sont une fois de plus très bien, la réalisation est propre, les effets visuels réussis…mais les enjeux sont cette fois totalement réduits à un simple road-movie durant lequel il ne se passe pas grand-chose. Ça passe, mais limite. Bien, mais pas top, comme la moyenne de Patrick Humphrey Tiburce Bialès à l’école de police.

Cinq ans après la collision entre une comète interstellaire et la Terre, les survivants vivent toujours dans le bunker malgré les conditions précaires. John Garrity s’occupe de la maintenance et de quelques missions risquées en dehors du bunker. Lors d’un conseil, le Dr Amina évoque la découverte d’une zone habitable, au sud de la France, où les terriens pourront trouver un foyer avec des conditions climatiques idéales. Suite à un puissant séisme, la famille Garrity et les autres survivants doivent quitter immédiatement le bunker du Groenland. John, Allison et leur fils Nathan , le Dr Amina et Adam Shaw foncent vers les rares canots de sauvetages qui se trouvent sur la plage et prennent le dernier canot disponible. Les autres survivants seront balayés par un tsunami déclenché par le séisme. Ils vont alors se lancer dans un périlleux voyage à travers les terres désolées et décimées de l’Europe, pour trouver un nouveau foyer. Ils arrivent dans la ville de Liverpool quasiment inondée et rejoignent le bunker de Liverpool, où ils élaborent un projet de traverser la manche et d’aller vers la « zone habitable ». Arrivé au bord de la mer, John Allisson et leur fils découvrent que celle-ci s’est retirée, qu’elle n’existe plus et doivent alors faire la traversée à pied.

Il ne fait pas bon approcher Gerard Butler dans cet opus, car celles et ceux qui le font passent très rapidement de vie à trépas. Il est comme ça notre Gégé bourru, toujours aussi charismatique à 55 balais. Et le bougre n’a jamais été aussi bon. Il l’a d’ailleurs souvent été, ce que beaucoup ont tendance à oublier, et le comédien écossais n’a jamais rechigné à montrer ses talents dramatiques, aussi indéniables que ses capacités dans le domaine de l’action. Dans Greenland 2 – Migration, il se permet même d’aller plus loin dans l’émotion, puisque son personnage est pour ainsi dire au bout du rouleau. Ce qui ne l’empêche pas de veiller sur sa femme (Morena Baccarin, impeccable et disons-le sublime) et sur son fils Nathan (Roman Griffin Davis, révélé dans Jojo Rabbit, vu dans Marche ou crève), jusqu’à leur dernière destination, le sud de la France donc. Ils devront pour cela passer par Lille (l’équipe du film n’a même pas eu à avoir recours aux effets spéciaux pour montrer la ville dévastée), affronter quelques jaloux de leur belle voiture, dans l’espoir de découvrir un beau cratère. On n’est pas loin d’une longue publicité pour Volvic, « un volcan s’éteint, un être s’éveille », dans la dernière partie, où le pathos tente de se frayer un chemin.

Mais Greenland 2 – Migration parvient sans mal à divertir, d’autant plus que sa durée ramassée sur 90 minutes (ça change des 2h30 devenues habituelles depuis les Marvel/DC) fait qu’on n’a pas le temps de (vraiment) s’ennuyer. C’est juste que l’entreprise demeure bien (trop?) sage, que les scènes agitées sont limitées et que ceux qui attendaient un peu d’action risquent d’être déçus. On se demande parfois où est passé le budget, car produit pour 35 millions de dollars, Greenland – Le Dernier refuge était bien plus impressionnant sur le plan visuel, qui lorgne cette fois sur La RouteThe Road de John Hillcoat, triste adaptation du roman de Cormac McCarthy.

Le spectateur est donc invité à accompagner cette poignée de personnages, qui échappent à tout, à un tsunami (la scène la plus impressionnante, intervenant dans la première demi-heure), aux abysses (devenues sèches) de la Manche à traverser, à diverses fusillades, à une pluie de météorites, à des orages radioactifs, que Gégé combat avec sa bite et son couteau. Décidément, on le suivrait partout.

LE 4K UHD

Greenland – Le Dernier refuge avait bénéficié d’une sortie DVD et Blu-ray en décembre 2020 chez Metropolitan Film & Video, alors dépourvus de suppléments, en dehors d’un lot de bandes-annonces. Janvier 2026, l’UHD du premier épisode sort chez le même éditeur, avec quelques bonus. Mai 2026, Greenland 2 – Migration déboule à son tour dans les bacs, toujours chez Metropolitan, cette fois dans tous les formats. Le visuel reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Si nous trouvons là encore des bandes-annonces, cette édition s’accompagne cette fois d’interviews de l’équipe (16’). Le réalisateur Ric Roman Waugh, Gerard Butler, Morena Baccarin et Roman Griffin Davis (qui reprend alors le rôle de Roger Dale Floyd) s’expriment sur ce qui les a motivés pour cette suite, sur les thèmes du film, la psychologie et l’évolution des personnages. Pas grand-chose d’intéressant à première vue et pourtant les propos sont posés, réfléchis, sincères. Quelques images rapides dévoilent l’envers du décor.

L’Image et le son

Metropolitan livre un sublime master UHD de Greenland 2 – Migration. D’entrée de jeu, le travail sur les couleurs concocté par le chef opérateur Martin Ahlgren (Shelter) s’impose, les partis pris esthétiques évoluant au fur et à mesure du parcours des protagonistes, les teintes chromatiques allant vers une désaturation progressive, jusqu’à devenir quasiment monochromes. Les décors fourmillent de détails (merci au cadre large), la profondeur de champ est toujours appréciable, les contrastes sont profonds et les séquences nocturnes d’une densité inégalée. Les gros plans sur les visages ne manquent pas de mordant, le relief est constamment palpable, le piqué chirurgical. Une édition Ultra Haute-Définition fort élégante et même indispensable.

Les versions française et anglaise ne bénéficient pas de mixages Dolby True HD Atmos comme pour le premier épisode. Il faudra donc se contenter de pistes DTS HD Master Audio 5.1 standards, qui assurent tout de même le spectacle et mettent à contribution chacune des enceintes de toute bonne installation qui se respecte. D’ailleurs, avec les premiers tremblements de terre, suivis de près par le tsunami, ces options acoustiques s’imposent comme de vraies pistes de démonstration. Une déferlante d’effets en tous genres, avec le feu et les explosions qui environnent le spectateur aux moments opportuns. La musique est constamment spatialisée et le caisson de basses a fort à faire. Une immersion concrète, pleine, y compris lors des séquences de foule et de panique. L’éditeur joint également une piste Audiodescription.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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