Test Blu-ray / Échappement libre, réalisé par Jean Becker

ÉCHAPPEMENT LIBRE réalisé par Jean Becker, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Gert Fröbe, Jean Seberg, Jean-Pierre Marielle, Fernando Rey, Enrico Maria Salerno, Wolfgang Preiss, Diana Lorys…

Scénario : Jean Becker, Daniel Boulanger, Didier Goulard, Claude Sautet & Maurice Fabre, d’après le roman de Clet Coroner

Photographie : Edmond Séchan

Musique : Gregorio García Segura & Martial Solal

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Officiellement journaliste, David Ladislas mène une double vie. Sous prétexte d’un reportage sur la haute couture, il réussit à faire passer en Suisse des diamants cachés dans un appareil photo. De ses commanditaires, il accepte une nouvelle mission, beaucoup plus délicate : transporter au Liban 300 kilos d’or, dissimulés dans la carrosserie d’une voiture de sport. Trop risqué pour son partenaire habituel que ses employeurs remplacent par Olga, une séduisante jeune femme que David essaie de rallier à sa cause quand lui vient l’irrépressible envie de détourner la marchandise à son profit…

Comment réaliser une accroche immédiate pour parler d’Échappement libre de Jean Becker ? On pourrait appeler ce film À bout de souffle 2 ou L’Homme de Rio 2, quand Belmondo devient Bébel dans ce deuxième long métrage du réalisateur Jean Becker. Le comédien retrouve ici Jean Seberg dans cette comédie débridée qui emmène le couple en Suisse, au Liban, en Grèce, en Espagne et en Italie. La star court partout, les potes Jean-Pierre Marielle et Michel Beaune sont de la partie, le rythme va à cent à l’heure et surtout, on ne peut pas s’empêcher de dire en regardant le couple vedette « Qu’est ce qu’ils étaient beaux bordel ! ». Repassons en mode « pro » en indiquant que Jean-Paul Belmondo et Jean Becker avaient déjà collaboré en 1961 sur Un nommé La Rocca, d’après le roman de José Giovanni L’Excommunié, qui n’avait pas rencontré le succès estimé avec pourtant 1,2 millions de spectateurs. Les deux hommes avaient promis de se retrouver pour de nouvelles aventures. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fantaisie sied mieux à Jean Becker que le ton sombre des séries noires. Échappement libre marque avant tout les retrouvailles du couple mythique d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard, quatre ans après l’explosion de la Nouvelle vague. Le premier hit au box-office de Jean Becker (le film a réuni près de deux millions de français dans les salles) est une comédie on ne peut plus plaisante, qui avec son histoire de voiture « blindée » d’or destinée à être convoyée d’un pays à l’autre, annonce étrangement Le Corniaud, qui ne sortira pourtant sur les écrans que six mois plus tard. Autant dire que la redécouverte d’Échappement libre s’impose, d’autant plus que le film n’a été que peu diffusé contrairement à d’autres grands classiques.

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Test Blu-ray / Peau de banane, réalisé par Marcel Ophüls

PEAU DE BANANE réalisé par Marcel Ophüls, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle, Gert Fröbe, Paulette Dubost, Alain Cuny, Charles Regnier…

Scénario : Marcel Ophüls, Claude Sautet & Daniel Boulanger, d’après le roman « Peaux de bananes » de Charles Williams

Photographie : Jean Rabier

Musique : Ward Swingle

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Cathy n’est pas femme à passer l’éponge… Son père ruiné par un tandem d’hommes d’affaires véreux, elle se jure de leur rendre la monnaie de leur pièce en les jetant sur la paille. Pour ça, elle recrute deux filous professionnels et Michel, son ancien mari. Si le plan semble avoir merveilleusement fonctionné, Cathy et Michel découvrent vite qu’ils se sont trompés de proie, et, souhaitant garder le butin rien que pour eux, faussent compagnie à leurs complices. Une erreur qu’ils n’entendent pas reproduire lorsqu’ils repèrent l’autre escroc qu’ils recherchaient…

Avant de devenir le réalisateur acclamé à travers le monde pour son documentaire-fleuve de plus de quatre heures Le Chagrin et la Pitié : Chronique d’une ville française sous l’Occupation (sauf en France, puisque censuré par l’ORTF et qui ne sera diffusé à la télévision qu’après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981), par ailleurs nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film documentaire, Marcel Ophüls (1927-2025), de son vrai nom Hans Marcel Oppenheimer et fils de l’éminent Max Ophüls, avait fait ses armes dans le domaine de la fiction. À ce titre, son film le plus célèbre et son plus grand succès, demeure son premier long-métrage, Peau de banane, comédie élégante dite à « arnaque », qui donne l’occasion à Bebel de se détendre quelque peu après les tournages tendus (euphémisme) du Doulos et surtout de L’Aîné des Ferchaux de Jean-Pierre Melville, qui sortent eux aussi en 1963, à huit mois d’intervalle. Avant de passer la vitesse supérieure avec L’Homme de Rio, Jean-Paul Belmondo se détend dans les bras de Jeanne Moreau, sa partenaire de Moderato Cantabile (1960) de Peter Brook, qui n’avait guère ramené les foules dans les salles. Marcel Ophüls, qui avait mis en scène un segment du film à sketches L’amour à vingt ans, après avoir fait ses armes comme assistant auprès de Jean Dréville, John Huston, Julien Duvivier et de son paternel, s’en sort très bien avec Peau de banane, exercice de style qui s’inspire du polar américain sur la forme (tout en adaptant le roman de Charles Williams, Nothing in Her Way), mais où rien n’est sérieux, surtout pas son couple vedette, qui s’amuse, tout autant que leurs prestigieux partenaires, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle et Gert Fröbe. À voir comme une savoureuse récréation, qui n’a rien perdu de son charme.

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Test Blu-ray / Hold-up, réalisé par Alexandre Arcady

HOLD-UP, réalisé par Alexandre Arcady, disponible en Blu-ray le 3 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Kim Cattrall, Guy Marchand, Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Jean-Claude de Goros, Tex Konig, Raymond Aquilon…

Scénario : Alexandre Arcady, Daniel Saint-Hamont & Francis Veber, d’après le roman Quick Change de Jay Cronley

Photographie : Richard Ciupka

Musique : Serge Franklin

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Afin de dévaliser une grande banque à Montréal, un voleur professionnel décide de se déguiser en clown. Grâce à deux complices à l’intérieur de la banque, il réussit son coup. Pourtant, alors qu’il croyait que le plus dur était fait, les ennuis vont s’amonceler.

Au début des années 1980, le succès est toujours au rendez-vous pour Jean-Paul Belmondo. Le Guignolo (2,9 millions d’entrées), Le Professionnel (5,2 millions), L’As des as (5,5 millions), Le Marginal (4,9 millions), Les Morfalous (3,6 millions) et Joyeuses Pâques (3,4 millions) confirment encore l’engouement des spectateurs pour Bebel. En 1985, le comédien rompt son association avec René Chateau au moment du tournage de Joyeuses Pâques. C’est un nouveau départ pour la star du cinéma français. C’est là que déboule le scénario de Hold-up, adaptation du roman Quick Change (publié en français sous le titre La Java des loquedus en 1982) de Jay Cronley, co-écrit par Alexandre Arcady et Daniel Saint-Hamont, qui avaient signé Le Grand Pardon (1981) et Le Grand Carnaval (1983). Belmondo se voit proposer Hold-up par Alexandre Mnouchkine, mais l’acteur demande de nombreuses modifications, trouvant que son personnage disparaît quelque peu dans la deuxième partie. C’est là que Francis Veber, qui sort du triomphe de La Chèvre, débarque, remanie le scénario, ajoute quelques mots d’auteur, ainsi qu’une nouvelle dynamique à l’ensemble. Cela n’était pas arrivé depuis 1977 avec L’Animal de Claude Zidi, Jean-Paul Belmondo se voit diriger pour la première fois par un autre metteur en scène que Georges Lautner, Henri Verneuil, Jacques Deray et Gérard Oury qui l’ont tous fait tourner précédemment à plusieurs reprises. Résultat des courses, Hold-up est une comédie policière et d’action rudement menée, dépaysante avec son décor canadien, la présence de la divine Kim Cattrall, tout juste sortie du carton planétaire de Police Academy de Hugh Wilson et avant Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du MandarinBig Trouble in Little China de John Carpenter. L’auteur de ces mots conserve une immense affection pour Hold-up, l’un des films avec Belmondo qui a sûrement tourné le plus dans le magnétoscope quand il était gamin. Aujourd’hui encore, le plus grand succès au box-office d’Alexandre Arcady demeure un savoureux divertissement dans lequel Bebel semble prendre beaucoup de plaisir à se déguiser, à donner la réplique à Guy Marchand, à jouer le gentleman braqueur avec sa belle partenaire canadienne et à s’adonner à quelques cascades, qui seront d’ailleurs parmi les dernières de son illustre carrière.

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Test Blu-ray / Sois belle et tais-toi!, réalisé par Marc Allégret

SOIS BELLE ET TAIS-TOI! réalisé par Marc Allégret, disponible en DVD & Blu-ray le 17 mai 2024 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Mylène Demongeot, Henri Vidal, Jean-Paul Belmondo, Robert Dalban, Alain Delon, Roger Hanin, Darry Cowl…

Scénario : Marc Allégret, Gabriel Arout, William Benjamin, Odette Joyeux & Jean Marsan Roger Vadim

Photographie : Armand Thirard

Musique : Jean Wiener

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Virginie a 20 ans et une langue bien pendue. Elle est belle et en est à sa troisième évasion d’une Maison d’Éducation. Jean est un jeune inspecteur de Police, actuellement à la recherche de gangsters ayant attaqué une bijouterie de la place Vendôme. Mais le malheur fait qu’au cours de son enquête, Jean prend Virginie pour une complice de la bande, tandis que Virginie prend Jean pour un de ces prestigieux seigneurs du milieu. Et voilà la jolie délinquante éprise d’un flic.

C’est ce qui s’appelle avoir du pif. Parce-que pour réunir Mylène Demongeot, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo dans un même film alors que ceux-ci n’avaient pas fait grand-chose, on peut dire que Marc Allégret a senti que ces trois jeunes comédiens âgés d’une vingtaine d’années étaient non seulement charismatiques, mais aussi prometteurs. Sois belle et tais-toi ! (ne vous énervez pas, il s’agit du titre) est une charmante comédie-policière qui aurait peut-être disparu des radars, si Bebel et Delon n’avaient pas été associés pour la première fois au cinéma. S’ils n’ont pas de rôles majeurs dans cette histoire, on ne peut s’empêcher d’admirer leur naturel, leur bagou, leur énergie contagieuse. Mais la « star » est ici Mylène Demongeot, que le réalisateur avait déjà fait tourner trois ans plus tôt dans Futures vedettes, dans lequel elle ne faisait d’ailleurs qu’une apparition et était même créditée Marielle Demongeot au générique. Sortant du succès des Sorcières de Salem de Raymond Rouleau, où elle était parvenue à s’imposer face à Yves Montand et Simone Signoret, l’actrice passe la vitesse supérieure et se retrouve au générique de Bonjour tristesse d’Otto Preminger et en tête d’affiche de Sois belle et tais-toi !. Si elle n’a jamais brillé par son jeu et son phrasé quelque peu monocorde, on ne pourra pas reprocher à Mylène Demongeot de crever l’écran de sa beauté diaphane dans le film de Marc Allégret, où le couple qu’elle forme avec Henri Vidal fonctionne bien, malgré leur différence d’âge. Un spectacle « gentillet », complètement inoffensif et désuet, sympathique et divertissant.

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Test 4K UHD / L’Homme de Rio, réalisé par Philippe de Broca

L’HOMME DE RIO réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD, Blu-ray & 4K Ultra HD + Blu-ray le 23 mars 2024 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Françoise Dorléac, Jean Servais, Roger Dumas, Daniel Ceccaldi, Adolfo Celi, Milton Ribeiro, Simone Renant…

Scénario : Jean-Paul Rappeneau, Ariane Mnouchkine, Daniel Boulanger & Philippe de Broca

Photographie : Edmond Séchan

Musique : Georges Delerue

Durée : 2h05

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Adrien Dufourquet, un jeune soldat en permission, assiste, impuissant, à l’enlèvement de sa fiancée Agnès Villermosa par deux inconnus. Parallèlement, une statuette brésilienne d’une valeur inestimable est volée au musée de l’Homme. Sans réfléchir une seconde, Adrien se lance à la poursuite des ravisseurs de sa bien-aimée en montant clandestinement à bord d’un avion à destination de Rio de Janeiro. Sur place, il parvient à délivrer Agnès, complètement droguée. Mais le professeur Catalan envoie ses hommes enlever à nouveau Agnès après avoir dérobé la fameuse statuette à un riche homme d’affaires. Adrien vole à son secours dans la forêt amazonienne…

Soixante ans après sa sortie, que peut-on dire de nouveau sur L’Homme de Rio ? Cette adaptation peu dissimulée des Aventures des Tintin est et demeure LA référence du film d’aventures à la française (avec du sang belge dans les veines donc), étonnamment peu copiée, car il aurait fallu se lever de bonne heure pour l’égaler. Alors qu’il planchait sur la transposition cinématographique live des albums d’Hergé, Philippe de Broca, qui sortait du grand succès de Cartouche, abandonne ce projet original de Tintin et le Mystère de La Toison d’or, qui sera finalement réalisé par Jean-Jacques Vierne, pour plancher sur une sorte de détournement personnel, qui reprendra les codes et les motifs des albums du célèbre reporter et de son chien Milou. En effet, persuadé que le résultat ne sera jamais aussi bon à l’écran qu’à travers les cases de la BD et ce même après avoir déniché l’acteur Jean-Pierre Talbot qui interprétera Tintin en chair et en os, Philippe de Broca imagine un autre personnage calqué sur son modèle, ou presque, qui se lance à la poursuite de sa bien-aimée kidnappée et emmenée à l’autre bout de monde, avant de plonger dans une histoire quasi-fantastique et blindée de rebondissements. Ainsi naquit L’Homme de Rio, coécrit par le réalisateur lui-même avec son complice Jean-Paul Rappeneau, Daniel Boulanger et Ariane Mnouchkine. Porté par Jean-Paul Belmondo, omniprésent en 1964, délaissant momentanément la Nouvelle vague pour se consacrer au cinéma populaire (Cent Mille Dollars au soleil, Échappement libre, La Chasse à l’homme et Week-end à Zuydcoote sortent à quelques semaines d’intervalle) et la sublime Françoise Dorléac, alors au mi-temps de sa carrière éphémère qui allait être brisée des suites d’un accident de voiture qui l’emportera à l’âge de 25 ans, L’Homme de Rio est un film intemporel, un spectacle pour toute la famille, un chef d’oeuvre à voir et à revoir jusqu’à la fin des temps.

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Test 4K UHD / Classe tous risques, réalisé par Claude Sautet

CLASSE TOUS RISQUES réalisé par Claude Sautet, disponible en DVD, Blu-ray & 4K Ultra HD + Blu-ray le 23 mars 2024 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, Sandra Milo, Jean Servais, Marcel Dalio, Bernard Dheran, Michel Ardan, Michele Meritz, Claude Cerval, Jacques Dacqmine…

Scénario : Claude Sautet, José Giovanni & Pascal Jardin, d’après le roman de José Giovanni

Photographie : Ghislain Cloquet

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Gangster condamné à mort par contumace et recherché activement par la police, Abel Davos s’est réfugié depuis une douzaine d’années en Italie avec sa femme Thérèse et ses deux enfants, où il poursuit ses coupables activités. Mais après un dernier hold-up réussi avec son ami Raymond, sur le point d’être retrouvé, il doit rentrer clandestinement en France par la mer. En débarquant sur une plage déserte, deux douaniers les surprennent, provoquant une fusillade tuant Thérèse et Raymond. Resté seul avec ses enfants, Abel fait appel à ses amis Riton et Fargier, à Paris pour venir les chercher à Nice, qui ne peuvent venir eux-mêmes mais lui envoient un homme sûr, Éric Stark, avec une ambulance. Davos se lie d’amitié avec le jeune homme, qui le cache dans une chambre de bonne de son immeuble…

À la base de Classe tous risques, il y a un roman de José Giovanni, édité en 1958, qui s’inspirait des dernières années de cavale d’Abel Danos (que l’écrivain avait côtoyé à la prison de la Santé), surnommé le Bel Abel ou le « Mammouth » en raison de sa forte corpulence, malfaiteur, membre du Milieu et membre de la Gestapo française dite La Carlingue, où il était alors connu pour ses méthodes aussi expéditives que brutales. C’est Lino Ventura lui-même qui est venu se « vendre » auprès de l’écrivain et ancien gangster, en lui indiquant qu’il était fait pour le rôle et que son ami Claude Sautet désirait faire de son livre un film. À la fin des années 1950, le comédien commence à faire sa place dans le cinéma français, mais sa silhouette trapue et son charisme de dur à cuire est aussi remarquée qu’appréciée de plus en plus par les cinéastes et surtout par les spectateurs, depuis sa découverte dans Touchez pas au grisbi, triomphe de 1954 qui avait replacé Jean Gabin sur son trône. Lino Ventura apparaît dans autant de films que de succès, de Razzia sur la chnouf à 125 rue Montmartre, en passant par Un témoin dans la ville, Marie-Octobre, Ces dames préfèrent le mambo…petit à petit, le nom de l’acteur se hisse en haut de l’affiche. Le Gorille vous salue bien de Bernard Borderie et Le Fauve est lâché de Maurice Labro (sur lequel Ventura rencontre Sautet) prouvent que des productions peuvent enfin se monter sur son charisme, son talent et sa carrure. Avec Classe tous risques, Lino Ventura passe la vitesse supérieure et son personnage anticipe déjà celui qu’il tiendra dans Le Deuxième souffle de Jean-Pierre Melville, autre transposition d’un ouvrage de José Giovanni. Merveilleusement mis en scène par un Claude Sautet enfin en possession de ses moyens après un premier long-métrage Bonjour sourire, qu’il reniera très rapidement et pour lequel il officiait uniquement comme « technicien » (alors assistant, mais remplaçant surtout au pied levé Robert Dhéry, qui devait le réaliser et s’est finalement désisté au dernier moment), ce polar sombre et brutal est aussi une superbe histoire d’amitié, magnifiquement interprétée par le tandem Ventura-Belmondo.

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Test Blu-ray / Casino Royale, réalisé par John Huston, Kenneth Hughes, Val Guest, Robert Parrish & Joe McGrath

CASINO ROYALE réalisé par John Huston, Kenneth Hughes, Val Guest, Robert Parrish & Joe McGrath, disponible en Édition Blu-ray + DVD + DVD bonus + livre – Boîtier Mediabook le 18 octobre 2023 chez Rimini Editions.

Acteurs : Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Orson Welles, Joanna Pettet, Daliah Lavi, Woody Allen, Deborah Kerr, William Holden, Charles Boyer, John Huston, Kurt Kasznar, George Raft, Jean-Paul Belmondo, Terence Cooper, Barbara Bouchet, Jacqueline Bisset…

Scénario : Wolf Mankowitz, John Law & Michael Sayers

Photographie : Jack Hildyard

Musique : Burt Bacharach

Durée : 2h11

Date de sortie initiale : 1967

LE FILM

Sir James Bond se repose dans son château d’Ecosse. C’est alors que les quatre chefs secrets des grandes puissances le supplient d’accomplir une dernière mission. Pour le convaincre, ils font sauter sa demeure. Le grand Bond se décide alors à agir et à démasquer celui qui fait peser une terrible menace sur le monde.

Passer en revue le pourquoi du comment le producteur Charles K. Feldman a pu obtenir les droits d’adaptation de la première aventure de James Bond écrite par Ian Fleming sera non seulement long, voire interminable, pas obligatoirement passionnant. Mais il est important de noter que Casino Royale, édité au Royaume-Uni en 1953 – il faudra attendre 1960 pour la première traduction française, infidèle et incomplète, qui sortira sous le titre Espions, faites vos jeux – avec un succès foudroyant avait connu une première transposition, non pas au cinéma, mais pour le petit écran, dès l’année suivante sur la chaîne CBS. Dans cet épisode de la série intitulée Climax !, filmé et diffusé en direct, l’américain Barry Nelson est donc le premier à incarner James Bond, « américanisé » pour l’occasion, puisqu’il devient ici un agent de la CIA, tandis que Clarence Leiter (et non pas Felix) est lui un agent britannique au service de sa Majesté. Un téléfilm de 50 minutes, divisé en trois actes, permettant ainsi un changement de décor durant les publicités. 1962, hit inattendu de James Bond 007 contre Dr No, 1963, grand succès de Bons baisers de Russie, 1964, triomphe de Goldfinger, 1965, phénomène mondial d’Opération Tonnerre. EON Productions ne disposant pas des droits pour le cinéma de Casino Royale et refusant de s’associer avec Charles K. Feldman, ce dernier décide de faire cavalier seul et lance son projet personnel avec l’aide de Columbia Pictures. Ce sera l’un des tournages de films les plus catastrophiques avec pas moins de cinq metteurs en scène à la barre Val Guest, Kenneth Hughes, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish, des comédiens qui vont et viennent, quand ils ne se volatilisent pas complètement dans la nature comme Peter Sellers, sans compter le budget qui explose en raison de cette valse de réalisateurs et d’acteurs, les retards accumulés…Cette parodie, pensée finalement ainsi afin de ne pas s’opposer au « vrai » 007 qui disposait alors de moyens pharaoniques et des meilleurs techniciens du cinéma anglais, connaîtra malgré tout un beau succès dans le monde entier durant les fêtes de Noël. Aujourd’hui, Casino Royale se regarde comme un témoignage d’une époque bien révolue, marquée sur le fond et sur la forme par un psychédélisme difficile à supporter, pas déplaisant, mais bourratif, parfois écoeurant à force de faire ingurgiter aux spectateurs tout et n’importe quoi. Casino Royale est et restera une curiosité couchée sur pellicule, dans laquelle de grands noms du cinéma s’entrecroisent avec un air crispé, trouvant visiblement le temps long, à l’exception de Woody Allen, qui comme dans Quoi de neuf, Pussycat ?, imputable au même producteur, vole la vedette à tous ses partenaires. Il est probablement le seul véritable intérêt de ce pastiche, étant pleinement dans son élément. Quant au scénario, découpé, rapiécé, trahi, agrémenté par des improvisations, réécrit, il ne faut pas en attendre beaucoup et renvoie aux innombrables problèmes rencontrés durant la confection de ce vilain petit canard.

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Test Blu-ray / Par un beau matin d’été, réalisé par Jacques Deray

PAR UN BEAU MATIN D’ÉTÉ réalisé par Jacques Deray, disponible en combo DVD/Blu-ray le 21 octobre 2020 chez Pathé.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Sophie Daumier, Geraldine Chaplin, Gabriele Ferzetti, Georges Géret, Akim Tamiroff, Claude Cerval, Adolfo Celi, Jacques Monod…

Scénario : M. Andriard, Georges Bardawil, Jacques Deray, Maurice Fabre, Didier Goulard, Arturo Rígel, Michel Audiard d’après un roman de James Hadley Chase

Photographie : Juan Julio Baena, Jean Charvein

Musique : Michel Magne

Durée : 1h49

Année de sortie : 1965

LE FILM

Francis et sa sœur Monique vivent de petites magouilles sur la Côte d’Azur. Monique attire des hommes dans sa chambre où Francis fait irruption peu de temps après leur arrivée : pris sur le fait, « les pigeons » doivent payer pour conserver leur réputation. Las de leurs combines, ils acceptent de participer à un kidnapping en Espagne qui devrait leur rapporter des millions. Il s’agit d’enlever la fille d’un richissime Américain.

Après avoir fait ses débuts en tant que comédien, Jacques Desrayaud alias Jacques Deray (1929-2003) devient assistant sur les tournages de Gilles Grangier, Luis Buñuel et Jules Dassin. En 1960, il écrit et réalise son premier film, Le Gigolo, drame psychologique interprété par Jean-Claude Brialy et Alida Valli. Ses deux films suivants, Rififi à Tokyo et Symphonie pour un massacre sortent la même année, en 1963, à quelques mois d’intervalle. Si le premier est un film policier intégralement tourné au Japon, le second est une vraie claque, un polar dans la tradition du film noir américain, qui se déroule entre la France et la Belgique. Un fabuleux exercice de style, un chef d’oeuvre du genre malheureusement oublié aujourd’hui, qui offrait à Jean Rochefort son premier grand rôle dramatique. Ce troisième film atteint presque la barre des 900.000 entrées, un joli score pour le réalisateur, par ailleurs équivalent à ses deux précédents opus. Jacques Deray souhaite continuer sur cette lancée et jette son dévolu sur un roman du britannique James Hadley Chase, auteur dont les œuvres sont souvent jugées inadaptables, qui aura pourtant largement inspiré les cinéastes comme Julien Duvivier, Denys de La Patellière, Henri Verneuil, Joseph Losey, Robert Aldrich et Patrice Chéreau. Pas moins d’une demi-douzaine de scénaristes sont crédités au générique de Par un beau matin d’été, même si l’on retiendra principalement la mention de Michel Audiard aux dialogues. Si Symphonie pour un massacre bénéficiait de l’écriture de José Giovanni et de Claude Sautet, ce n’est pas le cas ici et le récit peine à trouver un souffle et s’enlise parfois dans une intrigue quelque peu fourre-tout, comme si la collaboration Deray-Audiard n’aboutissait jamais vraiment. Pour cela, il faudra attendre les années 1980 avec Le Marginal (1983) et On ne meurt que deux fois (1985), ce dernier étant sorti à titre posthume. Ceci dit, Par un beau matin d’été conserve un intérêt surtout au niveau de son casting on ne peut plus attractif avec Jean-Paul Belmondo entouré des deux belles Sophie Daumier et surtout Geraldine Chaplin dans son premier vrai rôle à l’écran, treize ans après son apparition dans Les Feux de la rampeLimelight (1952) réalisé par son père. Ajoutez à cela une atmosphère très réussie avec une action se déroulant sous une chaleur écrasante et vous obtenez un polar inclassable, qui oscille parfois entre la comédie dans sa première partie et le drame psychologique dans la seconde. Par un beau matin d’été reste une curiosité, surtout pour les cinéphiles.

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Test Blu-ray (édition Gaumont) / Un singe en hiver, réalisé par Henri Verneuil

UN SINGE EN HIVER réalisé par Henri Verneuil, disponible en DVD et Blu-ray le 3 juin 2020 chez Gaumont.

Acteurs : Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Suzanne Flon, Noël Roquevert, Gabrielle Dorziat, Paul Frankeur, Hella Petri, Marcelle Arnold…

Scénario : François Boyer, Henri Verneuil & Michel Audiard d’après le roman d’Antoine Blondin

Photographie : Louis Page

Musique : Michel Magne

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

L’hôtelier d’une petite station balnéaire de Normandie a juré à sa femme de ne plus toucher à un verre d’alcool. C’était sans compter avec l’arrivée de Fouquet qui surgit avec la tentation…

Si je buvais moins, je serais un autre homme, et j’y tiens pas !

Ravis de leurs précédentes collaborations sur Des gens sans importance (1956) et Le Président (1961), Jean Gabin et Henri Verneuil se retrouvent en 1962 pour l’adaptation du roman éponyme d’Antoine Blondin (prix Interallié en 1959), Un singe en hiver. Quelques années auparavant, une première tentative de transposition avait été refusée par la MGM qui n’y voyait qu’une simple et honteuse histoire d’alcooliques. Après le projet d’adaptation du roman Au large d’Eden de Roger Vercel, abandonné suite au refus de Jean Gabin (faute de pied marin), le studio revient finalement sur sa décision. Henri Verneuil obtient le feu vert pour Un singe en hiver.

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Test Blu-ray / La Chasse à l’homme, réalisé par Edouard Molinaro

LA CHASSE À L’HOMME réalisé par Edouard Molinaro, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Jean-Claude Brialy, Françoise Dorléac, Marie Laforêt, Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Hélène Duc, Bernadette Lafont, Francis Blanche, Bernard Blier, Mireille Darc, Micheline Presle, Michel Serrault…

Scénario : France Roche d’après une histoire originale d’Albert Simonin, Yvon Guézel et Michel Duran.

Photographie : Andréas Winding

Musique : Michel Magne

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Toni, brillant affichiste et séduisant célibataire, va se marier. Mais son ami Julien est contre son mariage et contre le mariage en général, ayant été victime d’un horrible traquenard tendu par sa jeune secrétaire. Julien va s’employer à tout faire pour convaincre son ami de ne pas se laisser passer la corde au cou…

Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy, Françoise Dorléac, Marie Laforêt, Claude Rich, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Bernadette Lafont, Micheline Presle, Michel Serrault, Bernard Blier, Francis Blanche, Mireille Darc, Noël Roquevert, Jacques Dynam, Henri Attal, Dominique Zardi…quel casting ! Tous les espoirs du cinéma français étaient réunis dans La Chasse à l’homme, réalisé par Edouard Molinaro en 1964, sur un scénario écrit par la journaliste et critique de cinéma France Roche. Resplendissants de jeunesse, ces acteurs et actrices magnifiques se confrontent et s’entrechoquent dans cette comédie de boulevard, qui prend l’apparence d’un film à sketches, sans en être un véritablement, mais qui repose sur un fil rouge, celui d’un célibataire endurci qui se laisse passer la bague au doigt, malgré les tentations d’infidélité qui se multiplient. La Chasse à l’homme est une succession de situations cocasses sur le thème de la séduction et du mariage, où les comédiennes, qui ont ici le beau rôle, rivalisent de beauté et de fraîcheur, la palme revenant aux deux soeurs, les sublimes Catherine Deneuve et Françoise Dorléac.

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