Scénario : Matthew Cirulnick, Sylvester Stallone d’après le personnage créé par David Morrell
Photographie : Brendan Galvin
Musique : Brian Tyler
Durée : 1h41
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Cinquième épisode de la saga Rambo. Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain.
Il y a onze ans, nous laissions John Rambo revenir chez lui, se dirigeant vers un ranch au bout d’un chemin poussiéreux, après son retour de Birmanie. La conclusion de la saga et l’opus John Rambo (ou simplement Rambo en version originale) étaient en tout point parfaits. Quelle ne fut pas l’étonnement de la part des fans de Sylvester Stallone, quand le comeback du plus célèbre des Bérets Verts a été annoncé par le comédien ! S’il s’agit clairement d’une « cerise sur le gâteau », Rambo : Last Blood, titre qui indique clairement qu’il s’agit bel et bien de l’ultime baroud d’honneur de son protagoniste en faisant référence au tout premier épisode réalisé par Ted Kotcheff, First Blood (1982), n’était franchement pas espéré, mais puisque le film existe, pourquoi s’en priver ?
VIOLENCE AU KANSAS (The Jayhawkers!) réalisé par Melvin Frank, disponible en DVD et Blu-ray le 25 janvier 2020 chez Sidonis Calysta
Acteurs : Jeff Chandler, Fess Parker, Nicole Maurey, Henry Silva, Herbert Rudley, Frank DeKova, Don Megowan, Leo Gordon…
Scénario : Melvin Frank, Joseph Petracca, Frank Fenton, A.I. Bezzerides
Photographie : Loyal Griggs
Musique : Jerome Moross
Durée : 1h40
Date de sortie initiale : 1959
LE FILM
Texas 1859, Cam Bleeker s’échappe de la prison où il était enfermé depuis la guerre contre le Mexique. Pensant rentrer chez lui et retrouver sa femme, il découvre, une fois arrivé sur place, que cette dernière est morte pendant les événements et qu’une veuve s’est installée dans la demeure avec ses enfants…
Au titre français, Violence au Kansas, qui plante immédiatement le décor, nous préférerons le titre original The Jayhawkers !, qui claque plus et qui promet un bon film d’action. Réalisé par Melvin Frank (1913-1988), ancien scénariste de George Marshall, qui passe à la mise au début des années 1950 et qui se spécialise surtout dans le registre de la comédie (Le Bouffon du roi – The Court Jester avec Danny Kaye en 1955), le western qui nous intéresse aujourd’hui est la seule incursion du cinéaste dans le genre. Du moins si l’on excepte La Duchesse et le Truand –The Duchess and the Dirtwater Fox (1976) avec George Segal et Goldie Hawn, qui est plutôt une comédie se déroulant à la fin du XIXe. Toujours est-il que Violence au Kansas est un western tout ce qu’il a de plus plaisant avec un casting formidable mené entre autres par le génial et charismatique Jeff Chandler, une histoire souvent passionnante et bien écrite, le tout solidement réalisé par Melvin Frank qui démontre ici tout son grand bagage technique. Une bien belle découverte.
SACRAMENTO (In Old California) réalisé par William C. McGann, disponible en DVD et Blu-ray le 25 janvier 2020 chez Sidonis Calysta
Acteurs : John Wayne, Binnie Barnes, Albert Dekker, Helen Parrish, Patsy Kelly, Edgar Kennedy, Dick Purcell, Harry Shannon, Charles Halton…
Scénario : Gertrude Purcell, Frances Hyland d’après une histoire originale de J. Robert Bren et Gladys Atwater
Photographie : Jack A. Marta
Musique : David Buttolph
Durée : 1h28
Date de sortie initiale : 1942
LE FILM
Originaire de Boston, Tom Craig entend bien ouvrir une pharmacie à Sacramento, la ville la plus bouillonnante de Californie. À peine arrivé et le voilà déjà dans le collimateur de Britt Dawson, l’un des maîtres de la ville. Tom n’est cependant pas homme à se laisser intimider, trouvant en la fiancée même de son ennemi une alliée. Rancunier, Dawson monte un plan pour lui voler les médicaments indispensables à la survie de chercheurs d’or atteints de la typhoïde…
Depuis La Piste des Géants – The Big Trail (1930) de Raoul Walsh, Marion Mitchell Morrison, parfois crédité Duke Morrison, devient définitivement John Wayne et ne s’arrêtera plus de tourner jusqu’au Dernier des Géants – The Shootist (1979) de Don Siegel, son dernier long métrage . Tournant parfois plus de dix films par an (!) le comédien né en 1907 devient une figure incontournable du western et promène son mètre 93 avec une décontraction qui séduit les spectateurs du monde entier. Il continue de se faire la main durant les années 1930, et clôt cette décennie en multipliant les tournages avec George Sherman et surtout John Ford, avec lequel il tourne La Chevauchée fantastique – Stagecoach (1939), leur première collaboration. Sacramento – In Old California, également connu sous son titre belge Aventure en Californie, date de 1942 et s’avère un western – tourné pour le compte de la Republic Pictures – bourré d’humour, dans lequel le Duke a l’air de beaucoup s’amuser en interprétant un pharmacien tiré à quatre épingles, bien décidé à ouvrir sa boutique dans la ville quelque peu mal famée de Sacramento. Réalisé par William C. McGann (1893-1977), In Old Sacramento est un western complètement désuet, mais qui conserve un vrai charme, qui reste plaisant pour le rôle quelque peu à contre-emploi de John Wayne, qui fait ici preuve d’un vrai sens de l’autodérision, même s’il défend une fois de plus la veuve et l’orphelin.
UNE JOURNÉE DE FOUS (The Dream Team) réalisé par Howard Zieff, disponible en DVD et Blu-ray le 21 janvier 2020 chez Rimini Editions
Acteurs : Michael Keaton, Christopher Lloyd, Peter Boyle, Stephen Furst, Dennis Boutsikaris, Lorraine Bracco, Philip Bosco, Milo O’Shea…
Scénario : Jon Connolly, David Loucka
Photographie : Adam Holender
Musique : David McHugh
Durée : 1h53
Date de sortie initiale : 1989
LE FILM
Le Dr Weitzman, psychiatre, décide d’emmener quatre de ses patients en balade à New York. Il y a là Billy, sujet à des accès de violence, Henry, schizophrène et paranoïaque, Albert, incapable de communiquer avec les autres, et Jack, qui croit être la réincarnation du Christ. Mais le médecin est victime d’une agression, et nos quatre énergumènes se trouvent livrés à eux-mêmes, dans une ville encore plus folle qu’eux.
Hit the road Jack and
don’t you come back No more, no more, no more, no more Hit
the road Jack and don’t you come back no more…
Méconnu, voire totalement inconnu en France, Une journée de fous – The Dream Team est pourtant un joyau de la comédie américaine de la fin des années 1980, réalisé par Howard Zieff (1927-2009), qui avait signé La Bidasse – Private Benjamin (1980) avec Goldie Hawn, et plus tard les deux volets de My Girl (1991 et 1994) avec Dan Aykroyd, Jamie Lee Curtis, Macaulay Culkin (pour le premier opus) et Anna Chlumsky. Sur un scénario coécrit par Jon Connolly (Eddie, avec Whoopy Goldberg) et David Loucka (La Maison au bout de la rue), le cinéaste dirige un quatuor de comédiens exceptionnels, Michael Keaton, Christopher Lloyd, Peter Boyle et Stephen Furst. Une journée de fous est une totale découverte, complètement passée inaperçue en France à sa sortie en septembre 1989.
LE MONSTRE DU TRAIN (Terror Train) par Roger Spottiswoode, disponible en combo Blu-ray/DVD le 4 janvier 2020 chez Rimini Editions
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Ben Johnson, Hart Bochner, David Copperfield, Derek McKinnon, Sandee Currie, Timothy Webber, Anthony Sherwood, Vanity…
Scénario : T.Y. Drake
Photographie : John Alcott
Musique : John Mills-Cockell
Durée : 1h33
Date de sortie initiale : 1980
LE FILM
Une fraternité d’étudiants universitaires décident de se faire une soirée costumée pendant un voyage en train. Mais un tueur s’est infiltré dans le train, les tuant un par un et récupérant les costumes de ses victimes…
S’il n’est évidemment pas comparable à Halloween, la nuit des masques (1978) de John Carpenter et nettement moins réussi que Le Bal de l’horreur – Prom Night (1980) de Paul Lynch, Le Monstre du train – Terror Train (1980) vaut encore le coup d’oeil pour plusieurs raisons. D’une part parce qu’il est toujours plaisant de revoir la belle Jamie Lee Curtis à ses débuts, il s’agit ici de son quatrième long métrage, d’autre part parce qu’il s’agit des premiers pas derrière la caméra du sympathique Roger Spottiswoode, ancien monteur de Sam Peckinpah (Les Chiens de paille, Pat Garrett et Billy le Kid) et de Walter Hill (Le Bagarreur), futur réalisateur du meilleur épisode de James Bond avec Pierce Brosnan, Demain ne meurt jamais – Tomorrow Never Dies (1997). De plus, Le Monstre du train est aussi l’unique incursion au cinéma de David Copperfield, en dehors de ses apparitions dans son propre rôle, qui interprète (forcément) un illusionniste sur qui pèsent de nombreux soupçons. Et si c’était lui tueur du train avec sa coupe de cheveux improbable et ses chemises col pelle à tarte ? Enfin, Terror Train reste très plaisant pour les mirettes, grâce notamment à la très belle photographie signée John Alcott, immense chef opérateur à qui l’on doit notamment les images inoubliables d’Orange mécanique (1971), Barry Lyndon (1975) et de Shining (1980) de Stanley Kubrick. S’il n’est pas une entière réussite, Le Monstre du train, production américano-canadienne, possède donc suffisamment d’atouts pour qu’on s’y intéresse quarante ans (!) après sa sortie.
WAXWORK réalisé par Anthony Hickox, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume
Acteurs : Zach Galligan, Patrick Macnee, Joe Baker, David Warner, John Rhys-Davies, Jennifer Bassey, Deborah Foreman, Michelle Johnson, Dana Ashbrook, Miles O’Keeffe, Eric Brown…
Scénario : Anthony Hickox
Photographie : Gerry Lively
Musique : Roger Bellon
Durée : 1h37
Année de sortie : 1988
LE FILM
Un groupe d’adolescents est invité à visiter un curieux musée de cire qui expose de célèbres classiques de la littérature d’horreur. Au fur et à mesure ils vont se rendre compte que les sculptures de cire sont plus que de simples statues.
Premier long métrage du britannique Anthony Hickox (né en 1959), Waxwork est un vrai film culte. Comme l’indiquent les remerciements en fin de générique, le réalisateur vouait alors un culte aux œuvres de la Hammer, aux films de Dario Argento, George A. Romero, Joe Dante, John Landis, Steven Spielberg et de John Carpenter. Sorti en 1988, Waxwork est immédiatement devenu mythique auprès des spectateurs et un carton en VHS, à tel point que le film connaîtra une suite en 1992, Waxwork II : Perdus dans le temps – Waxwork II : Lost in Time. Mais pour l’heure, ce film fantastique emblématique des années 1980 reste un immense divertissement bourré d’imaginations, réalisé avec une passion contagieuse pour le cinéma et dont l’affrontement final contre les créatures ramenées à la vie demeure un des moments les plus foutraques et surtout les plus jouissifs du genre.
DEUX MOI réalisé par Cédric Klapisch, disponible en DVD et Blu-ray le 15 janvier 2020 chez Studiocanal
Acteurs : François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin, François Berléand, Simon Abkarian, Eye Haidara, Rebecca Marder, Pierre Niney…
Scénario : Santiago Amigorena, Cédric Klapisch
Photographie : Élodie Tahtane
Musique : Loïc Dury, Christophe Minck
Durée : 1h50
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu’il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?
Treizième long métrage de Cédric Klapisch, Deux moi marque le comeback du réalisateur dans sa chère capitale. Après New York dans Casse-tête chinois (2013) et la Bourgogne dans Ce qui nous lie (2017), le cinéaste a décidé de filmer à nouveau la Ville lumière et ses habitants comme il a toujours su le faire. On y retrouve les petits quartiers oubliés de Paris comme à l’époque de Chacun cherche son chat (1996) où Cédric Klapisch filmait le XIe arrondissement, même si Deux moi se partage essentiellement entre le XVIIIe et le XIXe, dans le quartier de la Chapelle-Marx Dormoy ou près du boulevard Macdonald. Un vrai retour aux sources très réussi pour cette chronique à la fois dramatique et poétique, douce-amère, ultra-sensible sur la solitude dans les grandes villes, où rayonne le couple vedette Ana Girardot et François Civil, déjà présents à l’affiche de Ce qui nous lie.
TENUE DE SOIRÉE réalisé par Bertrand Blier, disponible en Blu-ray le 1er janvier 2020 chez Studiocanal
Acteurs : Michel Blanc, Gérard Depardieu, Miou-Miou, Bruno Cremer, Michel Creton, Jean-François Stévenin, Mylène Demongeot, Jean-Pierre Marielle…
Scénario : Bertrand Blier
Photographie : Jean Penzer
Musique : Serge Gainsbourg
Durée : 1h24
Date de sortie initiale : 1986
LE FILM
Antoine est amoureux de la froide Monique qui le rabroue en permanence. Alors Antoine confie son désespoir à son copain Bob qui l’écoute avec beaucoup d’intérêt, car il est amoureux d’Antoine. C’est ainsi que débute cette histoire d’amour…
Regarde-toi dans mes
yeux, tu vas te trouver sublime.
Quand on visionne Tenue de soirée, on ne peut s’empêcher de trouver impressionnante toute cette poésie de chaque instant, que ces répliques crues renferment une immense sensibilité, et surtout que Bertrand Blier livre de fabuleux portraits de marginaux solitaires, furieusement en manque d’amour et de tendresse. Aujourd’hui, il serait impensable voire carrément impossible de refaire un film comme Tenue de soirée, « PUTAIN DE FILM ! », comme le scandait l’affiche d’exploitation. Enorme succès populaire en avril 1986 avec près de 3,2 millions de spectateurs, ce qui le place en seconde position dans le top du réalisateur derrière les 5,7 millions d’entrées des Valseuses en 1974, Tenue de soirée est une chronique amoureuse, mais aussi un drame psychologique et social, une comédie de mœurs comme pouvait l’être La Grande Bouffe (1973) de Marco Ferreri. Là où ce dernier avait fait scandale (euphémisme) au Festival de Cannes, le film de Bertrand Blier enthousiasmait alors la Croisette. Michel Blanc se voyait récompenser du Prix d’interprétation masculine, ex aequo avec Bob Hoskins pour Mona Lisa de Neil Jordan, par le Président du jury Sydney Pollack. Plus de trente ans après sa sortie, Tenue de soirée n’a absolument rien perdu de sa verve (et de sa verge), fait toujours grincer les dents et embarque les spectateurs pour un rollercoaster d’émotions sur un rythme effréné, de très belles images signées Jean Penzer et la musique balancée de Serge Gainsbourg (sa dernière pour le cinéma), où l’on reste pantois d’admiration pour le magnifique trio d’acteurs et les dialogues exceptionnels.
FLIC OU VOYOU réalisé par Georges Lautner, disponible en Blu-ray le 1er janvier 2020 chez Studiocanal
Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Michel Galabru, Marie Laforêt, Jean-François Balmer, Claude Brosset, Georges Géret, Michel Beaune, Philippe Castelli, Charles Gérard…
Scénario : Jean Herman d’après le roman de Michel Grisolia
Photographie : Henri Decaë
Musique : Philippe Sarde
Durée : 1h47
Date de sortie initiale : 1979
LE FILM
Stanislas Borovitz est un as de la police des polices qui utilise des méthodes particulièrement expéditives pour contrer les policiers véreux. Il est envoyé à Nice pour aider le commissaire Grimaud à mettre fin aux agissements de bandes rivales, les Corses et les Auvergnats, sous les coupes respectives d’Achille Volfoni et de Théo Musart. Se faisant passer pour un voyou, il parvient à infiltrer le milieu. Stan ne tarde pas à découvrir bientôt l’identité des flics de mèche avec la pègre. Dans le même temps, il fait la connaissance d’Edmonde, une romancière délurée.
Eh, les gars ! Ces trucs là, on devrait jamais avoir à s’en servir. D’autant qu’on peut obtenir les choses autrement. J’en suis sûr. Tenez, en demandant. Pardon Messieurs, pourriez-vous ôter vos pantalons, s’il vous plaît ? J’ai dit, ôtez vos frocs ! J’aimerais voir ce que vous portez en-dessous. On dit que la soie revient à la mode.
Flic ou Voyou est la première des cinq collaborations – avant Le Guignolo, Le Professionnel, Joyeuses Pâques et L’Inconnu dans la maison – de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo. Mort d’un pourri avec Alain Delon ayant été un beau succès dans les salles en décembre 1977, Bebel approche le réalisateur. L’entente est parfaite, l’osmose immédiate et les deux hommes décident de faire leur prochain film ensemble. Souvent habitué à sortir un opus (minimum) par an, Jean-Paul Belmondo ne sera à l’affiche d’aucun film en 1978. Il revient en très grande forme avec ce Flic ou Voyou, immense succès populaire avec près de 4 millions de spectateurs dans les salles (dont un million rien que sur Paris et sa périphérie, une première pour un film avec Belmondo), ce qui le place en quatrième position des meilleures entrées de 1979 derrière, Le Gendarme et les extra-terrestres, la reprise du Livre de la jungle et Apocalypse Now. Egalement un énorme succès en Allemagne avec plus de 3 millions d’entrées, Flic ou Voyou demeure encore aujourd’hui un des films les plus chéris par les fans de l’éternel Bebel. Georges Lautner, un des meilleurs artisans que le cinéma français ait pu avoir, soigne comme toujours sa mise en scène et se repose sur un scénario jubilatoire écrit par Jean Herman, d’après le roman L’Inspecteur de la mer de Michel Grisolia, ainsi que sur des dialogues aux petits oignons concoctés par Michel Audiard. Bref, c’est un chef d’oeuvre.
ROUBAIX, UNE LUMIÈRE réalisé par Arnaud Desplechin, disponible en DVD et Blu-ray le 3 janvier 2020 chez Le Pacte
Acteurs : Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier, Antoine Reinartz, Chloé Simoneau, Betty Cartoux, Jérémy Brunet, Stéphane Duquenoy…
Photographie : Irina Lubtchansky
Musique : Grégoire Hetzel
Durée : 1h59
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…
Si Roubaix, une lumière, le dixième long métrage d’Arnaud Desplechin a l’apparence d’un polar, c’est aussi et avant tout un drame social, le portrait d’âmes marginales et solitaires, ainsi que celui d’une ville mise sous cloche où 75 % des quartiers sont placés en zone urbaine sensible. Divinement écrit et interprété, magistralement mis en scène, Roubaix, une lumière est une chronique mélancolique sur le quotidien d’une poignée de flics, qui ravit les sens à chaque instant. Pas étonnant que le cinéaste ait pris pour modèle le merveilleux Les Flics ne dorment pas la nuit – The New Centurions (1972), qui plongeait l’audience dans l’implacable quotidien d’une unité de police de Los Angeles, notamment les patrouilles dans les rues mal famées. Redoutablement pessimiste, sombre, mais jamais désespéré ou morbide grâce au personnage incarné par le sensationnel Roschdy Zem, Roubaix, une lumière dresse le portrait de simples policiers qui se donnent corps et âme à leur métier, que certains n’ont probablement pas choisi ou d’autres qui au contraire sont nés avec cette vocation. Sur un scénario en béton coécrit avec Léa Mysius (L’Adieu à la nuit d’André Téchiné), Arnaud Desplechin ancre son intrigue, tirée d’une histoire vraie, dans un univers très réaliste, qui contraste avec la sublime photographie stylisée d’Irina Lubtchansky et ses partis-pris tout droit hérités du genre noir. Et c’est une immense réussite, qui on l’espère sera récompensée à la prochaine cérémonie des Césars. Exceptionnel et magnétique, Roschdy Zem peut largement prétendre à la compression du meilleur acteur. C’est en tout cas l’un des plus grands films de 2019.