Test Blu-ray / Les Détrousseurs, réalisé par Alan Rafkin

LES DÉTROUSSEURS (The Ride to Hangman’s Tree) réalisé par Alan Rafkin, disponible le 26 novembre 2019 en DVD et Blu-ray chez ESC Editions / Movinside.

Acteurs : Jack Lord, Melodie Johnson, James Farentino, Don Galloway, Richard Anderson, Ed Peck, Robert Yuro, Robert Cornthwaite, Paul Reed…

Scénario : Luci Ward, Jack Natteford, William Bowers

Photographie : Gene Polito

Musique : Gene Palmer

Durée : 1h30

Année de sortie : 1967

LE FILM

Dans une petite ville de l’ouest, deux hors-la-loi, Guy Russell et Matt Stone, sont sur le point d’être pendus pour avoir commis plusieurs vols. Mais à la dernière minute, ils sont sauvés par Nevada Jones, un de leurs anciens compagnons. Les bandits dévalisent alors une diligence afin de se procurer les fonds nécessaires pour quitter l’état et se rendre en Californie où ils espèrent redémarrer à zéro.

Le réalisateur Alan Rafkin (1928-2001) a essentiellement fait sa longue carrière à la télévision en participant à une multitude de séries et de téléfilms. Mon Martien favori, The Dick Van Dyke Show, Jeannie de mes rêves, Ma sorcière bien aimée, Max la menace, La croisière s’amuse, jusqu’aux Dessous de Veronica, Alan Rafkin aura oeuvré pour le petit écran pendant près de quarante ans. Son incursion au cinéma est plus discrète et se résume à une demi-douzaine de longs métrages, essentiellement des comédies comme Sky Parti (1965) avec Frankie Avalon, The Ghost and Mr. Chicken (1966), Nobody’s Perfect (1968). Son troisième long métrage est pourtant un western, Les DétrousseursThe Ride to Hangman’s Tree (1967), qui est néanmoins teinté d’humour et qui reste un film très léger. Western tardif bourré de charme et de second de degré, Les Détrousseurs est un divertissement très élégant, dans lequel les comédiens s’amusent (et nous aussi) et où la comédienne le sex-appeal de Melodie Johnson enflamme l’écran, notamment lors de son numéro musical et une scène de baignade dénudée qui a dû faire trembler la censure à sa sortie.

Production Universal, The Ride to Hangman’s Tree apparaît au moment où le western a déjà connu moult bouleversements depuis l’apparition du genre en Italie et plus particulièrement avec la trilogie du Dollar de Sergio Leone. Les cartes ont été redistribuées, l’Europe s’empare de cette mythologie et l’arrange à sa sauce, tandis que le western américain essaye tant bien que mal de survivre. Finalement, les séries télévisées subsistent comme Bonanza, Les Mystères de l’Ouest et Le Virginien et le Far-West se fait de plus en plus en rare sur le grand écran. Les Détrousseurs se déguste encore aujourd’hui comme une petite sucrerie acidulée. Grâce à son solide bagage technique, Alan Rafkin soigne sa mise en scène, les décors sont réussis, tout comme les costumes, mais ce sont bien évidemment les comédiens qui tirent leur épingle du jeu. Outre la merveilleuse Melodie Johnson (vue dans Un shérif à New-York de Don Siegel) susmentionnée, devenue depuis une écrivaine réputée, les téléspectateurs reconnaîtront Jack Lord, légendaire Steve McGarrett de la série Hawaï, police d’état. Le comédien est un habitué du genre (L’Homme de l’Ouest d’Anthony Mann, Le Bourreau du Nevada de Michael Curtiz) et reste également le premier à avoir interprété Felix Leiter dans James Bond 007 contre Dr. No (1962). Il a ici plus de présence que James Farentino, un peu plus lisse, mais néanmoins très bon et qui s’avère un excellent justicier quand il arbore son masque noir pour braquer les diligences de la Wells Fargo.

Par ailleurs, Les Détrousseurs est le remake de Black BartBandits de grands chemins (1948) de George Sherman. Si le personnage incarné par James Farentino s’appelle Matt Stone dans Les Détrousseurs, le bandit s’inspire bel et bien de Charles Bolles, figure historique du XIXe siècle et qui attaquait les fourgons, qui était interprété par Dan Duryea dans Bandits de grands chemins. Les autres visages connus sont ceux de Don Galloway (le Det.Sgt. Ed Brown dans L’Homme de fer) et Richard Anderson (Oscar Goldman dans L’Homme qui valait 3 milliards), des comédiens venus de la télévision et que les spectateurs reconnaîtront sans peine.

Avec son lot de péripéties menées à cent à l’heure, ses retournements de situation, ses trahisons, sa femme-fatale indépendante qui rend fou ceux qui croisent son regard et ses courbes affriolantes, ses bagarres, ses superbes paysages et ses gunfights, Les Détrousseurs reste un film savoureux, très apprécié par les passionnés de western.

LE BLU-RAY

Longtemps attendu par les fans de western, Les Détrousseurs arrive enfin dans les bacs, sous les couleurs de ESC Editions et Movinside. Superbe visuel, la jaquette est glissée dans un boîtier classique de couleur noire, lui-même glissé dans un surétui cartonné. Le menu principal est classe, animé et musical.

Journaliste, critique et historien du cinéma, Yves Alion nous présente Les Détrousseurs (25’30) et replace le film d’Alan Rafkin dans l’histoire du western américain, avant de parler plus précisément du réalisateur et de passer le casting au peigne fin. Yves Alion déclare que Les Détrousseurs est probablement le meilleur film du cinéaste et met en avant son ton décontracté.

Comme sur les Blu-ray de Geronimo, le peau-rouge, Californie, terre promise et Pacific Express, nous retrouvons Iac, peintre en Art Western et romancier (9’). Comme il en a l’habitude, l’invité d’ESC Distribution propose un petit cours d’histoire sur le Far West, avec cette fois un portrait de Charles Earl Bolles Eastwood, surnommé Black Bart, né dans le comté du Norfolk en Angleterre en 1829. Un hors-la-loi américain, un bandit gentleman, un des détrousseurs de diligences les plus illustres qui opéraient pendant les années 1870 et 1880 dans la Californie du Nord et dans le Sud de l’Oregon. Une légende qui avait déjà inspiré George Sherman en 1948 pour le western Bandits de grands chemins, dont Les Détrousseurs est le remake.

L’Image et le son

Le master HD tient ses promesses, même s’il paraît daté. La palette chromatique est aléatoire, très bigarrée par moments, ou étrangement délavée sur les scènes agitées comme lors des attaques de diligences. Si l’on note quelques rayures verticales ici et là, la propreté est quasi-irréprochable, la gestion des contrastes demeure solide, le piqué impressionne et la luminosité est omniprésente. Le grain argentique est conservé, de temps en temps plus appuyé avec une légère perte des détails. Rien de rédhibitoire ceci dit, car ce Blu-ray des Détrousseurs ravit très souvent les mirettes et participe à la (re)découverte de ce film fort sympathique.

Pas de version française sur cette édition. La piste anglaise instaure un très large confort acoustique, avec des dialogues percutants, des effets foisonnants et une dynamique musicale de chaque instant. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © ESC Distribution / Universal Studios / Movinside / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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