Test Blu-ray / Monsieur Taxi, réalisé par André Hunebelle

MONSIEUR TAXI réalisé par André Hunebelle, disponible en Edition limitée Blu-ray & DVD le 25 mars 2026 chez Pathé.

Acteurs : Michel Simon, Jane Marken, Jean Brochard, Pauline Carton, Espanita Cortez, Jeanne Fusier-Gir, Claire Olivier, Nathalie Nattier…

Scénario : Jean Halain

Photographie : Paul Cotteret

Musique : Jean Marion

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Chauffeur de taxi bourru au grand cœur, Pierre Verger, surnommé Monsieur Taxi, est accompagné de son fidèle Gangster, un jeune chien malicieux. Il sillonne Paris et conduit notamment de riches étrangères. Un jour, il retrouve dans son taxi un sac contenant 300 000 francs. En tentant de retrouver la propriétaire du sac il se trouve pris pour le complice d’un vol et arrêté par la police.

André Hunebelle (1896-1985) est un cas à part dans le cinéma français. Ancien maître verrier, il décide de se reconvertir dans le cinéma à presque 45 ans. Il se lance en tant que producteur et réalisateur et signe son premier film en 1948, Métier de fous. Le succès sera immédiatement au rendez-vous. Au cours de sa carrière, qui s’étendra jusqu’à la fin des années 1970, les films du metteur en scène attireront près de 85 millions de français dans les salles. Un score inimaginable. On a tous ses plus grands hits en mémoire, Le Bossu (1959, 5,8 millions d’entrées), Les Trois Mousquetaires (1953, 5,3 millions), Le Capitan (1960, 5,2 millions), Fantômas (1964, 4,5 millions), Fantômas se déchaîne (1965, 4,2 millions)…D’autres titres sont évidemment aussi emblématique, Fantômas contre Scotland Yard, Cadet Rousselle, Le Miracle des loups…On connaît moins la première partie de sa filmographie et c’est avec plaisir que nous découvrons Monsieur Taxi, sorti en 1952 et qui avait déjà réuni près de deux millions de spectateurs. Un véhicule de star pour Michel Simon, qui parcourt les rues de Paris au volant de son vieux tacot, son fidèle chien sur les genoux, entamant facilement la conversation avec celles et ceux qui feront un petit bout de chemin avec lui. Monsieur Taxi est ni plus ni moins une chronique bon enfant sur le quotidien d’un modeste chauffeur de taxi, qui fait ce qu’il peut pour entretenir sa famille, y compris ses deux enfants, désormais en âge de se marier. C’est alors qu’un jour, son train-train est quelque peu bouleversé par la découverte d’un sac à main contenant 300.000 « balles ». Honnête et intègre, Pierre va se mettre à la recherche de sa propriétaire. Ce qui marque surtout dans Monsieur Taxi, c’est le tournage qui fait souvent honneur aux extérieurs, ce qui permet de revoir Paris au début des années 1950, alors que les trublions (pour être poli) de la Nouvelle vague fustigeaient ce « cinéma de papa » principalement confiné dans les studios. L’oeuvre d’André Hunebelle, Gilles Grangier, Alex Joffé et les autres pris en grippe par les prétentieux a pourtant nettement mieux vieilli que les expériences formelles de Godard et consorts, d’autant plus qu’ils se doublent aujourd’hui d’une dimension documentaire. Indubitablement, Monsieur Taxi n’est pas une grande comédie, mais reste un savoureux divertissement.

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Test Blu-ray / Anna, réalisé par Pierre Koralnik

ANNA réalisé par Pierre Koralnik, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 15 décembre 2025 chez Malavida Films.

Acteurs : Anna Karina, Jean-Claude Brialy, Serge Gainsbourg, Marianne Faithfull, Barbara Sommers, Isabelle Felder, Henri Virlojeux, Hubert Deschamps…

Scénario : Serge Gainsbourg & Jean-Loup Dabadie

Photographie : Willy Kurant

Musique : Serge Gainsbourg

Durée : 1h30

Date de sortie initiale: 1967

LE FILM

Anna débarque à Paris. Dès sa descente du train, Serge, directeur d’une agence publicitaire, tombe fou amoureux. Pour la retrouver, il fait placarder l’unique photo d’elle qu’il possède dans toutes les rues de la capitale, sans réaliser qu’il la croise pourtant tous les jours…

C’est un petit trésor caché, oublié, enfoui, qui a été longtemps l’objet de fantasmes de la part des cinéphiles. Rendez-vous compte, Anna Karina, Jean-Claude Brialy, Serge Gainsbourg, Marianne Faithfull et même Eddy Mitchell réunis dans un même film ! Ou un téléfilm pour être exact, puisque Anna, réalisé par Pierre Koralnik, aura été diffusé le 13 janvier 1967 sur la Première chaîne de l’ORTF, avant de prendre la poussière pendant de longues, très longues années. Né en Suisse en 1937, Pierre Koralnik, d’origine ukrainienne, se présente au concours de l’IHDEC et obtient son diplôme. Il se retrouve aux commandes d’Anna, sur une proposition de la productrice Michèle Arnaud, première comédie musicale réalisée en 35mm pour la télévision française et en couleur s’il vous plaît, quand bien même le (télé)film sera évidemment diffusé en N&B…Presque soixante ans plus tard, nous pouvons enfin découvrir Anna comme le metteur en scène et son chef opérateur Willy Kurant (Le Monstre qui vient de l’espace, Je t’aime, moi non plus, Le Départ) l’ont conçu. Témoignage d’un temps que les moins de vingt ans et leurs parents ne peuvent pas connaître, Anna est une fusion étonnante entre la Nouvelle vague et le cinéma de Jacques Demy (qui a toujours été à part du mouvement), doublé d’un objet pop acidulé dont les couleurs clinquantes et l’énergie qui anime l’ensemble contrastent avec le spleen qui coule dans chaque séquence. Immortalisé par le Sous le soleil exactement chanté par Anna Karina sur la plage de Deauville, Anna n’a pas volé son statut culte.

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Test Blu-ray / Knock, réalisé par Guy Lefranc

KNOCK réalisé par Guy Lefranc, disponible en Blu-ray et DVD le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis Jouvet, Jean Carmet, Jean Brochard, Pierre Renoir, Louis de Funes, Jane Marken, Yves Deniaud, Pierre Bertin, Marguerite Pierry, Mireille Perrey…

Scénario : Georges Neveux & Jules Romains, d’après la pièce Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains

Photographie : Claude Renoir

Musique : Paul Misraki

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Le nouveau docteur de Saint Maurice, Knock, confie à son prédécesseur, Parpalaid, qu’il aurait dû mieux tirer parti de sa situation. Le pharmacien et l’aubergiste comprennent vite l’aspect financier d’une mise en coupe réglée de la commune sur le plan médical, car « les bien portants sont des malades qui s’ignorent ». Il faut éclairer ceux qui sont capables de payer les soins qu’exige leur état. Le village devient donc le sanctuaire de la maladie, le rite quotidien est la prise de température.

Il y a des rôles qui poursuivent certains comédiens toute leur vie et donc durant leur carrière. C’est le cas pour le légendaire Louis Jouvet (1887-1951) avec le personnage de Knock, tiré de la pièce de théâtre en trois actes Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains, représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, en décembre 1923, sous la direction de Jacques Hébertot et déjà mise en scène et interprétée par Louis Jouvet. 1925, le cinéma s’empare de ce triomphe et la première adaptation pour le grand écran est réalisée par René Hervil, avec Fernand Fabre dans le rôle principal. Pendant ce temps, Louis Jouvet l’incarne au cinéma en 1933 et co-réalise le film aux côtés de Roger Goupillières. Il reprend ce personnage (qu’il aurait joué près de 1500 fois) sur les planches en 1935, puis pour la dernière fois en 1938 au Théâtre de l’Athénée. 1951, cinq mois avant sa disparition à l’âge de 63 ans, Louis Jouvet interprète encore Knock dans une nouvelle transposition cinématographique, signée cette fois Guy Lefranc, où le comédien officie également comme directeur artistique. Il s’agit aujourd’hui de la mouture la plus célèbre. Et c’est une leçon. Non pas de mise en scène, somme toute classique, même si Guy Lefranc parvient à éviter le théâtre filmé, mais de Louis Jouvet. En fait, Knock n’a pas vieilli malgré ses 75 ans au compteur. Il demeure même furieusement moderne et d’actualité avec tout ce qui est à la mode aujourd’hui avec ces supposés « coachs » en développement personnel qui pullulent partout sur internet. Chose étonnante, Knock met par exemple knock-out le récent Gourou de Yann Gozlan (qui part bien, puis s’enlise dans le nawak ronflant), dont les thèmes sont finalement assez proches. Et puis soyons honnêtes, Louis Jouvet qui « regarde » le spectateur complice à plusieurs reprises à la fin lors du face-à-face Knock/Parpalaid, cela reste monumental.

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Test Blu-ray / Fortunat, réalisé par Alex Joffé

FORTUNAT réalisé par Alex Joffé, disponible en Blu-ray et Combo Blu-ray+ DVD + Livret le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Michèle Morgan, Bourvil, Rosy Varte, Teddy Bilis, Gaby Morlay, Frédéric Mitterrand, Patrick Millow, Albertine Sarov, Jean-Marie Amato…

Scénario : Alex Joffé & Pierre Corti, d’après le roman « Fortunat, ou le père adopté » de Michel Breitman

Photographie : Pierre Petit

Musique : Denis Kieffer

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Juliette Valecourt, grande bourgeoise parisienne, ignore que son mari fait partie de la Résistance. Quand il est arrêté, elle se réfugie dans une bourgade de province proche de la ligne de démarcation. Elle y rencontre Fortunat, cordonnier rustre et ivrogne qui doit, pour leur sécurité, se faire passer pour son mari…

Quand on regarde la filmographie éclectique et conséquente de Bourvil, 60 films en trente ans de carrière, Fortunat arrive en 24è position de son box-office personnel. Avec 3,3 millions d’entrées, cette seconde association de l’acteur avec le réalisateur Alex Joffé se situe entre Les Grandes gueules (3,6 millions d’entrées) de Robert Enrico et Par la fenêtre (3,2 millions de spectateurs) de Gilles Grangier. Étonnamment oublié quand on évoque le comédien, Fortunat est pourtant l’un de ses plus beaux films et lui offre l’un de ses plus grands rôles. Tour à tour drôle, émouvant, bouleversant, pathétique et toujours attachant, Bourvil crève l’écran une fois de plus et il retrouve à cette occasion la magnifique Michèle Morgan, deux ans après Le Miroir à deux faces d’André Cayatte. 1960 est une très grande année pour Bourvil, qui attire déjà près de six millions de français dans les salles dès le mois de janvier avec Le Bossu et plus de cinq millions en octobre avec Le Capitan, tous les deux mis en scène par André Hunebelle. Plus grave et réaliste, le récit de Fortunat se déroule durant la Seconde Guerre mondiale. Quinze ans après la fin du conflit, le traumatisme est encore présent et le film d’Alex Joffé, qui sera également le plus grand hit du cinéaste, évoque la France de Vichy, la rafle des juifs, le marché noir, avec autant de frontalité que de délicatesse. Alex Joffé et Pierre Lévy-Corti (La Cuisine au beurre, Le Tatoué, Alexandre le bienheureux) adaptent le roman Fortunat, ou le père adopté (Denoël, 1955) de Michel Breitman et condensent en près de deux heures les trois années du quotidien et de la survie de Noël, Juliette, Pierrot et Maurice. Drame sombre et cependant solaire, pudique et plein de tact, illuminé par la présence d’un des plus grands monstres du cinéma français au sommet de son art, Fortunat, rarement diffusé à la télévision, mérite vraiment une redécouverte et s’adresse à toute la famille.

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Test Blu-ray / Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville, réalisé par Alex Joffé

LE TRACASSIN OU LES PLAISIRS DE LA VILLE réalisé par Alex Joffé, disponible en Blu-ray et Combo Blu-ray+ DVD + Livret le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bourvil, Maria Pacome, Pierrette Bruno, Rosy Varte, Armand Mestral, Yvonne Clech, Harry Max, Mario David, Léo Campion, Christian Marin, Teddy Billis…

Scénario : Alex Joffé & Jean Bernard-Luc

Photographie : Marc Fossard

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Le « tracassin », c’est la maladie du siècle : le trop-plein d’ennuis en un minimum de temps. Le pauvre André Loriot en est atteint jusqu’à la moelle ! Entre les réveils au bruit des poubelles, les klaxons, les patrons exigeants et les amours contrariées, sa vie devient un tourbillon d’absurdités quotidiennes. Pour tenir le coup, il avale des pilules B.H. 33, dynamisant euphorisant censé redonner la joie de vivre. Mais à haute dose, toute sa maîtrise s’effondre et les ennuis, cette fois, deviennent incontrôlables…

Bourvil – Alex Joffé, troisième ! Action ! Rétrospectivement, Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville est donc la troisième association du comédien avec le réalisateur et se situe entre Fortunat (1960, 3,3 millions d’entrées, leur plus grand succès) et Les Culottes rouges (1962, 2 millions de spectateurs). C’est aussi leur opus le plus expérimental, qui lorgne sur le cinéma de Jacques Tati, surfe sur la vague de Mon oncle (1958) et annonce étrangement Playtime (1967). Car dans Le Tracassin (ou l’humeur inquiète, chagrine) ou Les Plaisirs de la ville (titre évidemment ironique), Alex Joffé et le co-scénariste Jean Bernard-Luc (Hibernatus, Les Cadets de l’océan, Les Trois Mousquetaires version Bernard Borderie) il est pleinement question de la vie moderne supposée contribuer au confort de l’être humain et plus particulièrement du citadin. Il y a beaucoup de gags purement visuels dans Le Tracassin, qui renvoie au cinéma muet, d’autant plus que Bourvil y arbore une petite moustache façon Chaplin (non, pas celle du peintre frappadingue au bras levé), ce qui change particulièrement sa bonne tête et contribue à la création du personnage. Car Bourvil, comme bien souvent d’ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, était virtuose dans l’art de la transformation. Dans ces Plaisirs de la ville, il n’est pas le benêt de la campagne, mais un élément important d’un grand laboratoire pharmaceutique. Le hic, c’est qu’il a accès gratuitement et facilement à un médicament « révolutionnaire », autrement dit un régulateur neuropsychique, qui rend euphorique, apaise et stimule tout en même temps…et que son existence bien agitée fait qu’il prend ce remède miracle bien plus que de raison. Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville narre 24 heures de la vie d’un parisien et cette comédie, très peu diffusée à la télévision, s’avère on ne peut plus originale, menée à cent à l’heure et ne laisse pas plus de répit à son personnage principal qu’aux spectateurs. Une vraie et grande curiosité.

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Test Blu-ray / Les Hussards, réalisé par Alex Joffé

LES HUSSARDS réalisé par Alex Joffé, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Bourvil, Bernard Blier, Georges Wilson, Louis de Funès, Alberto Bonucci, Giovanna Ralli, Carlo Campanini, Giani Esposito, Virna Lisi…

Scénario : Pierre-Aristide Bréal, Alex Joffé & Gabriel Arout, d’après la pièce de Pierre-Aristide Bréal

Photographie : Jean-Serge Bourgoin

Musique : Georges Auric

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Au cours de la campagne d’Italie, le brigadier Le Gouce et le soldat Flicot perdent leurs montures aux abords d’un village. Pour se justifier devant leurs supérieurs, les deux hommes prétendent avoir été attaqués par un franc-tireur. Cet événement provoque l’arrestation de plusieurs otages, le prétendu franc-tireur étant en fuite. L’un des otages doit être fusillé le soir même si le coupable n’est pas retrouvé. Les deux hussards – bons bougres – sont désespérés des conséquences de leur mensonge et tentent, par un audacieux stratagème, de sauver les Italiens. Mais dans l’intervalle, les chevaux rejoignent le bivouac. Le capitaine condamne les deux hussards à la peine capitale pour leur coupable négligence en campagne. En vain, les Italiens reconnaissants font leur possible pour sauver Le Gouce et Flicot.

La carrière du réalisateur Alex Joffé (1919-1995) tourne essentiellement autour de Bourvil, avec lequel il collaborera à six reprises : Les Hussards (1955, 2,9 millions d’entrées), Fortunat (1960, 3,3 millions), Le Tracassin ou Les Plaisirs de la ville (1961, 1,8 million), Les Culottes rouges (1962, 2 millions), La Grosse Caisse (1965, 1,8 million) et Les Cracks (1968, 2,9 millions). Tous de grands succès populaires, tout comme le reste de la filmographie du metteur en scène, à qui l’on doit également Les Fanatiques (1957) avec Pierre Fresnay et Du rififi chez les femmes (1959) avec Robert Hossein et Roger Hanin. Pour leur première association, le cinéaste et Bourvil se lancent dans la comédie de guerre, qui n’est pas sans annoncer La Grande guerre La Grande guerra (1959) de Mario Monicelli, avec Alberto Sordi Vittorio Gassman. En effet, Alex Joffé livre une œuvre antimilitariste adaptée de la pièce éponyme de Pierre-Aristide Bréal, créée en 1953, manie avec dextérité l’humour noir et l’ironie qui seront souvent liées à la comédie italienne. On y retrouve un côté grinçant plutôt rare de ce côté des Alpes, ce qui a pu déconcerter quelque peu une partie des spectateurs à la sortie du film. En dehors de quelques extérieurs, par ailleurs très beau, qui plantent le décor principal de l’action, le tournage s’est essentiellement déroulé à Lagny-sur-Marne (en Seine-et-Marne) et dans les studios de Boulogne, où le village a été reconstitué. Les Hussards se révèle être un quasi-huis clos à ciel ouvert, puisque le récit ne sortira plus de cette petite bourgade « italienne » une fois nos deux trublions débarqués. Mais ce n’est pas pour autant que la réalisation demeure statique, bien au contraire. Les Hussards est une comédie parfois sombre, menée tambour battant (et trompette), qui ne s’arrête pas une seconde, qui passe d’un quiproquo à l’autre, alors que la situation change sans arrêt pour Le Gouce (Bernard Blier) et Flicot (Bourvil), qui se retrouvent en fâcheuse posture parce que le second était pris d’une envie pressante. Assez mal connu, peu diffusé à la télévision (en raison de son côté « historique » peut-être), Les Hussards est un spectacle étonnant, dans lequel les deux monstres du cinéma français s’affrontent, s’engueulent, se battent même, mais s’allient et deviennent même amis (ce qui n’était apparemment pas le cas sur le plateau) devant l’idiotie de l’armée. Un divertissement humaniste, drôle, beau à regarder, que demander de plus ?

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Test Blu-ray / Une souris chez les hommes (Un drôle de caïd), réalisé par Jacques Poitrenaud

UNE SOURIS CHEZ LES HOMMES (UN DRÔLE DE CAÏD) réalisé par Jacques Poitrenaud, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis de Funès, Maurice Biraud, Dany Saval, Dany Carrel, Maria Pacôme, Robert Manuel, Dora Doll, Claude Piéplu, Jacques Legras, Bernard Musson, Jean Lefebvre…

Scénario : Albert Simonin & Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck

Photographie : Marcel Grignon

Musique : Guy Béart & Michel Colombier

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Francis et Marcel, cambrioleurs « à la petite semaine », sont surpris en pleine action par Lucille, une jeune fille de bonne famille. Désœuvrée, en mal de sensations fortes, elle monnaie son silence et les oblige à l’accepter comme associée. Lucille va alors s’employer à planifier les larcins et autres fric-fracs du trio, lesquels se terminent invariablement en catastrophe et sans le moindre butin.

Le 17 juillet 1964, Une souris chez les hommes, réalisé par Jacques Poitrenaud, sort sur les écrans. L’affiche réunit Maurice Biraud, Louis de Funès et surtout l’exquise Dany Saval, ancienne danseuse au Moulin Rouge, que les producteurs essayent de propulser comme nouvelle vedette de cinéma. Elle passe ainsi devant la caméra des plus grands, André Cayatte (Le Miroir à deux faces), Marcel Carné (Les Tricheurs, Du mouron pour les petits oiseaux), Henri Decoin (Nathalie, agent secret), Georges Franju (Pleins feux sur l’assassin), Julien Duvivier (pour son sketch du Diable et les Dix Commandements). Pour Une souris chez les hommes, c’est la comédienne qui est mise en avant et elle retrouve à cette occasion le cinéaste Jacques Poitrenaud, avec lequel elle avait déjà tourné Les Parisiennes et Strip tease. Le film fonctionne correctement durant cet été 1964, où la concurrence n’est pas trop rude. Mais un événement va changer la donne. En septembre de la même année, Le Gendarme de Saint Tropez crée l’événement et attire près de huit millions de spectateurs, devenant le plus grand succès de 1964. Deux mois plus tard, Fantômas d’André Hunebelle cumule 4,5 millions de tickets vendus. Pendant ce temps, Une souris chez les hommes, toujours dans quelques salles, continue d’attirer quelques spectateurs. 1965, Louis de Funès, désormais star en son pays à l’âge de 50 ans, sort trois hits, que l’on appellerait aujourd’hui des blockbusters : Le Corniaud (près de 12 millions d’entrées), Le Gendarme à New York (5,5 millions) et Fantômas se déchaîne (4,2 millions), sans compter la participation de l’acteur au film à sketches Les Bons vivants (ou Un grand seigneur) coréalisé par Gilles Grangier et Georges Lautner, qui plafonne à 1,4 million d’entrées. Et n’oublions pas qu’Une souris chez les hommes, toujours exploité ici et là en France, engrange encore plus de 320.000 entrées en 1965 ! On fait un bond jusqu’à l’été 1968. Entre temps, Le Grand restaurant, La Grande vadrouille, Fantômas contre Scotland Yard, Oscar, Les Grandes vacances et Le Petit Baigneur sont sortis sur les écrans. Résultat : ces six films représentent plus de 38 millions d’entrées cumulées. Un chiffre qui laisse rêveur, encore aujourd’hui. C’est alors que certains distributeurs et producteurs peu scrupuleux décident de ressortir d’anciens films avec Fufu, en changeant « discrètement » le titre, histoire de faire croire qu’il s’agit de nouveaux opus avec l’acteur le plus populaire de l’Hexagone. Une souris chez les hommes est donc rebaptisé Un drôle de caïd et l’affiche est cette fois centrée sur Louis de Funès. Cela fonctionnera, puisque le film de Jacques Poitrenaud, si l’on tient compte des entrées de 1964 et 1965, atteindra finalement 1,4 millions d’entrées. Quand on (re)découvre Une souris chez les hommes, on est étonné de voir comment Fufu est différent dans cette comédie loufoque. Il y joue un braqueur, prêt à « buter » (cela revient du début à la fin) celles et ceux qui se mettraient sur sa route, un emploi quelque peu singulier dans son œuvre prolifique. Deuxièmement, Jacques Poitrenaud, Albert Simonin et Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck (Effraction, Le Silencieux), offrent à Louis de Funès un personnage on va dire sexué, qui drague ouvertement une caissière, afin de récolter quelques précieuses informations sur le magasin où celle-ci officie. La jeune femme (Dora Doll, bien allumée), chaude comme la braise, est prête à dévorer tout cru Marcel. Et cela fonctionne très bien. Qui plus est l’alchimie est bien présente entre les trois acteurs principaux, les comédiens s’amusent (cela se voit et le résultat est contagieux) et le reste de la distribution fait penser à un Expendables avant l’heure, puisqu’on y retrouve entre autres Jean Lefebvre, Dany Carrel, Maria Pacôme, Claude Piéplu, Jacques Legras, Jacques Dynam, Philippe Castelli…Du beau monde pour un spectacle mené à cent à l’heure, excellemment écrit, sans temps mort, malin et qui vieillit très bien. Assurément à redécouvrir.

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Test Blu-ray / Une parisienne, réalisé par Michel Boisrond

UNE PARISIENNE réalisé par Michel Boisrond, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Brigitte Bardot, Charles Boyer, Henri Vidal, Noël Roquevert, Fernand Sardou, Guy Tréjan, Nadia Gray, André Luguet, Madeleine Lebeau, Claire Maurier…

Scénario : Annette Wademant, Jean Aurel, Jacques Emmanuel & Michel Boisrond

Photographie : Marcel Grignon

Musique : Henri Crolla, André Hodeir & Hubert Rostaing

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Jeune fille butée et capricieuse, Brigitte Laurier tente de séduire en vain Michel Legrand, directeur de cabinet de son père. Après avoir échafaudé un plan des plus machiavéliques, la jeune femme réussit à épouser Michel. Mais quand ce dernier l’ignore complètement, Brigitte décide alors de le rendre jaloux en ayant une aventure avec un prince. Un acte qui pourrait bien mettre en péril son mariage.

S’il y a bien un réalisateur qui a très largement contribué au mythe BB, et ce bien avant l’événement international Et Dieu… créa la femme (1956) de Roger Vadim, c’est bel et bien Michel Boisrond (1921-2002). Ancien assistant de de René Clair sur La Beauté du diable (1949), Les Belles de nuit (1952) et Les Grandes Manœuvres (1955), mais aussi de Gilles Grangier et Jacques de Baroncelli, Michel Boisrond signe son premier long-métrage comme metteur en scène avec Cette sacrée gamine, avec BB en haut de l’affiche, qui attire plus de 4 millions de français dans les salles en ce mois d’avril 1956. Cette année-là, Brigitte Bardot donne la réplique à Dirk Bogarde dans Rendez-vous à Rio de Ralph Thomas, apparaît dans Hélène de Troie de Robert Wise, incarne la femme de Raymond Pellegrin dans La Lumière d’en face de Georges Lacombe, illumine Haine, amour et trahison de Mario Bonnard, retrouve Marc Allégret pour En effeuillant la marguerite et s’impose sans mal dans La Mariée est trop belle de Pierre Gaspard-Huit…sans oublier l’apothéose avec Et Dieu… créa la femme. Au total, plus de vingt millions de spectateurs se rueront au cinéma pour – entre autres – admirer Brigitte Bardot. Après une apparition dans Les Week-ends de NéronMio figlio Nerone, péplum parodique de Steno, avec Alberto Sordi, Vittorio De Sica et Gloria Swanson, BB retrouve Michel Boisrond pour Une parisienne. Le cinéaste, qui avait donc dirigé la vedette un an auparavant, se retrouve désormais avec une star mondiale devant sa caméra. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la comédienne ne pouvait espérer meilleur écrin pour à nouveau être mise en valeur. Formidable comédie, bulle de savon, spectacle mené à cent à l’heure, BB est parfaitement à l’aise dans la peau de « celle qui brûle les feux rouges, qui déclenche une bagarre, qui pilote un réacteur, qui provoque les scandales, qui retarde les horaires aériens, qui enlève un prince… » comme l’indiquait la bande-annonce.Visiblement très inspiré par le slapstick américain, Michel Boisrond emballe son film avec une efficacité anglo-saxonne, enchaîne les rebondissements à cent à l’heure, tout en offrant au public ce qu’il est venu chercher, à savoir observer Brigitte Bardot sous tous les angles. Un divertissement haut de gamme.

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Test Blu-ray / Une nuit de réflexion, réalisé par Nicolas Roeg

UNE NUIT DE RÉFLEXION (Insignificance) réalisé par Nicolas Roeg, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Michael Emil, Theresa Russell, Tony Curtis, Gary Busey, Will Sampson…

Scénario : Terry Johnson, d’après sa pièce de théâtre

Photographie : Peter Hannan

Musique : Stanley Myers & Hans Zimmer

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Une nuit new-yorkaise de 1953. Dans une chambre d’hôtel, la plus grande actrice américaine rencontre le scientifique le plus connu au monde. Elle lui expose sa théorie de la relativité. On y croise aussi un sénateur suintant et paranoïaque ainsi qu’un mari joueur de baseball jaloux. Le souvenir de la bombe atomique à Hiroshima. Des enfances meurtries. Le futur. Les temps qui se confondent.

Nicolas Roeg (1928-2018) a fait ses classes en tant que directeur de la photographie sur Le Masque de la Mort Rouge de Roger Corman en 1964, puis sur des films aussi prestigieux que Le Docteur Jivago de David Lean ou encore Fahrenheit 451 de François Truffaut. Il passe à la mise en scène au début des années 70 avec Performance coréalisé avec Donald Cammell. Le réalisateur britannique a toujours su se démarquer avec un cinéma onirique, loin de tout naturalisme, en mettant en exergue l’étrangeté du réel. C’est le cas de Ne vous retournez pas, son chef-d’oeuvre sorti en 1973, pierre angulaire et synthèse de sa carrière, adapté d’une nouvelle de Daphné du Maurier (Les Oiseaux, Rebecca) intitulée Pas après minuit. L’Homme qui venait d’ailleurs The Man who fell to Earth (1976), Enquête sur une passion Bad Timing (1980) et Eureka (1983) sont de véritables expériences cinématographiques et sensorielles. Avec Insignificance ou Une nuit de réflexion en France, son septième long-métrage, le cinéaste s’empare de ce qui était à l’origine une pièce de théâtre écrite par Terry Johnson, jouée au Royal Court Theatre de Londres en 1982, avec Judy Davis dans le rôle de « l’Actrice ». La pièce avait été inspirée au dramaturge, après avoir appris qu’une photo dédicacée d’Albert Einstein avait été retrouvée parmi les affaires de Marilyn Monroe après sa mort. L’idée de leur rencontre a piqué sa curiosité, ce qui a conduit à une réflexion sur la nature de la célébrité. C’est ce qui a intéressé Nicolas Roeg, qui a demandé à Terry Johnson d’adapter lui-même sa propre pièce. Le réalisateur se penche sur l’image renvoyée par les stars ou assimilées, sur ce que ces personnes connues représentaient, sur le fait que ce fantasme contrastait avec ce qu’elles étaient réellement. Si l’action se déroule au début des années 1950 (discrète, mais élégante reconstitution au début du film), rien n’a changé 75 ans plus tard. Nicolas Roeg et Terry Johnson souhaitent explorer les différences entre ce que ces personnes étaient vraiment et les qualités que les autres leur attribuaient, en retirant ainsi leur aspect divin à ces « monstres ». Certes, Une nuit de réflexion n’a pas pour objectif d’être réaliste, d’ailleurs, il semblerait que la rencontre entre Albert et Norma Jean n’ait jamais eu lieu, mais jouer avec ces deux icônes permet « d’imaginer » ce qui aurait pu se passer dans cette chambre où ils se seraient retrouvés face à face. Ou fesse à fesse. Mais au fait, de quoi ça parle Une nuit de réflexion ?

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Test 4K UHD / The Monster Squad, réalisé par Fred Dekker

THE MONSTER SQUAD réalisé par Fred Dekker, disponible en Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 17 décembre 2025 chez Extralucid Films.

Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Mary Ellen Trainor, Carl Thibault, Tom Woodruff Jr., Michael Reid MacKay, Jack Gwillim…

Scénario : Fred Dekker & Shane Black

Photographie : Bradford May

Musique : Bruce Broughton

Durée : 1h22

Année de sortie : 1987

LE FILM

Échouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaine d’années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s’entoure d’une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…

Mais…mais…d’où sort ce film ? Comment un tel divertissement a-t-il pu passer sous les radars en 1987 ?? Pourquoi n’avions-nous jamais entendu parler de The Monster Squad quand nous étions gamins dans les années 1980-90 ??? Deuxième long-métrage du réalisateur Fred Dekker (né en 1959), The Monster Squad est un merveilleux divertissement à réhabiliter, mais surtout à faire connaître, à prêter, à offrir, à diffuser dans le plus large réseau possible. Alors qu’il tournait son premier film, Extra Sangsues Night of the Creeps, le metteur en scène préparait déjà son second opus coécrit avec son pote de fac Shane Black, qui la même année signait aussi les scénarios de L’Arme fatale Lethal Weapon de Richard Donner et de Predator de John McTiernan. Ainsi, après sa formidable comédie fantastique et teenage movie d’horreur qui réunissait tout son amour pour le cinéma de genre, autrement dit en jouant avec des aliens, des zombies humains et animaux, un serial killer, ainsi que des adolescents victimes de leurs hormones et de leur sébum, Fred Dekker rend hommage aux Universal Monsters ou à l’Universal Horror, films d’épouvante sortis entre le début des années 1920 et celui des sixties. En fait, The Monster Squad, produit par Peter Hyams et Rob Cohen, est un Avengers ou une Ligue des gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisqu’on y retrouve réunis Dracula, la créature de Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou et l’Étrange Créature du lac noir. Certes, manquent à l’appel L’Homme invisible et le Fantôme de l’Opéra, mais nous ne ferons pas la fine bouche, car le résultat est fantastique, un magistral spectacle pour toute la famille. En prenant plusieurs gamins comme personnages principaux, Fred Dekker surfe évidemment sur la vague Amblin représentée à l’époque par E.T., l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies et Le Secret de la pyramide, avec une touche d’Explorers de Joe Dante (qui lorgnait déjà sur Amblin), mais sans plagier, sans singer, avec un style qui lui est propre et surtout en offrant à sa remarquable distribution de quasi-inconnus (et qui le resteront) de jubilatoires moments de comédie face à des personnages mythiques qui eux sont exploités au premier degré, avec par exemple Dracula traitant une petite fille de cinq ans de « Bitch ! ». D’où un décalage opéré avec virtuosité du début à la fin. Un immense plaisir.

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