Test Blu-ray / Une souris chez les hommes (Un drôle de caïd), réalisé par Jacques Poitrenaud

UNE SOURIS CHEZ LES HOMMES (UN DRÔLE DE CAÏD) réalisé par Jacques Poitrenaud, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Louis de Funès, Maurice Biraud, Dany Saval, Dany Carrel, Maria Pacôme, Robert Manuel, Dora Doll, Claude Piéplu, Jacques Legras, Bernard Musson, Jean Lefebvre…

Scénario : Albert Simonin & Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck

Photographie : Marcel Grignon

Musique : Guy Béart & Michel Colombier

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Francis et Marcel, cambrioleurs « à la petite semaine », sont surpris en pleine action par Lucille, une jeune fille de bonne famille. Désœuvrée, en mal de sensations fortes, elle monnaie son silence et les oblige à l’accepter comme associée. Lucille va alors s’employer à planifier les larcins et autres fric-fracs du trio, lesquels se terminent invariablement en catastrophe et sans le moindre butin.

Le 17 juillet 1964, Une souris chez les hommes, réalisé par Jacques Poitrenaud, sort sur les écrans. L’affiche réunit Maurice Biraud, Louis de Funès et surtout l’exquise Dany Saval, ancienne danseuse au Moulin Rouge, que les producteurs essayent de propulser comme nouvelle vedette de cinéma. Elle passe ainsi devant la caméra des plus grands, André Cayatte (Le Miroir à deux faces), Marcel Carné (Les Tricheurs, Du mouron pour les petits oiseaux), Henri Decoin (Nathalie, agent secret), Georges Franju (Pleins feux sur l’assassin), Julien Duvivier (pour son sketch du Diable et les Dix Commandements). Pour Une souris chez les hommes, c’est la comédienne qui est mise en avant et elle retrouve à cette occasion le cinéaste Jacques Poitrenaud, avec lequel elle avait déjà tourné Les Parisiennes et Strip tease. Le film fonctionne correctement durant cet été 1964, où la concurrence n’est pas trop rude. Mais un événement va changer la donne. En septembre de la même année, Le Gendarme de Saint Tropez crée l’événement et attire près de huit millions de spectateurs, devenant le plus grand succès de 1964. Deux mois plus tard, Fantômas d’André Hunebelle cumule 4,5 millions de tickets vendus. Pendant ce temps, Une souris chez les hommes, toujours dans quelques salles, continue d’attirer quelques spectateurs. 1965, Louis de Funès, désormais star en son pays à l’âge de 50 ans, sort trois hits, que l’on appellerait aujourd’hui des blockbusters : Le Corniaud (près de 12 millions d’entrées), Le Gendarme à New York (5,5 millions) et Fantômas se déchaîne (4,2 millions), sans compter la participation de l’acteur au film à sketches Les Bons vivants (ou Un grand seigneur) coréalisé par Gilles Grangier et Georges Lautner, qui plafonne à 1,4 million d’entrées. Et n’oublions pas qu’Une souris chez les hommes, toujours exploité ici et là en France, engrange encore plus de 320.000 entrées en 1965 ! On fait un bond jusqu’à l’été 1968. Entre temps, Le Grand restaurant, La Grande vadrouille, Fantômas contre Scotland Yard, Oscar, Les Grandes vacances et Le Petit Baigneur sont sortis sur les écrans. Résultat : ces six films représentent plus de 38 millions d’entrées cumulées. Un chiffre qui laisse rêveur, encore aujourd’hui. C’est alors que certains distributeurs et producteurs peu scrupuleux décident de ressortir d’anciens films avec Fufu, en changeant « discrètement » le titre, histoire de faire croire qu’il s’agit de nouveaux opus avec l’acteur le plus populaire de l’Hexagone. Une souris chez les hommes est donc rebaptisé Un drôle de caïd et l’affiche est cette fois centrée sur Louis de Funès. Cela fonctionnera, puisque le film de Jacques Poitrenaud, si l’on tient compte des entrées de 1964 et 1965, atteindra finalement 1,4 millions d’entrées. Quand on (re)découvre Une souris chez les hommes, on est étonné de voir comment Fufu est différent dans cette comédie loufoque. Il y joue un braqueur, prêt à « buter » (cela revient du début à la fin) celles et ceux qui se mettraient sur sa route, un emploi quelque peu singulier dans son œuvre prolifique. Deuxièmement, Jacques Poitrenaud, Albert Simonin et Michel Audiard, d’après le roman Les Heures ouvrables de Francis Ryck (Effraction, Le Silencieux), offrent à Louis de Funès un personnage on va dire sexué, qui drague ouvertement une caissière, afin de récolter quelques précieuses informations sur le magasin où celle-ci officie. La jeune femme (Dora Doll, bien allumée), chaude comme la braise, est prête à dévorer tout cru Marcel. Et cela fonctionne très bien. Qui plus est l’alchimie est bien présente entre les trois acteurs principaux, les comédiens s’amusent (cela se voit et le résultat est contagieux) et le reste de la distribution fait penser à un Expendables avant l’heure, puisqu’on y retrouve entre autres Jean Lefebvre, Dany Carrel, Maria Pacôme, Claude Piéplu, Jacques Legras, Jacques Dynam, Philippe Castelli…Du beau monde pour un spectacle mené à cent à l’heure, excellemment écrit, sans temps mort, malin et qui vieillit très bien. Assurément à redécouvrir.

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Test Blu-ray / Une parisienne, réalisé par Michel Boisrond

UNE PARISIENNE réalisé par Michel Boisrond, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Brigitte Bardot, Charles Boyer, Henri Vidal, Noël Roquevert, Fernand Sardou, Guy Tréjan, Nadia Gray, André Luguet, Madeleine Lebeau, Claire Maurier…

Scénario : Annette Wademant, Jean Aurel, Jacques Emmanuel & Michel Boisrond

Photographie : Marcel Grignon

Musique : Henri Crolla, André Hodeir & Hubert Rostaing

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Jeune fille butée et capricieuse, Brigitte Laurier tente de séduire en vain Michel Legrand, directeur de cabinet de son père. Après avoir échafaudé un plan des plus machiavéliques, la jeune femme réussit à épouser Michel. Mais quand ce dernier l’ignore complètement, Brigitte décide alors de le rendre jaloux en ayant une aventure avec un prince. Un acte qui pourrait bien mettre en péril son mariage.

S’il y a bien un réalisateur qui a très largement contribué au mythe BB, et ce bien avant l’événement international Et Dieu… créa la femme (1956) de Roger Vadim, c’est bel et bien Michel Boisrond (1921-2002). Ancien assistant de de René Clair sur La Beauté du diable (1949), Les Belles de nuit (1952) et Les Grandes Manœuvres (1955), mais aussi de Gilles Grangier et Jacques de Baroncelli, Michel Boisrond signe son premier long-métrage comme metteur en scène avec Cette sacrée gamine, avec BB en haut de l’affiche, qui attire plus de 4 millions de français dans les salles en ce mois d’avril 1956. Cette année-là, Brigitte Bardot donne la réplique à Dirk Bogarde dans Rendez-vous à Rio de Ralph Thomas, apparaît dans Hélène de Troie de Robert Wise, incarne la femme de Raymond Pellegrin dans La Lumière d’en face de Georges Lacombe, illumine Haine, amour et trahison de Mario Bonnard, retrouve Marc Allégret pour En effeuillant la marguerite et s’impose sans mal dans La Mariée est trop belle de Pierre Gaspard-Huit…sans oublier l’apothéose avec Et Dieu… créa la femme. Au total, plus de vingt millions de spectateurs se rueront au cinéma pour – entre autres – admirer Brigitte Bardot. Après une apparition dans Les Week-ends de NéronMio figlio Nerone, péplum parodique de Steno, avec Alberto Sordi, Vittorio De Sica et Gloria Swanson, BB retrouve Michel Boisrond pour Une parisienne. Le cinéaste, qui avait donc dirigé la vedette un an auparavant, se retrouve désormais avec une star mondiale devant sa caméra. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la comédienne ne pouvait espérer meilleur écrin pour à nouveau être mise en valeur. Formidable comédie, bulle de savon, spectacle mené à cent à l’heure, BB est parfaitement à l’aise dans la peau de « celle qui brûle les feux rouges, qui déclenche une bagarre, qui pilote un réacteur, qui provoque les scandales, qui retarde les horaires aériens, qui enlève un prince… » comme l’indiquait la bande-annonce.Visiblement très inspiré par le slapstick américain, Michel Boisrond emballe son film avec une efficacité anglo-saxonne, enchaîne les rebondissements à cent à l’heure, tout en offrant au public ce qu’il est venu chercher, à savoir observer Brigitte Bardot sous tous les angles. Un divertissement haut de gamme.

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Test Blu-ray / Une nuit de réflexion, réalisé par Nicolas Roeg

UNE NUIT DE RÉFLEXION (Insignificance) réalisé par Nicolas Roeg, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Michael Emil, Theresa Russell, Tony Curtis, Gary Busey, Will Sampson…

Scénario : Terry Johnson, d’après sa pièce de théâtre

Photographie : Peter Hannan

Musique : Stanley Myers & Hans Zimmer

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Une nuit new-yorkaise de 1953. Dans une chambre d’hôtel, la plus grande actrice américaine rencontre le scientifique le plus connu au monde. Elle lui expose sa théorie de la relativité. On y croise aussi un sénateur suintant et paranoïaque ainsi qu’un mari joueur de baseball jaloux. Le souvenir de la bombe atomique à Hiroshima. Des enfances meurtries. Le futur. Les temps qui se confondent.

Nicolas Roeg (1928-2018) a fait ses classes en tant que directeur de la photographie sur Le Masque de la Mort Rouge de Roger Corman en 1964, puis sur des films aussi prestigieux que Le Docteur Jivago de David Lean ou encore Fahrenheit 451 de François Truffaut. Il passe à la mise en scène au début des années 70 avec Performance coréalisé avec Donald Cammell. Le réalisateur britannique a toujours su se démarquer avec un cinéma onirique, loin de tout naturalisme, en mettant en exergue l’étrangeté du réel. C’est le cas de Ne vous retournez pas, son chef-d’oeuvre sorti en 1973, pierre angulaire et synthèse de sa carrière, adapté d’une nouvelle de Daphné du Maurier (Les Oiseaux, Rebecca) intitulée Pas après minuit. L’Homme qui venait d’ailleurs The Man who fell to Earth (1976), Enquête sur une passion Bad Timing (1980) et Eureka (1983) sont de véritables expériences cinématographiques et sensorielles. Avec Insignificance ou Une nuit de réflexion en France, son septième long-métrage, le cinéaste s’empare de ce qui était à l’origine une pièce de théâtre écrite par Terry Johnson, jouée au Royal Court Theatre de Londres en 1982, avec Judy Davis dans le rôle de « l’Actrice ». La pièce avait été inspirée au dramaturge, après avoir appris qu’une photo dédicacée d’Albert Einstein avait été retrouvée parmi les affaires de Marilyn Monroe après sa mort. L’idée de leur rencontre a piqué sa curiosité, ce qui a conduit à une réflexion sur la nature de la célébrité. C’est ce qui a intéressé Nicolas Roeg, qui a demandé à Terry Johnson d’adapter lui-même sa propre pièce. Le réalisateur se penche sur l’image renvoyée par les stars ou assimilées, sur ce que ces personnes connues représentaient, sur le fait que ce fantasme contrastait avec ce qu’elles étaient réellement. Si l’action se déroule au début des années 1950 (discrète, mais élégante reconstitution au début du film), rien n’a changé 75 ans plus tard. Nicolas Roeg et Terry Johnson souhaitent explorer les différences entre ce que ces personnes étaient vraiment et les qualités que les autres leur attribuaient, en retirant ainsi leur aspect divin à ces « monstres ». Certes, Une nuit de réflexion n’a pas pour objectif d’être réaliste, d’ailleurs, il semblerait que la rencontre entre Albert et Norma Jean n’ait jamais eu lieu, mais jouer avec ces deux icônes permet « d’imaginer » ce qui aurait pu se passer dans cette chambre où ils se seraient retrouvés face à face. Ou fesse à fesse. Mais au fait, de quoi ça parle Une nuit de réflexion ?

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Test 4K UHD / The Monster Squad, réalisé par Fred Dekker

THE MONSTER SQUAD réalisé par Fred Dekker, disponible en Boîtier métal Steelcase – 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 17 décembre 2025 chez Extralucid Films.

Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Mary Ellen Trainor, Carl Thibault, Tom Woodruff Jr., Michael Reid MacKay, Jack Gwillim…

Scénario : Fred Dekker & Shane Black

Photographie : Bradford May

Musique : Bruce Broughton

Durée : 1h22

Année de sortie : 1987

LE FILM

Échouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaine d’années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s’entoure d’une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…

Mais…mais…d’où sort ce film ? Comment un tel divertissement a-t-il pu passer sous les radars en 1987 ?? Pourquoi n’avions-nous jamais entendu parler de The Monster Squad quand nous étions gamins dans les années 1980-90 ??? Deuxième long-métrage du réalisateur Fred Dekker (né en 1959), The Monster Squad est un merveilleux divertissement à réhabiliter, mais surtout à faire connaître, à prêter, à offrir, à diffuser dans le plus large réseau possible. Alors qu’il tournait son premier film, Extra Sangsues Night of the Creeps, le metteur en scène préparait déjà son second opus coécrit avec son pote de fac Shane Black, qui la même année signait aussi les scénarios de L’Arme fatale Lethal Weapon de Richard Donner et de Predator de John McTiernan. Ainsi, après sa formidable comédie fantastique et teenage movie d’horreur qui réunissait tout son amour pour le cinéma de genre, autrement dit en jouant avec des aliens, des zombies humains et animaux, un serial killer, ainsi que des adolescents victimes de leurs hormones et de leur sébum, Fred Dekker rend hommage aux Universal Monsters ou à l’Universal Horror, films d’épouvante sortis entre le début des années 1920 et celui des sixties. En fait, The Monster Squad, produit par Peter Hyams et Rob Cohen, est un Avengers ou une Ligue des gentlemen extraordinaires avant l’heure, puisqu’on y retrouve réunis Dracula, la créature de Frankenstein, la Momie, le Loup-Garou et l’Étrange Créature du lac noir. Certes, manquent à l’appel L’Homme invisible et le Fantôme de l’Opéra, mais nous ne ferons pas la fine bouche, car le résultat est fantastique, un magistral spectacle pour toute la famille. En prenant plusieurs gamins comme personnages principaux, Fred Dekker surfe évidemment sur la vague Amblin représentée à l’époque par E.T., l’extra-terrestre, Gremlins, Les Goonies et Le Secret de la pyramide, avec une touche d’Explorers de Joe Dante (qui lorgnait déjà sur Amblin), mais sans plagier, sans singer, avec un style qui lui est propre et surtout en offrant à sa remarquable distribution de quasi-inconnus (et qui le resteront) de jubilatoires moments de comédie face à des personnages mythiques qui eux sont exploités au premier degré, avec par exemple Dracula traitant une petite fille de cinq ans de « Bitch ! ». D’où un décalage opéré avec virtuosité du début à la fin. Un immense plaisir.

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Test Blu-ray / Escape From the 21st Century réalisé par Li Yang

ESCAPE FROM THE 21ST CENTURY (Cong 21 Shi Ji an Quan Che Li) réalisé par Li Yang, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Zhang Ruoyun, Yang Song, Zhu Yanmanzi, Elane Zhong, Leon Lee, Wu Xiaoliang, Wen Zhengrong, Shi Liang…

Scénario : Li Yang

Photographie : Saba Mazloum

Musique : Hu Xiao’ou

Durée : 1h38

Année de sortie : 2024

LE FILM

En 1999, trois adolescents se retrouvent plongés dans des déchets chimiques qui leur confèrent une capacité unique : lorsqu’ils éternuent, leur conscience voyage 20 ans dans le futur. C’est pour eux le début d’une vertigineuse aventure dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie du monde…

Il y a des films dont les « pitchs » (goût fraise, les meilleurs) font envie quand on les lit. C’est le cas pour Escape from the 21st Century, le premier long-métrage réalisé en solo par le cinéaste Yang Li. Puis, le générique envoie du lourd et l’on se dit que la promesse va être tenue. Le film démarre (voix de journaliste grolandais) « Et là, c’est le drame ! ». Si beaucoup ont toujours eu beaucoup de mal à rester plus de deux heures devant un film de Michael Bay, dites-vous qu’à côté de Yang Li, le réalisateur d’Armageddon et de Transformers c’est Robert Bresson. C’est bien simple, on ne comprend rien, absolument plus rien, alors que le film n’a commencé que depuis…cinq minutes. Et cela n’ira pas en s’arrangeant. Sur un montage frénétique, débridé (non, n’y voyez aucun jeu de mots qui pourrait être mal interprété), hystérique, les images se succèdent comme si un individu atteint de la maladie de Parkinson s’emparait d’une télécommande pour zapper et échapper à Quotidien et TBT9. Si vous avez moins de vingt piges (ce qui est loin d’être le cas si vous lisez cette critique, vous seriez déjà passé à autre chose), vous y trouverez peut-être votre compte. 25 ans à la rigueur, après quelques shots de vodka. Si vous avez atteint la trentaine, il est fort possible que vous ressentiez quelques relâchements du sphincter. Au-delà, ce n’est même plus permis. Vos yeux se révulsent, votre bouche se met en O et laisse couler la bave à gros bouillons, vos muscles sont tétanisés et vous tentez par tous les moyens possibles d’arrêter le massacre. Vous voilà prévenus…

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Test Blu-ray / Les Keufs, réalisé par Josiane Balasko

LES KEUFS réalisé par Josiane Balasko, disponible en DVD & Blu-ray le 17 février 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Josiane Balasko, Isaach De Bankolé, Jean-Pierre Léaud, Ticky Holgado, Jean-Marie Marion, Patrick Pérez, Florent Pagny, Patrick Olivier…

Scénario : Christian Biegalski, Jean-Bernard Pouy & Josiane Balasko

Photographie : Dominique Chapuis

Musique : Francis Agbo, Raoul Agbo, Manu Dibango & Stéphane Sirkis

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

Mireille Molyneux, inspectrice de police, traque sans relâche les proxénètes. Avec la complicité de Yasmine, une prostituée, elle arrête Charlie, son souteneur. Pour se venger de Mireille, Jean-Pierre, un autre proxénète, l’accuse de corruption. Elle fait alors l’objet d’une enquête de deux inspecteurs de l’IGS : Blondel et Lacroix. Peu après, Charlie est relâché, faute de preuves. Pour garder Yasmine, il enlève son fils et menace de le tuer.

Si elle n’avait pas prévu de retourner derrière la caméra, du moins jusqu’à présent et ce malgré le joli score rencontré par Sac de nœuds dans les salles (près de 650.000 entrées), Josiane Balasko accepte finalement de réaliser Les Keufs, son second long-métrage. D’après un scénario qu’elle a coécrit avec Christian Biegalski (Scout toujours…), avec le concours de l’auteur Jean-Bernard Pouy (le créateur du Poulpe), la metteuse en scène parvient à trouver cet équilibre délicat entre la comédie et l’intrigue policière. On retrouve donc ce réalisme – on y parle d’addiction à la drogue, du Sida, du racisme – déjà à l’oeuvre dans Pinot simple flic, auquel Christian Biegalski avait d’ailleurs participé, ainsi que le côté polar populaire de gauche qui a fait la marque de fabrique de Jean-Bernard Pouy. À cela s’ajoutent la gouaille et l’énergie dévastatrice de Josiane Balasko, qui soigne comme d’habitude chacun de ses seconds rôles, tous plus marquants les uns que les autres. Mais Les Keufs repose il est vrai sur l’alchimie explosive avec son partenaire, le génial Isaach de Bankolé, tout juste révélé par Black Mic-Mac de Thomas Gilou, qui venait de cartonner avec 1,2 million de spectateurs. S’il est un peu difficile d’en résumer l’intrigue, qui au final importe peu, Les Keufs reste un savoureux moment, ponctué par de fabuleux mots d’auteur et qui compile de formidables numéros de comédiens. À ce titre, Jean-Pierre Léaud, très justement nommé pour le César du meilleur second rôle, emporte facilement la mise. On ne l’avait jamais vu ainsi et on ne le reverra plus jamais comme cela après Les Keufs, dans lequel il incarne l’explosif commissaire Bouvreuil. Joli succès à sa sortie (la barre du million d’entrées ayant été dépassé), Les Keufs, dont le titre paraissait obscur à une bonne partie du public à l’époque, n’a pas volé son statut de petit film culte.

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Test Blu-ray / Signes extérieurs de richesse, réalisé par Jacques Monnet

SIGNES EXTÉRIEURS DE RICHESSE réalisé par Jacques Monnet, disponible en DVD & Blu-ray le 17 février 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Claude Brasseur, Josiane Balasko, Jean-Pierre Marielle, Roland Giraud, Xavier Saint-Macary, Jean-François Rémi, Hélène Arié, Eva Harling, Pascale Ogier, Charlotte de Turckheim …

Scénario : Alain Godard & Jacques Monnet

Photographie : Philippe Welt

Musique : Eric Bouad & Johnny Hallyday

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Patron d’une clinique vétérinaire parisienne de renom, Jean-Jacques Lestrade habite un luxueux appartement et fréquente le Tout-Paris en compagnie de jeunes femmes, s’en remettant à son comptable Jérôme Bouvier, pour gérer ses finances. Tout va bien jusqu’au jour où débarque dans sa clinique Béatrice Flamand, une inspectrice des impôts.

Un mois après avoir fait une apparition rapide dans Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Josiane Balasko revient au cinéma, cette fois en haut de l’affiche, qu’elle partage avec Claude Brasseur, pour Signes extérieurs de richesse. La comédienne tourne ce film entre Le Père Noël est une ordure et La Smala, et retrouve Jacques Monnet (né en 1934) pour la seconde fois après le très beau Clara et les chics types, dans lequel elle donnait – entre autres – la réplique à Christian Clavier et Thierry Lhermitte. Elle continue de s’affranchir du Splendid et s’empare avec talent de ce rôle formidable, tout en tenant la dragée haute à son illustre partenaire. Celui-ci multiplie alors les tournages avec parfois quatre ou cinq films par an, donne volontiers et généreusement la réplique à la nouvelle génération, le box-office étant plus moins stable, surtout depuis le triomphe des deux épisodes de La Boum de Claude Pinoteau. Signes extérieurs de richesse, qui a franchi la barre du million de spectateurs, témoigne de l’alchimie entre Claude Brasseur et Josiane Balasko, merveilleusement soutenus par un Jean-Pierre Marielle au top de sa forme et d’une ribambelle de seconds rôles solidement écrits par Jacques Monnet et Alain Godard (Dracula père et fils, Je suis timide mais je me soigne, Coup de tête, C’est pas moi, c’est lui). Un classique de la comédie française, diffusé moult fois à la télévision et qui demeurait jusqu’à présent inédit en DVD et en Blu-ray !

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Test DVD / Roofman, réalisé par Derek Cianfrance

ROOFMAN réalisé par Derek Cianfrance, disponible en DVD le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Channing Tatum, Kirsten Dunst, Peter Dinklage, Juno Temple, Ben Mendelsohn, Uzo Aduba, Emory Cohen, LaKeith Stanfield…

Scénario : Derek Cianfrance & Kirt Gunn

Photographie : Andrij Parekh

Musique : Christopher Bear

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

L’histoire vraie de Jeffrey Manchester, le voleur de McDonald’s qui a vécu dans un Toys ‘R Us pendant six mois.

Roofman, parfois exploité en France sous le titre Un voleur sur le toit, est une incroyable histoire vraie prise en main par Derek Cianfrance. Le réalisateur, révélé en 2010 avec Blue Valentine, porté aux nues par la critique avec The Place Beyond the Pines deux ans plus tard, avait déçu (euphémisme) en 2016 avec Une vie entre deux océansThe Light Between Oceans, avant de revenir avec une mini-série, chef d’oeuvre instantané et définitif, I Know This Much Is True, dans laquelle Mark Ruffalo interprétait deux frères jumeaux, rôle(s) qui lui avai(en)t valu le Golden Globe. Derek Cianfrance délaisse le spleen de ses précédents longs-métrages, avec Roofman, quand bien même subsiste une mélancolie dans l’itinéraire et le destin de son personnage principal, Jeffrey Manchester, qui a donc réellement existé. Tout ce qui est narré est dingue, mais vrai. Et c’est Channing Tatum qui incarne cet anti-héros en or, certainement le plus beau rôle du comédien. Il en a fait du chemin depuis Sexy DanceStep Up de Anne Fletcher, c’était d’ailleurs il y a vingt ans et peu misaient alors sur ses capacités d’acteur. Pourtant, les propositions intéressantes se sont multipliées, chez Michael Mann (Public Ennemies), Steven Soderbergh (Piégée, Magic Mike, Effets secondaires, Logan Lucky), Bennett Miller (Foxcatcher), Quentin Tarantino (Les Huit Salopards), les frères Coen (Ave, César!). S’il n’a jamais vraiment cassé la baraque au box-office avec un film qu’il portait sur ses épaules, les deux G.I. Joe, 21 Jump Street et sa suite, Jupiter : Le Destin de l’univers, White House Down ayant tous été de beaux succès, mais sans plus, Channing Tatum n’a eu de cesse d’étonner et conserve une cote de sympathie qui ne s’est jamais démentie. C’est encore le cas dans Roofman, dans lequel il crève l’écran comme jamais auparavant. Tour à tour drôle et pathétique, il compose un fabuleux personnage, un pauvre type revenu de l’armée, un oublié du rêve américain, qui a composé avec ce qu’il avait (un don d’observation hors du commun), pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Comédie-dramatique qui rappelle celles de l’âge d’or hollywoodien, Roofman subjugue du début à la fin et s’avère un magnifique portrait de mec lambda (ou presque), reflet d’une Amérique malade où ses habitants survivent comme ils le peuvent, avec les moyens du bord. Un immense coup de coeur.

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Test DVD / Sorry, Baby, réalisé par Eva Victor

SORRY, BABY réalisé par Eva Victor, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez Wild Side Video.

Acteurs : Eva Victor, Naomi Ackie, Louis Cancelmi, Kelly McCormack, Lucas Hedges, John Carroll Lynch, Hettienne Park, E.R. Fightmaster…

Scénario : Eva Victor

Photographie : Mia Cioffi Henry

Musique : Lia Ouyang Rusli

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après.

Comme chaque année, une « bombe » du cinéma indépendant américain débarque dans les salles, fait quasiment l’unanimité auprès de la critique et parvient à toucher le coeur du public. En 2025, cela aurait été le cas pour Sorry, Baby, premier long-métrage d’Eva Victor, habituellement comédienne, vue dans la série Billions, qui contient divers éléments autobiographiques. Comme son personnage Agnès, la réalisatrice a elle aussi été victime d’une agression, puis connu la guérison, et enfin une résilience inespérée. Forcément dramatique, Sorry, Baby est aussi étrangement une comédie décalée, parcourue d’un humour pince-sans-rire (qui sera toujours une bouée de sauvetage contre la folie et la violence du monde), qui apparaît comme une soupape de sécurité, nécessaire pour évacuer la pression, le mal-être, la douleur. Nous sommes ici en pleine histoire de reconstruction, thème intemporel et universel, déjà maintes fois traité au cinéma certes, mais Eva Victor parvient à tirer son épingle du jeu par son immense sensibilité. Celle-ci évite tout pathos, trouve ce parfait équilibre entre la noirceur et la gravité de son sujet, et pourtant sa forme, lumineuse, marquée par un soleil hivernal étincelant, symbolique de l’espoir, de la vie qui doit continuer, qui l’emporte sur la violence. Produit par Barry Jenkins (Moonlight, Mufasa : Le Roi Lion), Sorry, Baby est présenté en première mondiale au Festival du film de Sundance, où il remporte le prix Waldo Salt du meilleur scénariste du festival. Une autrice est née.

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Test DVD / Une place pour Pierrot, réalisé par Hélène Médigue

UNE PLACE POUR PIERROT réalisé par Hélène Médigue, disponible en DVD et Blu-ray le 20 janvier 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Grégory Gadebois, Marie Gillain, Patrick Mille, Mathilde Labarthe, Vincent Elbaz, François Vincentelli, Marianne Basler, Hélène Médigue…

Scénario : Stéphane Cabel & Hélène Médigue

Photographie : George Lechaptois

Musique : Philippe Kelly

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Pierrot, quarante-cinq ans, est autiste et vit dans un foyer médicalisé. Déterminée à lui offrir une vie digne, sa sœur Camille le prend chez elle et se met en quête d’un endroit mieux adapté à sa différence. Le chemin est long mais c’est la promesse d’une nouvelle vie, au sein de laquelle chacun trouvera sa place.

Il n’arrête pas de tourner Grégory Gadebois ! Depuis le César du meilleur espoir masculin obtenu pour sa magistrale interprétation dans Angèle et Tony (2011) d’Alix Delaporte, le comédien aura enchaîné plus de cinquante longs-métrages. Une boulimie qui rappelle souvent celle d’un Gérard Depardieu. Benoît Jacquot, François Dupeyron, Raphaël Jacoulot, Emmanuel Courcol, Michel Hazanavicius, Anne Fontaine, Philippe Le Guay, Fred Cavayé, Jeanne Herry, Roman Polanski, François Ozon, Jean-Paul Salomé et même Woody Allen l’ont fait tourner. Le problème dans ces cas-là, c’est que l’on commence sérieusement à comparer les prestations et à confondre les rôles, d’autant plus que Grégory Gadebois a une fâcheuse tendance à s’installer dans une sorte de non-jeu depuis quelques années et sa performance dans Une place pour Pierrot n’a malheureusement rien de transcendant par rapport à ce qu’il a déjà eu l’occasion de faire. Ainsi, si le rôle d’une personne atteinte d’autisme était très prisé dans le cinéma, surtout depuis Rain Man (Oscar du meilleur acteur pour Dustin Hoffman), et que beaucoup sont tombés dans le piège en voulant en faire des caisses (Sean Penn dans l’affreux Sam je suis Sam), ce genre devenu pour ainsi dire « banal » au cinéma, n’a plus rien de surprenant. C’est le cas d’Une place pour Pierrot, qui bien que sympathique et – on n’en doute pas – sincère, peine à se démarquer du tout-venant.

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