VÉNÉNEUSES réalisé par Jean-Pierre Mocky, disponible en DVD et Blu-ray le 20 janvier 2021 chez ESC Editions.
Acteurs : Jean-Pierre Mocky, Richard Bohringer, Florian Hessique, Jean-François Stévenin, Charlotte Gaccio, Laurent Biras, Lola Marois, Kevin Miranda, Philippe Rebbot…
Scénario : Jean-Pierre Mocky & Frédéric Dieudonné
Photographie : Jean-Paul Sergent
Musique : Vladimir Cosma
Durée : 1h23
Date de sortie initiale : 2017
LE FILM
Dick Grant, truand vieillissant qui purge sa peine, apprend que sa compagne l’a doublement trahi : non seulement elle le trompe avec l’un de ses associés, mais le couple s’apprête à lui voler toute sa fortune. Il s’évade de prison et accomplit sa vengeance. Lors de sa cavale, il rencontre une jeune et jolie blonde avec qui il a une aventure. Elle finit par le démasquer et le fait chanter : ou bien il la débarrasse d’un oncle encombrant, ou bien elle le dénonce à la police…
Le 8 août 2019, Jean-Pierre Mocky s’en est allé, laissant derrière lui plus de 80 longs-métrages, séries télévisées, téléfilms et documentaires. 60 ans de carrière comme metteur en scène, des Dragueurs (1959) à son ultime baroud d’honneur, Tous flics !, qui n’a pas encore connu les honneurs (posthumes) au cinéma. S’il venait de fêter ses 90 ans au moment où la mort a fini par le rattraper, Jean-Pierre Mocky ne s’est jamais arrêté de tourner et d’apparaître également devant sa propre caméra, allant parfois jusqu’à réaliser trois films par an. Vénéneuses restera son antépénultième long-métrage, dans lequel le cinéaste s’avère très en verve et rend un bel hommage aux films de gangsters qui ont bercé son enfance et dont il affectionnait les personnages, aussi bien à l’écran que dans la vie réelle. Et puis quoi qu’on en dise, ce n’est pas commun de trouver dans le cinéma français un papy de 88 balais qui était toujours aussi rebelle et bad-ass ! Vénéneuses est un excellent cru, dans lequel brillent les dialogues de Frédéric Dieudonné, qui avait déjà écrit Le Cabanon rose et Rouges étaient les lilas, les deux opus du réalisateur de l’année 2016.
DANS LA SOURICIÈRE (The Trap) réalisé par Norman Panama, disponible en combo Blu-ray + DVD le 20 janvier 2021 chez Rimini Editions.
Acteurs : Richard Widmark, Lee J. Cobb, Tina Louise, Earl Holliman, Carl Benton Reid, Lorne Greene, Peter Baldwin, Chuck Wassil, Richard Shannon, Carl Milletaire…
Scénario : Richard Alan Simmons & Norman Panama
Photographie : Daniel L. Fapp
Durée : 1h20
Année de sortie : 1959
LE FILM
Ralph Anderson, avocat aisé, revient à Tula, 1108 habitants, la petite ville où il est né, accompagné des hommes de Victor Massenotti, parrain de la mafia. Poursuivi par la justice, Massenotti souhaite utiliser l’aérodrome local pour s’enfuir. Ralph doit alors convaincre son père, shérif de Tula, de renoncer à surveiller les lieux. Sinon, les gangsters promettent de mettre la ville à feu à sang.
Nous parlions dernièrement d’Étranges compagnons de lit – Strange Bedfellows (1965) de Melvin Frank. En fait, avant de faire cavalier seul, ce réalisateur avait signé en binôme quelques fleurons de la comédie américaine avec le méconnu Norman Panama (1914-2003). Depuis le début des années 1950, les deux associés enchaînent alors Une rousse obstinée – The Reformer and the Redhead (1950) avec Dick Powell, Proprement scandaleux – Strictly Dishonorable (1951) avec Janet Leigh, Callaway Went Thataway (1951) avec Fred MacMurray, Le Grand Secret – Above and Beyond (1952) de Robert Taylor, Un grain de folie – Knock on Wood (1954) et Le Bouffon du roi – The Court Jester (1955) avec Danny Kaye et Si j’épousais ma femme – That Certain Feeling (1956) avec le légendaire Bob Hope. Après une décennie de succès au box-office, les deux amis et scénaristes du mythique Noël blanc – White Christmas (1954) de Michael Curtiz, décident de voguer seuls vers de nouveaux horizons. Néanmoins, Norman Panama et Melvin Frank restent liés puisque même si le second est bel et bien le seul metteur en scène de Dans la souricière, sorti en 1959, les deux produisent ce premier coup d’essai en solo. Formidable série B, à la croisée du film noir et du western, The Trap est une œuvre aussi sèche et brutale que son titre le laissait espérer. Merveilleusement interprété par l’immense Richard Widmark, intense, passionnant, Dans la souricière est un petit film complètement et injustement oublié aujourd’hui, qu’il est toujours bon de réhabiliter.
GOLDEN GLOVE (Der goldene Handschuh) réalisé par Fatih Akin, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 janvier 2021 chez Extralucid Films.
Acteurs : Jonas Dassler, Margarete Tiesel, Hark Bohm, Katja Studt, Marc Hosemann, Tristan Göbel, Victoria Trauttmansdorff, Adam Bousdoukos…
Scénario : Fatih Akin, d’après le roman « Der goldene Handschuh » de Heinz Strunk
Photographie : Rainer Klausmann
Musique : FM Einheit
Durée : 1h50
Année de sortie : 2019
LE FILM
Hambourg, années 70. Au premier abord, Fritz Honka, n’est qu’un pitoyable loser. Cet homme à la gueule cassée traîne la nuit dans un bar miteux de son quartier, le « Gant d’or » (« Golden Glove »), à la recherche de femmes seules. Les habitués ne soupçonnent pas que Honka, en apparence inoffensif, est un véritable monstre.
Dans son premier long-métrage, L’Engrenage – Kurz und schmerzlos (1998), le réalisateur Fatih Akin (né en 1973) s’inspirait d’anecdotes personnelles et rendait hommage au cinéma de Martin Scorsese, en particulier à Mean Streets. Le metteur en scène y faisait déjà preuve d’une rare maîtrise technique en dépeignant la complexité des relations humaines, sujet qui sera alors son thème de prédilection. Ce qui fera aussi la marque de fabrique de Fatih Akin, c’est un cinéma sincère et humaniste, qui abolit les frontières en privilégiant l’entraide et la fraternité. Cependant, la violence y était déjà présente. En 2000, dans Julie en juillet – Im Juli, le cinéaste, inspiré de L’Odyssée d’Homère, proposait l’antithèse complète de son premier film. Véritable chef d’oeuvre d’humour, cette histoire d’amour était en réalité un road-movie européen illuminé par Moritz Bleibtreu et Christiane Paul. De la Hongrie en passant par la Roumanie, la Bulgarie et par la Turquie, le second long-métrage de Fatih Akin était un film chaleureux et idéaliste, rendant un hommage avoué à L’Homme de Rio de Philippe de Broca et aux aventures de Tintin. Après le solaire Julie en juillet, Fatih Akin abordait un conflit de générations entre un père autoritaire et ses deux fils dans Solino (2002). Bon, nous allons arrêter là de passer en revue toute la filmographie de Fatih Akin, nous reparlerons un autre jour de Head-On – Gegen die Wand (2004, Ours d’or à Berlin), de The Cut (2014) et de ses autres œuvres, pour se concentrer enfin sur son dernier long-métrage en date, l’inattendu Golden Glove – Der Goldene Handschuh, sorti en 2019 au cinéma. Qu’il semble loin le temps de la comédie jubilatoire qu’était Soul Kitchen (2009) ! Deux ans après In the Fade – Aus dem Nichts, Golden Globe du meilleur film en langue étrangère et qui avait valu à Diane Kruger le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes, Fatih Akin se confronte cette fois frontalement au genre horrifique. Pour cela, le réalisateur adapte le roman éponyme de Heinz Strunk (publié en 2016), qui relatait l’histoire vraie du tueur en série allemand Fritz Honka (1935-1998), qui dans les années 1970 s’en prenait aux femmes d’un certain âge, principalement alcooliques comme lui, qu’il appâtait dans un bar miteux de Hambourg (le Golden Glove donc) en leur proposant un ou plusieurs verres, avant de les ramener chez lui, où il les violentait, les violait avec ce qui lui passait sous la main, puis les assassinait, avant de les découper en morceaux et de conserver les membres soigneusement emballés et dissimulés dans un recoin de son appartement. Ceux qui se souviennent du Fatih Akin de Soul Kitchen qui célébrait la vie en communauté avec une légèreté rafraîchissante, risquent d’être sacrément bouleversés par Golden Glove. Mais bien sûr, le cinéaste ne livre pas un film d’horreur comme les autres et dresse avant tout le portrait dramatique d’un monstre humain (pléonasme ?), le visage reflétant le passé de son pays, le dos cassé par le poids des conséquences. Golden Glove est non seulement l’un des films les plus horribles vus sur un écran depuis une bonne quinzaine d’années, mais c’est aussi et peut-être l’une des plus incroyables performances d’acteurs de tous les temps, que l’on doit au jeune et méconnaissable Jonas Dassler, 22 ans au moment du tournage, métamorphosé (après trois heures de maquillage) avec son strabisme, ses cheveux gras et ses dents pourries. Golden Glove est d’ores et déjà une nouvelle référence du genre et un sommet dans la carrière de Fatih Akin.
LES YEUX BANDÉS (Blindfold) réalisé par Philip Dunne, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 8 décembre 2020 chez Elephant Films.
Acteurs : Rock Hudson, Claudia Cardinale, Jack Warden, Guy Stockwell, Brad Dexter, Anne Seymour, Alejandro Rey, Hari Rhodes…
Scénario : Philip Dunne & W.H. Menger, d’après le roman Blindfold de Lucille Fletcher
Photographie : Joseph MacDonald
Musique : Lalo Schifrin
Durée : 1h42
Année de sortie : 1966
LE FILM
Un éminent psychiatre, le Dr. Snow, suit un scientifique qui souffre de troubles émotionnels. Tous les deux sont kidnappés par une organisation secrète qui cherche à s’accaparer le fruit des recherches du savant.
Si le nom de Philip Dunne (1908-1992) vous dit quelque chose, c’est sûrement pour les films dont il est l’auteur, Le Dernier des Mohicans – The Last of the Mohicans (1936) de George B. Seitz, Suez (1938) d’Allan Dwan, Johnny Apollo (1940) de Henry Hathaway, le splendide Qu’elle était verte ma vallée – How Green Was My Valley (1941) de John Ford, le fantastique L’Aventure de madame Muir – The Ghost and Mrs. Muir (1947), La Flibustière des Antilles – Anne of the Indies (1951) et Le Gaucho – Way of a Gaucho (1952) de Jacques Tourneur, et La Tunique – The Robe (1953) de Henry Koster. Celui-ci passe aussi derrière la caméra en 1955 avec Prince of Players, interprété par Richard Burton. Il réalisera ainsi une dizaine de longs-métrages, dont le plus célèbre demeure assurément 10, rue Frederick – Ten North Frederick (1958) avec Gary Cooper. Les Yeux bandés – Blindfold, qu’il écrit et met en scène en 1965 est son dernier film. Pour cet ultime baroud d’honneur, le cinéaste et son coscénariste W.H. Menger s’inspirent d’un roman de Lucille Fletcher paru en 1960. Philip Dunne en tire une comédie d’espionnage, teinté de film d’aventure et d’action, le tout mâtiné d’une romance entre les deux protagonistes, incarnés par le couple glamour Rock Hudson et Claudia Cardinale. En dépit d’un rythme poussif et d’une intrigue quelque peu tarabiscotée, l’ensemble se suit sans déplaisir, surtout grâce à ses deux stars internationales qui rivalisent de charme et de sensualité.
ÉTRANGES COMPAGNONS DE LIT (Strange Bedfellows) réalisé par Melvin Frank, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 8 décembre 2020 chez Elephant Films.
Acteurs : Rock Hudson, Gina Lollobrigida, Gig Young, Edward Judd, Howard St. John, Dave King, Peggy Rea, Joseph Sirola…
Scénario : Melvin Frank & Michael Pertwee
Photographie : Leo Tover
Musique : Leigh Harline
Durée : 1h39
Année de sortie : 1965
LE FILM
Carter Harrison travaille dans une société pétrolière avec succès. Mais sa vie personnelle est plus tumultueuse. Marié à une italienne exubérante et énergique, son couple bat de l’aile et il demande la séparation. Or, pour lui accorder un important poste de direction, sa société exige qu’il puisse donner en Angleterre l’image d’un couple modèle.
Comédien star des studios Universal, Rock Hudson entame les années 1960 avec le western El Perdido – The Last Sunset de Robert Aldrich. Mais contrairement aux années 1950 durant lesquelles il s’était surtout brillamment illustré dans le mélodrame, en particulier avec ses fructueuses collaborations avec Douglas Sirk, c’est dans la comédie (romantique la plupart du temps) qu’il connaîtra ses plus grands succès alors qu’il approche la quarantaine. Il enchaînera ainsi Un pyjama pour deux – Lover Come Back, avec Doris Day et de Delbert Mann, Le Sport favori de l’homme – Man’s Favorite Sport ? d’Howard Hawks et Ne m’envoyez pas de fleurs – Send Me No Flowers, encore avec Doris Day, mais cette fois réalisé par Norman Jewison. En 1961, Robert Mulligan réuni Rock Hudson et Gina Lollobrigida dans Le Rendez-vous de septembre – Come September, dans lequel le couple fait preuve d’une réelle alchimie et participera bien évidemment au succès du film. Quatre ans plus tard, les voici de nouveau réunis à l’écran par Melvin Frank dans Étranges compagnons de lit – Strange Bedfellows. S’il s’agit rétrospectivement d’un film mineur dans leurs carrières rétrospectives, Rock Hudson et Gina Lollobrigida assurent le spectacle du début à la fin et semblent prendre un plaisir contagieux à se donner à réplique, à se chamailler, à se séparer pour ensuite mieux se retrouver et apportent le souffle nécessaire à une mise en scène plan-plan et une intrigue qui part dans toutes les directions. Étranges compagnons de lit est une comédie qui ne manque pas de charme, mais qui ne vaut que pour ses deux comédiens principaux, beaux comme des Dieux et bourrés de talent.
LE SPORT FAVORI DE L’HOMME (Man’s Favorite Sport ?) réalisé par Howard Hawks, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 8 décembre 2020 chez Elephant Films.
Acteurs : Rock Hudson, Paula Prentiss, Maria Perschy, Charlene Holt, John McGiver, Roscoe Karns, James Westerfield, Norman Alden…
Scénario : John Fenton Murray & Steve McNeil, d’après la nouvelle « The Girl Who Almost Got Away » de Pat Frank
Photographie : Russell Harlan
Musique : Henry Mancini
Durée : 2h
Année de sortie : 1964
LE FILM
Si Roger Willoughby a écrit un excellent livre sur la pêche, personne ne se doute qu’il n’aime pas du tout ce sport, et encore moins les poissons. Pourtant, une publiciste va l’inscrire dans un concours de pêche où il va bien devoir gagner pour sauver la face…
Rétrospectivement, Le Sport favori de l’homme – Man’s Favorite Sport ? est le préantépénultième, autrement dit l’avant-avant-avant-dernier long-métrage du grand Howard Hawks (1896-1977), qui ne devait réaliser par la suite que le méconnu Ligne rouge 7000 – Red Line 7000 (1965) avec James Caan en pilote automobile, ainsi que les deux déclinaisons de son chef d’oeuvre Rio Bravo (1959), à savoir El Dorado (1966) et Rio Lobo (1970) avec John Wayne. Deux ans après Hatari ! (1962) qui mettait à l’honneur la chasse, le cinéaste utilise un autre sport comme vecteur, la pêche, pour se pencher sur les rapports entre les hommes et les femmes dans Le Sport favori de l’homme. La pêche, ce « sport favori » éponyme en version française, n’est pas plus celle du poisson que celle de l’homme ou de la femme devenant la proie ou le prédateur de l’autre. Certes, il y a bien un concours de pêche dans Man’s Favorite Sport ? (le point d’interrogation indique d’ailleurs le questionnement sur la nature de l’activité physique en question), mais le spectateur assiste avant tout au jeu de séduction savamment orchestré par maître Hawks entre Rock Hudson et la sublimissime Paula Prentiss, dont la dynamique, le charisme, le talent et la sensualité renvoient à ceux de Katharine Hepburn et de Cary Grant dans L’Impossible Monsieur Bébé – Bringing up Baby plus de 25 ans auparavant, dont il reprend même quelques motifs et quiproquos. C’est dire l’immense réussite du Sport favori de l’homme, qui détonne quelque peu dans l’univers de la comédie hollywoodienne du moment et qui renvoie pour ainsi dire dix ans en arrière, mais avec laquelle Howard Hawks, 68 ans au moment du tournage, démontrait à quel point il en avait encore sous le capot, surtout lorsqu’il s’agit de mettre à mal la gent masculine et de mettre en valeur l’imposture généralisée de la société.
NE DITES JAMAIS ADIEU (Never Say Goodbye) réalisé par Jerry Hopper, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 8 décembre 2020 chez Elephant Films.
Acteurs : Rock Hudson, Cornell Borchers, George Sanders, Shelley Fabares, Ray Collins, David Janssen, Helen Wallace, John Wengraf…
Scénario : Charles Hoffman, d’après la pièce de Luigi Pirandello et le scénario de Notre cher amour (This Love of Ours) par Bruce Manning, John D. Klorer et Leonard Lee
Photographie : Maury Gertsman
Musique : Frank Skinner
Durée : 1h36
Année de sortie : 1956
LE FILM
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, un brillant chirurgien est séparé de sa femme après une dispute, et emmène sa fille. La croyant morte, ils seront en fait séparés par le rideau de fer pendant de longues années. Il la retrouve et entreprend de renouer avec elle une vie commune bien difficile.
Aucun doute, nous sommes en plein mélodrame hollywoodien des années 1950, mais point de Douglas Sirk derrière la caméra (quoique…mais nous y reviendrons), le maître en la matière, mais un réalisateur méconnu, Jerry Hopper (1907-1988) à qui l’on doit notamment Le Triomphe de Buffalo Bill – Pony Express (1953) avec Charlton Heston et Rhonda Fleming. La cinquantaine se profilant à l’horizon, le réalisateur met les bouchées doubles et parvient à livrer quatre films en 1955, Le Fleuve de la dernière chance – Smoke Signal avec Piper Laurie, La Guerre privée du major Benson – The Private War of Major Benson, une fois de plus avec Charlton Heston, La Jungle des hommes – The Square Jungle avec Tony Curtis, et Son seul amour – One Desire avec Rock Hudson. Ce dernier, multipliant les tournages, vient tout juste de retrouver Douglas Sirk pour le merveilleux Tout ce que le ciel permet – All That Heaven Allows, quand il s’associe à nouveau avec Jerry Hopper pour Ne dites jamais adieu – Never Say Goodbye, d’après la pièce Comme avant, mieux qu’avant de Luigi Pirandello et le scénario de Notre cher amour – This Love of Ours (1945) de William Dieterle, dont il s’agit ni plus ni moins du remake. En fait, Douglas Sirk avait démarré le tournage de Ne dites jamais adieu (on lui doit quelques scènes avec George Sanders), avant d’être remplacé par Jerry Hopper. Il n’est donc pas étonnant de retrouver à l’affiche de ce film la comédienne et chanteuse allemande Cornell Borchers, révélée en 1950 dans La Ville écartelée – The Big Lift de George Seaton et qui venait alors de signer un contrat avec Universal. Ne dites jamais adieu lorgne évidemment sur les récents succès de Douglas Sirk et l’on ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser au Secret magnifique– Magnificent Obsession, même si l’alchimie entre les comédiens ne peut égaler celle de Rock Hudson et Jane Wyman. Cornell Borchers, quelque peu rigide, manque de charisme et certaines de séquences dramatiques paraissent forcées. Si sa prestation s’avère correcte malgré tout, nous n’avons souvent d’yeux que pour Rock Hudson, impeccable, élégant et à fleur de peau. Si Ne dites jamais adieu n’est pas tombé dans l’oubli le plus total, c’est assurément grâce à cet immense comédien.
LA LÉGENDE DE L’ÉPÉE MAGIQUE (The Golden Blade) réalisé par Nathan Juran, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 8 décembre 2020 chez Elephant Films.
Acteurs : Rock Hudson, Piper Laurie, Gene Evans, George Macready, Kathleen Hughes, Steven Geray, Edgar Barrier, Alice Kelley…
Scénario : John Rich
Photographie : Maury Gertsman
Musique : Irving Gertz & Herman Stein
Durée : 1h21
Année de sortie : 1953
LE FILM
Le grand et beau Harun, prince de Bassora, arrive à Bagdad pour venger la mort de son père. Il fait la découverte d’une mystérieuse épée magique qui lui est rapidement dérobée par le grand Vizir et son fils. Alors que le Calife est assassiné par les deux hommes, un tournoi est organisé pour obtenir les faveurs de la princesse…
C’est un film que l’on pourrait situer à la croisée d’Ali Baba et les Quarante Voleurs (1954) de Jacques Becker, Aladdin (1992) des studios Disney et la bande dessinée Iznogoud de René Goscinny et Jean Tabary. La Légende de l’épée magique – The Golden Blade est un digne représentant du divertissement hollywoodien des années 1950, qui proposait aux spectateurs du monde entier de s’évader pendant 80 ou 90 minutes, à travers de superbes décors en carton-pâte, des costumes scintillants, des comédiens sublimes, le tout avec si possible une petite touche exotique. Nous ne sommes pas déçus sur tous les points, y compris ce dernier puisque l’action se déroule au Moyen-Orient, d’où le fond de teint appuyé des acteurs et cette musique arabisante de Irving Gertz et Herman Stein, qui semble avoir grandement inspiré le légendaire Nuits d’Arabie du Aladdin de John Musker et Ron Clements. Comme son titre français l’indique, La Légende de l’épée magique est un conte qui aurait pu sortir des 1001 Nuits, mais que l’on doit finalement à l’imagination de John Rich, également réalisateur et qui connaîtra un triomphe avec son film Boeing Boeing (1965) d’après la pièce éponyme de Marc Camoletti. Un an après le merveilleux Qui donc a vu ma belle ?– Has Anybody Seen My Gal ? de Douglas Sirk, la divine Piper Laurie et le magnifique Rock Hudson se retrouvent à l’écran. Leur complicité, leur sensualité et leur alchimie, ainsi que la fraîcheur de leur jeu font le sel de The Golden Blade, par ailleurs très bien mis en scène par l’excellent Nathan Juran (À des millions de kilomètres de la Terre,Les Premiers hommes dans la Lune), grand artisan et expert de la série B. La Légende de l’épée magique conserve un charme rétro inaltérable.
GREENLAND – LE DERNIER REFUGE (Greenland) réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD et Blu-ray le 5 décembre 2020 chez Metropolitan Films.
Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roger Dale Floyd, Scott Glenn, Randal Gonzalez, Rick Pasqualone, Nicola Lambo, Alan Pietruszewski…
Scénario : Chris Sparling
Photographie : Dana Gonzales
Musique : David Buckley
Durée : 2h
Date de sortie initiale : 2020
LE FILM
Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchaînent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos.
Au départ, Greenland – Le dernier refuge devait se faire avec Chris Evans, sous la direction de Neill Blomkamp. Puis, changement de dernière minute, ce sera finalement Gerard Butler qui tiendra l’affiche de ce blockbuster – qui sera d’ailleurs le seul de l’été 2020 – avec Ric Roman Waugh aux manettes. Ancien cascadeur très convoité à Hollywood (Tango & Cash, Jours de tonnerre, Hook, Last Action Hero, Le Dernier des Mohicans), ce dernier passe derrière la caméra au début des années 2000 et se fait remarquer en 2013 avec son film Infiltré – Snitch avec Dwayne – The Rock – Johnson. Alors qu’ils venaient de collaborer sur La Chute du Président – Angel Has Fallen, Gerard Butler et Ric Roman Waugh remettent le couvert avec Greenland – Le Dernier refuge. Comme pour le troisième volet de la franchise « La Chute de… » (le meilleur d’ailleurs), le metteur en scène livre un film qui invite un peu plus à la réflexion que la plupart des grosses machines du même acabit. La bande-annonce qui misait tout ou presque sur les scènes de destructions massives est bien trompeuse, car même si Greenland possède évidemment quelques séquences impressionnantes où les chutes de météorites provenant d’une comète s’abattent sur la Terre, le film mise avant tout sur l’émotion et un réalisme prenant du début à la fin. N’y allons pas par quatre chemins, Greenland – Le Dernier refuge est LE blockbuster de l’année 2020, dans lequel Gerard Butler livre une très belle performance et trouve incontestablement ici l’un de ses plus beaux rôles, aux côtés de la superbe Morena Baccarin.
MAX STEEL réalisé par Stewart Hendler, disponible en DVD et Blu-ray le 12 décembre 2020 chez Metropolitan Films.
Acteurs : Ben Winchell, Maria Bello, Andy Garcia, Ana Villafañe, Mike Doyle, Phillip DeVona, Billy Slaughter, Al Mitchell…
Scénario : Christopher L. Yost
Photographie : Brett Pawlak
Musique : Nathan Lanier
Durée : 1h32
Date de sortie initiale : 2016
LE FILM
Lorsque l’adolescent Max McGrath découvre que son corps peut générer l’énergie la plus puissante de l’univers, il doit se lier au seul être capable de le contenir: un mystérieux extraterrestre techno-organique nommé Steel. Unis comme le super-héros Max Steel, les deux amis doivent combattre une menace extraterrestre et percer les secrets de leur passé.
Vous ne connaissez pas Max Steel ? Peut-être que votre progéniture connaît les figurines articulées toutes moches ! Le jouet d’action disponible chez Mattel depuis 1999 s’inspirait de la première série télévisée du même nom. Les enfants découvraient ainsi un nouveau personnage, ses ennemis, ses véhicules, bref de quoi leur donner envie de demander à leurs parents d’acheter tout cet univers. Depuis, Max Steel a conquis d’autres fans, qui se délectaient en même temps du dessin-animé. A l’instar de G.I. Joe chez Hasbro, son adaptation au cinéma était donc inévitable. Mais de là à dire qu’elle était très attendue…Toujours est-il que la version live des aventures de Max Steel a été tournée en 2014, avant de sortir au cinéma en 2016 dans quelques salles américaines et aura dû attendre 2020 pour arriver en France, directement par la case DVD-Blu-ray. Réalisé par l’inconnu Stewart Hendler, auteur d’un certain Whisper en 2007 avec Michael Rooker et de Soeurs de sang (2009), remake inutile (pléonasme) de The House on Sorority Row, ainsi que de la série H+ (2011-2013), Max Steel saura trouver son public, en particulier auprès des jeunes adultes à qui le film est essentiellement, voire exclusivement réservé.